Albert Dubosq (scénographe)

peintre-décorateur de théâtre belge (1863-1940)

Albert Dubosq, né le à Paris et mort le à Lyon, est un scénographe belge, décorateur au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles de 1855 à 1909.

Albert Dubosq
Albert Dubosq, photographie de Georges Dupont-Émera, publiée dans la revue Théâtre et musique, no  1-3, 1906, p. 70.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Albert Émile Clément Dubosq
Nationalité
Activité
signature d'Albert Dubosq
Signature.

C'est l'un des scénographes les plus prolifiques de la Belle Époque. Entre 1890 et 1925, Dubosq a réalisé les décors de 446 représentations théâtrales de pratiquement tous les genres possibles : ballet, cirque, (mélo)drame, opéra, opérette, pantomime, revue et vaudeville.

Dubosq est par ailleurs l'un des rares peintres scéniques de sa génération à avoir laissé un échantillon substantiel de son art, à savoir vingt-et-un ensembles quasiment complets, comprenant la plus grande collection de décors historiques d’Europe : les centaines de décors de la « collection Dubosq » sont conservés au Schouwburg (nl) de Courtrai depuis 1920.

Biographie

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Albert Émile Clément Dubos est issu d'une famille de doreurs français qui s'était installée à Paris depuis la province vers le milieu du XIXe siècle. Son père, Henri Dubosq, est originaire du Havre, sa mère, Adèle Briet, de Quivières dans la Somme. Albert Dubosq montre des dispositions artistiques dès son enfance et commence à maîtriser les techniques de la scénographie à l’âge de treize ans ; il entre en apprentissage auprès de quatre décorateurs parisiens réputés à leur époque : Pierre Zarra, Eugène Carpezat, Jean Daran et Enrico Robecchi.

Le Paris de la fin de siècle étant déjà saturé d’ateliers de décors, Dubosq s'installe en Belgique en et crée son propre atelier dans la capitale du pays, Bruxelles.

Il y fait ses débuts le en tant que décorateur indépendant au Théâtre de l’Alcazar, en réalisant les décors d’Ex-Clarmonde de Luc Malpertuis et George Garnir, parodie vaudevillesque de l’opéra Esclarmonde de Jules Massenet créé à Paris en 1889. Il réalise les décors de Bruxelles à cheval, une « revue équestre » de Malpertuis, mise en scène au Cirque Royal le  : c'est la première des nombreuses contributions de Dubosq au genre satirique de la revue qui mêle dialogues parlés, couplets chantés, ballets et défilés, et qui fait l'objet d'un tel engouement dans le Bruxelles fin de siècle que de nombreuses productions totalisaient plus d’une centaine de représentations. Albert Dubosq réalise les décors d'une série de revues qui associent la capitale belge à des événements récents dans les domaines de la politique, de la culture et de la technologie : Bruxelles électrique (électrification de l’Alcazar, 1892), Bruxelles port de mer (allusion à l’activité portuaire croissante de la capitale, 1893), Bruxelles sans gêne (parodie du succès de Victorien Sardou, Madame Sans-Gêne, Alcazar, 1894).

Une scène de la revue Bruxelles sans gêne de Malpertuis et Hannon (Théâtre de l'Alcazar, Bruxelles, 1894), montrant le Ballet des pierres précieuses. La mise en scène d'Albert Dubosq représente « La place de Brouckère, vue du Café Métropole ». Photographie de Georges Dupont-Émera conservée à la Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles.

Dès leur entrée en fonction à la direction du Théâtre de la Monnaie le , Maurice Kufferath et Guillaume Guidé nomment Dubosq deuxième peintre-décorateur attitré de la Monnaie, aux côtés de Pierre Devis et Armand Lynen. La première contribution de Dubosq est la réalisation du décor dit du « Quartier Latin » pour l'acte II de l'opéra de Giacomo Puccini La Bohème, donné le à La Monnaie sous la supervision du compositeur et de l’éditeur Tito Ricordi (it) ; ils sont tellement séduits par le travail de Dubosq qu’ils le font photographier et demandent à ce qu'il soit intégré dans la nouvelle conception de Riccardo Salvadori pour le décor de l’acte II de l'opéra[1].

