All-domain Anomaly Resolution Office

L’All-domain Anomaly Resolution Office (AARO, littéralement « Bureau de résolution des anomalies tous domaines ») est un bureau du département de la Défense des États-Unis (DoD), créé en pour enquêter sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (PAN) et autres anomalies détectées dans différents domaines opérationnels (aérien, maritime, spatial, etc.). Son premier directeur fut le physicien Sean M. Kirkpatrick (en), placé sous l’autorité de la secrétaire adjointe à la Défense d’alors, Kathleen Hicks (en). Son directeur actuel est Jon T. Kosloski[1],[2].

All-domain Anomaly Resolution Office
Logo de l’AARO (Bureau de résolution des anomalies tous domaines) du département de la Défense des États-Unis
Logo de l’AARO (Bureau de résolution des anomalies tous domaines) du département de la Défense des États-Unis

Création 20 Juillet 2022
Direction Jon T. Kosloski
Agence mère Secrétaire adjoint à la Défense des États-Unis
Site web https://www.aaro.mil/

L’AARO a été institué au sein du bureau du Sous-secrétaire à la Défense pour le renseignement et la sécurité (en), en application de la loi de finances pour la défense (NDAA FY2022)[3]. Il a repris et élargi les missions de l’Airborne Object Identification and Management Synchronization Group (AOIMSG), annoncé en pour coordonner l’identification et la gestion d’objets dans l’espace aérien réglementé, lequel devait succéder à l’Unidentified Aerial Phenomena Task Force (UAPTF), mise en place par l’US Navy en afin de détecter, analyser et cataloguer les PAN[2],[3].

L’AARO se distingue des initiatives antérieures par son degré d’institutionnalisation, son périmètre « tous domaines » et sa mission de centralisation analytique, menée en coordination avec le Directeur du renseignement national (DNI). L’Advanced Aerospace Weapons System Application Program (AAWSAP) financé par l'Agence de renseignement de la défense (DIA) de 2008 à 2012 relevait d’un programme contractuel consacré à l’étude de menaces aérospatiales avancées ; l’étude des PAN n’était pas explicitement prévue dans son cahier des charges et la portée scientifique des travaux a été critiquée, notamment en raison de l’absence d’une évaluation approfondie par les pairs. L’Advanced Aerospace Threat Identification Program (AATIP), fréquemment confondu avec l’AAWSAP, est plus difficile à définir : il a été présenté par certains anciens responsables comme un effort de collecte et d’analyse de signalements d'ovnis provenant de militaires américains, mais le Pentagone ne l’a pas reconnu comme un programme officiel permanent disposant d’un budget, d’un personnel dédié. L’UAPTF (2020–2021) a lancé un dispositif de recueil et de rapport standardisé, avant son remplacement par l’AOIMSG (2021), lui-même supplanté par l’AARO en 2022[4],[5],[6].

Histoire

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L'AARO est le plus récent dispositif du département de la défense des États-Unis consacré à l’étude des phénomènes aériens et anomalies non identifiés. Sa création en 2022 s’inscrit dans une succession de programmes et de groupes de travail plus ou moins éphémères, marqués par des débats internes sur la transparence, la sécurité nationale et la nécessité de normaliser le recueil de données[7],[8],[9],[10].

Contexte et antécédents (2017–2021)

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À la fin des années 2010, plusieurs jalons ont « déstigmatisé » le sujet des PAN ou des ovnis dans les sphères américaines de la défense et du renseignement. En 2017, la presse révèle l’existence de programmes antérieurs AAWSAP/AATIP (2007–2012, puis 2012 à 2017) pour étudier les ovnis[11],[12],[13].

En 2019, l'US Navy met à jour ses procédures afin que les équipages puissent déclarer plus facilement des intrusions de phénomènes inconnus dans les zones d’entraînement[14],[15]. La même année, plusieurs pilotes de chasse, comme Ryan Graves et Alex Dietrich, témoignent publiquement d’observations répétées d’objets pénétrant des zones restreintes, décrivant ces rencontres comme troublantes et posant des problèmes de sécurité aérienne[16],[17]. En septembre 2019, l’US Navy confirme l’authenticité de trois vidéos déjà diffusées publiquement, connues sous les noms de « FLIR1 », « GIMBAL » et « GOFAST ». La première est associée à l’incident du Nimitz de 2004, tandis que les deux autres proviennent d’observations réalisées en 2015. proviennent bien de ses capteurs et documentent des phénomènes non identifiés ; une confirmation d’authenticité, et non d’identification[18]. Le , le Pentagone déclassifie et publie officiellement ces séquences « pour lever toute ambiguïté » sur leur statut[19]. En , le département de la défense confirme également l’authenticité de nouvelles images/vidéos prises par des marins en 2019 (par exemple la séquence nocturne dite « triangle »/bokeh ou la vidéo de l’USS Omaha), tout en soulignant qu’aucune conclusion extraordinaire ne pouvait être tirée faute de données suffisantes[20],[21].

