Alphonse Rousseau

diplomate, drogman, orientaliste, historien et traducteur français

Alphonse Rousseau, né le à Alep dans l'Empire ottoman et mort le à Beyrouth dans le même Empire, est un diplomate, drogman, orientaliste, historien et traducteur français. Il est notamment l'auteur des Chroniques de la régence d'Alger et des Annales tunisiennes, et exerce une partie de sa carrière au consulat général de France à Tunis.

Biographie

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Alphonse Rousseau naît à Alep le 10 mai 1820. Il est issu d'une famille liée à la carrière diplomatique et à l'étude de l'Orient. Son père, Jean-Baptiste Rousseau, est diplomate et orientaliste et exerce notamment les fonctions de consul de France à Alep et à Bagdad[1],[2].

Il s'oriente lui-même vers les langues et les études orientales et entre dans la carrière consulaire française. En 1856, il est premier drogman du consulat général de France à Tunis. La Revue africaine le mentionne cette année-là comme premier drogman du consulat général et comme correspondant de la Société historique algérienne à Tunis[3].

Son activité l'amène à servir d'intermédiaire dans les relations entre les autorités françaises et tunisiennes et à intervenir dans les affaires liées à la protection consulaire française[4]. Il est également en relation avec Léon Roches, consul général de France à Tunis, et assure la gérance du consulat lors de certaines absences du consul[5].

Parallèlement à ses fonctions consulaires, Rousseau développe une activité d'orientaliste et d'historien. Il participe aux travaux de sociétés savantes françaises et s'intéresse aux antiquités de la Tunisie. En 1857, il adresse notamment au musée des antiquités d'Alger plusieurs fragments de mosaïques, des bas-reliefs, des fragments de statues et des inscriptions provenant de Tunisie. Il transmet également deux mémoires, l'un consacré à Néapolis et l'autre à Uthina[6].

Rousseau poursuit sa carrière consulaire et est également qualifié de consul de France par la notice d'autorité d'IdRef, qui le décrit comme « baron et consul de France » et comme traducteur de l'arabe au français. Il meurt à Beyrouth le [7].

Travaux et publications

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Alphonse Rousseau consacre une part importante de son activité à la traduction de textes arabes et à l'histoire du Maghreb. La BnF recense treize notices bibliographiques rattachées à son nom, comprenant notamment des traductions et des ouvrages consacrés à l'histoire de l'Algérie et de la Tunisie[8].

En 1841, il publie les Chroniques de la régence d'Alger, traduction française d'un manuscrit arabe intitulé El-Zohrat-el-Nayerat, dont la BnF attribue l'œuvre originale à Muhammad ibn Muhammad al-Tilimsânî. L'ouvrage paraît à Alger à l'Imprimerie du gouvernement[9].

Au sein de la Société asiatique, les drogmans occupent une place périphérique, leurs travaux complétant généralement les recherches menées à Paris. En 1822, Jean-Baptiste Rousseau lui fait don de plusieurs manuscrits, mais la Société refuse de soutenir son projet d’Encyclopédie orientale, inspiré de la Bibliothèque orientale d'Herbelot. Le projet aboutit finalement en 1841 à Alger, sous les soins de son fils Alphonse Rousseau, avec la publication du Parnasse oriental, ou Dictionnaire historique et critique des meilleurs poètes anciens et modernes de l’Orient, contenant des extraits de leurs productions les plus estimées, publié sous le nom du baron A. Rousseau et largement diffusé dans les bibliothèques militaires d’Algérie[10].

En 1849, il publie un Extrait de l'histoire de la dynastie des Beni-Hafss, traduction d'un texte de Muhammad ibn Ibrahim ibn Lu'lu' al-Zarkašī, ainsi qu'une Relation d'une expédition française dirigée contre la régence de Tunis en 1770.

Entre 1852 et 1853 paraît sa traduction du Voyage du scheikh et-Tidjani dans la Régence de Tunis, récit d'Abou Muhammad Abd Allah al-Tidjani consacré à son voyage dans l'Ifriqiya au début du XIVe siècle.

En 1864, il publie à Alger, chez Bastide, les Annales tunisiennes, ou Aperçu historique sur la Régence de Tunis, ouvrage de 571 pages[11]. L'ouvrage retrace notamment la chute de la dynastie des Beni Hafs, la période de domination espagnole, puis la domination ottomane. Il comporte également un appendice consacré aux traités conclus avec Tunis.

Ses travaux comprennent également des études consacrées à l'archéologie tunisienne, notamment aux mosaïques et aux antiquités de Carthage et d'Oudna[12].

Ses Annales tunisiennes sont utilisées comme source par des auteurs postérieurs. En 1955, Aimé Dupuy s'appuie notamment sur cet ouvrage dans son étude consacrée aux relations franco-tunisiennes et à la réaction du bey de Tunis lors de la guerre entre la France et la régence d'Alger et après la prise d'Alger en 1830[13]. En 1970, Dupuy rappelle également qu'Alphonse Rousseau était premier drogman du consulat général de France à Tunis et souligne que son récit historique doit être utilisé avec prudence[14].

Références

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  1. « Rousseau, Alphonse (1820-1870) », sur IdRef (consulté le )
  2. « Acquisitions extraordinaires », sur Archives diplomatiques (consulté le )
  3. « Revue africaine », Revue africaine, (lire en ligne, consulté le )
  4. Anne-Marie Planel, « Les ressortissants de la protection consulaire française en pays musulman », Mélanges de la Casa de Velázquez, vol. 51, no 1, , p. 139-160 (lire en ligne, consulté le )
  5. Les consuls, agents de la présence française dans le monde, Presses universitaires de Rennes (lire en ligne)
  6. « Revue africaine », Revue africaine, (lire en ligne, consulté le )
  7. « Alphonse Rousseau (1820-1870) », sur Bibliothèque nationale de France (consulté le )
  8. « Alphonse Rousseau (1820-1870) – Œuvres textuelles de cet auteur », sur Bibliothèque nationale de France (consulté le )
  9. Alphonse Rousseau, Chroniques de la régence d'Alger, traduites d'un manuscrit arabe intitulé El-Zohrat-el-Nayerat, Alger, Imprimerie du gouvernement, , 213 p. (lire en ligne)
  10. Alain Messaoudi, Les arabisants et la France coloniale. 1780-1930 : Savants, conseillers, médiateurs, Lyon, ENS Éditions, (lire en ligne), « De l’expédition d’Égypte à la conquête d’Alger : le développement d’un milieu orientaliste-oriental »
  11. Alphonse Rousseau, Annales tunisiennes, ou, Aperçu historique sur la régence de Tunis, Alger, Bastide, , 571 p. (lire en ligne)
  12. E. de Sainte-Marie, « Recherches bibliographiques sur Karthage », Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique du département de Constantine, (lire en ligne, consulté le )
  13. Aimé Dupuy, « Le bey et l'« affaire d'Alger » », sur Le Monde diplomatique, (consulté le )
  14. Aimé Dupuy, « En marge de l'année Saint-Louis : d'une chapelle et d'une statue », Bulletin de l'Association Guillaume Budé : Lettres d'humanité, no 29, , p. 489-504 (DOI 10.3406/bude.1970.3487, lire en ligne)

Liens externes

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