Alphonse Van Gele

explorateur belge du Congo

Alphonse Vangele, souvent cité sous les formes Alphonse Van Gele, Van Gèle ou Van Gelé, né le à Bruxelles et mort le dans la même ville, est un officier, explorateur et administrateur colonial belge.

Alphonse Van Gele
Illustration.
Alphonse Vangele à l'époque de ses missions dans l'État indépendant du Congo.
Fonctions
Vice-gouverneur général de l'État indépendant du Congo
–
(10 mois et 24 jours)
Monarque Léopold II
Biographie
Nom de naissance Alphonse Vangele
Date de naissance
Lieu de naissance Bruxelles, Belgique
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décès Bruxelles, Belgique
Sépulture Cimetière de Bruxelles
Nationalité Belge
Conjoint Lucie Julien
Profession Officier
Explorateur
Administrateur colonial

Image illustrative de l’article Alphonse Van Gele

Engagé au service de l'Association internationale africaine, puis de l'État indépendant du Congo, il participe à la création de la station d'Équateur ville, devenue Mbandaka, et dirige plusieurs expéditions dans les bassins de l'Oubangui, de l'Uele et du Mbomou.

Il exerce brièvement les fonctions de vice-gouverneur général de l'État indépendant du Congo en 1897 et 1898.

Biographie

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Jeunesse et carrière militaire

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Alphonse Vangele naît le à Bruxelles. Il est le fils de Marie Vangele, lingère domiciliée dans le quartier du Sablon. Son père n'est pas désigné dans les documents d'état civil[1].

Il s'engage comme volontaire dans l'Armée belge en 1867. Il est nommé sous-lieutenant en 1872, puis lieutenant au 3e régiment de ligne en 1878. En 1881, il occupe la fonction de lieutenant adjoint d'état-major[2].

Premier séjour au Congo

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En 1881, Vangele propose ses services à l'Association internationale africaine, organisation créée sous l'impulsion du roi Léopold II. Il quitte Southampton le à destination du Cap, où il rejoint le lieutenant Louis Valcke. Les deux officiers gagnent ensuite l'embouchure du Congo et arrivent à Vivi en [3].

Henry Morton Stanley confie à Valcke et à Vangele la poursuite de la construction d'une route entre Vivi, Isangila et Manyanga destinée à contourner les parties non navigables du fleuve Congo et à permettre l'acheminement de bateaux à vapeur vers Léopoldville[4],[5]. Atteint de fièvres au cours des travaux, Vangele est évacué vers Boma, avant de reprendre ses fonctions après sa convalescence[2].

En , Stanley choisit Vangele et Camille Coquilhat pour l'accompagner dans une expédition sur le Haut-Congo. Arrivés dans la région de Wangata, les deux hommes reçoivent la mission d'y établir une station. Celle-ci prend le nom d'Équateurville, puis celui de Coquilhatville, avant de devenir l'actuelle ville de Mbandaka[3].

Au début de l'année 1884, Vangele explore la Ruki. En avril, il accompagne le capitaine Edmond Hanssens lors d'une reconnaissance du cours inférieur de l'Oubangui. À Bisongo, Hanssens et Vangele concluent avec le chef Makoko des accords que l'Association internationale africaine interprète comme plaçant les deux rives de la rivière sous sa protection[6],[7].

En , Vangele reçoit le commandement des territoires du Haut-Congo. Il se rend aux Stanley Falls, où il rencontre le commerçant et chef militaire Tippo Tip. Il retourne en Europe en [3].

Expéditions dans l'Oubangui et l'Uele

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Vangele repart pour le Congo en comme commandant des territoires compris entre l'Itimbiri et les Stanley Falls. Léopold II lui confie également la mission d'étudier le cours supérieur de l'Oubangui et de déterminer ses relations hydrographiques avec l'Uele[8].

En , accompagné du lieutenant Liénart, il remonte l'Oubangui jusqu'aux rapides de Zongo. L'expédition ne parvient pas à franchir ces rapides et redescend la rivière. Au cours du retour, Vangele explore des parties de la Lobaye, de l'Ibenga et de la Ngiri. En , il reconnaît également la Lulonga et le Lopori[2].

