Albert Corey
Albert Corey[1], né le à Meursault[2] et mort le dans le 15e arrondissement de Paris[3],[4], est un athlète français qui a participé aux Jeux olympiques de 1904 de Saint-Louis où il s'est classé deuxième du marathon. Il vivait à ce moment-là aux États-Unis, et les historiens ne se sont jamais vraiment accordés quant à savoir si sa médaille revenait à la France ou aux États-Unis.
| Albert Corey | |||||
| Informations | |||||
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| Disciplines | Athlétisme | ||||
| Site officiel | albertcorey.fr | ||||
| Nationalité | |||||
| Naissance | Meursault |
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| Décès | (à 48 ans) Paris |
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| Taille | 1,69 m | ||||
| Club | Chicago Athletic Club | ||||
| Palmarès | |||||
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Biographie
modifierAlbert Corey est le fils d'un propriétaire viticole de Meursault. Il connait quelque succès en course à pied en 1895 et 1896, puis intègre l’armée à 18 ans dans le 8e bataillon de chasseurs à pied. Il y reste quatre ans de 1898 à 1902, il est alors considéré comme un excellent sportif[5]. Mais très vite, il déserte l’armée pour aller refaire sa vie aux États-Unis[6].
Dès son arrivée sur le sol américain en 1903, Corey commença sa nouvelle vie pour subsister en étant payé comme briseur de grève, à Saint-Louis[7].
Aux Jeux olympiques de 1904 à Saint-Louis, ce Français résidant aux États-Unis depuis l’année précédente fut inscrit comme Américain pour une question de papiers, bien qu'en 1904, il fallait prouver d'au moins cinq années consécutives de résidence sur le territoire[8].
Corey remporte la médaille d'argent de l'épreuve du marathon en 3 h 34 min 52 s, devancé par l'Américain Thomas Hicks (3 h 28 min 53 s). Ce dernier, en difficulté lors des onze derniers kilomètres, reçut plusieurs injections de strychnine et absorba des œufs battus dans du brandy. Ce cocktail ingurgité provoqua un incident rare, les officiels de la course n'arrivant pas à arrêter Hicks après qu'il eut franchi la ligne d'arrivée[9].
Corey gagne également la médaille d'argent de l'épreuve par équipes du 4 miles, avec ses 4 partenaires tous américains du Chicago Athletic Association. Curieusement, alors qu’il reste toujours comme simple ressortissant français, sa médaille individuelle est comptabilisée au bénéfice des États-Unis par le mouvement olympique[8] alors que la deuxième médaille, celle en équipe, est attribuée à une équipe mixte[10] en raison de la composition franco-américaine du collectif.
En 2021, son identité est rétablie par le Centre d'études olympiques, une division du CIO[11],[12].
Au-delà de la question de sa nationalité sportive, la médaille d'argent d'Albert Corey fait l'objet, depuis les années 2020, d'une relecture historique portée par Clément Genty. Dès 1912, à l'occasion des Jeux olympiques de Stockholm, le journal sportif L'Aéro évoquait déjà Corey comme le « glorieux second [de 1904], malgré de multiples désavantages »[13]. S'appuyant sur cette source ainsi que sur les deux rapports officiels de l'épreuve — celui de l'officiel Charles J. P. Lucas et celui de James Edward Sullivan pour le Spalding's Athletic Almanac de 1905 — Genty établit que le vainqueur Thomas Hicks a bénéficié d'un accompagnement en automobile ainsi que d'un soutien physique direct par deux officiels sur une large partie du parcours final, en plus d'injections de strychnine mêlée à du blanc d'œuf et de brandy, alors même que toute assistance avait été explicitement interdite avant la course par les organisateurs, comme le rapportent à l'époque le Boston Globe et le St. Louis Republic[14]. Genty retrouve par ailleurs, auprès de la Missouri Historical Society, une photographie d'époque confirmant la présence du véhicule accompagnateur aux côtés de Hicks. Établissant un parallèle avec la disqualification de Frederick Lorz, sanctionné pour une aide de nature comparable, il plaide pour que la médaille d'or du marathon soit rétroactivement attribuée à Albert Corey. Sur la base de ces éléments, Genty saisit en 2023 le Comité international olympique afin de demander une révision du classement ; sa directrice des affaires juridiques, Mariam Mahdavi, répond le 24 février 2023 que le CIO n'est ni compétent pour revoir une décision prise sur l'aire de compétition, ni habilité à réviser le classement d'une épreuve disputée près de 120 ans auparavant. Genty évoque depuis la possibilité d'une saisine du Tribunal arbitral du sport ou d'une démarche diplomatique auprès du Comité national olympique et sportif français. À ce jour, le classement officiel de l'épreuve n'a pas été révisé.
