Aleister Crowley
Edward Alexander Crowley, dit Aleister Crowley, né le à Royal Leamington Spa dans le Warwickshire et mort le à Hastings, est un écrivain, poète, occultiste, franc-maçon, tarologue et astrologue controversé britannique. Également connu comme Maître Therion, Frater Perdurabo, The Great Beast 666 ou L'homme le plus malsain du monde, il fit partie de plusieurs sociétés secrètes ésotériques notables, dont la Golden Dawn, l'Ordo Templi Orientis et la franc-maçonnerie. Il fonda aussi sa propre société secrète l'Astrum Argentum, ainsi que la secte Thelema[1].
| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Edward Alexander Crowley |
| Surnom |
Aleister Crowley |
| Pseudonyme |
H. D. Carr |
| Nationalité | |
| Domiciles |
Mexico, New York, Fontainebleau, Cefalù, La Nouvelle-Orléans, Eastbourne, Boleskine House (en), Aston Clinton |
| Formation | |
| Activités | |
| Rédacteur à |
Granta, Vanity Fair, The Equinox, Vanity Fair (en), The Fatherland (en), The English Review |
| Conjoint |
Rose Edith Kelly (en) (de à ) |
| Enfant |
Randall Gair Doherty (en) |
| Idéologie | |
|---|---|
| Membre de |
Ordre hermétique de l'Aube dorée Franc-maçonnerie Astrum Argentum Ordo Templi Orientis Scottish Mountaineering Club (en) |
| Mouvement | |
| Sports | |
| Personnes liées | |
| Influencé par |
The Book of the Law, Magick Without Tears (d), 777 and Other Qabalistic Writings of Aleister Crowley (d), Thelema, abbaye de Thélème (d) |
Aleister Crowley est surtout connu pour ses écrits sur l'occultisme, particulièrement le Livre de la Loi (The Book of The Law), livre sacré de Thelema. Son héritage ésotérique influença de nombreux artistes célèbres et marqua les nouvelles religions occidentales.
Biographie
modifierJeunesse et éducation
modifierEdward Alexandre Crowley né dans une riche famille protestante fondamentaliste, du courant darbyste, les Frères de Plymouth. Il vit ses premières années dans le confort matériel et développe aussi très tôt un complexe de supériorité intellectuelle et spirituelle[2]. Après le décès de son père, Edward Crowley rejette l'héritage religieux familiale et abjure la foi chrétienne, sa mère, Emily Bertha Bishop, commence alors à lui donner le surnom qu'il s'appropriera ensuite : « The Beast », en référence à « la Bête » de l’Apocalypse de saint Jean. Il est confié à la garde de son oncle maternel Tom Bond Bishop, d'apparence philanthrope mais cruel avec son neveu[2]. Son oncle est un prêcheur fanatique qui oblige Edward Crowley à apprendre la Bible par cœur.
Edward Crowley suit d'abord les cours du Malvern College en 1891-1892 puis de la Tonbridge School en 1892 mais ne s'y sentit jamais à l'aise. En 1895, il entre au Trinity College (Cambridge) où il commence à étudier les sciences naturelles bien qu'il soit plus doué dans des disciplines annexes : échecs et alpinisme. La sœur cadette d'Edward étant décédée en bas âge, à la mort de sa mère, il est l'unique héritier des riches brasseries Crowley's Ales. Il est alors étudiant, et commence à dilapider la fortune familiale. C'est à cette époque qu'il commence à s'intéresser à l'occultisme. Il change son prénom d'Edward en Aleister, une forme Gaélique de son deuxième prénom (Alexander), s'inscrivant ainsi dans la vogue du renouveau celtique que connait à cette époque la Grande-Bretagne[2]. Le choix d'Aleister serait un hommage au héros d'un poème de Shelley, Alaster, l'esprit de la solitude[3]. Remplacer le deuxième 'a' de Alaster par 'ei' aurait une raison numérique et symbolique, car dans la kabbale[4],[5], l'addition des lettres composants « Aleister Crowley » donnerait le nombre de la Bête : 666. Aleister Crowley quitte Cambridge avant d'avoir passé son diplôme[2].
