Alliance française
Une Alliance française est une structure privée autonome (généralement associative[1]) qui promeut et diffuse la langue française et la culture de la France[note 1] dans sa ville, notamment en donnant des cours de français langue étrangère (FLE). Elle sert aussi de centre d'examen pour des certifications officielles de français, telles que les DELF et DALF.
Nombreux, les organismes de ce type sont répartis dans une centaine de pays allophones et francophones (dont la France). Ensemble, les Alliances françaises forment, en 2008, la plus grande institution culturelle à but non lucratif du monde[2].
Les Alliances françaises des pays non francophones naissent d'initiatives locales. Régies par le droit local, elles sont indépendantes de la fondation des Alliances françaises et de l'Alliance française de Paris, tant statutairement que financièrement[3]. Néanmoins, la fondation des Alliances françaises est propriétaire de la marque « Alliance française » et accorde le droit de l'utiliser après examen des statuts et des objectifs annoncés.
À partir de 2001, le ministère français des Affaires étrangères signe des conventions de coopération entre des Alliances françaises et les services d'action culturelle de l'ambassade de France correspondante, qui peuvent aller jusqu'à confier la gestion de l'action culturelle française à l'Alliance française locale. Ces conventions peuvent prévoir des subventions publiques et la mise à disposition de personnels français détachés pour des fonctions de direction[3], mais seules les plus grandes Alliances — environ 20 % des implantations en 2008[4] — en bénéficient.
Depuis 2011, certaines Alliances françaises collaborent avec un Institut français lorsque celui-ci est implanté dans la même ville.
Une origine diplomatique et coloniale dans la jeune Troisième République française (1883-1886)
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Après la guerre franco-allemande de 1870 qui voit la défaite de la France, le gouvernement national, qui fait face à un déclinisme ambiant, affirme progressivement le souhait de compenser son affaiblissement diplomatique par un prestige culturel, dans l'espoir de rayonner à l'international[1]. Cette ambition, qui se matérialise par un combat contre les patois à l'intérieur du territoire, influence également la politique extérieure de la France, dans les colonies et dans le monde, avec la création de l'Alliance française[1].
L'Alliance française est créée en 1883 à Paris, « pour la propagation de la langue française dans les colonies et à l'étranger »[5] (voir la page de titre du Bulletin ci-contre), par de nombreuses personnalités proches du gouvernement de la Troisième République[6], dont Pierre Foncin et Paul Cambon[7],[4] (qui créent également le cercle Saint-Simon la même année et au même lieu, avec des objectifs similaires). Les fondateurs s'inspirent de l'Alliance israélite universelle (AIU) créée elle aussi à Paris vingt ans plus tôt[1],[8],[9].
Dès 1886, l'Alliance française est reconnue d'utilité publique en France[10],[11]. Son objectif est d'abord de se développer prioritairement dans les colonies et au Levant[7], notamment pour renforcer les ambitions coloniales de la France en Tunisie (sous protectorat français à partir de 1881) et à travers le bassin méditerranéen[12].
En parallèle, la première association-fille en Europe se trouvant hors de France est fondée à Barcelone en 1884[13] ; elle est suivie par Prague en 1886[14].
Learning management systems (LMS) utilisés
modifierÀ l'ère du numérique et de l'IA, plusieurs enseignants de français langue étrangère (FLE) qui travaillent pour une Alliance française sont tenus d'utiliser le Learning management system Apolearn. Cet outil permet d'accéder à une bibliothèque numérique connectée aux maisons d'édition qui proposent des manuels de FLE. Sur cette plateforme, les enseignants peuvent également assigner des tâches ou des devoirs, annoncer des événements, évaluer les apprenants et échanger avec les apprenants (ces derniers peuvent aussi y échanger entre eux). L'outil d'intelligence artificielle intégré aide l'enseignant à créer des parcours d'apprentissage personnalisés, flexibles et adaptés aux besoins des apprenants[15].
Alliances françaises notables
modifierAfrique
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Afrique du Sud
Madagascar
- Alliance française de Fort-Dauphin
- Alliance française de Tamatave
- Alliance française de Tananarive
Maurice
Seychelles
Amérique du Nord
modifierAmérique du Sud
modifierAsie
modifierEurope
modifierOcéanie
modifierNotes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Les cultures d'autres pays francophones sont parfois introduites, comparées à la culture française, généralement centrée sur la France métropolitaine.
- ↑ En France, les Alliances françaises ont le statut d'établissement d'enseignement supérieur privé.
Références
modifier- 1 2 3 4 Dorian Dervillée, « La création de valeur en Alliances Françaises - », www.academia.edu, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0957155808089666
- 1 2 « Diplomatie culturelle, scientifique et technique : des archives essentielles à explorer », sur Bibliothèque diplomatique numérique (consulté le )
- 1 2 Le Nouvel Observateur, « L'Étonnant miracle de l'Alliance française », avril 2008.
- ↑ https://journals.openedition.org/dhfles/1797
- ↑ https://theses.fr/1998LYO20003
- 1 2 François Chaubet, « L'Alliance française ou la diplomatie de la langue (1883-1914) », Revue Historique, vol. 306, no 4 (632), , p. 763-785 (ISSN 0035-3264, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Valérie Spaëth, « Mondialisation du français dans la seconde partie du XIXe siècle : l'Alliance Israélite Universelle et l'Alliance Française », Langue française, vol. 167, no 3, , p. 49–72 (ISSN 0023-8368, DOI 10.3917/lf.167.0049, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Jean-Claude Jacq, cité par le Nouvel Observateur, « L'Étonnant miracle de l'Alliance française », avril 2008.
- ↑ Mariangela Roselli, « Le projet politique de la langue française. Le rôle de l'Alliance française », Politix. Revue des sciences sociales du politique, vol. 9, no 36, , p. 73–94 (DOI 10.3406/polix.1996.1980, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Claude Cortier, « II y a un siècle... « l'enseignement pratique à l'Alliance française » », Mots. Les langages du politique, vol. 61, no 1, , p. 127–136 (DOI 10.3406/mots.1999.2572, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Janet Horne, « “To Spread the French Language Is to Extend thePatrie” », French Historical Studies, vol. 40, no 1, , p. 95–127 (ISSN 0016-1071 et 1527-5493, DOI 10.1215/00161071-3686068, lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ https://mexicofrancia.org/trabuniv/p41.pdf
- ↑ Zuzana Raková, « Alliance française en Moravie et en Silésie dans l´entre-deux-guerres », Romanica Olomucensia, no 1, (ISSN 1803-4136, lire en ligne, consulté le )
- ↑ https://dspace.upt.ro/xmlui/handle/123456789/7852
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Maurice Bruézière (préf. Marc Blancpain), L’Alliance française, Histoire d’une institution, Paris, Hachette, , 26 p. (ISBN 2-01-009341-0, lire en ligne)
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à la littérature :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
