Alireza Akbari
Alireza Akbari (en persan : علیرضا اکبری), né le à Chiraz et mort exécuté le , est un homme politique iranien de nationalité iranienne et britannique. Il est le vice-ministre de la Défense du général Ali Shamkhani pendant la présidence du réformiste Mohammad Khatami. Il est également un espion du Secret Intelligence Service pendant plus de quinze ans.
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| Nom dans la langue maternelle |
علیرضا اکبری |
| Nationalités | |
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Militaire, indicateur |
| Condamné pour |
Mofsed-e-filarz (en) (), espionnage () |
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Akbari est arrêté pour la première fois en Iran en 2009 et accusé d'espionnage pour la Grande-Bretagne. Il est de nouveau arrêté en 2019 alors qu'il voyage du Royaume-Uni vers l'Iran et condamné à mort pour des accusations notamment d'espionnage pour le compte de la Grande-Bretagne. Akbari et sa famille rejettent toutes les accusations d'espionnage de l'Iran.
Akbari est exécuté par pendaison le . Son exécution fait polémique et est dénoncée, en particulier par la classe politique britannique.
Biographie
modifierNaissance et enfance
modifierCarrière
modifierAkbari est membre de l'organisation militaire qui met en œuvre le cessez-le-feu de 1988 entre l'Iran et l'Irak, mettant fin à la guerre Iran-Irak[2]. Il est décoré, nommé commandant de la Garde révolutionnaire, pour ses services lors de la guerre[3].
Il est considéré comme proche du ministre de la Défense Ali Shamkhani, dont il est l'adjoint de 1997 à 2002, de 1998 à 2003 ou de 2000 à 2005 selon les sources[4],[5],[6]. En interne au sein du régime iranien comme dans sa propre famille, il est vu comme un fervent soutien des mollahs et une personnalité très croyante[3]. Vice-ministre de la Défense, il est également proche de Mohsen Fakhrizadeh, responsable chargé du programme nucléaire iranien. En 2004, Akbari est envoyé dans plusieurs ambassades étrangères avec pour mission de rassurer sur les intentions nucléaires du pays[3].
Le Secret Intelligence Service ou MI6, le recrute à cette période. Bien que le motif de son passage à l'ennemi soit inconnu, L'Express met en avant les liens historiques entre l'Iran et le Royaume-Uni, qui auraient pu donner des arguments au service de renseignement extérieur britannique[3]. Il travaille avec le MI6 pendant plus de quinze ans, révélant notamment en 2008 l'existence de l'usine d'enrichissement d'uranium de Fordo, située à plusieurs dizaines de mètres sous la surface du sol. La même année, il est arrêté pour des soupçons d'espionnage mais parvient à s'en sortir grâce à ses relations. Il continue de servir comme conseiller quelques années[3].
Après avoir quitté ses fonctions, il déménage au Royaume-Uni en 2010. Il est naturalisé deux ans plus tard, devenant un citoyen britannique et iranien à la double nationalité. Il continue à effectuer des voyages réguliers entre l'Iran et le Royaume-Uni[3].
Arrestation
modifierEn 2019, Alireza Akbari est arrêté lors d'une visite en Iran. Avec l'aide des services de renseignement russes, la république islamique a identifié sa source au complexe de Fordo. Il est maintenu à l'isolement et ne dispose plus que d'un ordinateur surveillé avec lequel il transmet de faux renseignements au Royaume-Uni, agissant sous contrainte comme agent double[3].
Le , l'IRNA publie une vidéo affirmant qu'Akbari a joué un rôle dans l'assassinat d'un des plus célèbres scientifiques nucléaires iraniens, Mohsen Fakhrizadeh, tué lors d'une attaque en 2020 à l'extérieur de Téhéran. Akbari n'avoue pas être directement impliqué dans le complot, mais déclare qu'un agent britannique lui a demandé des informations.
Alireza Akbari est accusé par la justice iranienne d'avoir fourni des informations aux responsables britanniques concernant 178 personnalités iraniennes, dont Fakhrizadeh. Les responsables iraniens affirment qu'Akbari travaille par l'intermédiaire d'une société privée qui a des contacts directs avec des instituts de recherche dirigés par des responsables du renseignement à Londres[7].
La BBC publie ce qu'elle présente comme un enregistrement de l'appel téléphonique d'Akbari à sa famille depuis la prison, dans lequel il expliquerait qu'on lui administre de force des drogues et des substances chimiques, qu'il est détenu à l'isolement pendant de longues périodes, qu'il est forcé de faire des aveux enregistrés répétés et soumis à la torture[8].
Condamnation à mort et exécution
modifierLe , l'agence de presse Mizan (fa), affiliée au système judiciaire iranien, annonce la condamnation à mort d'Alireza Akbari pour espionnage au profit du Royaume-Uni[9],[10].
