Alessandro Araldi

peintre italien

Alessandro Araldi, né à Parme vers 1460 et mort en 1528[n 1], est un peintre italien de la Renaissance, actif principalement dans sa ville natale.

Alessandro Araldi
Portrait de Barbara Pallavicino, Galerie des Offices.
Naissance
Vers 1460
Parme
Décès
Nationalité
Italienne
Activité
Lieu de travail
Mouvement
Œuvres principales

Le ministère italien de la Culture le décrit comme l'un des maîtres les plus actifs à Parme entre le XVe siècle et le XVIe siècle, avant l'affirmation du Corrège.

Fils d'un marchand de draperies issu d'une ancienne famille parmesane, il est mentionné pour la première fois dans un acte public en 1483. Rien n'est établi de sa formation artistique, et son activité demeure inconnue avant 1496.

Il travaille principalement pour le monastère bénédictin de San Paolo, dont il reçoit des paiements à partir de 1505. En 1514, il y décore de grotesques et de candélabres le plafond d'une salle de l'appartement de l'abbesse Giovanna da Piacenza, cinq ans avant que le Corrège n'achève la chambre voisine dans un langage pleinement renaissant.

La même année, il signe l'Annonciation commandée par les carmes de Parme, aujourd'hui au Complexe monumental de la Pilotta. Son Portrait de Barbara Pallavicino, conservé à la Galerie des Offices, fut longtemps attribué à Piero della Francesca.

Biographie

modifier

Famille et premières mentions

modifier

Alessandro Araldi naît à Parme vers 1460, fils de Cristoforo, marchand de draperies appartenant à une ancienne famille parmesane. Il est déjà marié en 1488 avec Paola di Andrea del Piombo, dont il a quatre enfants[1]. Le catalogue général des biens culturels le mentionne pour la première fois comme témoin dans un acte public en 1483[2].

Rien n'est établi de précis sur sa formation artistique[1], et le Complexe monumental de la Pilotta observe que son activité est entièrement inconnue avant 1496[3].

Question de la fresque de 1496

modifier

Le Dizionario biografico degli italiani fait apparaître ses premières inclinations dans la fresque de la cathédrale de Parme représentant la Vierge à l'Enfant avec saint Joseph et le donateur, où une restauration avait fait retrouver la signature et la date de 1496, et y relève, avec le souvenir de Ferrare, un mantégnisme prépondérant[1].

Le Complexe monumental de la Pilotta indique toutefois que cette fresque est désormais assignée à l'entourage de Alessandro Pampurino (it), à la suite de travaux publiés en 1997[3].

Une lettre adressée au secrétaire de Mantoue indique qu'il se proposait en 1496 de se rendre à Venise ; selon le catalogue général des biens culturels, son art se développe toutefois moins dans le domaine vénitien que dans l'aire émilienne de Lorenzo Costa et de Francia[2].

Monastère de San Paolo

modifier

À partir de 1505, Araldi reçoit des paiements de montants variables des abbesses Cecilia et Orsina Bergonzi, puis, à partir de 1507, de Giovanna da Piacenza, pour des travaux non précisés dans le monastère[3].

Sur les deux parois d'une cellule située en bordure du jardin de l'ancien couvent, il peint des scènes de la vie de sainte Catherine d'Alexandrie[4].

En 1514, il réalise dans l'appartement privé de l'abbesse le plafond d'une salle presque parfaitement carrée, orné d'une riche décoration de grotesques et de candélabres peints sur fond bleu, où s'insèrent des scènes sacrées tirées de l'Ancien et du Nouveau Testament ainsi que des images profanes[5],[6]. Le Complexe de la Pilotta précise que ces fresques lui sont unanimement attribuées par la critique, bien qu'aucun document ne les avalise, leur datation étant déduite de l'inscription de la cheminée[3].

Cinq ans plus tard, en 1519, le Corrège achève la chambre voisine, communicante, dans un langage pleinement renaissant[5],[6].

Une copie de la Cène exécutée par Araldi en 1516 figure également dans le parcours muséal du complexe[6].

Annonciation de 1514

modifier

Le , les carmes de Parme commandent à Araldi une Annonciation, aux frais du légataire d'Alberico Palmia. Le tableau, qui porte sa signature sur un cartouche central, demeure dans la première chapelle à gauche de l'église du Carmine jusqu'aux suppressions napoléoniennes et entre à la Regia Pinacoteca en 1815[3].

Selon le Complexe monumental de la Pilotta, cette œuvre se situe dans la période la mieux documentée de l'activité du peintre, l'année même où il dut exécuter la décoration de la voûte à grotesques de San Paolo[3].

Dernières années

modifier

L'Enciclopedia Italiana indique que des fresques lui furent commandées pour la cathédrale en 1522, aujourd'hui disparues, qu'il travailla à Mantoue et qu'il mourut de la peste en 1528[7].

