Fils d'Eugène Viger, médecin à Jargeau, et de Mélanie Euphrosine Berland, Albert Viger nait à Jargeau. Après avoir fait ses premières études chez un de ses oncles, l'abbé Berland, curé de Beaugency[4], il est reçu bachelier es-sciences à 16 ans et bachelier es-lettres à 17 ans[5], puis il est interne à l'Hôtel-Dieu d'Orléans pendant qu'il prépare son doctorat en médecine à la faculté de Paris[4]. Il devient à son tour docteur[6] en médecine en 1867 à Paris[3],[7].
Le 16 mai 1868, il épouse[8] Marie Mathilde Laberthe à Saint-Jean-le-Blanc. Leur fille, Eugénie Fernande Thérèse naîtra le 10 novembre 1880 à Châteauneuf-sur-Loire[9].
Il s'installe comme médecin à Châteauneuf-sur-Loire en 1868, en vertu d'une dispense d'âge[5]; il habite d'abord rue des Juifs (devenue rue Migneron) avant de faire construire en 1875-1876[10] la villa Fernande[11], sise 1 rue du Gâtinais[12]; l'une des pièces de cette maison est appelée la «pharmacie» car c'est là que Marie-Mathilde prépare les médicaments prescrits par le docteur Viger[10]; il y exerce comme médecin pendant vingt ans[13].
Il meurt le 8 juillet 1926 à Châteauneuf-sur-Loire et est inhumé au grand cimetière d'Orléans.
Pendant la guerre franco-allemande de 1870, il est médecin dans l'armée de la Loire[7]; il offre ses soins gratuitement dans les ambulances communales et particulières[14]. Par arrêté du 2 décembre 1870, le préfet nomme dans l'état-major de la garde nationale de l'arrondissement d'Orléans, 2e bataillon, Chirurgien aide-major ayant rang de capitaine; M. Viger (Albert) docteur en médecine à Châteauneuf-sur-Loire[15]. En tant que médecin-chef des ambulances de la ville de Châteauneuf-sur-Loire, il soigne de nombreux soldats blessés et malades[16].
Spécialement chargé du service de communication avec l'armée de la Loire, Albert Viger établit un service d'information qui est très utile au corps d'armée du général Martin des Pallières[17]. Il organise, entre Châteauneuf et Argent, sur un parcours de 60 km, un service d'informations à l'aide de cantonniers. Le jour de la bataille de Coulmiers, quand Martin des Pallières opère son mouvement sur Orléans, il n'hésite pas à s'engager, en compagnie de M. Cloutier, conducteur des Ponts-et-Chaussées, à travers les lignes bavaroises, pour informer le général en chef d'Aurelles de Paladines, de la marche de son divisionnaire. Les deux messagers seront reçus par le général Chanzy[5].
Il se présente aux élections législatives de 1885 sur la liste opportunistes du Loiret et devient député du Loiret le 18 octobre 1885. Il est réélu sous l'étiquette radical en 1889, 1893 et 1898 dans la deuxième circonscription législative d'Orléans[20]. Il conserve un mandat de député jusqu'au . Deux lois sont connues sous l'appellation loi Viger:
la loi des 9 juillet 1889 et 25 juillet 1893 sur les dépenses ordinaires de l'instruction primaire publique et le traitement des instituteurs[21];
la loi du 5 août 1920 qui permet de fédérer les caisses locales en caisses régionales du Crédit Agricole[22].
1- Franc-maçon, il appartient à la loge Les adeptes de Montyon d'Orléans au sein de laquelle il est très actif[23]. Il est initié le 7 janvier 1870, devient compagnon le 23 juillet, puis maître le 23 juillet 1871 (son diplôme est daté du 1er septembre 1871)[24]. Il travaille à installer les associations maçonniques et, le 20 juillet 1884, il devient orateur par 22 voix contre 15 à Halmagrand[25].
2- Il appartient à différentes sociétés horticoles:
La Société Nationale d'Horticulture de France dont il est président de 1896[26] à 1925.
La Fédération nationale des sociétés d'horticulture et des associations horticoles de France[27].
La société des amis des roses dont il devient président d'honneur; en 1897, il organise à Orléans le premier Congrès international de la rose.
3- Il est membre d'honneur de différentes sociétés:
Lors de la séance du 2 juin 1895, il est nommé président d'honneur de la SHOL (Société d'Horticulture d'Orléans et du Loiret) en raison des services rendus à l'horticulture orléanaise et à cette société[28].
Au congrès de la Société pomologique de France de 1904, il est élu président d'honneur de cette société[29].
Il est membre d'honneur de la Massachussetts Horticultural Society[30].
Pour lui rendre hommage, un lilas, Président Viger[31] est créé. Il figure notamment dans le catalogue Lemoine n°146 de 1900: «Fleurs lilas bleuâtre teinté de mauve, énormes thryses bifurqués».
Furent également crées de nouvelles variétés dédiées à lui-même ou à sa famille: rose Madame Viger[32] pour laquelle son créateur, M. Jupeau, a obtenu le premier prix; pelargonium Mademoiselle Fernande Viger[33]; rhododendrons Fernande Viger[34] et Madame Albert Viger[35]; nymphéa Président Viger[36]; dalhia Président Viger[37]; poirier Ministre Viger[38].
4- À sa mort, en 1926, il est président d'honneur de la société des Sauveteurs médaillés du Loiret[39].