En parallèle, le sujet gagne en légitimité politique. En , le président Donald Trump reconnaît avoir reçu un briefing sur les PAN, tout en se disant peu convaincu mais laissant entendre qu’il avait « entendu des choses intéressantes » sur Roswell[22]. En , l’ancien président Barack Obama confirme à la télévision qu’il existe « des images et des enregistrements d’objets dans le ciel que nous ne savons pas expliquer »[23].

Enfin, les témoignages d’anciens responsables comme Luis Elizondo, associé à l’AATIP, ou d’autres lanceurs d’alerte comme Christopher Mellon (en) ou David Fravor relancent les débats sur une possible sous-déclaration des incidents et sur la nécessité de canaux de signalement sûrs. Même si le département de la défense conteste certaines affirmations (notamment sur la continuité réelle d’AATIP après 2012), ces controverses médiatisées, conjuguées à l’augmentation du nombre de rapports militaires, amènent le Congrès à exiger la remise de rapports publics réguliers et la création d’un dispositif centralisé[13],[24],[25],[26]. C’est dans ce contexte qu’est instituée en l’Unidentified Aerial Phenomena Task Force (UAPTF), confiée à l’Office of Naval Intelligence afin de détecter, analyser et cataloguer les phénomènes observés[27],[28]. Ses travaux alimentent directement le Rapport Pentagone sur les phénomènes aériens non identifiés remis par le bureau du Directeur du renseignement national (ODNI) au Congrès le , qui recommande une collecte et un traitement plus systématiques des données.

Du projet AOIMSG à la création de l’AARO (fin 2021–mi-2022)

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Le , Kathleen Hicks institue l’AOIMSG (Airborne Object Identification and Management Synchronization Group), successeur planifié de l’UAPTF, pour coordonner l’identification/gestion des objets d’intérêt dans l’espace aérien à usage spécial (SUA) ; un AOIMEXEC (Airborne Object Identification and Management Executive Council) interministériel doit superviser l’ensemble[29],[30],[31]. Ce montage, restreint au domaine aérien, est cependant rapidement dépassé par la volonté du Congrès (NDAA FY 2022) d’un dispositif couvrant tous les domaines.

Le , Hicks transforme et élargit l’AOIMSG en All-domain Anomaly Resolution Office (AARO), formellement établi au sein du bureau du Sous-secrétaire à la Défense pour le renseignement et la sécurité (USD[I&S]). Le mémo fondateur, suivi d’une instruction du , fixe un périmètre « tous domaines » (air, mer, espace, terrestre et « trans-milieu »), institue une fonction analytique centrale coordonnée avec le DNI, et désigne le premier directeur, le physicien Sean M. Kirkpatrick[3],[32],[33].

Premières activités et développement (2022-2023)

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En ,l'ODNI diffuse le rapport annuel 2022 sur les phénomènes aériens non identifiés, rédigé conjointement avec l’AARO. Le document recense 510 signalements enregistrés au et attribue cette hausse à une réduction de la stigmatisation parmi les militaires ainsi qu’à une meilleure sensibilisation aux enjeux de sûreté aérienne et de contre-ingérence[34],[35]. Le , le directeur de l’AARO, Sean M. Kirkpatrick, est auditionné par la commission sénatoriale sur les menaces émergentes. Il y projette une courte vidéo montrant un « orbe métallique » observé au Moyen-Orient et souligne que les données disponibles demeurent trop limitées pour autoriser des conclusions extraordinaires[36],[37]. Le , le Département de la Défense inaugure le site public aaro.mil, conçu comme un guichet unique proposant des images officielles, des rapports de résolution de cas, divers documents institutionnels ainsi qu’un formulaire de signalement[réf. nécessaire]. Enfin, en , l’ODNI et l’AARO publient le « FY 2023 Consolidated Annual Report on UAP », couvrant la période du au , qui expose en détail l’architecture de données mise en place, les catégories utilisées pour classer les observations et l’avancement des analyses en cours[38].