Œuvres

modifier

Sélection

modifier
DateTitreLieu
vers 1510Portrait de Barbara PallavicinoGalerie des Offices, Florence[8],[2]
1514Scènes de la vie de sainte CatherineCellule Sainte-Catherine, San Paolo, Parme[4],[n 2]
1514Plafond à grotesques et candélabresAppartement de l'abbesse, San Paolo, Parme[5]
1514AnnonciationComplexe monumental de la Pilotta, Parme[3]
1516Copie de la CèneSan Paolo, Parme[6]
1516Tableau aujourd'hui perduÉglise de Casalmaggiore[1]
1522Fresques disparuesCathédrale de Parme[7]
Vierge adorant l'EnfantSan Pietro, Parme[1]
Annonciation entre les saints Sébastien et CatherineGalerie nationale de Parme[1]

Portrait de Barbara Pallavicino

modifier

Le Portrait de Barbara Pallavicino, conservé à la Galerie des Offices sous le numéro d'inventaire 8383, représente son modèle strictement de profil, vêtu d'une robe de brocart et portant un collier de perles à pendentif, une résille, un fermoir et une cordelette frontale[2].

L'œuvre fut longtemps tenue pour une peinture de Piero della Francesca. Adolfo Venturi l'attribua à l'école lombarde et y reconnut un portrait de Béatrice d'Este, en soulignant sa ressemblance avec un portrait de celle-ci dû à Zenale, à Milan. Le nom de Barbara Pallavicino a été proposé par L. Ricci[2].

La notice du catalogue général relève chez ce peintre peu connu une aptitude marquée de miniaturiste[2].

Réception critique

modifier

Les jugements portés sur Araldi sont contrastés.

L'Enciclopedia Italiana le tient pour un peintre sans aucune invention, assimilateur des conceptions d'autrui — de Francia, de Raphaël, de Costa, du Sodoma, de Mantegna et surtout du Pinturicchio — et juge admissible l'hypothèse de Corrado Ricci selon laquelle il aurait vécu à Sienne entre 1507 et 1510, période durant laquelle on perd sa trace à Parme et où Pinturicchio y travaillait[7].

Le Dizionario biografico relève pour sa part une Vierge adorant l'Enfant à San Pietro de Parme, auparavant attribuée à Francia puis à Caselli, noms indicatifs des orientations de sa peinture, ainsi qu'une Annonciation entre les saints Sébastien et Catherine à la Galerie nationale de Parme, où le saint Sébastien lié à la colonne révèle, par une couleur plus fondue et plus douce, une consonance avec Foppa[1].

Le même dictionnaire observe que l'artiste dont son style est le plus éloigné, mais dont il cherche à plusieurs reprises à se rapprocher, est Léonard de Vinci : en témoigne le portrait de Beatrice da Correggio dite Mamma, inspiré de La Joconde, identifié en 1952 dans la collection Borri à Parme et dont le souvenir est conservé par un sonnet du poète contemporain Enea Irpino (it)[1].

Notes et références

modifier
  1. ↑ Les sources divergent : l'Enciclopedia Italiana et le ministère de la Culture indiquent 1528, la version antérieure de l'article et les référentiels d'autorité 1529. Le lieu de la mort n'est pas précisé par les sources consultées.
  2. ↑ La date de 1514 est donnée pour l'ensemble des travaux exécutés par le peintre dans l'appartement de l'abbesse ; les sources consultées ne datent pas séparément les scènes de la cellule Sainte-Catherine.

Références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 (it) Augusta Ghidiglia Quintavalle, « Araldi, Alessandro », sur Dizionario biografico degli italiani, Treccani, (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 6 (it) « Ritratto di Barbara Pallavicino », sur Catalogo generale dei Beni Culturali, Ministero della Cultura (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 6 7 (it) « Annunciazione », sur Complesso Monumentale della Pilotta (consulté le ).
  4. 1 2 (it) « Camera di San Paolo — Cella di santa Caterina », sur Ministero della Cultura (consulté le ).
  5. 1 2 3 (it) « Camera di San Paolo », sur Ministero della Cultura (consulté le ).
  6. 1 2 3 4 (it) « Camera di San Paolo », sur Cultura, Commune de Parme (consulté le ).
  7. 1 2 3 (it) Francesco Malaguzzi Valeri, « Araldi, Alessandro », sur Enciclopedia Italiana, Treccani, (consulté le ).
  8. ↑ (it) « Alessandro Araldi — biografia », sur Uffizi Firenze (consulté le ).

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier
  • (it) Augusta Ghidiglia Quintavalle, « Araldi, Alessandro », dans Dizionario biografico degli italiani, vol. 3, Rome, Istituto della Enciclopedia Italiana, .
  • (it) Corrado Ricci, « Alessandro e Iosaphat Araldi », Rassegna d'arte, vol. III,‎ , p. 137.
  • (it) Roberto Lasagni, Dizionario biografico dei Parmigiani, vol. I, Parme, PPS, .

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier