Alfred Balachowsky
Alfred-Serge Balachowsky est un entomologiste français né le à Korotcha en Russie, et mort le à Saint-Mandé en France.
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Alfred Serge Balachowsky |
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Biographie
modifierAlfred-Serge Balachowsky naît le à Korotcha, en Russie, dans une famille d'intellectuels origine polonaise et française, qui, fuyant la terreur rouge, s'installe en France en 1919. Son père Arnold Balachowsky était mort en 1902 ; sa mère Aménaïde Charlotte de Féraudy était née le à Dinan.
Le jeune Alfred Serge obtient le diplôme d’ingénieur agricole le . Et il devient docteur ès-sciences naturelles à la Sorbonne le . Il est naturalisé français par décret du .
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé le comme caporal au Laboratoire de recherches bactériologiques et aérologiques de l’armée, au Val-de-Grâce à Paris. Lors de la débâcle, ce laboratoire est déménagé à Toulouse où le caporal Balachowsky est démobilisé le [1].
Sous l’occupation, Balachowsky devient directeur de laboratoire à la Station centrale de Zoologie agricole du Centre national de recherches agronomiques de Versailles et professeur de zoologie et d'entomologie à l’École nationale d'agriculture de Grignon. À partir d', il fait partie, sous le pseudo « Serge », d'un groupe de résistance rattaché au réseau Prosper-PHYSICIAN du service secret britannique Special Operations Executive[2]. Ce groupe, basé à l'École d'agriculture de Grignon, reçoit courant trois parachutages à Bazemont, à la ferme du Roncey de Guillaume Abgrall. Le , Balachowsky est arrêté à son domicile (1, square Sully, à Viroflay). Détenu à Fresnes puis, à partir du , au camp de Royallieu (Compiègne), il est déporté le au camp de Buchenwald. Transféré au camp de Dora le , il est ramené à Buchenwald le , pour y être affecté au bloc 50, où se fabrique le vaccin contre le typhus exanthématique, sous la responsabilité du médecin nazi Erwin Ding-Schuler. Il y travaille jusqu'à la libération du camp, le . Il est rapatrié le . Le , il témoigne au procès de Nuremberg sur les conditions de détention dans les camps de concentration[3].

En 1948, il devient président de la Société entomologique de France.
Il épouse en premières noces Émilie-Louise Morin, née le à Rennes et en secondes noces, le , Solange Guyot.
Alfred Balachowsky occupe les chaires suivantes au Muséum national d'histoire naturelle :
- Entomologie, de 1962 à 1963, alors renommée Entomologie générale et appliquée ;
- Entomologie générale et appliquée, de 1963 à 1974.
Il coordonne la construction du nouveau laboratoire d'Entomologie inauguré en 1964 au 45 rue Buffon, pourvu d'une importante bibliothèque, de matériel d'observation et de salles de préservation des collections qui conservent plus de 40 000 000 de spécimens[4].
Alfred Balachowsky meurt le à Saint-Mandé[5]
Travaux
modifierOn lui doit l'identification de deux espèces de cochenilles (coccoidea) :
- Rhizopulvinaria grassei (1936),
- Saharaspis ceardi (1928).
Œuvres
modifier- Coléoptères Scolytides, Collection Faune de France, Volume 50, Paris, Fédération française des Sciences naturelles (éd.), 320 p., 1949, 1997[6].
Utilisation de son nom
modifierSon nom a été donné à une espèce de papillon, Gonimbrasia balachowskyi, de la famille des Saturniidae. Ce papillon figure sur une émission philatélique du Territoire français des Afars et des Issas de 1976, avec pour valeur faciale 100 FF.
Filmographie
modifier- Extrait du témoignage de Balachowsky devant le tribunal de Nuremberg
- (en) Documentaire Lost Airmen of Buchenwald (à partir de la minute 32) : des militaires alliés emprisonnés à Buchenwald témoignent sur Balachowsky.
- Témoignage de Balachowsky sur le camp de concentration de Buchenwald, dans le documentaire Le Procès de Nuremberg de Daniel Costelle et Henri de Turenne (série Les Grandes Batailles) diffusé le 12 septembre 1974 sur la première chaîne de l'ORTF et reprise dans l’émission Rembob'INA de Patrick Cohen sur la chaîne parlementaire LCP-AN en septembre 2025 (replay sur LCP.fr).
Distinctions
modifierNotes et références
modifier- ↑ Jean Dorst, « La vie et l'œuvre d'Alfred Balachowsky », in : La Vie des sciences, Académie des sciences (France), Compte-rendu série générale, tome 1, no 6, 1984, pages 567-576 (Lire en ligne).
- ↑ « Titres, homologations et services pour faits de résistance - Mémoire des hommes », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Nicolas Chevassus-au-Louis, « Alfred Balachowsky, un Pastorien à Buchenwald » in La Recherche, n° 370, 2003 (Lire en ligne)
- ↑ « Quelles collections ? Les insectes », sur mnhn.fr (consulté le )
- ↑ « Visionneuse - Archives de Paris », sur archives.paris.fr (consulté le )
- ↑ Voir Orientation bibliographique en entomologie
- ↑ « Base des déportés-résistants - Mémoire des hommes », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
- 1 2 3 4 5 « CTHS - BALACHOWSKY Alfred Serge », sur cths.fr (consulté le )
- ↑ « Base des médaillés de la résistance - Mémoire des hommes », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Paul Pesson, « Hommage à Alfred Serge Balachowsky (1901-1983) », Annales de la Société entomologique de France (nouvelle série), volume 20, no 3, 1984, pages 235-250 (Lire en ligne)
- Jean-Jacques Amigo, « Balachowsky (Alfred, Serge) », dans Nouveau Dictionnaire de biographies roussillonnaises, vol. 3 Sciences de la Vie et de la Terre, Perpignan, Publications de l'olivier, , 915 p. (ISBN 9782908866506)
Liens externes
modifier- Archives conservées par :
- Service historique de la Défense - site de Vincennes (GR 16 P 28580, GR 28 P 4 290 80)
- Service historique de la Défense (AC 21 P 659928)
- Humathèque Condorcet (d) (CNRS IHTP ARC 037, 24282.125530)
- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative aux militaires :