Alfred Kantor

artiste tchèque, survivant de l'Holocauste

Alfred Kantor, né le à Prague et mort le à Yarmouth, est un survivant de l'Holocauste. D'origine tchèque, il est artiste et l'auteur de The Book of Alfred Kantor. Son œuvre dépeint la vie quotidienne dans les camps de concentration nazis.

Alfred Kantor
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Biographie
Naissance
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YarmouthVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Œuvres principales
Cahier d’Alfred Kantor (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Alfred Kantor est exclu en 1941 de la Rottner School of Advertising de Prague, après avoir achevé seulement une année de son programme de dessin publicitaire prévu sur deux ans, après que l'école eut découvert son identité juive[1].

Camp de concentration de Theresienstadt

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Camp de concentration de Theresienstadt.

Peu après son exclusion de la Rottner School of Advertising de Prague en 1941, Alfred Kantor est déporté au ghetto et camp de concentration de Theresienstadt[2]. Ce camp est conçu pour faire croire à l'opinion publique que les camps de concentration ne sont pas si terribles. Pourtant, des milliers de personnes y mouraient encore. En 1944, la Croix-Rouge danoise et la Croix-Rouge internationale viennent inspecter le camp, mais leur visite se limite à un parcours déterminé à l'avance. Les nazis s'y sont préparés en transformant entièrement l'apparence du camp. Ils installent de nouvelles boutiques et remplacent même les prisonniers malades par des prisonniers en bonne santé[3]. Après le départ de la Croix-Rouge, les nazis retirent les fausses boutiques et rendent au camp son aspect habituel. Au total, environ 140 000 Juifs sont transférés dans ce camp. Environ 90 000 sont déportés et environ 33 000 meurent à Theresienstadt[3].

Kantor se procure tout matériel artistique qu'il pouvait trouver. Pendant son séjour, il peint et dessine la vie quotidienne. Il illustre l'ensemble des fausses boutiques installées pour la visite de la Croix-Rouge en 1944[3]. Il déclare dans son livre qu'il souhaitait capturer les expériences extraordinaires vécues dans les camps afin de les montrer au monde après sa libération. Lorsque Kantor découvre qu'il figurait sur une liste de transfert vers Auschwitz, il confie ses œuvres à un ami proche dans le camp. Après la libération des camps, cet ami les lui restitue[2].

Camp de concentration d'Auschwitz

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Portail et voies ferrées d'Auschwitz.

Kantor est ensuite déporté au camp de concentration d'Auschwitz. Il a plus de mal à trouver du matériel pour créer ses œuvres, l'art y étant totalement interdit. Un médecin lui glisse un nécessaire d'aquarelle lorsqu'il travaillait à l'infirmerie. S'il était surpris en train de peindre, il aurait été puni ou tué. C'est pourquoi Kantor détruit la plupart des œuvres qu'il y produit, ou les cache dans un endroit où il était certain que les gardiens ne pourraient pas les trouver[3].

Camp de concentration de Schwarzheide

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En 1944, Alfred Kantor est transféré au camp de concentration de Schwarzheide, un sous-camp de Sachsenhausen[4]. Il est affecté à la reconstruction d'une usine de carburant synthétique. À la fin de la guerre, Kantor est ramené à Theresienstadt le , avec 1 000 autres prisonniers. Sur ces 1 000 prisonniers, seuls 175 ont survécu à cette longue marche de retour[2],[3].

Après la guerre

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Un glockenspiel, l'instrument qu'Alfred Kantor jouait dans sa fanfare militaire.

À la fin de la guerre, Kantor retourne à Prague, puis rejoint en le Camp de personnes déplacées de Deggendorf. À Deggendorf, Kantor se remet à créer des œuvres pour témoigner de son expérience de la guerre. Il se rend ensuite aux États-Unis en 1947 et est enrôlé dans l'armée américaine[5]. Kantor se retrouve à jouer du glockenspiel dans la fanfare militaire[6]. Il termine ensuite ses études et commence à travailler dans le secteur de la publicité à New York[5].

The Book of Alfred Kantor

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Son livre, The Book of Alfred Kantor, rassemble 127 croquis et peintures, réalisés pour la plupart durant son internement dans les trois camps de concentration où il fut emprisonné. Les œuvres du livre dépeignent l'histoire dont Kantor fut témoin, comme le médecin-chef Josef Mengele en uniforme nazi[1]. D'autres œuvres du livre sont des reconstitutions, l'art n'étant pas toujours toléré dans les camps de concentration[3],[1]. Le livre est publié pour la première fois en 1971 par McGraw-Hill, et une deuxième édition parut en 1987 chez Schocken Books[1].

Notes et références

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Références

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  1. 1 2 3 4 (en-US) Paul Lewis, « Alfred Kantor Dies at 79; Depicted Life in Nazi Camps », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 3 Lauren Beauregard, « Art, Music, and Poetry: Artistic Documentation During the Holocaust », SWOSU Journal of Undergraduate Research, vol. 2, no 1,‎ (lire en ligne)
  3. 1 2 3 4 5 6 Melanie R. Rapp, Artists of the Holocaust (thèse), (lire en ligne)
  4. ↑ « The List of the Camps », sur www.jewishgen.org (consulté le )
  5. 1 2 (en-US) « Virtual Tour of "Rendering Witness: Holocaust-Era Art as Testimony" | Museum of Jewish Heritage - A Living Memorial to the Holocaust », sur Museum of Jewish Heritage — A Living Memorial to the Holocaust (consulté le )
  6. ↑ (en-US) Paul Lewis, « Alfred Kantor Dies at 79; Depicted Life in Nazi Camps », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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