Décor d'Albert Dubosq pour l'acte II de La Bohème, gravure d'Henri Meunier dans le quotidien belge Petit Bleu du matin, .

Scénographies à La Monnaie

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Scénographies dans d'autres théâtres

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Maquette de décor pour la scène 1, acte I de l'opéra de Wagner Le Crépuscule des dieux, Palais Garnier, Paris, 1908 ; conservée à la Bibliothèque-musée de l'Opéra, Paris.
Maquette de décor pour la scène 1, acte III de l'opéra de Wagner Le Crépuscule des dieux, Palais Garnier, Paris, 1908 ; conservée à la Bibliothèque-musée de l'Opéra, Paris.

Notes et références

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  1. « M. Puccini a, nous dit-on, fait photographier les décors et les costumes de la Bohème à Bruxelles afin que le théâtre de Milan, où sera représentée l’œuvre prochainement, donne exactement à sa comédie musicale le même cadre » écrit Octave Maus dans la revue L’Art moderne, 28 octobre 1900.
  2. « Le crépuscule des dieux - 1908 [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.

Bibliographie

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  • « Albert Dubosq », Le carnet mondain, 14–.
réimpression dans Le Carillon, .
  • « Albert Dubosq », Théâtre et musique, no  1/3, 1906, p. 70-71.
  • Louis Dumont-Wilden, George Garnir et Léon Souguenet, « Albert Dubosq, décorateur », Pourquoi Pas ?, .
  • (nl) Griet Blanckaert, « De glansproblematiek bij de vroeg-20ste-eeuwse theaterdecors van Albert Dubosq uit de verzameling van de Kortrijkse Stadschouwburg [La question de la brillance dans les décors de théâtre d'Albert Dubosq datant du début du XXe siècle, issus de la collection du Théâtre municipal de Courtrai] », dans Marjan Buyle (dir.), Glans in de conservatie-restauratie [Lustre et brillance en conservation-restauration], Bruxelles, Vlaams Instituut voor het Onroerend Erfgoed, , p. 59–67.
  • Anne-Sophie Braconnier, « Les décors et la mise en scène à l'époque des créations wagnériennes », dans Manuel Couvreur (dir.), La Monnaie wagnérienne, Bruxelles, Université libre de Bruxelles, , p. 118–151.
  • (nl) Bruno Forment, « De historische repertoiredecors in de Kortrijkse Stadsschouwburg (1914-20) », Koninklijke Geschied- en Oudheidkundige Kring van Kortrijk. Handelingen, no  74, 2009, p. 47-104. lire en ligne
  • (nl) Bruno Forment, « In kleur en op ware grootte: de operadecors van Albert Dubosq » [En couleur et en taille réelle : les décors d'opéra d'Albert Dubosq], dans Francis Maes et Piet De Volder (dir.), Opera: achter de schermen van de emotie, Louvain, LannooCampus, 2011, p. 228-249.
  • (nl) Bruno Forment, « De zwanenzang van een illusie: de historische decors van de Kortrijkse Schouwburg » [Le chant du cygne d'une illusion : les décors historiques du Théâtre de Courtrai], STEPP - Magazine voor de producerende, ontwerpende en technische krachten van de brede culturele sector, no  1/3, 2012, p. 26-28 Lire en ligne.
  • (nl) Bruno Forment, Zwanenzang van een illusie: de historische toneeldecors van de Schouwburg Kortrijk, Courtrai, Koninklijke Geschied- en Oudheidkundige Kring Kortrijk, 2015 (ISBN 978-9-461-36055-7).
  • (en) Bruno Forment, « Staging Verdi in the provinces: the Aida scenery of Albert Dubosq », dans Naomi Matsumoto (dir.), Staging Verdi and Wagner, Turnhout, Brepols, , p. 263-286.
  • Paul Piron, « Dubosq, Albert », dans Nicolas Poncelet (dir.), Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Ohain-Lasne, Art in Belgium, , vol. I, p. 518.
  • « Un Bruxellois par jour : Albert Dubosq », Le petit bleu du matin, .

Liens externes

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