Ambrose Powell Hill
Ambrose Powell Hill, né le à Culpeper et mort le à Petersburg, est un lieutenant général de l'armée confédérée durant la guerre de Sécession.
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Biographie
modifierJeunesse et formation
modifierAmbrose Powell Hill est le septième et dernier enfant de Tomas et Fannie Hill. Il est nommé en l'honneur de son oncle Ambrose Powell Hill, qui fut député et sénateur de Virginie.
En 1842, il est admis à l'académie militaire de West Point, dont il sortit 15e sur 38, en 1847[1](p529),[note 1]. Il est ensuite breveté second-lieutenant au 1er régiment d'artillerie le [1](p529) puis promu à ce grade le [1](p529). Il combat dans une compagnie de cavalerie dans la toute fin de la guerre américano-mexicaine, mais ne participe à aucune bataille majeure. Il est ensuite promu premier lieutenant le [1](p529).
Il est fiancé à Ellen Marcy, mais sous la pression de sa famille, celle-ci refuse le mariage. Elle épouse finalement le futur général nordiste George McClellan, ce qui, selon la légende, est le début d'une rancœur tenace entre les deux hommes[2]. Il épouse finalement Kitty Morgan McClung, une jeune veuve.
Guerre de Sécession
modifierHill démissionne de l'armée des États-Unis juste avant le début de la guerre, le [1](p529). Ses promotions ayant été particulièrement lentes, il n'est alors que lieutenant. Mais le grand manque d'officiers de carrière dans l'armée sudiste fait qu'il se voit offrir le poste de colonel du 13e régiment de Virginie. Lors de la première bataille de Bull Run, son régiment est posté à la droite de l'armée sudiste, à proximité de Manassas. Il ne combat pas ce jour-là. Hill est ensuite promu brigadier général le et commande alors une brigade.
Lors de la campagne de la Péninsule Hill se comporte particulièrement bien lors de la bataille de Williamsburg, sa brigade ayant contré une attaque unioniste. Il est alors promu major général le , et se voit offrir le commandement d'une division. Au début, cette division fait partie du corps d'armée de James Longstreet, mais à la suite d'un désaccord qui manque de se terminer en duel, sa division est transférée dans le corps d'armée du général Thomas Jonathan Jackson.
Hill ne participe pas à la bataille de Seven Pines, mais déclenche plusieurs attaques violentes lors de la bataille de Sept Jours. Le résultat de ces attaques est mitigé. La responsabilité de ces échecs est souvent attribuée au général Jackson, qui ne lui aurait affiché qu'un faible soutien[réf. nécessaire].
Lors de la seconde bataille de Bull Run, Hill et sa division sont placés sur la gauche confédérée, le long de la ligne de chemin de fer. Durant cette campagne, Hill se dispute à plusieurs reprises avec son supérieur Jackson à propos des ordres de celui-ci.
Sa performance au cours de la bataille d'Antietam est particulièrement remarquée. En effet, lui et sa division sont stationnés à Harpers Ferry au début de la bataille. Il reçoit alors un message d'appel à l'aide urgent de Robert Lee, le priant de venir le plus vite possible à Antietam. En effet, là-bas, le général Ambrose Burnside est enfin parvenu à traverser la rivière Antietam avec ses 11 000 hommes face à 550 sudistes. Les sudistes se replient alors dans la confusion, et l'avancée de Burnside menace de prendre l'armée confédérée à revers. Hill arrive alors avec sa division vers 15h, et attaque le corps d'armée du général Burnside de flanc, empêchant ainsi la prise à revers de l'armée sudiste[3].
Lors de la bataille de Fredericksburg, Hill et sa division sont placés sur la droite sudiste. Hill laisse un vide de 550 mètres dans sa ligne de défense. Cette brèche est exploitée par le nordiste George G. Meade, et Hill doit recourir à l'aide du général Jubal Early pour expulser les fédéraux. La division de Hill perd ce jour-là 2000 hommes, soit deux-tiers des pertes totales du corps de Jackson, ainsi que deux de ses trois généraux de brigades (un blessé et un tué). Le général sudiste Archer, commandant une brigade de Hill, déclare après la bataille qu'il l'a prévenu de ce vide dans la ligne, mais qu'Hill n'en a pas tenu compte.