Parallèlement, la question de la transparence prend une place croissante au sein du Congrès. La sénatrice Kirsten Gillibrand parvient à faire inscrire un financement complet de l’AARO dans le projet de National Defense Authorization Act pour l’exercice 2024, consolidant ainsi la pérennité de l’office. Dans le même temps, un groupe de parlementaires emmenés par le leader de la majorité Chuck Schumer et le sénateur républicain Mike Rounds, rejoints par plusieurs co-sponsors issus des deux partis, dépose le projet de loi intitulé UAP Disclosure Act. Celui-ci vise à accélérer la déclassification des documents gouvernementaux relatifs aux phénomènes anormaux non identifiés et à créer un fonds d’archives destiné à préserver ces matériaux. Bien que la version finalement adoptée ait été considérablement atténuée par rapport au texte initial, ces initiatives marquent un tournant en établissant des attentes institutionnelles claires en matière d’ouverture et d’accès aux données[39],[40],[41],[42].

Tournant « procédures & protections » (2023–2025)

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Le cadre juridique est progressivement précisé par les National Defense Authorization Acts pour les exercices 2022 et 2023, puis par leur codification au titre 50 du Code des États-Unis, § 3373b. Ces textes instaurent des procédures protégées de signalement auprès de l’AARO, y compris pour des informations soumises à des accords de confidentialité, et prévoient des garanties contre les représailles. L’AARO met par la suite en place une page « Submit a Report », qui rappelle ces protections et oriente les signalements selon leur niveau de sensibilité, les informations classifiées ne devant pas être transmises par le formulaire public[43],[44].

En juin–, l’ex-officier du renseignement David Grusch rend publiques des allégations selon lesquelles le gouvernement américain détiendrait depuis des décennies des programmes de récupération et de rétro-ingénierie d’engins « non humains ». Il dépose une plainte de lanceur d’alerte auprès de l’inspecteur général de la communauté du renseignement, alors Thomas Monheim (en), puis réitère ses affirmations lors d’une audition très médiatisée à la Chambre des représentants, le , aux côtés des anciens pilotes Ryan Graves et David Fravor ; Grusch évoque notamment l’existence de « restes biologiques non humains » associés à certains crashs, tout en déclarant ne pouvoir livrer de détails qu'en milieu classifié (SCIF) (en)[45]. Le directeur de l’AARO Sean M. Kirkpatrick critique publiquement l’audition, la qualifiant d’insultante pour les enquêteurs, et affirme que la principale source des allégations n’a pas fourni d’éléments directement à l’AARO[46],[47].

Le , l’Inspecteur général du DoD (DoD OIG) publie le résumé d’une évaluation des actions du DoD face aux PAN : il pointe l’absence d’une politique d’ensemble harmonisée et recommande 11 mesures. Cela conforte la posture AARO d’unifier les pratiques tout en améliorant la qualité des données[48],[49].

Le , l’AARO diffuse le « Report on the Historical Record… Volume I », un examen historique des archives gouvernementales US depuis 1945 : aucune preuve empirique de technologies extraterrestres ni de programmes de rétro-ingénierie cachés n’est trouvée ; le rapport identifie aussi des récits circulaires et des confusions de sources à l’origine de certaines allégations très médiatisées[50].

Le , le DoD et l’ODNI publient le rapport annuel de l’AARO pour l’exercice fiscal 2024, qui constitue le premier bilan consolidé important après la mise en place complète du bureau. Le document présente l’évolution du nombre de signalements, les catégories d’objets identifiés, les limites liées à la qualité des données disponibles et les cas nécessitant encore une analyse complémentaire[51],[52].

Organisation

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La loi (50 U.S.C. § 3373) fixe des lignes hiérarchiques très précises : le Directeur de l’AARO est nommé par le Secrétaire à la Défense en consultation avec le directeur du renseignement national (DNI) ; le Directeur adjoint est nommé par le DNI en coordination avec le secrétaire à la Défense. Le directeur rend compte directement au secrétaire adjoint à la Défense et au principal adjoint du DNI ; pour l’administratif, il relève du sous-secrétaire à la Défense chargé du renseignement et de la sécurité. La loi ordonne aussi l’accès immédiat de l’AARO aux données pertinentes de toute la communauté du renseignement et prévoit un plan de collecte/analyse inter-agences[33].

