Amakusa Shirō
Amakusa Shirō (天草 四郎, 1621 ?-), né sous le nom de Masuda Tokisada (益田 時貞), est un fils de samouraï converti au christianisme.
| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom dans la langue maternelle |
天草 四郎 ou あまくさ しろう |
| Nom de naissance |
益田 四郎 |
| Surnom |
四郎 |
| Pseudonymes |
ジェロニモ, フランシスコ, 時貞 |
| Activité | |
| Père |
Masuda Yoshitsugu (d) |
| Noms en religion |
ジェロニモ, Geronimo |
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| Conflit | |
| Site web |
Il est connu pour être le chef religieux ou spirituel, et la figure principale, de la rébellion de Shimabara, un conflit brutal contre le shogunat Tokugawa entre et dans la province de Hizen (aujourd'hui préfecture de Nagasaki)[1].
Biographie
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Amakusa Shirō serait né vers 1621 sur l'île d'Ōyano-jima (ou Kamiamakusa, dans le nord-est des îles Amakusa, à l'ouest de l'île de Kyūshū), où il passe toute son enfance avec des visites occasionnelles à Nagasaki pour son éducation. Il est le fils de Masuda Yoshitsugu, un ancien vassal du clan Konishi converti au christianisme japonais. Sa mère, du nom chrétien Martha, est la sœur cadette de Mori Sazaemon Sōiken, un rônin qui deviendrait le cerveau de la rébellion. Amakusa Shirō a deux sœurs aînées, Zen et Tsuru. Son nom de baptême serait Jérôme[2].
C'est une période de persécutions. Depuis un édit adopté en 1612, le christianisme japonais subit une vague d'oppression par le Shogunat Tokugawa[3]. Le daimyo Matsukura Shigemasa fait régner la terreur et applique les lois cruelles contre les chrétiens (kirishitan). Ces derniers sont capturés, forcés de renier leur foi (fumi-e), crucifiés (haritsuke, aussi appelé mizuharitsuke) ou bouillis vivants dans les sources volcaniques du Mont Unzen. Shigemasa approche le magistrat Takenaka Shigeyoshi et lui propose de faire de même pour tous les chrétiens à Nagasaki. Takenaka accepte. De plus, Shigemasa augmente les taxes locales pour la construction de son nouveau château de Shimabara[4].
A la mort de Shigemasa, son fils Matsukura Katsuie poursuit les tortures et les taxations injustes, menant à un sentiment de révolte. La province de Shimabara compte alors un grand nombre de rōnin, des samouraïs sans maîtres et désœuvrés, qui se réunissent avec des chefs de villages chrétiens pour prendre les armes. Cette connivence entre paysans et samouraïs arrive aux oreilles d'Amakusa Shirō. Alors âgé de 16 ans, il prend un fort ascendant sur les insurgés en les motivant. On lui attribue des visions mystiques chrétiennes et des miracles. Il est surnommé « Tendo » (« l’ange de Dieu ») dans cette région pauvre où, un siècle plus tôt, l’évangélisation du pays par les jésuites portugais avait trouvé le plus fort écho [5]. Les insurgés voient en lui un Messie charismatique. On lui prête des pouvoirs spirituels comme la guérison des malades[6]. Après une série de réunions secrètes, l'étincelle qui déclenche la rébellion de Shimabara est l'assassinat du daikan (collecteur fiscal) à l'automne 1637. Les insurgés se mettent en marche et saccagent des temples et des sanctuaires bouddhistes. Le château de Hara devient un bastion improvisé.
Amakusa Shirō entraîne ses camarades dans une guerre contre les seigneurs Itakura Shigemasa et Matsudaira Nobutsuna. Mais les assiégés ne peuvent tenir contre une armée impériale de plus de 100.000 hommes. Trahi par un certain Yamada Emosaku, un espion parmi les rebelles chrétiens, Shirō meurt le . Il a alors 17 ans. Il est décapité, et sa tête est plantée sur une pique à Nagasaki pendant une longue période, comme avertissement pour les chrétiens.
La rébellion de Shimabara marque un tournant dans la politique du Japon. Tenu pour responsable du fiasco, le daimyo Matsukura Katsuie finit décapité, un châtiment inhabituel pour un seigneur. C’est la fin du clan Matsukura. L'évènement constitue également la dernière grande révolte populaire de l'époque d'Edo. Le pays ferme ses portes au monde extérieur (sakoku) et renforce les persécutions des chrétiens. Il faudra attendre 200 ans pour que les relations avec l'Occident se dégèlent.
Un Messie japonais
modifierTrès vite, on attribue à Amakusa Shirō des pouvoirs surnaturels et une aura divine, ce qui renforce son rôle de guide spirituel et militaire [7]. La conviction que l'adolescent de 16 ans est un Messie japonais, annoncé par François Xavier, fondateur de la Compagnie de Jésus, galvanise les paysans chrétiens. Il réussit à fédérer des dizaines de milliers de fidèles pour renverser le shogunat et restaurer la liberté de culte. Malgré sa mort et la défaite totale de son mouvement, Amakusa Shirō est devenu une figure idéalisée dans la littérature et le théâtre japonais. Une statue est érigée en hommage à Kamiamakusa.
Dans la culture populaire
modifier- 1962 : Le Révolté (film, 1962) de Nagisa Ōshima
- 1981 : Samurai Reincarnation de Kinji Fukasaku
- Amakusa Shirō apparaît dans le jeu RPG Fate/Grand Order
Notes et références
modifier- ↑ (pt) « Zashi - História do Japão »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?) (consulté le ).
- ↑ Christ's Samurai: The True Story of the Shimabara Rebellion, Jonathan Clements, Little, Brown Book Group, 2016
- ↑ « Sur les traces des chrétiens cachés du Japon : Shimabara, terre de persécutions et de tortures des fidèles »
- ↑ « Le château de Shimabara, construit pour se protéger des chrétiens »
- ↑ La noblesse de l'échec: Héros tragiques de l'histoire du Japon, Ivan Morris, Gallimard, 1975
- ↑ « Amakusa Shiro, le messie japonais qui voulait renverser le Shogun »
- ↑ « Amakusa Shirô, le saint de la révolte de Shimabara »
Voir aussi
modifier- Histoire du catholicisme au Japon
- Persécution des chrétiens au Japon
- Martyrs du Japon
- Kakure Kirishitan
- Révolte de Shimabara
Bibliographie
modifier- (en) Stephen Turnbull, The Samurai Sourcebook, Londres, Cassel, [détail de l’édition] (ISBN 1-85409-523-4).