Alexander Campbell (pasteur)

théologien écossais

Alexander Campbell () est un pasteur écossais d'Irlande du nord immigrant aux États-Unis, où il seconde son père Thomas Campbell à la tête d'un mouvement de réveil connu sous le nom de mouvement de restauration, ou « mouvement Stone-Campbell ».

Alexander Campbell
Fonctions
Président
General Christian Missionary Convention (d)
-
Responsable
Mouvement de restauration américain
Biographie
Naissance
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Broughshane (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
BethanyVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Campbell Cemetery (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Fratrie
Jane Campbell MacKeever (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Selina Huntington Bakewell Campbell (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Archibald W. Campbell (d) (neveu)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Christian Baptist (d), Millennial Harbinger (d), Living Oracles (d), The Christian System (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Jeunesse et éducation

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Alexander Campbell est né le près de Ballymena, dans la paroisse de Broughshane (en), dans le comté d'Antrim, en Irlande[1]:98[2]:116. Ses parents étaient le pasteur Thomas Campbell et Jane Corneigle Campbell, tous deux d'origine écossaise[2]:116[3]. Comme son père, il fait ses études à l'Université de Glasgow, où il est fortement influencé par la philosophie des Lumières écossaises[2]:117. Il est également influencé par le philosophe anglais John Locke[2]:116.

En 1809, à l'âge de 21 ans, il émigre aux États-Unis avec sa mère et ses frères et sœurs, pour rejoindre son père Thomas, qui a émigré en 1807[2]:117–118. Ils le rejoignent dans l'ouest de la Pennsylvanie, où Campbell père exerce son ministère dans le comté de Washington, dans la zone de la frontière de l'ouest Alexander est consacré pasteur dans l'église de son père le [2]:119.

Mariage et vie personnelle

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Le , Campbell épouse Margaret Brown[2]:119,[4]:83. Le père de Margaret, John Brown, possède une importante quantité de terres dans la région de Bethany, en Virginie (aujourd'hui en Virginie-Occidentale)[2]:119. Le couple réside dans ce qui est aujourd'hui connu sous le nom de "Alexander Campbell Mansion" près de Bethany, et a huit enfants. Leur premier enfant, une fille, nait le [4]:83.

La naissance de sa fille incite Campbell à étudier le sujet du baptême. Il finit par conclure que les Écritures ne justifient pas le baptême des enfants mais que les individus devaient décider par eux-mêmes de se convertir et que le baptême n'est approprié qu'après cette conversion[4]:83.

Après la mort de Margaret en 1827, Campbell se remarie l'année suivante, avec Selina Huntington Bakewell le  ; ils ont six enfants[5]:135.

Carrière et vie publique

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L'ancienne église de Bethany avec sa plaque historique

De 1815 à 1824, Campbell et son père maintiennent l'affiliation de la Brush Run Church à un consistoire baptiste local. Après des désaccords sur certaines questions, ils s'affilient à la "Mahoning Baptist Association", dissidente.

La seule fonction politique officielle occupée par Campbell est celle de délégué à la Convention constitutionnelle de Virginie de 1829-1830, qui se tient à Richmond (Virginie). Il rencontre certains des principaux hommes politiques de l'époque et est invité à prêcher dans plusieurs églises de la capitale de Virginie[2]:123.

En 1840, Campbell fonde le Bethany College à Bethany, en Virginie (aujourd'hui Virginie occidentale). Il estime que le clergé devait avoir fait des études supérieures. De nombreux futurs dirigeants des Disciples du Christ et des Églises du Christ sont diplômés de cette université[2]:129,[6]:74–75

Débats et controverses

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Au cours de son voyage au Royaume-Uni en 1847, Alexander Campbell donne des conférences publiques en Angleterre et en Écosse. Il se rend en Irlande pour remettre les fonds que les églises du Mouvement de restauration américain ont collectés pour venir en aide aux victimes de la Grande famine irlandaise. Alors qu'il se trouve à Glasgow, il est mis au défi par James Robertson (en), le modérateur de l’Église d’Écosse, de participer à un débat sur le thème de l'esclavage, que le Sud américain protège et que Campbell défend comme étant moral[7]. À la suite de cet échange très virulent, Robertson poursuit Campbell pour diffamation. Campbell nie les accusations, mais il est arrêté et emprisonné pendant dix jours. Il est libéré lorsque le mandat d'arrêt à son encontre est déclaré illégal. L'affaire est finalement jugée et le jury se prononce en sa faveur[2]:128–129[3].

Fin de vie

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Alexander Campbell, âgé de 65 ans

Alexander Campbell est décédé à l'âge de 77 ans le à Bethany, en Virginie-Occidentale[3]. Sa veuve est décédée plus de trois décennies plus tard, le [5]:136,138.