Une nouvelle tentative menée par l'Itimbiri en échoue. En novembre, Vangele entreprend une troisième expédition par l'Oubangui. Le bateau En-Avant est démonté et transporté par voie terrestre pour contourner les rapides de Zongo, puis remonté en amont. L'expédition atteint la région de Yakoma le , après avoir franchi plusieurs zones de rapides[2].

Le point atteint se trouve près du confluent de l'Uele et du Mbomou, à proximité des régions précédemment parcourues par l'explorateur Wilhelm Junker. Les observations recueillies renforcent alors l'hypothèse selon laquelle l'Oubangui constitue le prolongement inférieur de l'Uele[2]. Cette expédition dure quatre-vingt-dix-huit jours.

Frontière septentrionale de l'État indépendant du Congo après la convention franco-congolaise de 1887.

Les expéditions de Vangele s'inscrivent également dans la concurrence territoriale entre l'État indépendant du Congo et la France dans le bassin de l'Oubangui. Les reconnaissances géographiques, l'installation de postes et les accords conclus avec des dirigeants locaux sont utilisés par l'administration léopoldienne pour soutenir ses revendications territoriales[9].

Organisation de la région de l'Oubangui

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Vangele retourne en Afrique en , avec pour mission d'organiser les territoires revendiqués par l'État indépendant du Congo dans la région de l'Oubangui. Il est accompagné de Georges Le Marinel, Léon Hanolet, Édouard De Rechter et du sous-officier Busine[2].

L'expédition établit un poste à Zongo, puis fonde Banzyville, devenue Mobayi-Mbongo, en 1889. Vangele explore ensuite la Kotto, le Kwango et l'Ibenga, avant de remonter l'Oubangui jusqu'à Yakoma[3].

En 1890, il entreprend de nouvelles reconnaissances de l'Uele et du Mbomou. Il atteint Mokoangu avec Georges Le Marinel, puis gagne par voie terrestre le poste de Djabir, sur l'Uele, où il rencontre l'officier Jules Milz en . Cette jonction permet de confirmer la continuité hydrographique entre l'Uele et l'Oubangui[2].

Au cours de ces missions, Vangele conclut plusieurs accords avec des chefs locaux, dont Bangasso, Lengo et Ganda. Ces documents sont présentés par l'administration de l'État indépendant du Congo comme des actes d'adhésion à son protectorat[2].

Il remet une première fois son commandement à Georges Le Marinel en , mais reste dans la région en raison de l'activité française sur le Haut-Oubangui. Il quitte finalement le Congo le [3].

Vice-gouverneur général

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Après six années passées en Belgique, Vangele est nommé vice-gouverneur général de l'État indépendant du Congo le . Il reçoit la mission de remplacer Francis Dhanis à la tête des forces engagées contre la révolte des Batetela dans l'est du territoire[2].

Il arrive aux Stanley Falls le , mais l'imprécision de ses instructions retarde sa prise de commandement. Ce n'est que le qu'il succède effectivement à Dhanis à Kabambare[2].

Vangele tente d'abord d'appliquer une politique de désarmement fondée sur la négociation et la promesse d'une amnistie. Il estime ensuite cette stratégie inefficace et prépare une reprise des opérations militaires. Son état de santé l'oblige toutefois à abandonner le commandement. Il quitte Kabambare le et regagne l'Europe le [2].

Retour en Belgique

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À son retour, Vangele est promu lieutenant-colonel et prend sa retraite de l'armée. Il exerce ensuite des fonctions d'administrateur ou de commissaire au sein de plusieurs entreprises coloniales, parmi lesquelles la Compagnie du Katanga, la Compagnie bruxelloise du commerce du Haut-Congo, la Compagnie du Kasaï, la Cotonco, les Ciments du Katanga, la Minière de l'Aruwimi-Ituri, la Régie industrielle des mines d'or de Kilo-Moto et la Banque du Congo belge[3].

Il exerce également les fonctions d'officier d'ordonnance du roi Léopold II[2].

Le , il épouse à Bruxelles Lucie Jeanne Edmonde Joséphine Julien[10].

Il meurt à Bruxelles le , à l'âge de quatre-vingt-dix ans. Il est inhumé au cimetière de Bruxelles, à Evere[1].

