Amelia Noel
Amelia Noel, née vers 1759 à Londres où elle est morte le , est une aquarelliste, graveuse et enseignante britannique.
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Graveuse, professeure d'arts plastiques, aquarelliste |
Biographie
modifierNée Abinda, ou « Minka » Levy, fille d'un marchand lié au commerce avec l'Amérique, et appartenant à la communauté juive établie à Londres, elle épouse en Henry Zebe Noah à la synagogue de Duke's Place. Un peu plus tard, le couple adopte le patronyme de « Noel ». Le mari d'Amelia s'endette considérablement et, associé à Henry Harrison, fait en faillite. Amelia doit prendre en charge son foyer et faire face aux difficultés du couple. Mère de quatre enfants, elle se voit abandonner par son mari en 1790, mais se révèle douée d'un talent artistique certain, dessinant et gravant ses premières planches[1].
Elle expose un dessin à la Royal Academy en 1795 pour la première fois[2], puis publie des planches gravées à l'eau-forte et rehaussées à la main à partir de 1797, entre autres ses Vues du Kent[3]. Elle y expose régulièrement jusqu'en 1804[1].
Le , elle perd une partie de sa collection d'art et son matériel d'édition, ainsi que tous ses biens, dans un incendie qui ravage sa maison située sur 12 Edward Street près de Cavendish Square. Contrairement à d'autres familles, elle n'est pas assurée, cependant, grâce au soutien de certaines personnes, dont la vicomtesse Mary Palmerston, elle peut déménager avec ses enfants à St James Place. Elle diffuse dans le Times du qu'elle propose désormais des leçons de dessin pour les femmes. Par la suite, elle met en avant qu'elle se spécialise également dans la peinture sur velours noir (« velvet paintings »), avec Frances, l'une de ses filles[1].
En 1805, elle publie un avis dans la presse informant qu'elle n'a plus aucun lien avec son mari, et l'affaire est réglée devant la justice en , lors d'un procès qui lui donne gain de cause[1].
Amelia devient alors la professeure de dessin des filles du roi George III et de la reine Charlotte. Un dessin de leur fille, la princesse Sophie, inspiré par l'œuvre de Noel, figure dans la Royal Collection, de même que la série des Vues du Kent de Noel, dédiées à la reine Charlotte.
En 1814, devenue presque aveugle, elle reçoit une pension royale annuelle de 40 livres sterling, après la mort de son fils Horace à la bataille du lac Érié, et décède quatre ans plus tard à Picadilly.
Originaire de Boston — où Amelia conservait des liens avec des oncles — le peintre Mather Brown a laissé d'elle un portrait exposé en 1797 à la Royal Academy[1].
Œuvre
modifierAmelia Noel a laissé des dessins, des aquarelles et des pastels, ainsi que près de 200 gravures qu'elle tirait elle-même sur ses presses[4]. Elles a produit des portraits, des scènes de genre (notamment de rues et foules londoniennes) et des paysages. Ses œuvres sont entre autres conservées dans la Royal Collection, au Victoria and Albert Museum[5], à la National Gallery of Art de Washington, au Museum of Fine Arts de Houston.
- Wooded Landscape with Figures outside a Cottage, aquarelle, v. 1795.
- Lord Holland's House, Kingsgate, Kent, eau-forte rehaussée à la main, avril 1797.
- The Seat of Richard Arkwright, Cromford, near Matlock, aquarelle, 1798.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 (en) [PDF] Neil Jeffares, « Noel, Amelia, Mrs Henry, née Minka Levy », Dictionary of pastellists before 1800, article du 30 novembre 2021, en ligne.
- ↑ (en) « 439: A drawing » - 1795 Exhibition, site de la Royal Academy, Londres.
- ↑ (en) [PDF] Paris Spies-Gans,« Exceptional, but not Exceptions: Public Exhibitions and the Rise of the Woman Artist in London and Paris, 1760–1830 », in: 2018, Eighteenth-Century Studies, Londres, 2018.
- ↑ (en) David Alexander, Caroline Watson & Female Printmaking in Late Georgian England, Cambridge, Fitzwilliam Museum, 2014, p. 71.
- ↑ (en) View on the Lands of the Earl of Fortescue, Castle Hill, Devon, catalogue en ligne du V&AM.