Organisation interne : pôles et organigramme

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Des documents de l’AARO obtenus par le Freedom of Information Act (FOIA) et des briefs officiels indiquent une structure en pôles fonctionnels. : Analyse, Opérations, Science et technologie et Communication stratégique, appuyés par un chef de cabinet et un conseiller spécial chargé des données (architecture des données), ainsi que par des officiers de liaison, notamment un officier de liaison de la Marine américaine. Les organigrammes de 2024–2025 listent le directeur (actuellement le Dr Jon T. Kosloski) et le directeur adjoint, avec les équipes analytiques et techniques rattachées[53],[54],[55].

Signalement et protections

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Le flux d’entrée combine

  1. Les chaînes militaires (procédures de signalement mises à jour par l’état-major/les services)
  2. Les organismes du DoD et de la communauté du renseignement
  3. Un formulaire public sur aaro.mil. Les informations classifiées ou sensibles ne passent pas par le formulaire, elles sont recueillies dans des environnements sécurisés.

La loi (50 U.S.C. § 3373b) prévoit un mécanisme de divulgation protégée et des protections contre les représailles pour les personnels (DoD/IC/contractors) qui font des signalements autorisés à l’AARO[44],[55],[33].

Une fois reçus, les signalements sont normalisés et stockés pour permettre l’intégration multi-capteurs/multi-agences (cadre imposé par 50 U.S.C. § 3373). Les définitions (événement/incident/rapport) et la logique de standardisation des données sont détaillées dans le rapport annuel ODNI 2022, co-rédigé avec l’AARO. En 2024, l’Inspecteur général du DoD a noté que, historiquement, les composantes du DoD utilisaient des processus disparates et a recommandé une approche coordonnée ; ce que l’AARO est justement chargé d’aligner (procédures communes, partage de données, priorisation des enquêtes)[33],[56],[48].

Méthodes d’analyse

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Les équipes techniques reconstruisent la géométrie et la cinématique d’un cas à partir des données capteurs (retours radar, systèmes électro-optiques et infrarouges, télémétrie, affichages tête haute et incrustations vidéo), vérifient la chaîne de possession, puis comparent aux conditions météo/vent/trajectoires connues et modélisent les illusions possibles (parallaxe, perspective forcée, « thermal crossover », etc.). Ex. : dans la résolution du cas « GoFast », l’AARO a extrait manuellement les paramètres de la vidéo FLIR (capteurs F/A-18), reconstruit l’angle de visée, calculé la vitesse réelle et démontre que la perception de grande vitesse était due à la parallaxe d’un objet lent/à dérive. D’autres études publiques (slides/transcripts) montrent des reconstructions complètes (p. ex. objet de Porto Rico : vitesse ≈ vent, trajectoire rectiligne ; variations apparentes dues au thermal crossover)[57].

Le schéma de sortie classe un dossier comme identifié (p. ex. ballon, oiseaux, aéronef/UA ennemi, phénomène naturel, fouillis radar) ou non résolu quand les données ne permettent pas d’attribution robuste. L’AARO publie des statistiques agrégées (morphologie déclarée, altitudes, tendance des résolutions) et tient à jour des fiches publiques de cas résolus/illustratifs. Les catégories et la logique d’analyse sont reprises dans le rapport ODNI 2022, et les tendances sont visibles sur UAP Reporting Trends du site AARO[34],[58].

Résultats des enquêtes

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Dans son rapport annuel pour l’exercice 2024, l’AARO indique avoir reçu 757 signalements de PAN, portant le total recensé par l’organisme à 1 652 cas au 24 octobre 2024. La plupart concernent le domaine aérien, tandis que 49 relèvent du domaine spatial et qu’aucun cas maritime ou transmilieu n’est rapporté. Selon le résumé exécutif du rapport, l’organisme a résolu 118 cas pendant la période couverte et finalisé 174 autres dossiers comme relevant d’objets ou phénomènes prosaïques, notamment des ballons, oiseaux, drones, satellites ou aéronefs. 21 cas restent soumis à une analyse approfondie en raison de caractéristiques ou comportements rapportés comme anormaux, tandis que 444 dossiers sont conservés en « archive active » faute de données suffisantes. Le rapport indique enfin que les cas résolus ne confirment ni technologie étrangère avancée, ni origine extraterrestre, tout en soulignant que l’analyse des cas non résolus reste limitée par la qualité et la disponibilité des données[52].