L'Ordre Hermétique de l'Aube Dorée
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En 1897, une vision aurait montré à Aleister que toutes les œuvres humaines, hormis la magie, sont éphémères[réf. nécessaire]. Il se consacre alors à l'étude des textes ésotériques, et cherche un magicien pour l'initier. En , il est admit au sein de l'ordre hermétique de l'Aube dorée (Golden Dawn), une société secrète d'étude et d'enseignement des sciences occultes mélangeant des traditions ésotériques occidentales comprenant hermétisme, kabbale, rosicrucianisme et franc-maçonnerie[3] et fondée en 1888. Aleister Crowley choisi son nom de membre de L'Aube dorée, Perdurabo (« J'endurerai »). William Butler Yeats, membre de la même société secrète le croit fou, mais il est remarqué par un autre membre de la Golden Dawn, l'un de ses fondateurs : Samuel Liddell MacGregor Mathers[2].
MacGregor Mathers transmet à Crowley un rituel pour invoquer son ange gardien. Dans ce but, Aleister Crowley s'enferme à Boleskine House[2], sa résidence au bord du Loch Ness, en Écosse.
Crowley est refusé pour monter en grade au sein du groupe de la Golden dawn, mais il poursuit sa formation auprès de certains membres[1]. Il s'intéresse aux traditions religieuses orientales, comme le bouddhisme (qui lui est présenté par MacGregor Mathers et son ami et associé Allan Bennett), le taoïsme[2] et s'initie au Hatha yoga dont il affirme être l'un des premiers occidentaux à recevoir un enseignement complet par un grand maître[6].
Déçu par les dissensions au sein de cette société secrète, il quitte le groupe et part en voyage en Asie. Mais il est rattrapé par un procès qui l'oppose à son ancien mentor, MacGregor Mathers, celui-ci l'accusant d'avoir révélé les rites d'initiation du Golden Dawn dans la revue Equinoxe, publiée par Crowley[3].
Voyages, quête mystique et vie amoureuse
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Son premier amant aurait été l'acteur transformiste Jerome Pollitt, mais la relation est courte, empreinte de méfiance des deux côtés et prend fin en 1898[2].
En 1900, Aleister Crowley est au Mexique, où il affirme avoir été initié franc-maçon, et où il rencontre l'alpiniste Oscar Eckenstein qui l'entraîne sur les sommets mexicains, l'initiant aux méthodes de concentration et de visualisation. En 1902, ils entreprennent ensemble la première tentative d'ascension du K2, la deuxième plus haute montagne du monde, située à la frontière entre la Chine et le Pakistan[2]. Après plus d'un mois passé sur place, la tentative fut un échec. Les Hunzas gardèrent de lui le souvenir d'un occidental humain, qui les considérait comme ses égaux.
En 1903, à Paris il se lie à Auguste Rodin qui l'invite dans son atelier de Meudon et lui demande d'écrire des poèmes sur ses sculptures, ce sera le recueil de quarante-deux poèmes Rodin in Rime, publiés par l’auteur en 1907[7].
En 1903 également, il rencontre et épouse Rose Edith Skerrett, la sœur de Gerald Kelly, qui est veuve. Au Caire en , pendant leur voyage de noces en Égypte, Rose entre en transe et annonce à Crowley qu'il doit se préparer à recevoir une communication surnaturelle. L'année suivante, Rose accouche à Boleskine House d'une fille nommée Nuit Ma Ahathoor Hecate Sappho Jezebel Lilith Crowley.
Le , il est fait maître maçon dans la loge Anglo Saxon n. 343 de la Grande Loge de France, à Paris[8], il est inscrit sur le tableau de loge en date du sous le numéro 41210 de la Grande Loge de France, avec le numéro 54 en ce qui concerne la loge. Il y est inscrit en tant que « poète »[9].
En , Crowley conduit une désastreuse expédition himalayenne, au Kangchenjunga, qui se conclut par la mort de quatre compagnons de cordée. Il exige au même moment que sa femme et sa fille le rejoignent en Inde mais tous fuient le pays quand la police vient enquêter sur un autre incident au cours duquel Crowley aurait tué deux agresseurs. La famille se réfugie en Chine d'où Crowley renvoie son épouse et sa fille afin de partir à la recherche d'une ancienne maîtresse. De retour en Grande-Bretagne, il apprend la mort de sa fille, d'une fièvre, en Birmanie. Il en rend Rose responsable. Le couple aura deux autres filles avant de divorcer[précision nécessaire]. Lola Zaza (Crowley) Hill né en 1907. Crowley dit avoir fait connaître ses adultères pour avoir les torts lors de la procédure[2].
Le désert algérien
modifierEn 1909, Aleister Crowley renoue avec son travail ésotérique et occulte, il publie le Livre de la Loi sur la communication reçue au Caire en 1904 avec Rose. Il publie aussi Liber 777 qui donne les clés interprétatives du tarot selon la Golden Dawn. Il se rend dans le désert algérien en compagnie de son apprenti magicien et amant Victor Benjamin Neuburg (en). Neuburg avait dansé dans la représentation des Mystères d'Éleusis montée par Crowley. Ensembles les deux hommes ambitionnent de mettre au point un système de « magie sexuelle » que Crowley appelle Magick[2]. Au cours du voyage, ils se rendent à Bou Saâda, où le maître et l'apprenti accomplissent divers rituels pour accroître leurs pouvoirs magiques. Ces expériences les marquent profondément. Crowley dira avoir annihilé son identité dans un rituel masochiste mettant en scène des fantasmes de viol. Sacrifié par sodomie sur l'autel du diable de luxure 'Pan'. Depuis lors, pour parler de la fragmentation de son identité, Crowley se comparera à Dr Jekyll et Mr Hyde[1] . Tandis que son élève, possédé par Pan, écrira au sujet du faune jusqu'à la fin de ses jours. Le temps passant, ses poèmes sur Pan seront de plus en plus empreints de terreur[1].
Quelques jours plus tard, Crowley décide d'un autre rituel qu'il estime particulièrement dangereux[1]. Les deux hommes invoquent le démon Choronzon dans le but de le soumettre et d'en tirer du pouvoir. L'entité se manifesta par les paroles suivantes, vraisemblablement prononcées par Crowley : «Je suis Je... De moi viennent la lèpre, la vérole, la peste, le cancer, le choléra et le mal caduc. Ah ! J'atteindrai les genoux du Très-Haut, et j'arracherai son phallus avec mes dents, et je pilonnerai ses testicules dans un mortier, et j'en ferai un poison, pour tuer les fils des hommes », après quoi Crowley demeure mutique et immobile. Tandis que Neuburg, qui tient le rôle de scribe et de gardien du cercle magique, perçoit les apparitions de Choronzon. Celui-ci aurait pris les formes successives d'une femme, d'un saint homme et d'un serpent, engageant Neuburg dans une conversation. Au cours du dialogue, Choronzon efface le cercle protecteur, bondit sur Neuburg le faisant tomber au sol. Neuburg parvient à repousser Choronzon en implorant les noms de Dieu et rétablit le cercle à l'aide de sa dague sacrificielle. Le rituel aurait duré plus de deux heures. Lorsque ce fut finit, Crowley dit qu'il s'est identifié au démon et avait ressenti ses émotions. Le voyage en Algérie avec Neuburg fut fondamental dans la quête mystique d'Aleister. Celui-ci décrit qu'il avait été confronté aux abysses et que la fragmentation de son identité lui avait permis de transcender la matière et de la morale[1].
Ordo Templi Orientis
modifierÀ son retour d'Algérie, Crowley fonde l'Astrum Argentum, son propre ordre ésotérique inspiré de la Golden Dawn. En 1910, il se rapproche de l'Ordo Templi Orientis (OTO), fondé par Theodor Reuss et Carl Kellner à la fin du XIXe siècle. L'OTO est une société ésotérique allemande qui pratique sa propre « magie sexuelle » inspirée par le spirite américain Paschal Beverly Randolph[3]. Aleister Crowley devient le maître de la branche britannique de cet ordre[2]. D'après le récit de Crowley, il fut approché par Reuss, qui avait lu un chapitre cryptique de son ''Book of Lies'' (Livre des Mensonges) et accusa Crowley d'y avoir révélé le secret le plus intime de l'OTO, le secret de la magie sexuelle. Après avoir discuté de la question, Reuss estima que Crowley avait découvert le secret par lui-même et l'aurait alors recommandé au grade de Souverain Grand Maître Général d'Irlande, d'Iona et des îles Britanniques. Comme Crowley le commenta plus tard, ce secret de la magie sexuelle est « d'une importance si considérable » qu'il ne peut être utilisé indistinctement ni révélé aux indignes[3]. Afin de fournir à l'OTO un rituel central analogue à la messe catholique, Crowley substitua le pain et le vin par du sperme et du sang menstruel à consommer par le Prêtre et la Prêtresse[3].
Germanophile, Crowley se sent indésirable en Grande-Bretagne, ses écrits pro-allemands lui valent une antipathie de plus en plus forte dans son pays. En 1929 à Berlin, il épouse brièvement la Nicaraguayenne Maria Teresa Ferrari de Miramar[2]. Opportuniste idéologique, Crowley pensait que la première nation à adopter le Livre de la Loi deviendrait la plus puissante et vit Adolf Hitler et la montée du fascisme comme un opportunité. Il annota plusieurs écrits d'Hitler avec approbation avant d'essayer de lui vendre son propre livre. Sans réponse d'Hitler, il tenta en vain de le vendre au gouvernement britannique[3]. Il se réfugie aux États-Unis pendant la Première Guerre mondiale. Il a dilapidé son héritage et vit de subsides versés par l'Ordo Templi Orientis mais continue ses recherches de rituels de « magie sexuelle »[2]. Crowley prend la succession de Theodor Reuss à la tête de l'Ordo Templi Orientis, lors de la conférence de Weida et forme des disciples parmi lesquels Karl Germer (en), Gerald Yorke (en) ou Israel Regardie.
Thelema
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En 1920, Aleister Crowley loue une ferme à Cefalù en Sicile, qu'il nomme Thelema en référence à l'abbaye de Thélème de François Rabelais. Il y fonde une communauté spirituelle et forme de nombreux disciples. Marqué par son expérience en Algérie, et persuadé que l'élévation mystique passe par la destruction de l'identité et l'effacement de l'individualité, Crowley punit sévèrement ses disciples, par exemple s'ils prononcent le mot 'je'[1]. Dans sa communauté Thelema, Crowley prônait la gratification de tout désir et l'expression libre de chaque impulsion, par l'expérimentation des drogues, du sexe et des excès, explorant tous ses vices et jouissances. Il décrit une célébration de sa messe gnostique où l'hostie fut remplacée par les excréments de sa compagne, Leah Hirsig, qui le força à les manger : « Ma bouche brûlait, ma gorge s'étranglait, mon ventre se soulevait… Mes dents pourrissaient, ma langue s'ulcérait, ma gorge était à vif ; mais pour sa langue à elle, c'était de l'ambroisie, dans son ventre, le Dieu Unique »[1]. Dans ce contexte meurt sa fille, Anne Leah Crowley, née en 1920 à Fontainebleau ; et né en 1920 à Cefalù même, sa fille Astarte Lulu Panthea (Crowley) Muhler[10]. En 1923, comme la veuve du disciple Raoul Loveday porte plainte contre lui, Crowley est chassé d'Italie par le gouvernement de Benito Mussolini. Le journal britannique John Bull le surnomme alors « l'homme le plus pervers du monde »[2]. Il continue ses errances.
Retour en Angleterre
modifierIl revient au Royaume-Uni dans les années 1930 et y intente divers procès pour toucher de l'argent. Il poursuit un libraire qui a annoncé à tort la sortie d'un de ses livres (The Diary of a Drug Fiend), et l'éditeur du livre de Nina Hamnett Laughing Torso, dans lequel elle insinue qu'il a pratiqué la magie noire à Thelema. Désavoué par ses amis, les récits de ses pratiques sexuelles et magiques jouant en sa défaveur, il perd ses deux procès, il est condamné à payer les frais de justice alors qu'il est déjà ruiné[2].
Crowley décrit sa relation avec sa compagne Ronnie Minor en ces termes « je fais maintenant toutes ces choses que font les voluptueuses... mais toujours avec un objectif précis. C'est ce que me reproche cette pute à nègres et à chiens avec laquelle je vis bien pire que l'adultère»[3].
En 1936, il tombe amoureux de Greta Sequeira, une anthroposophe qui épouse un entrepreneur de Dundee. Par elle, il rencontre Lady Frieda Harris qui sera son exécutrice testamentaire. Ensemble, ils conçoivent un tarot (en) qu'elle illustre de ses aquarelles en 1942. Ce tarot divinatoire mélange diverses influences : magie occidentale, Golden Dawn, gnose, bouddhisme tantrique, chimie et freudisme. Crowley affirme que ce tarot est la suite du travail ésotérique d'Éliphas Lévi, dont il affirme être la réincarnation (Lévi était mort l'année de sa naissance). Son Book of Thoth de 1944 est un commentaire des arcanes de ce jeu[2].
