Albert de Palatinat-Mosbach
Albert de Palatinat-Mosbach (en allemand Albrecht von Pfalz-Mosbach ou Albrecht von Bayern ; * 1440; † 20. août 1506 à Saverne) fut prince-évêque de Strasbourg de 1478 à 1506[1] sous le règne des empereurs Frédéric III et Maxilmilien Ier, les pontificats de Sixte IV à Jules II. Il fut assisté d'un évêque auxiliaire[2], le dominicain Jean Ortwin, évêque titulaire in partibus infidelium de Mathones, et son supérieur hiérarchique était le métropolite de Mayence Thierry d'Isembourg, puis Berthold von Henneberg et enfin Jakob von Liebenstein.
| Albert de Palatinat-Mosbach | ||||||||
| Biographie | ||||||||
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| Nom de naissance | Albrecht von Pfalz-Mosbach-Neumarkt | |||||||
| Naissance | Mosbach |
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| Père | Otton Ier de Palatinat-Mosbach | |||||||
| Mère | Jeanne de Bavière-Landshut | |||||||
| Ordination sacerdotale | ||||||||
| Décès | (à 65 ans) Saverne |
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| Évêque de l'Église catholique | ||||||||
| Ordination épiscopale | Élection sans confirmation papale le 15 novembre 1478 | |||||||
| Prince-évêque de Strasbourg | ||||||||
| – | ||||||||
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| Autres fonctions | ||||||||
| Fonction religieuse | ||||||||
| Prévôt du chapitre cathédral | ||||||||
| Fonction laïque | ||||||||
| Prince d'Empire Landgrave de Basse-Alsace Comte du Palatinat-Mosbach Chanoine du chapitre de Strasbourg |
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Albert est le cousin de l'évêque Robert de Palatinat-Simmern, son prédécesseur à l'évêché de Strasbourg.
Origines familiales
modifierAlbert est issu de la maison princière des Wittelsbach. Il était le fils du comte palatin Othon Ier de Palatinat-Mosbach (1390-1461) et de Jeanne de Bavière-Landshut (1413-1444), fille aînée du duc de Bavière Henri XVI de Bavière et de son épouse Marguerite d'Autriche (de).
Albert eut deux enfants illégitimes. Il eut avec Catherine de Lützelburg une fille, Élisabeth de Bavière (Huntingen) et un fils, le bâtard Georges de Bavière[1].
La branche Palatinat-Mosbach est une ligne qui a peu duré dans le temps, de 1410-1499. Issue d'une succession du roi des Romains, Robert Ier du Saint-Empire, elle subsistera pendant deux générations. Leurs fiefs sont situés à Mosbach et à Sinsheim. En 1443, les possessions du Palatinat-Neumarkt s'y rajoutent. Par manque de descendance mâle, le territoire passe en 1499 à la maison du palatinat du Rhin.
- Robert III (5 mai 1352 – 18 mai 1410), comte palatin du Rhin, élu roi des Romains le 21 août 1400, a épousé en 1374 Élisabeth de Nuremberg (1358 - 26 juillet 1411). En 1410, le palatinat du Rhin se scinde en quatre branches : Louis reçoit le titre héréditaire d’électeur palatin avec Heidelberg, Amberg et Kaiserslautern ; Jean reçoit le Neumarkt ; Étienne hérite de Simmern-Deux-Ponts et la quatrième branche cadette échoit à :
- Othon Ier, comte palatin du Rhin à Mosbach, aïeul de la branche Mosbach, en 1448 Mosbach-Neumarkt, s’est marié avec Jeanne de Bavière-Landshut (1413 - 20 juillet 1444). Ils ont eu neuf enfants :
- Marguerite de Palatinat-Mosbach (en) (1432–1457), qui épouse le comte Reinhard III de Hanau (en)
- Amélie (épouse du comte de Rieneck-Grünfeld)
- Otto II de Palatinat-Mosbach, sans descendance et dont les terres passent à l'électorat palatin du Rhin.