Durant la bataille de Chancellorsville, il est amené à remplacer son supérieur Jackson, gravement blessé par des tirs amis. Mais il est lui-même blessé à la jambe, et demande que le général de cavalerie J. E. B. Stuart, qui n'a aucune expérience de commandement dans l'infanterie, le remplace au commandement du second corps d'armée.
À la suite de la mort de Thomas Jonathan Jackson, et à la réorganisation de l'armée de Virginie du Nord par le général Lee, il reçoit le commandement du nouveau troisième corps d'armée, et est promu lieutenant général.
Au cours de la bataille de Gettysburg, son corps d'armée est le premier à pénétrer dans la ville. En effet, le général Henry Heth et sa division -qui fait partie du corps de Hill- sont les premiers à engager le combat. Le second jour de la bataille, Hill fait, conformément aux ordres, des manœuvres et attaques de diversion le long de Cemmetery Ridge. Au cours de ces attaques, le général William Dorsey Pender, son commandant de division préféré, est mortellement blessé. Le troisième jour, deux de ses trois divisions sont choisies par Lee pour participer à la charge de Pickett, et temporairement placées sous le commandement de James Longstreet. C'est ainsi que le corps d'armée de Hill est celui qui perd le plus d'hommes au cours de la bataille.
Pendant la bataille de la Wilderness, Hill et son corps d'armée repoussent de nombreuses attaques nordistes, mais finissent sérieusement désorganisés. Malgré les demandes de plusieurs de ses commandants de division, Hill refuse de renforcer ses défenses, peut-être dû au fait qu'il sait que Lee a prévu de les soulager à l'aube. Mais à l'aube du second jour, des attaques nordistes forcent le corps de Hill à se replier, et plusieurs unités sont mises en déroute. Hill est sauvé par le corps du général Longstreet, qui repousse les nordistes sur leurs positions de base. Au cours de la bataille de Spotsylvania, Hill est atteint d'une maladie indéterminée, et doit être remplacé dans son commandement par le général Jubal Early. Lors de la bataille de Cold Harbor, Hill défend le flanc droit confédéré contre les principales attaques unionistes. Ce jour-là, il lance une contre-attaque fructueuse.
Durant le long siège de Petersburg, Hill et son corps d'armée participent à de nombreux combats, dont la bataille du Cratère. Mais il est plusieurs fois malade, et doit même aller se reposer à Richmond. C'est en revenant de cette ville qu'il est tué, atteint d'une balle en pleine tête, à Petersburg. Il avait auparavant déclaré ne pas vouloir vivre pour voir la défaite sudiste.
Il est d'abord enterré dans le comté de Chesterfield, puis ré-enterré au cimetière d'Hollywood à Richmond en 1867, conformément au souhait de sa famille. En 1892, ses restes sont inhumés sous un monument surmonté de sa statue érigé au milieu d'une intersection dans le nord de la ville. Enfin, le , le monument est démonté dans le cadre des opérations de retrait des monuments confédérés de l'espace public[4]. Les restes d'A.P. Hill sont alors exhumés une nouvelle fois et enterrés dans un cimetière de sa ville natale de Culpeper.
Analyse
modifierHill est reconnu comme un excellent général de division (Lee disait qu'il était le meilleur), toujours là où on l'attendait. Il eut moins de chance avec un corps d'armée, et fut souvent dépassé par la tâche.
Hill fut la cible de nombreuses critiques durant la guerre, notamment concernant son rôle lors des batailles de Fredericksburg, Gettysburg, de la Wilderness et du siège de Petersburg. Certains prétendirent que ses fréquentes maladies étaient vénériennes, et qu'il les avait attrapées lors de sa jeunesse à West Point.
Certains auteurs voient en lui l'incarnation type du principe de Peter.