Cas résolus publiés

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L’AARO publie sur son site internet des fiches d’analyse et des vidéos concernant certains cas ayant fait l’objet d’une identification ou d’une clôture d’enquête. Ces publications ne reflètent qu’une partie des dossiers examinés par l’organisme, mais elles illustrent les principales catégories d’explications retenues à l’issue des analyses. Plusieurs observations transmises par les forces armées américaines ont ainsi été attribuées, avec un degré de confiance élevé, à des ballons, à des oiseaux migrateurs ou à d’autres objets aériens ordinaires. Parmi les cas rendus publics les plus médiatisés figurent notamment GoFast, l’objet observé à Porto Rico (Aguadilla) et celui filmé à proximité de l’Etna. Selon les conclusions de l’AARO ou de ses partenaires, les caractéristiques initialement interprétées comme inhabituelles s’expliquent par divers facteurs, tels que des effets de parallaxe, la dérive due au vent, une mauvaise estimation de la distance, des contrastes thermiques ou encore les limites inhérentes aux données disponibles[59],[60].

Cas non résolus publiés

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L’AARO distingue les cas non résolus faute de données suffisantes des dossiers présentant des caractéristiques ou comportements considérés comme potentiellement anormaux. Dans son rapport annuel pour l’exercice 2024, l’organisme indique que 444 dossiers ont été placés en « archive active », non parce qu’ils auraient démontré des caractéristiques extraordinaires, mais parce que les données disponibles ne permettent pas une analyse complète. Ces dossiers peuvent être rouverts si de nouvelles informations permettent de les corréler à d’autres observations ou de les enrichir. Le même rapport signale toutefois 21 cas nécessitant une analyse complémentaire par l’AARO, la communauté du renseignement et ses partenaires scientifiques et techniques, en raison de caractéristiques ou de comportements rapportés comme anormaux. L’AARO précise que ces cas ne permettent pas, en l’état, de conclure à une technologie étrangère avancée, à une technologie de rupture ou à une origine extraterrestre, mais qu’ils demeurent soumis à examen[52].

Parmi les cas non résolus rendus publics par l’AARO figurent par exemple le cas « Middle East 2023 », où une signature thermique apparente ne peut être attribuée avec certitude ni à un artefact de capteur ni à une source physique faute de télémétrie corroborante ; le cas « PR-008, Europe 2022 », dans lequel les données infrarouges sont jugées insuffisantes pour évaluer les caractéristiques de performance du phénomène ; ou encore le cas « PR-017, Europe 2024 », fondé sur une courte vidéo de téléphone portable considérée comme insuffisante pour permettre une détermination. D’autres dossiers, comme « Middle East Object » ou plusieurs cas européens de 2022 et 2024, sont décrits comme ne montrant pas de comportement anormal, tout en restant non attribués faute d’éléments permettant une identification définitive[59].

Déclarations publiques des responsables de l’AARO

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Lors d’une réunion publique de la NASA en mai 2023, Sean Kirkpatrick indique que l’AARO observe régulièrement des objets sphériques ou métalliques, signalés dans différentes régions du monde, qui présentent parfois des « manœuvres apparentes très intéressantes ». Il précise toutefois que seule une très faible proportion des signalements présente des signatures pouvant raisonnablement être décrites comme « anormales », et que la majorité des objets signalés à l’AARO présentent des caractéristiques ordinaires de ballons, drones, phénomènes naturels ou autres sources explicables. Il estime ainsi que les cas véritablement intrigants demeurent rares et souligne qu’« à maintes reprises, lorsque l’on dispose de données de qualité scientifique suffisante, les PAN se révèlent souvent, mais pas toujours, relever de sources facilement explicables »[61],[62].

Lors d’une table ronde avec des journalistes en novembre 2024, Jon Kosloski déclare que les cas étudiés par l’AARO ne sont « pas juste tous des drones et des UAS ». Il ajoute « Il y a des cas intéressants que, avec ma formation en physique et en ingénierie et mon expérience dans la communauté du renseignement, je ne comprends pas. Et je ne connais personne d’autre qui les comprenne non plus. »[63].

De son côté, Tim Phillips, ancien directeur par intérim de l’AARO, a déclaré que le bureau avait examiné une faible proportion de cas demeurés inexpliqués, impliquant des objets observés ou détectés, parfois dans le domaine spatial. Selon lui, certains dossiers portaient sur des performances ne correspondant à aucun aéronef ou engin spatial connu, notamment des arrêts rapides, des accélérations soudaines ou des virages à angle droit. Phillips affirme également que, pour certains cas, l’AARO aurait pu écarter l’hypothèse d’un système américain connu ou d’une technologie connue appartenant à un adversaire étranger. Il ne conclut toutefois pas à une origine extraterrestre ou non humaine[64],[65].

Notes et références

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