- Robert de Palatinat-Mosbach, évêque de Ratisbonne de 1457 à 1465
- Dorothée (abbesse)
- Albert, ( 6 septembre 1440 - 20 août 1506), évêque de Strasbourg
- Anne (abbesse)
- Jean de Palatinat-Mosbach (de), prévôt de chapitre cathédral
- Barbara de Palatinat-Mosbach (1440 - 1486), nonne au monastère de Liebenau près de Worms.
- Othon Ier, comte palatin du Rhin à Mosbach, aïeul de la branche Mosbach, en 1448 Mosbach-Neumarkt, s’est marié avec Jeanne de Bavière-Landshut (1413 - 20 juillet 1444). Ils ont eu neuf enfants :
| Robert II du Palatinat électeur palatin | |||||||||||||
| Robert Ier du Saint-Empire, roi des Romains | |||||||||||||
| Béatrice de Sicile | |||||||||||||
| Otto Ier de Palatinat-Mosbach, (1390-1461), comte palatin | |||||||||||||
| Frédéric V de Nuremberg, (1333-1398), burgrave | |||||||||||||
| Élisabeth de Nuremberg (1358–1411) | |||||||||||||
| Élisabeth de Misnie (en) (1339-1375) | |||||||||||||
| Albrecht von Pfalz-Mosbach | |||||||||||||
| Frédéric de Bavière, (1339-1396), duc de Bavière-Landshut | |||||||||||||
| Henri XVI de Bavière, duc de Bavière-Landshut, | |||||||||||||
| Maddalena Visconti | |||||||||||||
| Jeanne de Bavière-Landshut | |||||||||||||
| Albert IV d'Autriche, (1377-1404), duc d'Autriche | |||||||||||||
| Marguerite d'Autriche (de) | |||||||||||||
| Jeanne-Sophie de Bavière, fille du comte de Hainaut | |||||||||||||
L'évêque Albert de Palatinat-Mosbach a dans sa parenté les personnes suivantes :
- Son grand-père paternel Robert Ier du Saint-Empire, roi des Romains
- Son grand-père maternel Henri XVI de Bavière, duc de Bavière-Landshut
- Son père Othon Ier de Palatinat-Mosbach, comte palatin de Mosbach
- Son oncle maternel Louis IX de Bavière, duc de Bavière
- Son oncle paternel Étienne de Bavière, comte palatin
- Son oncle paternel Louis III du Palatinat, électeur palatin
- Son oncle paternel Jean de Bavière, comte palatin de Neumarkt, duc de Bavière
- Sa tante paternelle Marguerite du Palatinat, duchesse consort de Lorraine
- Sa tante par alliance, Blanche d'Angleterre, princesse d'Angleterre
- Son oncle par alliance Charles II de Lorraine, duc de Lorraine
- Son oncle par alliance Adolphe Ier de Clèves, duc de Clèves
- Son oncle par alliance, Frédéric IV d'Autriche, comte du Tyrol
- Sa cousine, Isabelle de Lorraine, duchesse de Lorraine, reine consort de Naples et titulaire de Jérusalem
- Son cousin Georges de Bavière, duc de Bavière
Son épiscopat
modifierDu canonicat à l'entrée solennelle à Strasbourg
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Albert était chanoine capitulaire de Strasbourg, puis prévôt du chapitre cathédral. Il était le cousin de son prédécesseur Robert de Palatinat-Simmern. Le magistrat de la ville libre impériale Strasbourg fut très satisfait de ce choix et offrit du vin et des fruits aux chanoines[3]. Contrairement à son cousin Robert, Albert poursuivit une politique moins offensive vis-à-vis de la ville libre dont il confirma les privilèges le [3]. Le , il reçut les hommages et les serments d'allégeance de ses sujets[3] dans sa ville de résidence princière, Saverne. Puis il se prépara à recevoir l'ordination sacerdotale pendant moins d'un an ; il lut sa première messe à Saverne le en présence de l'évêque de Spire et son évêque auxiliaire[3]. Le sacre a eu lieu à Mayence comme pour presque tous les évêques strasbourgeois car ils sont suffragants de l'archevêque de cette ville[4]. La cérémonie du sacre et de l'entrée solennelle se renouvelait à chaque vacance du siège épiscopal. Rares sont les évêques qui firent exception à la consécration dans la cathédrale de Mayence ; avant Guillaume de Hohnstein, on a des récits sur le sacre de Henri II de Veringen en 1207 et de Frédéric de Lichtenberg, élu le 1 octobre 1299. Des doutes subsistent encore sur le sacre de Gauthier de Geroldseck à Strasbourg[4]. .
