Amar Ould-Hamouda, né en 1917 à Tassaft Ouguemoun (Kabylie), est un militant nationaliste algérien membre du Parti du peuple algérien (PPA), de l’Organisation spéciale (O.S.) et du Front de libération nationale (FLN). Cousin du colonel Amirouche Aït Hamouda, il fut l’une des figures centrales de la crise dite « berbériste » de 1949. Il est assassiné en 1956 par des responsables de la wilaya III, victime des purges « antiberbéristes » qui décimèrent plusieurs cadres kabyles du mouvement nationaliste.

Amar Ould Hamouda
Illustration.
Photographie d’Amar Ould Hamouda, dans les locaux de la police le 27 mai 1949
Fonctions
Membre du comité central du P.P.A

(2 ans et 3 mois)
Membre de l’état-major de l’O.S.

(1 an et 7 mois)
Biographie
Nom de naissance Amar Ould Hamouda
Date de naissance
Lieu de naissance Tassaft Ouguemoun, Algérie Française
Date de décès
Lieu de décès Inconnu
Nature du décès Assassinat
Parti politique Particle du peuple algérien puis Front de Libération Nationale
Famille Amirouche Ait Hamouda (cousin)

Origines et formation

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Amar Ould-Hamouda est originaire du village de Tassaft Ouguemoun, dans l’actuelle commune d’Iboudraren en Grande Kabylie. Il est le cousin germain du futur colonel Amirouche Aït Hamouda. Il effectue sa scolarité dans plusieurs établissements — Boufarik, Miliana, puis l’École normale de Bouzaréah — avant de rejoindre le lycée de Ben Aknoun, où il intègre le cercle de militants étudiants connu sous le nom de « groupe de Ben Aknoun », aux côtés notamment de Hocine Aït Ahmed, Laïmèche Ali, Omar Oussedik, Saïd Chibane, Mohand Idir Aït Amrane, Mbarek Aït Menguellet et Bennaï Ouali[1],[2].

Engagement au PPA et premières activités militantes (1942–1946)

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Il adhère au PPA en 1942. En mai 1945, il fait partie des étudiants volontaires qui prennent le maquis en Kabylie suite aux massacres du 8 mai 1945. Ayant échoué au baccalauréat cette même année, il s’engage définitivement dans le travail politique au sein du parti. En mars 1946, il est arrêté avec Mohand Amokrane Khelifati alors qu’ils rentrent d’une réunion du district de Kabylie avec un envoyé de la direction[2].

Rôle au sein de l’OS et montée en responsabilités (1947–1948)

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Au congrès de février 1947, auquel il participe activement, il est désigné membre du Comité central du PPA. Intégré à l’O.S. dès sa création, il est chargé en 1947, conjointement avec Omar Oussedik, de structurer l’organisation en Oranie et d’y recruter des éléments. En octobre 1947, il est nommé responsable de l’O.S. pour la Kabylie, accédant ainsi à l’état-major de l’organisation. Aux élections de l’Assemblée algérienne d’avril 1948, il est désigné candidat à Michelet (actuelle Aïn El Hammam)[1].

La crise berbériste et l’emprisonnement (1949–1952)

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Profondément convaincu de la nécessité d’intégrer la dimension berbère au projet nationaliste algérien, qu’il juge trop exclusivement arabo-islamique dans son orientation idéologique, il s’impose comme l’une des figures de proue de la contestation interne au PPA-MTLD. Considéré comme le numéro un du courant dit « berbériste », suite à l’arrestation de Bennaï Ouali et d’Omar Oussedik, il est arrêté le 10 mai 1949 à Alger, en pleine crise. Pour les militants contestataires, Amar aurait été « donné » par les partisans de la direction. La contestation se retrouve sans véritable chef, malgré qu’un petit noyau autour de Yahia Hennine est pris la relève. Incarcéré à la prison de Blida, il est soumis à la torture mais ne révèle pas son appartenance à l’O.S. Alors qu’il est encore détenu, il est exclu du parti pour ses positions « berbéristes ». Lors du procès des militants de l’O.S. à Blida, il adopte un comportement remarqué, assumant seul l’essentiel des charges pour protéger ses coaccusés[1].