Son neveu Archibald Campbell (en) (1833-1899) était déjà devenu un abolitionniste important et un leader du Parti républicain. En tant que rédacteur en chef du Wheeling Daily Intelligencer, il contribue à la fondation de ce qui devient ensuite l'État de Virginie-Occidentale[8].

Œuvres et publications

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Alexander Campbell

Au début de la vingtaine, Campbell écrit plusieurs essais moraux sous le pseudonyme « Clarinda » et les publie dans un journal local[9]. En 1820, son débat avec le presbytérien John Walker est publié, lui rappelant l'efficacité de l'écriture et de l'édition[9]. Il achète une presse et construit une petite imprimerie en 1823, créant ainsi une entreprise d'édition qui s'avère fructueuse[9],[10].

Campbell édite et publie deux revues. La première est le « Christian Baptist », qu'il dirige de 1823 à 1830[11]:174. Le second est « The Millennial Harbinger », qu'il commence en 1830 et continue à éditer jusqu'à sa mort en 1866. Il s'en éloigne quelque peu dans les années 1850[12]:517–518. Dans les deux cas, il prône une réforme du christianisme inspirée de celle pratiquée dans les régions pionnières américaines. Il encourage les contributions d'écrivains qui pensent différemment de lui, et les revues favorisent un dialogue animé sur les questions relatives au mouvement réformateur.

Campbell développe son activité d'imprimerie en 1830 pour le « Millennial Harbinger »[9]. Le changement de nom, passant de « Christian Baptist » à « Harbinger », est motivé par plusieurs préoccupations. Des divergences d'opinion apparaissent entre Campbell et les baptistes, et dans de nombreux cas, les associations baptistes excluent les personnes liées au mouvement de Campbell. Il craint que « Christian Baptist » – qu'il considère comme moins approprié que le terme biblique « Disciples » – ne devienne le nom « de facto » du groupe. Il souhaite également que le nouveau journal adopte un ton plus positif, encourageant la réforme et préparant le monde au millénium et à la seconde venue du Christ[9].

Campbell écrit plusieurs livres, dont « The Christian System » (Le système chrétien). Il compose également des cantiques[13]. Campbell compile et publie une traduction du Nouveau Testament sous le titre « The Living Oracles »[9],[14]:87–88. Publié en 1826, il est basé sur une traduction de 1818 par George Campbell, James MacKnight et Philip Doddridge, et comprend des modifications et des notes détaillées de Campbell[2]:122[9],[14]:87–88.

Ses œuvres comprennent :

  • « The Living Oracles » (1826) – Traduction du Nouveau Testament par Campbell
  • « Psalms, Hymns and Spiritual Songs » (1828) -Psaumes, cantiques et cnats spirituels
  • « Prospectus of the Millennial Harbinger » (1829)
  • « Delusions: An Analysis of the Book of Mormon » (1832) - Illusions : une analyse du Livre de Mormon
  • « The Christian Preacher's Companion » (1836)
  • « The Christian System » (1839) – résumé de la théologie de Campbell
  • « The Christian Hymnbook » (1843) - Le recueil de cantiques chrétiens
  • « A Tract for the People of Kentucky » (1849) - Traité pour le peuple du Kentucky
  • « Christian Baptism—Its Antecedents and Consequents » (1851) - Le baptême chrétien : ses antécédents et ses conséquences
  • « The Acts of the Apostles » (1858) – Les Actes des Apôtres, traduction de Campbell
  • « Memoirs of Elder Thomas Campbell » (1861) - Mémoires de l'ancien Thomas Campbell
  • « Popular Lectures and Addresses » (1863) - Conférences et discours populaires
  • « Familiar Lectures on the Pentateuch » (1867) - Conférences familières sur le Pentateuque

Héritage

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En 1832, le groupe dirigé par les Campbell fusionne avec un mouvement similaire lancé par le pasteur Barton W. Stone dans le Kentucky[2]:112.

Le « mouvement Stone-Campbell » résultant aboutit au développement d'Églises chrétiennes se voulant non confessionnelles, qui mettent l'accent sur quelques principes essentiels tirés de la Bible et pensent que les confessions de foi rédigées ultérieurement ne servent qu'à diviser les chrétiens[1]:111. Les Campbell père et fils sont influencés par des mouvements similaires en Écosse, en particulier par James et Robert Haldane.

En accord avec leurs idées, leurs congrégations cherchent à éviter d'être identifiées par le nom d'une personne humaine, préférant les termes "Disciples du Christ" ou "Églises chrétiennes". Plusieurs dénominations religieuses sont issues de ce mouvement. Les trois principaux groupes sont les Églises du Christ, l'Église chrétienne des Disciples du Christ et les Églises chrétiennes et Églises du Christ indépendantes. Il existe également les Églises du Christ internationales, l'Église chrétienne internationale, les Églises du Christ en Australie, les Églises du Christ en Europe et l'Église chrétienne évangélique au Canada[15],[16]. Campbell a également fondé le Bethany College à Bethany, en Virginie-Occidentale.

Sa mémoire est honorée en particulier par :

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Alexander Campbell (minister) » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 McAllister, Lester and Tucker, William E. Journey in Faith St. Louis, Missouri: The Bethany Press, 1975.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Douglas Allen Foster and Anthony L. Dunnavant, The Encyclopedia of the Stone-Campbell Movement: Christian Church (Disciples of Christ), Christian Churches/Churches of Christ, Churches of Christ, William B. Eerdmans Publishing Co., 2004, (ISBN 0-8028-3898-7), (ISBN 978-0-8028-3898-8), 854 pages, entry on Campbell, Alexander
  3. 1 2 3 (en)  George Clement Boase, « Campbell, Alexander (1788-1866) », dans Leslie Stephen, Dictionary of National Biography, vol. 08, Londres, Smith, Elder & Co, .
  4. 1 2 3 Adron Doran, “'Restoring New Testament Christianity”', 21st Century Christian, 1997, (ISBN 0-89098-161-2)
  5. 1 2 Douglas Allen Foster et Anthony L. Dunnavant, “'The Encyclopedia of the Stone-Campbell Movement: Christian Church (Disciples of Christ), Christian Churches/Churches of Christ, Churches of Christ”', Wm. B. Eerdmans Publishing, 2004, (ISBN 0-8028-3898-7), (ISBN 978-0-8028-3898-8), 854 pages, entrée sur « Campbell, Selina Huntington Bakewell »
  6. Douglas Allen Foster et Anthony L. Dunnavant, “'The Encyclopedia of the Stone-Campbell Movement: Christian Church (Disciples of Christ), Christian Churches/Churches of Christ, Churches of Christ”', Wm. B. Eerdmans Publishing, 2004, (ISBN 0-8028-3898-7), (ISBN 978-0-8028-3898-8), 854 pages, entrée sur « Bethany College »
  7. Parker Pillsbury, The Church as it is: Or, The Forlorn Hope of Slavery, Concord, New Hampshire, A. Forbes, , 56–58 p. (lire en ligne) :
    « Il n'y a pas un seul verset dans la Bible qui l'interdise, mais plusieurs qui la réglementent. Nous en concluons donc qu'il n'est pas immoral. »
  8. « Education from LVA: Archibald Campbell » [virginia.gov/online_classroom/union_or_secession/people/archibald_campbell archive du ], sur edu.lva.virginia.gov (consulté le )
  9. 1 2 3 4 5 6 7 Gary Holloway, « Alexander Campbell en tant qu'éditeur », (en) « Alexander Campbell as a Publisher », sur le site de Restoration Quaterly (archive), '“Restoration Quarterly”', Vol. 37 No. 1 (1995)
  10. Greg Taylor, « Alexander Campbell : Millennial Blogger" (en) « Alexander Campbell : Millennial Blogger », sur le site de Disciples of Christ Historical Society (archive), , Disciples of Christ Historical Society, consulté le 13 juin 2011
  11. Douglas Allen Foster et Anthony L. Dunnavant, « The Encyclopedia of the Stone-Campbell Movement: Christian Church (Disciples of Christ), Christian Churches/Churches of Christ, Churches of Christ », Wm. B. Eerdmans Publishing, 2004, (ISBN 0-8028-3898-7), (ISBN 978-0-8028-3898-8), 854 pages, entrée sur « Christian Baptist, The »
  12. Douglas Allen Foster et Anthony L. Dunnavant, “'The Encyclopedia of the Stone-Campbell Movement: Christian Church (Disciples of Christ), Christian Churches/Churches of Christ, Churches of Christ”', Wm. B. Eerdmans Publishing, 2004, (ISBN 0-8028-3898-7), (ISBN 978-0-8028-3898-8), 854 pages, entrée sur « Millennial Harbinger, The »
  13. Richardson, Robert. « Memoirs of Alexander Campbell » (Mémoires d'Alexander Campbell). En deux volumes. Philadelphie : Lippincott, 1871. Vol 2, chapitre XXI, note de bas de page 1 Consulté le 1er novembre 2008
  14. 1 2 Douglas Allen Foster et Anthony L. Dunnavant, « The Encyclopedia of the Stone-Campbell Movement: Christian Church (Disciples of Christ), Christian Churches/Churches of Christ, Churches of Christ », Wm. B. Eerdmans Publishing, 2004, (ISBN 0-8028-3898-7), (ISBN 978-0-8028-3898-8), 854 pages, entrée sur « Bible, Versions and Translations of »
  15. Sydney E. Ahlstrom, A Religious History of the American People (2004)
  16. Melton's Encyclopedia of American Religions (2009)

Liens externes

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