Son entrée solennelle à Strasbourg eut lieu le 4 octobre 1479 ; il était accompagné de son père Othon, comte palatin, son frère Jean, prévôt capitulaire, du comte palatin du Rhin Philippe Ier du Palatinat, du margrave de Bade Christophe Ier de Bade et du comte de Wurtemberg Eberhard V de Wurtemberg[3].
Albert tenta de mener une politique d'unification territoriale pour la principauté épiscopale. Des villes et des châteaux furent fortifiés, notamment Dachstein et Isenburg, et les fiefs mis en gage ont été rachetés. Pour financer les frais élevés de la confirmation papale, il obtint du pape Sixte IV l'autorisation de lever un impôt sur la consommation de beurre pendant la période du carême[3]. Avec l'argent perçu, il fit également couler des canons. Cet impôt fut quelque peu impopulaire auprès de la population même si finalement cette mesure a permis entre autres d'améliorer la situation financière de l'évêché.
Albert fit construire dans sa ville-résidence de Saverne un modeste palais derrière l'église collégiale qu'il confia aux Augustins dont il avait accepté la sécularisation[3]. Le monastère des Augustins et son église furent récupérés par la branche des franciscains observants, les Récollets, qui inaugurèrent à Saverne leur cours de philosophie et théologie en 1486[3].
Ses relations avec le chapitre cathédral furent plutôt bonnes. Il s'efforça d'engager des réformes ecclésiales, en particulier pour lutter contre les abus constatés dans les monastères. En 1482, il convoqua un synode diocésain et fit faire des visites pastorales en 1492. En outre, il ne s'est pas clairement opposé à la pratique des indulgences papales.
L'influence de Geiler
modifierJean Geiler de Kaysersberg, prédicateur de la cathédrale depuis 1478, et Jacques Wimpfeling, installé à Strasbourg depuis 1501, exercèrent une grande influence sur Albert. L'évêque prit même la défense de Wimpheling en 1506 pourtant en conflit avec le pape Jules II. Malgré cette influence, les réformes souhaitées par les deux intellectuels n'ont pas toutes été suivies d'effet. Le projet de transformer la collégiale de chanoinesses Saint-Étienne en une communauté de clercs échoua aussi. Le chapitre s'opposa également à la visite pastorale[6].
Le , Albert convoqua un synode à Strasbourg auquel assistèrent 600 prêtres[3]. Ce fut Geiler qui prononça le discours d'ouverture en partant de l'Évangile selon saint Jean XX, 20 : « Les disciples eurent donc une grande joie de voir le Seigneur. »[3] Dans son sermon, Geiler reproche aux fonctionnaires épiscopaux de pratiquer le népotisme avec leurs enfants et leur entourage personnel afin de leur attribuer les meilleurs prébendes alors qu'ils ne sont parfois que des enfants. Aux conseillers laïcs, il reproche d'accaparer l'évêque pour les tâches gouvernementales et administratives de son temporel qui le détourne de sa fonction pastorale avec les prêtres sans vouloir remettre cause le pouvoir séculier du prince-évêque pour autant[7]. Geiler s'attaque ensuite aux désordres et aux abus qu'il observe à tous les niveaux : le manque de discernement dans l'attribution des dispenses ; la désacralisation des fêtes ; les injustices commises par les représentants du magistrat de la ville ; le fait que des personnes du sexe opposé entrent dans les monastères de femmes ou d'hommes[7].