La Société internationale des historiens olympiques (ISOH) qui publie l’avancée de ses travaux sur les pages concernant les Jeux olympiques sur le site Sports Reference, comptabilise la médaille d'argent individuelle au bénéfice de la France et non des États-Unis.
Corey rentre en France avant [4], il participe au premier conflit mondial en tant que sergent fourrier au sein du 26e bataillon de chasseurs à pied et est décoré de la Croix de guerre. Comptable de profession, il se marie avec Marie Sassard en à Paris[2] et meurt dans cette même ville en 1926 à l'hôpital Boucicaut[3].
Palmarès
modifier- Jeux olympiques d'été de 1904 (Saint-Louis) :
Médaille d'argent à l'épreuve du marathon (3 h 34) ;
Médaille d'argent à l'épreuve du 4 miles (Chicago Athletic Association, Cross par équipes).
Notes et références
modifier- ↑ Connu comme Albert Coray (-ay) dans la base de données du mouvement olympique mais son nom est bien orthographié (-ey), il est enregistré comme Albert Louis Corey à l’état civil français.
- 1 2 Archives de la Côte d'Or, commune de Meursault, acte de naissance no 34, année 1878 (vue 92/375)
- 1 2 « http://archives.paris.fr/arkotheque/visionneuse/visionneuse.php?arko=YTo2OntzOjQ6ImRhdGUiO3M6MTA6IjIwMTgtMDItMjciO3M6MTA6InR5cGVfZm9uZHMiO3M6MTE6ImFya29fc2VyaWVsIjtzOjQ6InJlZjEiO2k6NDtzOjQ6InJlZjIiO2k6MjY1NTQ2O3M6MTY6InZpc2lvbm5ldXNlX2h0bWwiO2I6MTtzOjIxOiJ2aXNpb25uZXVzZV9odG1sX21vZGUiO3M6NDoicHJvZCI7fQ==#uielem_move=97%2C156&uielem_rotate=F&uielem_islocked=0&uielem_zoom=133 »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?) Archives de Paris 15e, acte de décès no 3714, année 1926 (vue 12/31)]
- 1 2 Archives de Paris, registre matricule no 2790, classe 1898, bureau de Paris (avec mention de sa désertion avant son départ pour l'Amérique et sa réinsertion en novembre 1914)
- ↑ « L'Auto », sur retronews.fr,
- ↑ Clément Genty, ALBERT COREY (1878-1926) La France aux Jeux olympiques de 1904, L'Harmattan (ISBN 978-2-343-22519-7)
- ↑ Histoires de Jeux olympiques, Sud Ouest - dossiers du Quotidien, juillet 1988, p.72.
- 1 2 (en) Brian Cronin, « Sports Legend Revealed: A marathon runner nearly died because of drugs he took to help him win », Sports Now, Los Angeles Times, (consulté le )
- ↑ Fédération française d'athlétisme Auteur du texte, « L'Athlétisme : organe officiel de la Fédération française d'athlétisme », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ St Louis 1904
- ↑ « RÉCIT. L'étonnante histoire d'Albert Corey, marathonien dont la médaille olympique de 1904 n'était pas française », sur france3-regions.francetvinfo.fr, (consulté le ).
- ↑ « Albert Corey, la France aux Jeux Olympiques de 1904 », sur albertcorey.fr (consulté le )
- ↑ « Les Jeux Olympiques de Stockholm – Le Marathon », dans L'Aéro, vol. 4, n° 528, 14 juillet 1912, p. 1.
- ↑ Clément Genty, « Le Marathon olympique de 1904 : entre organisation hasardeuse et triche assumée, Albert Corey, Murisaltien pris dans l'étau de la diplomatie sportive », Recueil des Travaux du CBEH, Saint-Apollinaire, Centre Beaunois d'Études Historiques, vol. Tome 42, (ISSN 1623-4677)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Pascal Blanchard, « Étranges étrangers : Constantin Henriquez à Paris (1900) et Albert Corey à Saint-Louis (1904) », Hommes & migrations. Revue française de référence sur les dynamiques migratoires, no 1344, , p. 13–15 (ISSN 1142-852X, DOI 10.4000/hommesmigrations.16697, lire en ligne, consulté le ).
- Clément Genty, Albert Corey : de Meursault aux Jeux Olympiques de 1904 - Recueil des Travaux du CBEH. Tome 38, Beaune, Centre Beaunois d'Etudes Historiques, , 156 p. (ISSN 1623-4677).
- Clément Genty, ALBERT COREY (1878-1926) La France aux Jeux olympiques de 1904, Paris, L'Harmattan, , 206 p. (ISBN 978-2-343-22519-7).
- Clément Genty, Le Marathon des Jeux Olympiques de Saint-Louis (1904): des prémices aux supplices, Editions l'Harmattan, 2022, 118 p. (ISBN 978-2-14-029631-4).
Liens externes
modifier- Site officiel
- Ressources relatives au sport :