À Newcastle upon-Tyne en 1937, né son dernier enfant, Randall Gair Doherty, de Patricia Doherty.
fin de vie
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Aleister Crowley fait régulièrement parler de lui par ses provocations. Il est dépendant à l'héroïne, substance liée au traitement prescrit pour ses douleurs pulmonaires suite à l'ascension du K2, dont la consommation lui inspire quelques écrits relatant les effets de la drogue, et mène une vie sexuelle débridée[11].
Dans ses dernières années, Aleister Crowley demande à John Symonds (en) de travailler à sa biographie à partir de ses notes. Avec le dernier disciple Kenneth Grant, Symonds travaille à la biographie/autobiographie de Crowley, intitulée Autohagiography[2]. Les deux hommes seront ses exécuteurs testamentaires pour l'aspect littéraire.
En 1946, l'année précédent la mort de Crowley, L'historien de Cambridge E. M. Butler, auteur du livre Myth of the Magus, lui rendit visite. D'après son récit, Crowley paraissait bien plus âgé que 72 ans, « moins ridé que décomposé », esseulé mais rêvant encore de puissance. « Il était là, assis, une épave parmi les ruines… mourant dans la pauvreté, grâce à la charité de ses amis, et se présentant avec le plus grand sérieux comme un instrument des êtres supérieurs qui contrôlent le destin humain »[3].
Installé dans une résidence hôtelière d'Hastings, Aleister Crowley meurt le à 72 ans d'une crise cardiaque liée à une bronchite chronique due à sa forte consommation de drogues. Il est incinéré à Brighton et ses cendres ont été perdues. Il était ruiné (sa « fortune » au décès est estimée à 18 £ 6 d[N 1]).
Selon Hugh B. Urban, le but ultime d'Aleister Crowley était une transgression totale des normes morales et sexuelles, dans le but d'une expérience de libération surhumaine. Sa quête de pouvoir et de transgression serait à l'image même de la modernité[3].
Œuvre littéraire et influence
modifierCrowley est un auteur prolifique, non seulement dans le domaine de la magie mais également dans la philosophie et la politique. Il fut un poète et un auteur de pièces de théâtre ainsi que rédacteur sous divers pseudonymes pour des journaux.
Figure majeure du regain du paganisme et de la sorcellerie, il a également joué un rôle important dans la popularisation de la magie sexuelle et du Tantra aux USA[3]. Dans le domaine de l'occultisme, Crowley a notamment écrit sur la magie, le tarot, le yoga, la kabbale, l'astrologie.
Liber AL vel Legis sub figura CCXX
modifierLes 8, 9 et , lors de son voyage de noces au Caire, Crowley reçoit en dictée un ouvrage de quelques pages, par l'intermédiaire d'une entité désincarnée nommée Aiwass, qu'Aleister Crowley assimile plus tard à son saint ange gardien, tandis que le texte transmis est signé du pharaon Ânkhefenkhonsou dont Crowley se déclare la réincarnation. Ce texte, intégralement retranscrit dans le Livre de la Loi (Liber AL vel Legis sub figura CCXX), constitue la base de son système philosophico-religieux nommé : « La Loi de Thelema ». Il annonce aussi le début d'une nouvelle ère : le christianisme serait amené à laisser la place à un nouveau mouvement spirituel[2].
Le terme « Thelema » provient du grec, et signifie « volonté », non la Volonté selon Crowley bassement humaine et capricieuse, mais la « volonté supérieure » de l'Homme qui lui permet de dépasser sa condition. Le Livre de la Loi illustre cette « volonté - Thelema » par quelques phrases clés comme « L'amour est la loi, l'amour soumis à la volonté » ; ou encore « Fais ce que voudras sera le tout de la loi », ce fameux « Fais ce que voudras » qui est gravé sur le fronton de l'« abbaye de Thélème » de Rabelais, auteur avec lequel il partage une sensualité grivoise, un penchant pour l'alchimie et une certaine religiosité[12]. Il a cependant cherché à se démarquer de son éducation religieuse chrétienne, en rejoignant la longue liste des nouveaux gnostiques, par l'intermédiaire de ce qu'il nomme la « Magick », l'hermétisme et d'autres disciplines comme le yoga[réf. nécessaire].