Hommages et critiques
modifierLors de sa création en 1941, la base militaire américaine de « Fort A.P. Hill » est nommé en son honneur[5]. Bien que celui-ci se soit rebellé contre son pays, l'objectif des États-Unis est alors de faire une « démonstration de réconciliation » avec les Blancs du Sud en reconnaissant leur « patriotisme ». Lors du processus de dénomination, les communautés locales sont impliquées, mais les résidents noirs en sont exclus. Le critère de choix des combattants honorés n'est pas leur valeur au combat mais la proximité géographique de leur lieu de naissance par rapport aux bases militaires[6],[7].
En 2020, à la suite des importantes manifestations du mouvement Black Lives Matter, une loi bipartisane du congrès ordonne de rebaptiser les bases américaines portant des noms d'esclavagistes et d'officiers sudistes[8],[9]. Aussi, en 2023 et sous l'administration Biden, Fort A.P. Hill devient « Fort Walker », en l'honneur de Mary Edwards Walker, chirurgienne et abolitionniste pendant la guerre de Sécession[10],[11].
En , dans une logique de retour en arrière conservateur, l'administration Trump redonne à la base le nom de « Fort A.P. Hill »[12], en utilisant trois militaires nordistes comme prête-noms : Bruce Anderson (en), Robert Pinn (en), et Edward Hill (en)[13],[14].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Il est de la même promotion que les futurs généraux Romeyn Beck Ayers, William Wallace Burns, Ambrose Burnside, James Barnet Fry, John Gibbon, Charles Griffin, Lewis Cass Hunt, John Sanford Mason, Thomas Hewson Neill, Egbert Ludovicus Viele, Orlando Bolivar Wilcox et Henry Heth. Les onze premiers ont combattu dans les rangs de l'Union et le dernier dans ceux de la Confédération.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 (en) Francis B. Heitman, Historical Register and Dictionary of the United States Army, from it's Organization, September 29, 1789, to March 2, 1903, Washington, Government Printed Office, (lire en ligne)
- ↑ La légende voudrait ainsi que Hill se battait de manière très ardue lorsqu'il savait que McClellan était sur le champ de bataille
- ↑ « Les batailles célèbres de l'histoire », sur esy.es via Wikiwix (consulté le ).
- ↑ (en) « Richmond is removing its last remaining Confederate statue », sur CNN,
- ↑ FAPH PAO, « Fort A.P. Hill History Information » [archive du ], sur www.aphill.army.mil (consulté le )
- ↑ (fr-CA) Associated Press, « Ces généraux dont Trump veut perpétuer la mémoire : des perdants et des esclavagistes », sur Radio-Canada, (consulté le ).
- ↑ (en-US) Hannah Schoenbaum, « Fort Bragg changes name to Fort Liberty, part of U.S. Army plan to rename installations honoring Confederate soldiers », sur PBS News, (consulté le ).
- ↑ (en) Joe Gould, Connor O’Brien et Paul McLeary, « Lawmakers vow to fight Trump if he restores Confederate base names », sur Politico, (consulté le )
- ↑ (en) John Ismay, « The Army Was Open to Replacing Confederate Base Names. Then Trump Said No. », The New York Times, (lire en ligne)
- ↑ (en-US) Joe Jacquez, « Army renames Virginia fort after woman who treated Union soldiers during Civil War », The Hill, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ (en) Aisha Frazier, « Virginia’s Fort A.P. Hill renamed Fort Walker in push to remove Confederate symbols », sur ABC News (consulté le )
- ↑ (en) Lolita C. Baldor, « Army restores the names of seven bases that lost their Confederate-linked names under Biden », sur AP News, (consulté le )
- ↑ (en-US) F. F. P. staff, « Fort Walker prepping to revert back to A.P. Hill, but with a twist », sur Fredericksburg Free Press, (consulté le )
- ↑ (en) Ben LeGrand, « Trump Announces Reversal of US Army Base Renamings - Fort Bragg and Other Confederate Names Could Return », sur International Business Times, (consulté le )
