Alfred Mahan
Alfred Thayer Mahan, aussi connu sous le nom d'Alfred Mahan ou d'Alfred T. Mahan, né le à West Point (État de New York) et mort le , est un officier de marine, historien et stratège naval américain, grand promoteur de l’expansionnisme états-unien.
| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture |
Quogue Cemetery (d) |
| Nom dans la langue maternelle |
Alfred Thayer Mahan |
| Nationalité | |
| Formation |
Université Columbia Académie navale d'Annapolis St. James School (en) |
| Activités |
Officier, politologue, écrivain, officier de marine, historien, géopolitologue, historien militaire, capitaine de navire |
| Père | |
| Conjoint |
Ellen Lyle Evans (d) |
| Enfant |
Alfred Thayer Mahan (d) |
| A travaillé pour | |
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| Membre de | |
| Armes | |
| Grades militaires |
Midshipman (à partir de ) Lieutenant (à partir de ) Lieutenant commander (à partir de ) Commander (à partir de ) Captain (en) (à partir de ) Rear admiral (à partir de ) |
| Conflit | |
| Distinction |
Biographie
modifierAlfred Mahan est le fils de Dennis Hart Mahan, professeur de tactique à West Point[1]. Il sert dans l’US Navy durant la guerre de Sécession, puis devient président du Naval War College de Newport au Rhode Island. En 1902, il devient président de l’American Historical Association et se retire avec le grade de contre-amiral en 1906.
Mahan est surtout connu pour son influence sur la doctrine maritime des États-Unis. Son ouvrage The Influence of Sea Power upon History, 1660-1783[2], publié en 1890, a a eu une grande influence à son époque en matière de stratégie militaire et de politique étrangère. Il insiste notamment sur la nécessité pour les Américains de développer une marine puissante[3]. C'est également lui qui popularise le terme de « Moyen-Orient », dans un article de la National Review (en), publiée à Londres en 1902[4].
Théories
modifierSouhaitant comprendre les origines de la puissance de l’Empire britannique, Mahan estime que celle-ci est due à sa suprématie maritime. Les Britanniques se sont en effet assurés dans un même temps d'un commerce extérieur prospère grâce à une marine marchande florissante, d'un contrôle maritime étendu et mondial grâce à une marine de guerre puissante et un grand nombre de bases maritimes stratégiques, et enfin d'un empire fournissant les matières premières nécessaires à l’industrie et constituant un marché de consommation pour les produits finis[réf. nécessaire].
Ces éléments combinés apparaissent à Mahan comme à la fois complémentaires et indispensables pour assurer la puissance et la prospérité d'une nation. Il prône donc une orientation expansionnisme accrue dans la politique des États-Unis[3].
Considérant qu'il n'est pas possible de rivaliser sur le champ avec les Britanniques sur le plan maritime, Mahan n'envisage la colonisation que comme la dernière étape du processus de développement de la puissance maritime états-unienne. Selon lui, le gouvernement américain doit d’abord se doter d'une flotte de guerre susceptible de contrôler les océans entourant les États-Unis. Il lui faut ensuite empêcher d’éventuels ennemis d’avoir accès à certains sites stratégiques à proximité des zones à défendre. Enfin, il doit occuper des positions sur les principales routes maritimes du globe.
Aussi, Mahan ne recommande pas l’annexion de n’importe quel territoire et n’est notamment pas partisan de l’acquisition de Guam, des Philippines, ni d’aucune autre île à l’ouest d'Hawaï. Dans les Caraïbes, des îles déjà fortement peuplées comme Cuba, Haïti et Porto Rico ne lui paraissent pas d'une importance stratégique primordiale[réf. nécessaire]. Il leur préfère les projets d'acquisition d'Hawaï et des Indes occidentales danoises, le contrôle de la zone d’un canal du Panama ou encore la location d’un port en Amérique latine[Lequel ?].
La stratégie maritime britannique décrite par Mahan, à savoir l'utilisation d'une puissante marine pour la protection de ses côtes contre toute tentative d'invasion, couplée à une sécurisation des routes de commerces maritimes se manifestera lors de la Première Guerre mondiale. La Royal Navy empêchera l'Allemagne de mouvoir sa flotte efficacement en dehors de la Baltique, contribuant au blocus de ses ports et à l'étouffement de son économie par la Triple-Entente et à sa défaite finale[5].
Jusqu'à la fin de sa vie, Mahan échoue à adapter ses théories à l'importance grandissante du rôle des sous-marins, dont le développement laisse envisager le rôle clé qui leur est attribué pendant les deux Guerres mondiales.