Si Jules Méline a posé les fondations du Crédit Agricole, Albert Viger en a largement construit l'organisation en 1899 en créant les caisses régionales. En 1894, alors qu'il était ministre de l'Agriculture, il participe à la mise en place des caisses locales de crédit agricole, destinées à faciliter l'accès des agriculteurs au crédit. Mais surtout, en 1899, devenu à nouveau ministre de l'Agriculture, il fait adopter une loi qui permet la création des caisses régionales; celles-ci fédèrent les caisses locales et permettent de mieux répartir les avances de l'État. Il est donc un architecte essentiel de l'organisation mutualiste du Crédit Agricole[40]. La loi du 5 août 1920 institue la création de l'office national du Crédit Agricole; Albert Viger en est le premier président[41]. Cet office prend en 1926 le nom de caisse nationale du Crédit Agricole[40].
Considérations sur les maladies générales: thèse pour le doctorat de médecine. Éditions A. Parent, 1867.
Influence de l'instruction sur la santé physique et mentale de l'ouvrier, 1873.
Éloge de Franklin, discours prononcé à la fête d'ordre du 5 juillet 1874, de la loge les «Émules de Montyon»; Orient d'Orléans. Imprimerie A. Parent. 1874.
Proposition de loi tendant à modifier le tableau A en ce qui concerne les droits à percevoir sur les alccols provenant de l'étranger, présentée par M. Viger, imprimerie A. Quentin, 1886.
Étude sur la question ovine en Algérie, imprimerie Mont Louis (Clermont Ferrand), 1892.
Discours prononcé par M. Viger, ministre de l'Agriculture, à Pithiviers à l'occasion de l'inauguration de la statue de Duhamel du Monceau, extrait du J.O. du 3 octobre 1893, imprimerie des Journaux Officiels, 1893.
Leçons de choses faites au concours régional agricole d'Orléans en 1894, sous la direction de M. Ernest Menault, précédé du discours de M. Viger (sur les progrès de la zootechnie), Imprimerie orléanaise, 1894.
Deux années au ministère de l'Agriculture: 11 janvier 1883-27 janvier 1895,t éditions G. Masson, 1895.
La République et ses actes, discours prononcé le 14 juillet 1895 à Châteauneuf-sur-Loire, Comité de propagande républicaine, imprimerie orléanaise, 1895.
Proposition de loi relative à la constitution des Sociétés et caisses d'assurances mutuelles agricoles, imprimerie de Motteroz. 1899.
Rapport fait au nom de la commission chargée d'examiner le projet de loi adopté par la chambre des députés… , édité à Paris, 1903.
Il existe une rue Albert-Viger à Châteauneuf-sur-Loire, à Orléans et à Montpellier. Albert Viger est décédé le 8 juillet 1926 et, dès le 17 juillet, en réunion de conseil municipal à Châteauneuf-sur-Loire, la décision est prise de donner son nom à la partie de la rue du Gâtinais où il a vécu jusqu'à sa mort[45].
La fille d'Albert Viger, Eugénie Fernande Thérèse épouse à Châteauneuf-sur-Loire le 14 avril 1903 Charles Marie Jules Le Page; de cette union vont naître Claude Albert Marie Léon en 1904 et Albert Marie Alban en 1911. Par décret n° 21572 en date du 4 avril 1914, à l'avenir ces deux garçons s'appelleront Le Page-Viger[46].
Plaque apposée sur sa maison du 1 avenue Albert-VigerLe 8 juillet 2010, une plaque commémorative est installée à l'initiative du comité du Souvenir Français sur le mur de clôture de la maison qu'il avait fait construire et qu'il a habitée jusqu'à sa mort.
12Bio-bibliographie du Loiret, Charles Cuissard, Bibliohèque d'Orléans, 1900
123Article en une du n° de décembre 1885 du journal Le parlement illustré
↑Dans l'Abeille médicale du 1 janvier 1867, rubrique Proclamation des prix à la séance de clôture de la Faculté, on peut lire:
Quatrième classe (mentions honorables) M. Viger (Marie-Albert-Hyacinthe), né à Jargeau le 19 octobre 1843. Considérations sur les maladies générales.
123Angelo Mariani, Figures contemporaines, tirées de l'album Mariani: soixante-dix-huit biographies, notices, autographes et portraits, gravés sur bois par A. Brauer, W. Lenders, P. Leyat, A. Prunaire et D. Quesnel, vol.10, Paris, Librairie Henri Floury, (lire en ligne), p.278-280
↑Registre des naissances 1873-1882, p. 193/236, acte n° 59
12Journal de Gien du 13 décembre 1984, article de Gaston Pouillot
↑Les publications des comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France et de la Société royale et centrale d'agriculture indiquent comme adresses d'Albert Viger: villa Fernande à Châteauneuf-sur-Loire et rue des Saints-Pères, 55 (VIe).
↑Registres de recensements de Châteauneuf-sur-Loire en 1876, 1881, 1886, 1891, 1896, 1901, 1906, 1911
↑La profession indiquée dans les registres de recensement de 1876, 1881 et 1891 est «docteur en médecine»; par la suite, elle sera en rapport avec ses mandats politiques
↑Journal pour servir à l'histoire de l'invasion allemande dans l'Orléanais, canton de Châteauneuf, par G.B ingénieur civil, 1872
↑Les 100 de 1870, p. 63, brochure du Souvenir Français jointe à la revue n° 521 de janvier 2021.
↑Article pour présenter les membres du gouvernement, Le petit colon algérien, jeudi 7 novembre 1895
↑Sa carrière politique (présentée ci-dessous) est résumée dans l'hommage rendu lors de la séance du 01 septembre 1926, dans Rapports et délibérations du Conseil général du Loiret