Ses œuvres les plus importantes sont :
- The Book of the Law (Le Livre de la Loi) ;
- Magick ;
- Le Livre de Thoth ;
- Magick Without Tears ;
- The Confessions of Aleister Crowley ;
- Liber 777 ;
- The Vision and the Voice ;
- Book of Lies (en).
Il édite et produit The Equinox (sous-titrée « Revue d'Illuminisme Scientifique »), une série de publications, qui servit d'organe officiel de l'ordre magique Astrum Argentum.
Crowley écrit également des pièces de théâtre et des romans qui n'ont pas reçu un accueil favorable en dehors des cercles occultistes :
- Diary of a Drug Fiend ;
- Moonchild ;
- The Rites of Eleusis ;
- The Ship.
Œuvres poétiques :
- Clouds Without Water. (1974) ;
- White Stains. (1973) ;
- The Star and the Garter. (1974) ;
- Snowdrops From a Curate’s Garden. (1986) ;
- Golden Twigs. (1988) ;
- The Scented Garden of Abdullah the Satirist of Shiraz. (1991) ;
- The Winged Beetle. (1992).
Publiées en français :
- Le Livre de Thoth, le Tarot des Égyptiens, Urania Verlags AG, préface d'Hymenaeus Beta, Caliphe de l'OTO, 1994.
- Magick (parties une et deux), Éditions Blockhaus, Paris, 1992.
- Fragments sataniques, Hriliu, Cahors, 1996.
- Le Livre de la Loi, Aleister Crowley, Les Gouttelettes de Rosée, Montpeyroux, 1997 (ISSN 1261-503X).
- L'Epreuve d'Ida Pendagon, dans Rêves d'Absinthe (anthologie), Éditions L'Œil du Sphinx, Paris, 2001 (ISBN 978-2914405058).
- Journal d'un drogué, voyage au pays de Cocaïne, Le Camion noir, Nancy, 2011.
- Le Livre de la Loi, Le Camion noir, Nancy, 2007.
- Béréshith, Les Gouttelettes de Rosée, Montpeyroux, 1998.
- Le Scorpion, Les Gouttelettes de Rosée, Montpeyroux, 1998.
- Babalon, Éditions de l'Heure, Charleroi, 2002.
- Magick (Liber ABA, Livre Quatre), ESH-ÉDITIONS, Collection Bibliotheca Crowleyana, Bruxelles, 2013. Deux tomes (ISBN 978-2805300066).
- Le Livre des Mensonges, ESH-ÉDITIONS, Collection Bibliotheca Crowleyana, Bruxelles, 2013. Préface de Jean-Luc Colnot (ISBN 978-2805300110).
- Magie énochienne de la Golden Dawn, Éditions Trajectoire, Escalquens, 2011. Contient le Liber 84 vel Chanokh et un extrait de la Vision et la Voix (ISBN 978-2841975693).
- Le Livre de Thoth, nouvelle traduction de Philippe Pissier, Éditions Alliance Magique, 2016 (ISBN 2367360138 et 978-2367360133).
- La Goetia, S.L. Mathers & Aleister Crowley, Éditions Chronos Arenam, 2017 (ISBN 979-1094880012)
- Le Dogme Qabalistique, dans Dogme et Rituel de la Golden Dawn par Matthieu Léon et Philippe Pissier, Rayol Canadel : Éditions Hermésia, 2017. (ISBN 979-1094877067).
- Le dit de Rodin, traduction par Philippe Pissier de Rodin in Rime, recueil de poèmes consacrés à l'art d'Auguste Rodin, illustré de dix aquarelles érotiques du maître, préface d'André Murcie, Le Vigan : L'arachnoïde, 2018 (ISBN 978-2-919030-23-1).
- Un Manuel de Géomancie et La Géomancie dans Les Pratiques Divinatoires de la Golden Dawn, Rayol Canadel : Éditions Hermésia, 2018 (ISBN 979-1094877166). Préface d'HieroSolis.
- Les Saints Livres de Thelema, traduits par Philippe Pissier, Rayol Canadel : Alliance Magique, 2018 (ISBN 978-2367360454).
- Le Message du Maître Therion et autres publications de l’A...A... en Catégorie E, trad. Philippe Pissier, préface de Massimo Mantovani (Rayol Canadel : Chronos Arenam, 2019) (ISBN 979-1094880166).