Influence
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L’importance de Mahan vient surtout de l’influence qu’il exerce sur des hommes clés de la politique étrangère américaine et, tout particulièrement sur Benjamin Tracy, secrétaire de la Marine, ainsi que sur Henry Cabot Lodge, membre de la commission de la marine à la Chambre des représentants de 1889 à 1893, puis au Sénat des États-Unis à partir de 1895. L'influence de Mahan va jusqu'à atteindre Theodore Roosevelt[3], qui occupe le poste de Secrétaire adjoint à la Marine des États-Unis de 1897 à 1898, avant de devenir président des États-Unis en 1901. Lodge, Roosevelt et Mahan échangeaient en effet au sujet du projet expansionniste américain dès 1890[3].
Tracy propose ainsi un vaste plan de construction navale en 1889, tandis Lodge déclare au Sénat le qu’aucune grande nation ne peut se passer de la puissance navale et que, sans la possession des îles Hawaii, il est inutile d’entreprendre la construction d’un canal transocéanique (le futur canal de Panama)[3]. Théodore Roosevelt écrit en 1882, juste à sa sortie de Harvard, un livre sur la guerre de 1812 dans lequel il adopte complètement les vues de Mahan.
En 1890, le Naval Policy Board (Conseil de politique maritime), nommé par Tracy, affirme la nécessité pour les États-Unis de développer une flotte puissante, non seulement pour assurer sa défense côtière, mais également pour protéger ses routes commerciales. Les recommandations du conseil ne sont pas entièrement suivies, mais contribuent néanmoins à orienter le Naval Act de 1890 vers une politique maritime plus ambitieuse, dont la construction de cuirassés côtiers capables d’aller en haute mer[réf. nécessaire]. En 1898, lors de la guerre hispano-américaine, l’US Navy comptait cinq cuirassés. En 1900, elle devient la troisième marine du monde, et en 1908, elle est la deuxième[réf. nécessaire].
Œuvres
modifier- The Gulf and Inland Waters. The Navy in the Civil War. Bd 3. Charles Scribner's Sons, New York:1883 (online, PDF)
- The Influence of Sea Power upon History, 1660-1783. Little, Brown & Co, New York 1890, Dover Publications, 1987 (Repr.). (ISBN 0-486-25509-3)
- The Influence of Sea Power upon the French Revolution and Empire, 1793–1812. Little, Brown & Co, Boston 1892.
- Admiral Farragut D. Appleton, New York 1892.
- The Interest of America in Sea Power, Present and Future. Little, Brown & Co, Boston 1897, Kennikat Press, Port Washington N.Y. 1970 (Repr.).
- From Sail to Steam - Recollections of Naval Life. Harper and Brothers, New York 1907.
- The Strategic Features of the Gulf of Mexico and the Caribbean Sea. In: Harper's Magazine. New York, . (ISSN 1045-7143)
Bibliographie
modifier- L'amiral Mahan et la puissance impériale américaine, Jean-José Ségéric, Marines Éditions, , (ISBN 2357430613)
- Vincent Piolet et Nicola Gobbi, Géopolitique. Histoire et théories, Paris, Steinkis Éditions, (1re éd. 2023), 110 p. (ISBN 978-2387290588).
- Arnaud Orain, Le Monde confisqué. Essai sur le capitalisme de la finitude (XVIᵉ - XXIᵉ siècle), Flammarion, , 365 p. (ISBN 9782080466570), p. 78-121
Notes et références
modifier- ↑ (en) « Dennis Hart Mahan », sur American Society of Civil Engineers, (consulté le )
- ↑ (en) The Influence of Sea Power upon History sur le Projet Gutenberg
- 1 2 3 4 5 Howard Zinn (trad. Frédéric Cotton), Une histoire populaire des États-Unis d'Amérique: de 1492 à nos jours, Agone Lux, coll. « Des Amériques », (ISBN 978-2-910846-79-4 et 978-2-922494-80-8), chap. XII (« L'empire et le peuple »)
- ↑ Adelson, London and the Invention of the Middle East: Money, Power, and War, 1902–1922. New Haven: Yale University Press 1995, (ISBN 0-300-06094-7) p. 22-23
- ↑ Antony Dabila, L'Échiquier stratégique : La grammaire de la guerre à travers les âges, Paris, Seuil, , 416 p. (ISBN 978 202 1589 795, lire en ligne), p. 163-165
Liens externes
modifier- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :