Amma Ariyan

film indien sorti en 1986

Amma Ariyan (അമ്മ അറിയാൻ, litt. « Connaître sa mère ») est un road movie expérimental indien malayalam réalisé par John Abraham et sorti en 1986.

Amma Ariyan
Titre original അമ്മ അറിയാൻ
Réalisation John Abraham
Scénario John Abraham
Acteurs principaux Joy Mathew (ml)
Maji Venkitesh
Sociétés de production Odessa Collective
Pays de production Drapeau de l'Inde Inde
Genre road movie expérimental
Durée 115 minutes
Sortie 1986

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

L'histoire tourne autour des événements qui ont suivi la mort d'un jeune militant naxalite ; à la suite de ce décès, ses amis se rendent dans le village où vit sa mère pour lui annoncer la mort de son fils unique.

Amma Ariyan est considéré comme un film complexe qui constitue l'un des film les plus expérimental et indépendant du cinéma indien, les fonds ayant été levés pour réaliser un film sans se soucier le moins du monde de sa viabilité commerciale[1]. Depuis sa sortie en 1986, les critiques ont décelé plusieurs niveaux de lecture dans son histoire. Ce film est le seul film du sud de l'Inde à figurer dans la liste des 10 meilleurs films indiens établie par l'Institut britannique du cinéma[2].

Synopsis

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Alors qu’il s’apprête à partir pour Delhi, Purushan fait ses adieux à sa mère, lui promettant de lui écrire régulièrement. Dans la région forestière peu peuplée de Wayanad, au nord-est du Kerala, la jeep dans laquelle il voyage est arrêtée par la police, qui la réquisitionne pour transporter un cadavre retrouvé pendu à un arbre au bord de la route. Le visage du défunt semble familier à Purushan. Il devient agité et est pris d’une obsession pathologique : découvrir l’identité du défunt. Contre la volonté de sa petite amie, il abandonne son voyage à Delhi et part à la recherche de ses amis qui pourraient avoir un indice. Purushan rencontre des amis journalistes, des médecins, et enfin un camarade de longue date, affectueusement surnommé Balettan, qui identifie le défunt comme étant le musicien qui accompagnait Satyajit, le guitariste. Satyajit confirme que le défunt est son ami Hari, le joueur de tabla. Ensemble, ils décident d’informer la mère de Hari, qui réside à Cochin. Ils se lancent alors dans un long voyage mouvementé, des hautes terres du nord de Wayanad jusqu’à la ville portuaire de Cochin, au sud.

Au fur et à mesure qu’ils se déplacent de Calicut à Beypore, Cranganore, Trichur, Kottapuram, Vypin, puis enfin à Fort Cochin, le groupe s’agrandit à mesure qu’ils rencontrent de nombreuses mères, leurs fils et des proches qui ont connu Hari ; certains l’ont connu comme joueur de tabla, d’autres comme Tony, le batteur de jazz, et d’autres encore comme un militant politique discret, une victime de violences policières et un solitaire. Et pour d’autres encore, il était un toxicomane qui noyait son chagrin et sa douleur dans sa musique. À travers leurs souvenirs, l’identité plutôt diffuse de Hari se dévoile. Ses camarades de classe se souviennent de lui comme d’un introverti, faible et indécis. Ses camarades de lutte le décrivent comme un révolutionnaire convaincu, doté d’une forte résistance et d’une grande volonté. Mais alors, qu’est-ce qui a mal tourné ?

Le passé colonial de ces lieux, ce que les occupants portugais et britanniques ont pris et ce qu’ils ont laissé derrière eux, ainsi que les protestations et les soulèvements populaires, les témoins de la région, ses héros et ses victimes sont intégrés au récit, à la fois par le biais d’informations et de critiques.

Tout en racontant à sa mère l’histoire de Hari, de ses amis et de leurs mères au cours de son voyage vers le sud, John retrace également l’histoire de cette région à travers une série de luttes de classes, de manifestations étudiantes et d’affrontements syndicaux qui ont eu lieu là où Purushan est passé. De l’agitation des étudiants en médecine contre la commercialisation de l’enseignement médical à un bref dialogue avec Karuppuswamy, la malheureuse victime qui avait perdu ses deux jambes lors d’une lutte des mineurs pour de meilleurs salaires et la dignité humaine à Kottapuram (en), en passant par l’île de Vypin où plusieurs mazdoors (ouvriers) ont trouvé la mort ou perdu la vue lors de la tragédie de l’alcool de contrebande, en passant par la saisie forcée par un groupe de citoyens du riz et du sucre stockés par des marchands sans scrupules pratiquant le marché noir, leur distribution à des prix équitables à la population et la restitution de l’argent collecté aux commerçants, jusqu’à la bagarre orchestrée entre les travailleurs de deux syndicats rivaux dans une rue de Mattancherry à Fort Cochin, où quatre pêcheurs ont trouvé la mort, en passant par l’élimination ciblée de certains meneurs de la classe ouvrière lors d’un faux affrontement avec la police, et une grève avortée des ouvriers d’usine en solidarité avec les ouvrières licenciées de Fort Cochin, voici quelques-uns des nombreux exemples de protestations et de luttes populaires rapportés avec une profonde inquiétude et émotion par Purushan dans une longue lettre adressée à sa mère.

Tandis que Purushan et son groupe attendent que la mère de Hari sorte de l'église après la cérémonie de baptême, ils font le point sur leur propre passé, prenant note du débat qui s'engage autour des illusions romantiques et des échecs tragiques du mouvement naxalite. Lorsque la mère de Hari fait enfin son apparition et se présente devant le groupe de jeunes, elle demande : « C'était un suicide, n'est-ce pas ? » Le film s'achève sur l'image de la mère de Purushan observant celle de Hari essuyer ses larmes.

Fiche technique

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Distribution

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Production

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Un groupe de jeunes amis de John Abraham, désireux de créer un « film populaire », décide de fonder le Collectif Odessa, dont l’objectif est de produire et de diffuser du bon cinéma avec la participation active du grand public, sans l’intervention des forces du marché.

Ils rassemblent des fonds pour le film en parcourant les villages et en faisant du porte-à-porte, en jouant du tambour, en chantant et en présentant des sketchs et des courtes pièces de théâtre aux coins des rues, tout en sollicitant des contributions pour le « cinéma populaire ». Ils réunissent ainsi les fonds nécessaires à la production d’un film[5],[6]. Il s'agit du premier film pour le Collectif Odessa et le dernier pour John Abraham.

Le film est réalisé dans un style documentaire. Dans le cadre d’une technique mêlant réalité et fiction, le cinéaste filme de nombreuses grèves politiques de gauche qui ont eu lieu au Kerala à cette époque.

Notes et références

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  1. (en) « Experiments in Malayalam cinema », sur timesofindia.indiatimes.com
  2. (en) « Top 10 Indian Films », sur bfi.org.uk (version du sur archive.org)
  3. (ml) « ജോണ്‍ എബ്രഹാമിന്റെ വിഖ്യാത ചിത്രം 'അമ്മ അറിയാന്‍' വീണ്ടും വെള്ളിത്തിരയില്‍; കാന്‍ ഫിലിം ഫെസ്റ്റിവലില്‍ പുനര്‍നിര്‍മിച്ച പതിപ്പ് വേള്‍ഡ് പ്രീമിയറായി പ്രദര്‍ശിപ്പിക്കും », sur sathyamonline.com
  4. (en) « john abraham », sur cinemaofmalayalam.net (version du sur archive.org)
  5. (en) Ameet Parameswaran 2015. "Contemporaneity and the Collective: The Reportage in Amma Ariyan", in Satheese Chandra Bose and Shiju Sam Varughese (eds.). Kerala Modernity: Ideas, Spaces and Practices in Transition. Hyderabad: Orient Blackswan, pp. 109-125.
  6. (en) Rajan Kurai Krishnan, « John Abraham : Cinema and the Idea of the Collective », Journal of the Moving Image, ICDR, Loyola College, Madras, (lire en ligne)

Liens externes

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