- De l'Autre Côté du Gouffre, trad. P. Pissier, préface de Krzysztof Azarewicz (Rayol Canadel : Chronos Arenam, 2019) (ISBN 979-10-94880-18-0).
- La Vision et la Voix, édition commentée, et autres textes, trad. P. Pissier (Nîmes : Anima, 2019) (ISBN 978-2-9559754-1-1).
- Le numéro 1 de la revue Alraune (2020), publiée par Hexen Press, comporte la traduction d'un extrait de The Scented Garden of Abdullah the Satirist of Shiraz.
- Petits Essais du Côté de la Vérité, trad. P. Pissier, préface de Krzysztof Azarewicz (Hyères : La Pierre Philosophale, 2020). (ISBN 978-2-36353-123-0).
- Le Livre de la Loi, traduction par Matthieu Léon, Philippe Pissier, Elise Ghiringhelli et Soror Maguen. Édition de luxe limitée et numérotée à 93 exemplaires, 180 pages, dorée sur tranche contenant le Liber CCXX, sa traduction, ainsi que le Liber XXXI (Ventabren : Le Serpentaire, 2021).
- Moonchild, le grand roman de l’auteur, traduit par Audrey Muller et Philippe Pissier, avant-propos de Mark S. Morrisson (Nîmes : Anima, 2021) (ISBN 978-2-9559754-3-5).
- À la Croisée des Chemins et autres textes, une anthologie introductive à l’œuvre d’Aleister Crowley, Volume I, traductions d’Audrey Muller, Diana Orlow, Philippe Pissier et Jean-Matthieu Taïeb (Nîmes : Anima, 2022). Préface de Vincent Capes. (ISBN 978-2-9559754-5-9).
- Nuées sans Eau (Montpellier : Hexen Press, 2022). Traduction de Philippe Pissier, préface de Tobias Churton, illustrations d’Anja Bajuk. Titre original : Clouds without Water. (ISBN 978-2-492143-04-5).
- La Renaissance de la Magick & autres textes (Montpellier : Hexen Press, 2024). Traductions de Philippe Pissier, préface de Massimo Mantovani. (ISBN 978-2-492143-04-5).
- Le Silence Électrique et autres textes, une anthologie introductive à l'œuvre d'Aleister Crowley, Volume II, traductions d'Audrey Muller et Philippe Pissier (Nîmes : Anima 2024).
Influence sur la culture
modifierAleister Crowley à laissé une empreinte visible dans la littérature, la musique et la bande dessinée.
Annexes
modifierBibliographie
modifierEn français
modifier- Serge Hutin, Aleister Crowley, Éditions Camion Blanc, coll. « Camion noir », 2016.
- Henry Chartier, La Musique du Diable. Le rock et ses succès damnés, Éditions Camion Blanc, coll. « Camion noir », 710 p.
- Sarane Alexandrian, Aleister Crowley, le maître incompris de la gnose moderne, Supérieur inconnu no 15, 1999.
- Tigrane Hadengue/Hugo Verlomme/Michka, « Aleister Crowley, le possédé des drogues », dans Le Livre du cannabis, Georg, 1999.
- Massimo Introvigne, « Aleister Crowley et le satanisme » dans Enquête sur le satanisme, Éditions Dervy, 1997, pages 209-219.
- Massimo Introvigne, La Magie, les nouveaux mouvements magiques, Droguet & Ardant, 1993, plusieurs pages sur Crowley.
- Arnold Waldstein, Aleister Crowley, le Saint de Satan, Culture, Art, Loisirs, Paris, 1975, 287 pages.
- Marco Pasi, La Notion de magie dans le courant occultiste en Angleterre (1875-1947), thèse de doctorat sous la direction d'Antoine Faivre.
- Pessoa et Crowley, Les Secrets de la Bouche de l'Enfer, l'Oeil du Sphinx, (ISBN 979-10-91506-33-5).
- Lucien d'Azay, Trois Excentriques anglais, Les Belles Lettres, 2011 (ISBN 978-2-251-44423-9).
En anglais
modifier- Martin Booth, A Magick Life: A Biography of Aleister Crowley, Hodder and Stoughton, 2000.
- (en) Ronald Decker, « Crowley, Aleister (1875-1947) », Oxford Dictionary of National Biography, (lire en ligne).