Avant l'exécution d'Akbari, l'agence de presse d'État iranienne, l'IRNA, annonce que la Cour suprême d'Iran a confirmé la condamnation à mort d'Akbari, déclarant qu'elle est fondée sur des « preuves corroborées ». Le , l'exécution par pendaison d'Alireza Akbari est annoncée[11],[12],[13].
Réactions à son exécution
modifierRéaction britannique
modifierEn , le gouvernement britannique (Sunak) estime que les accusations portées contre Akbari, un citoyen britannique, sont fausses et destinées à des négociations politiques. Le secrétaire d'État aux Affaires étrangères du Royaume-Uni, James Cleverly, voit dans son exécution « un acte politiquement motivé »[14]. Avant l'exécution, le gouvernement britannique avait exhorté les responsables iraniens à ne pas procéder à l'exécution d'Akbari.
Le Premier ministre britannique Rishi Sunak s'est dit « consterné par l'exécution »[15], fustigeant sur Twitter un « acte impitoyable et lâche, perpétré par un régime barbare qui ne respecte pas les droits de l’homme de sa propre population »[16].
Autres réactions
modifierLe président français Emmanuel Macron exprime sa solidarité et condamne l'exécution. Il déclare sur Twitter : « L'exécution d'Alireza Akbari est un acte odieux et barbare. Son nom s'ajoute à la trop longue liste de victimes de la répression et de la peine de mort en Iran. Solidarité avec le Royaume-Uni. Solidarité avec le peuple iranien »[13].
L'organisation de défense des droits humains Amnesty International qualifie l'exécution d'Akbari de « particulièrement horrible » et d'« atteinte odieuse au droit à la vie ». Amnesty demande également au gouvernement britannique « d'enquêter pleinement » sur les accusations selon lesquelles Akbari aurait été torturé et maltraité en prison et « de rechercher tous les moyens de demander des comptes aux autorités iraniennes »[7].
Notes et références
modifierRéférences
modifier- ↑ (fa) azadikhah10, « علیرضا اکبری از سپاه فجر و بدر تا «بیعت» با خامنهای و در نهایت حکم اعدام », sur Balatarin (en), (consulté le )
- ↑ (en) « Who is Alireza Akbari, ex-deputy Iranian defence minister, that Tehran plans to execute for espionage? », sur Firstpost, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 « Alireza Akbari, le ministre iranien qui espionnait pour le MI6 », sur L'Express, (consulté le )
- ↑ (en) « Execution of Iranian-British citizen Alireza Akbar condemned », The Morning Star, (consulté le )
- ↑ (en) Neville Teller, « Britain And The IRGC – OpEd », sur Eurasia Review, (consulté le )
- ↑ (en) Peter Aitken, « Iran execution of British national shatters relations, UK reconsiders nuclear deal support: report », Fox News, (consulté le )
- 1 2 (en) Sahar Akbarzai, Artemis Moshtaghian et Niamh Kennedy, « UK condemns Iran's execution of dual British-Iranian citizen Alireza Akbari », sur CNN, (consulté le )
- ↑ (en-GB) « Alireza Akbari: Iran preparing to execute British citizen - family », BBC News, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Iran sentences ex-official, a British dual citizen, to death on spying charges », sur France 24, (consulté le )
- ↑ (fa) « جاسوس سرویس اطلاعات مخفی انگلیس به دار مجازات آویخته شد/ از همکاری گسترده با افسران اطلاعاتی انگلیس و اخذ مبالغ هنگفت تا سناریوی دروغ سکتهسازی و اخذ تابعیت انگلیس با تسهیلات ویژه », sur قوه قضائیه | خبرگزاری میزان | Mizan Online News Agency (consulté le )
- ↑ (en-US) Farnaz Fassihi, « Iran Executes Former Defense Official, a Dual U.K. Citizen, on Spy Charges », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Maziar Motamedi, « Iran hangs former defence ministry official for spying for UK », sur www.aljazeera.com (consulté le )
- 1 2 « L’Iran exécute un binational britannique accusé d’espionnage : « un acte odieux et barbare » pour la France, une condamnation « lâche » pour Londres », Le Monde, (consulté le )
- ↑ « L’Iran exécute un Irano-Britannique accusé d’être un «espion clé» du Royaume-Uni, Londres dénonce «un acte barbare» », Libération, (consulté le )
- ↑ Aysu Biçer (trad. Mourad Belhaj), « Royaume Uni : Rishi Sunak condamne l'exécution par Téhéran d'un ressortissant irano-britannique », Agence Anadolu, (consulté le )
- ↑ « Indignation. Accusé d’espionnage, l’Irano-Britannique Alireza Akbari a été exécuté par le régime de Téhéran », Courrier international, (consulté le )
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Alireza Akbari » (voir la liste des auteurs).