Alexandre Mokrovolsky
Oleksandr Mykolayovych Mokrovolsky (en ukrainien : Олекса́ндр Микола́йович Мокрово́льський ; – ) est un journaliste, traducteur prolifique et écrivain ukrainien. Il était membre de l'Union nationale des écrivains d'Ukraine (НСПУ, NSPU) en 1981. Poète reconnu, il a aussi traduit des poésies et de la prose de plusieurs langues européennes vers l'ukrainien[1].
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Jeunesse
modifierAlexandre Mokrovolsky est né au village de Chernyshi le . De 1964 à 1968, il a fait ses études à la Faculté d'Anglais de l'Institut Pédagogique Cherkasy (aujourd'hui Institut National Cherkasy).
Carrière
modifierDe à , Mokrovolsky travaille comme ingénieur-traducteur à l'usine chimique Cherkasy. Il rejoint ensuite les maisons d'édition de Kiev Veselka et Dnipro, où il est éditeur puis éditeur senior de à . Il reste un acteur du monde de l'édition jusqu'en 1984.
Bien que reconnu comme l'un des derniers représentants de l'école classique de traduction ukrainienne - menée par Dmytro Pavlychko et prenant racine dans le journal Vsesvit de littérature étrangère dans les années 1970s- Mokrovolsky ne fut jamais employé à Vesvit en raison de l'opposition du KGB soviétique ukrainien qui se méfiait de lui.
Pendant 8 ans à partir de , il effectue un travail créatif. Au début 1993, il devient éditeur du département des périodiques d'Europe de l'Ouest pour le journal Ukraina Yevropa Svit.
Œuvre littéraire
modifierIl est l'auteur de la nouvelle Kolo idei (2016) et du sonnet Proty impeReFii (2023) ainsi que de plusieurs recueils de poésie dont Hlybokyi let (1983), Yavir i Palma (1986) et Etnos soten yasnot (2012), ce dernier ouvrage étant publié sous le pseudonyme de Kor Abel. Son style se distingue par son ton calme et le recours au pouvoir onirique des mots.
Mokrovolski traduit des ouvrages littéraires nombreux et variés de l'anglais vers l'ukrainien. On peut citer des poèmes de John Ciardi, de William Roscoe, de Percy Bysshe Shelley et de W.B. Yeats, etc.
Il traduit aussi des œuvres de Charles Dickens (Christmas stories, A Christmas tree), de Christina Rossetti (Sing-Song) et de Seamus Heaney, ainsi que Les contes de ma mère l'Oye de Charles Perrault..
Il traduit des oeuvres de J.R.R. Tolkien[2] comme le Seigneur des Anneaux mais aussi des comptines (recueil intitulé Charlie-Warlie) et de la littérature enfantines (Charlotte's web, Stuart Little, The Trumpet of the Swan, The sisters Grimm[3]), ainsi que des ouvrages de Joan Samson, de Wilkie Collins, de James Joyce, Richard Adams and Eoin Colfer.
Mokrovolsky traduit de l'espagnol des œuvres comme des nouvelles de D. Alonso ("A la recherche de la mouette noire") ou d'Alfonso Grosso.
Il traduit aussi de l'allemand des œuvres de Jurij Brězan G. Fuchs, Goethe, Bertolt Brecht et C. Nöstinger.
A son actif, on compte aussi la traduction de nombreux ouvrages de référence comme la Constitution des Etats-Unis ou Vérité et méthode de Hans-Georg Gadamer, L'essence et la valeur de la démocratie de Hans Kelsen, la Théorie de la justice de John Rawls et L'Irelande légendaire de Eithne Massey.
Mokrovolsky déchiffre et traduit la chronique historique ukrainienne Shchek – Kyi ainsi que de nombreux ouvrages d'écrivains célèbres tels que William Shakespeare, Byron, George Bernard Shaw, Lewis Carroll, Edgar Allan Poe, Robert Louis Stevenson, Jean Wright, D. H. Lawrence, Goethe, Victor Hugo, Pierre-Jean de Béranger, Philippe Jaccottet, Tristan Tzara, Léopold Sédar Senghor, Torquato Tasso, Salvatore Quasimodo, Justinas Marcinkevičius, Eduardas Mieželaitis et Algimantas Baltakis.
Il contribue à plusieurs manuels d'anthologie de poésie destinés au public scolaire, dont Spivets (1972), Svitanok (1978), Peredchuttia (1979), Poklyk (1984), et Zahrava (1989), ainsi qu'à la collection de poésie allemande Green Harz (1985).
Au cours de ses dix dernières années, il donne un cours de traduction de niveau professionnel aux étudiants de l'Université Nationale de Kiev-Mohyla.
A l'occasion du 130ème anniversaire (en français : 130e anniversaire) de la naissance de Tolkien, en 2022, Mokrovolskyi -qui a été le premier à traduire le livre "The Hobbit" en ukrainien- participe à la conférence intitulée "John Tolkien en Ukrainien" organisée conjointement par la maison d'édition l'Astrolabe et le Musée de la Littérature.
Œuvre graphique
modifierEn , Mokrovolsky expose ses œuvres graphiques au Musée Local d'Histoire d'Irpin, des photographies prises dans des cafés, se situant dans la mouvance du "Coffee art".
Décès
modifierLa nouvelle du décès de Mokrovolsky fut annoncée par son collègue Oleksandr Bojko, secrétaire de la NSPU, selon lequel, le corps de Mokrovolsky a été retrouvé sans vie dans sa chambre de la Maison de la Créativité des Ecrivains (en français : Écrivains), à Irpin, près de Kiev, où il vivait seul les dernières années de sa vie, notamment durant l'occupation russe.
Vie personnelle
modifierMokrovolsky vit et travaille dans la région de Kiev. À partir de 2016, il réside par convenance personnelle à la Maison de la Créativité des Ecrivains (en français : Écrivains), à Irpin. Il y observe d'un oeil (en français : œil) critique les conditions de vie matérielles et politiques des écrivains comparées à celles des dignitaires du régime.
Notes et références
modifier- ↑ (uk) « Мокровольський Олександр Миколайович » [archive du ], static.rada.gov.ua (consulté le )
- ↑ En 1985, la maison.d'édition Veselka publie la première traduction en ukrainien du Hobbit de Tolkien, par.Mokrovolsky. Le traducteur est le premier à utiliser le mot "hobbit" en ukrainien nonobstant les normes traditionnelles de la traduction soviétique. En dépit des critiques, cette innovation a un profond impact sur le monde littéraire ukrainien.
- ↑ (uk) В. І. Ткаченко, « Мокровольський Олександр Миколайович », sur Encyclopedia of Modern Ukraine, (consulté le )