- Richard Kaczynski, Perdurabo: The Life of Aleister Crowley, New Falcon Publications, 2002.
- Marco Pasi, Aleister Crowley and the Temptation of Politics, Acumen, Durham, 2014.
- Lawrence Sutin, Do What Thou Wilt: A Life of Aleister Crowley, St. Martin's Griffin, 2002.
- John Symonds, The Beast 666, The Life of Aleister Crowley, Pindar Press, 1997.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Archives conservées par : Harry Ransom Center (MS-01002, findingAid.cfm?eadid=00144)
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressources relatives à la musique :
- Ressources relatives à la littérature :
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressource relative à la recherche :
- Ressource relative à la bande dessinée :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
-
- Sites organisationnels :
- M:.M:.M:. et O.T.O en France http://www.mysteriamysticamaxima.fr
- Oasis Garunna de Bordeaux, liens
- Site d'un des traducteurs français de Crowley.
- Textes de et sur Crowley ainsi que certains rituels de l'OTO.
- Biographie, photos, présentation du tarot de Crowley.
- Magick 4.
- Aleister Crowley, sur heresie.com (en) Aleister Crowley sur Thelemapedia.
- Crowley et la magie sexuelle, sur 450.fm, le .
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Le site universitaire Measuringworth propose des calculs d'équivalence de sommes. Ainsi, 18 £ 6 d de 1949 (quand tout fut traité) pourraient correspondre à 474 £ de 2009 (autour de 600 €) si on tient compte de l'évolution des prix ; 1 430 £ (autour de 1 850 €) en tenant compte de l'évolution des salaires ; ou 1 600 £ (autour de 2 000 €) en tenant compte du PNB par habitant.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Alex Owen, « The Sorcerer and His Apprentice: Aleister Crowley and the Magical Exploration of Edwardian Subjectivity », Journal of British Studies, vol. Vol. 36, no No. 1, , pp. 99-133 (35 pages) (lire en ligne
[PDF]) - 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 Decker 2011.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (en) Hugh B. Urban, « The Beast with Two Backs: Aleister Crowley, Sex Magic and the Exhaustion of Modernity », Nova Religio: The Journal of Alternative and Emergent Religions, vol. Vol. 7, no No. 3, , pp.7-25 (lire en ligne
) - ↑ Fitri Rahmadani Siregar, « "HAL-HAL TERKAIT PENTINGNYA PERENCANAAN DAN IMPLEMENTASI DALAM ASUHAN KEPERAWATAN" », sur dx.doi.org, (consulté le )
- ↑ Gaëlle Gillot, « Les jardins publics dans le monde arabe : territoire d’un loisir populaire », dans Divertissements et loisirs dans les sociétés urbaines à l’époque moderne et contemporaine, Presses universitaires François-Rabelais (ISBN 978-2-86906-203-0, lire en ligne), p. 295–306
- ↑ « Eight Subdivisions of Preliminary Yoga », dans The Popular Practice of Yoga, Routledge, (ISBN 978-0-429-39807-0, lire en ligne), p. 77–88
- ↑ « Traduction des poèmes d’Aleister Crowley Le dit de Rodin (2018) | Marcel Schwob » (consulté le )
- ↑ « I was made a Master Mason 17 December 1904 in Lodge 343 Anglo Saxon in Paris, working under the Grand Lodge of France. My proposer was the Rev J L Bowley, who I understand has been the Provincial Grand Officer in the Oxford Province, and I fully understood from him that the Anglo-Saxon Lodge was duly recognized by the Grand Lodge of England. » (lettre de Aleister Crowley à Sir Edward Letchworth, Grand Secretaire de la United Grand Lodge of England, datée , Yorke Collection, citée par Martin P. Starr, « Aleister Crowley: Freemason », dans AQC, vol. 108, 1995.
- ↑ Jean-Laurent Turbet, Aleister Crowley, mage, poète, occultiste, excentrique et franc-maçon de la Grande Loge de France. sur jlturbet.net, 19.6.2019.
- ↑ (en) « Family Tree of Aleister Crowley », sur Wikitree, (consulté le )
- ↑ Sommaire de six articles sur les drogues, Éditions Maldoror, 1996.
- ↑ Les Saints livres de Thelema - Aleister Crowley - Alliance Magique éditions - ebook (ePub) - Librairie Le Divan PARIS (lire en ligne)