Sur recommandation de Geiler, un certain nombre d'abus issus de pratiques introduites depuis le XIIe siècle furent supprimés en 1482[7]. De même, Albrecht reprit en main les couvents en perdition et réintroduit la discipline conventuelle, comme au couvent des sœurs de la collégiale Saint-Étienne par le décret du . En 1488, il chassa les sœurs récalcitrantes du couvent de Sindelsberg. En revanche, Albert ne réussit pas forcément à freiner la sécularisation progressive de nombreuses communautés religieuses comme à Selz ou à Neuwiller[7].
Ce fut Geiler qui, quatre jours après l'élection du nouvel évêque, prononça l'oraison funèbre d'Albert dans laquelle il développa en quinze points les quinze qualités que saint Paul attend d'un évêque en s'appuyant sur Tit. I, 7-8 et Timoth., III, 2-7[8].
Épitaphe d'Albert dans l'église collégiale de Saverne
modifierDans le chœur, à gauche de l'autel de l'église collégiale de Saverne, aujourd'hui église Notre-Dame-de-la-Nativité de Saverne on lit le texte suivant[9]:
« Hic situs est reverendus dominus et princeps Albertus Argentinensis sedis episcopus, ac Alsatiæ landgravius, ex altâ Bavariæ domo dux illustris progenitus ; clementiâ siquidem et vitæ ac morum honestate præclarus, pacisque et justitiæ cultor eximius, dùm ecclesiæ suæ in annum usquè XXVIII, gubernacula tenuisset, anno salutis nostræ sexto supra quindecies centesimum, die XX mensis Augusti è vitâ hâc miserâ migravit ad cœlos, deo pro meritis in gloria perpetuò fruiturus ; amen. Cujus ne digna evanescat memoria, reverendus dominus et princeps Wilhelmus generosâ ex stirpe comitum de Honstein, creatus in episcopatu successor, hoc opus constituit anno M.D.XXIII. »[10]
Références
modifier- 1 2 (de) Ludwig Gabriel Glöckler, Geschichte des Bistums Straßburg, Strasbourg, Druck Le Roux, , 484 p., p. 344-385
- ↑ Se reporter au droit canonique sur le statut de l'évêque auxiliaire et titulaire sur: Code de droit canonique
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (Glöckler 1879, p. 333-334)
- 1 2 Ville de Strasbourg, Code historique et diplomatique de la ville de Strasbourg : Notice sur la relation de l'élection, du sacre et de l'entrée solennelle de l'évêque Guillaume de Honstein, t. 1, Strasbourg, Imprimerie G. Silbermann, , 299 p., p. 61-71.
- ↑ (de) Claudia Ulbrich (dir.), Der Untergrombacher Bundschuh 1502, Stuttgart, , p. 32–34
- ↑ Francis Rapp, Geiler von Kaysersberg, Johannes (1445–1510) In: Theologische Realenzyklopädie, Teil I Band 12 Berlin, 1984, p. 161
- 1 2 3 4 (Glöckler 1879, p. 335-336)
- ↑ (Glöckler 1879, p. 344)
- ↑ Abbé Grandidier, Essais historiques sur l'église cathédrale de Strasbourg : Suppléments et appendices, Strasbourg, Veuve Berger Levrault et fils, , p. 83
- ↑ Traduction libre: Ci git le vénérable seigneur et prince Albert, évêque de Strasbourg et landgrave d'Alsace ; sa majesté le duc issu de l'illustre famille de Bavière ; célèbre pour sa clémence et sa vie menée dans l'honnêteté, particulièrement épris de paix et de justice. Après avoir dirigé son église pendant 28 ans, il quitta cette basse vie sur terre le 20 août 1506 afin de pouvoir pleinement jouir au ciel de la bonté divine comme il l'a mérité.