Publications

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Alphonse Vangele publie plusieurs récits et communications consacrés à ses expériences au Congo[2] :

  • « Exploration du Lopori », dans Petermanns Geographische Mitteilungen, 1887 ;
  • « Exploration on the Uelle-Mobangi River », dans Proceedings of the Royal Geographical Society, 1889 ;
  • « Découverte et organisation de l'Ubangi », dans le Bulletin de la Société royale de géographie d'Anvers, 1906-1907 ;
  • « Le capitaine Hanssens » ;
  • « Au secours de Makoko Lutete » ;
  • « Les funérailles de Seke Tungi » ;
  • « Le chef Tippo-Tip ».

Les quatre derniers textes sont repris dans l'ouvrage Le Vieux Congo de Léo Lejeune[2].

Distinctions

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Alphonse Vangele reçoit plusieurs distinctions belges et coloniales :

Mémoire et archives

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Une rue de la commune bruxelloise d'Etterbeek, la rue Colonel Van Gele, porte son nom. Cette voie était auparavant appelée rue des Bleuets, puis rue de la Centenaire[11].

Un fonds d'archives consacré à Alphonse Vangele est conservé au Musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren. Il comprend des documents liés à sa vie privée, à ses quatre séjours au Congo, à ses conférences et à ses publications. La plus grande partie des documents conservés couvre la période allant de 1882 à 1940[12].

Ces archives ont été données au musée par son fils Lucien Vangele en 1954 et en 1956. Elles représentent environ 0,6 mètre linéaire de documents, auxquels s'ajoutent des photographies conservées séparément[12].

Notes et références

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  1. 1 2 3 Jean-Pierre Cuypers, Alphonse Vangele (1848-1939), d'après des documents inédits, vol. 24, Bruxelles, Académie royale des sciences d'outre-mer, coll. « Mémoires de la Classe des sciences morales et politiques », (lire en ligne), chap. 2
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Alphonse Engels, Biographie coloniale belge, t. 2, Bruxelles, Institut royal colonial belge, (lire en ligne), « Vangele (Alphonse) », p. 928-937
  3. 1 2 3 4 5 6 « Vangele, Alphonse », sur Archives du Musée royal de l'Afrique centrale (consulté le )
  4. ↑ Manyanga est un village situé sur la rive droite du fleuve Congo, entre Matadi et Kinshasa, à proximité de la frontière avec l'actuelle République du Congo.
  5. ↑ Gustave Renier, L'œuvre civilisatrice au Congo : héroïsme et patriotisme des Belges, Gand, Ad. Herckenrath, (lire en ligne), p. 171-206
  6. ↑ « Vangele (Alphonse) », sur Académie royale des sciences d'outre-mer (consulté le )
  7. ↑ Édouard Janssens et Albert Cateaux, Les Belges au Congo : notices biographiques, t. 1, Anvers, J. Van Hille-De Backer, (lire en ligne), p. 167-182
  8. ↑ (nl) « Inventaire des archives d'Alphonse Vangele » [PDF], sur Musée royal de l'Afrique centrale, (consulté le )
  9. ↑ Barbara Emerson, Léopold II : le royaume et l'empire, Paris-Gembloux, Duculot, (ISBN 2-8011-0287-5[à vérifier : ISBN invalide]), p. 180-181
  10. ↑ Acte de mariage no 2005 du 7 novembre 1899 de la ville de Bruxelles : Alphonse Cyrile Vangele, né à Bruxelles le 25 avril 1848 de feue Marie Vangele, major retraité, chevalier de l'ordre de Léopold, décoré de la Croix militaire de première classe, chevalier de l'Étoile africaine et titulaire de l'Étoile de Service du Congo à trois raies, résident place du Trône 4 à Bruxelles, épouse Lucie Jeanne Edmonde Joséphine Julien, née à Gand le 10 octobre 1874, résidente rue de Trèves 76 à Bruxelles, fille d'Edmond Louis Joseph Julien et de Louise Justine Herrewegh. Contrat de mariage passé devant le notaire Barbé à Bruxelles le 2 novembre 1899.
  11. ↑ « Rue Colonel Van Gele », sur Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale (consulté le )
  12. 1 2 « Fonds Vangele, Alphonse », sur Archives du Musée royal de l'Afrique centrale (consulté le )

Voir aussi

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