Après la prison : activité réduite et retour au combat (1952–1956)

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Libéré, il travaille comme voyageur de commerce, notamment pour la maison Jonathan à Alger, en compagnie de Bachir Boumaza et Mbarek Aït Menguellet. Au déclenchement de la guerre d’indépendance le 1er novembre 1954, il rejoint les rangs du FLN à Alger, intégrant la Wilaya IV[1].

Assassinat

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À l’automne 1955, Ould Hamouda, ancien chef d’état-major de l’Organisation Spéciale, quitte Oran en compagnie de M’barek Aït Menguellet pour rejoindre le FLN à Alger. Sa présence dans la structure algéroise est attestée au moins jusqu’en février 1956, date à laquelle il participe, selon nos sources, à une réunion organisée autour d’Ouali Bennaï[1].

Saïd Sadi, dans son ouvrage consacré à la mémoire du colonel Amirouche[3], situe la tenue d’un tribunal révolutionnaire aux Aït-Ouabane à la fin novembre 1955, soit trois mois avant la date à laquelle Ould Hamouda est encore vivant et actif à Alger. Cette contradiction factuelle majeure suffit à discréditer, ou du moins à sérieusement relativiser, la datation avancée.Sur le fond, Sadi associe à ce prétendu tribunal Ouamrane, Krim Belkacem, Mohammedi Saïd et Amar Aït Cheikh. Il s’appuie pour cela sur le témoignage d’Ibrahim Djaffar, dit « Si Saadi », un ancien militant du MNA récemment rallié au FLN depuis Paris.

Ce témoignage soulève plusieurs objections sérieuses relevées par Ali Guenoun dans La Question kabyle dans le nationalisme algérien : 1949-1962. Premièrement, la présence d’Ouamrane à cette réunion est géographiquement et organisationnellement peu vraisemblable : à cette période, il ne dirige plus la zone 3 mais assume la responsabilité de la zone 4. Deuxièmement, la participation de « Si Saadi » lui-même à une délibération aussi sensible paraît difficilement crédible. Fraîchement intégré au FLN après avoir quitté les rangs messalistes, il est peu concevable qu’un nouveau venu ait été associé à la condamnation à mort d’un militant de premier plan. Troisièmement, le rôle d’Amirouche dans cette affaire demeure entièrement indéterminé. Cousin de la victime et officier de l’ALN, capitaine à l’époque, il paraît inconcevable qu’il n’ait été ni informé ni consulté. Krim Belkacem n’aurait pu ignorer les risques de vengeance qu’une telle sentence faisait peser[1].

Les circonstances exactes sont encore indéterminées, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’est fait très probablement assassiné pour sa position durant la crise dite « berbériste » de 1949.

Mémoire et réhabilitation

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Après l’ouverture démocratique de 1988, une association culturelle portant son nom, Tidukla Tadelsant Amar At Hamuda, est fondée en 1989. La réhabilitation de sa mémoire constitue l’un de ses objectifs centraux, partagé par l’ensemble des habitants de Tassaft Ouguemoun.

En juillet 2026, une stèle dédiée à Amar Ould Hamouda est inaugurée dans la commune d'Iboudraren, commune à laquelle le village de Tassaft Ouguemoun est rattaché[4].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 Ali Guenoun, La Question kabyle dans le nationalisme algérien : 1949-1962, Vulaines-sur-Seine, éditions du croquant, , 510 p.
  2. 1 2 Mohand Amara et Kamel Ahmane, Laïmèche Ali : L’Irréductible Révolutionnaire, Paris, L’Harmattan, , 140 p.
  3. Saïd Sadi, Amirouche : une vie, deux morts, un testament, L’Harmattan, , 340 p. (ISBN 978-2-296-12450-9)
  4. Amar Ould Hamouda, du « groupe de Ben Aknoun » aux purges de 1956, une figure oubliée du nationalisme algérien site lematindalgerie.com, 7 juillet 2026.