Anaïs Fargueil

actrice française

Anaïs Fargueil est une comédienne française, née à Toulouse le et morte à Paris 9e le .

Anaïs Fargueil
Anaïs Fargueil, photographie, vers 1865.
Biographie
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Vue de la sépulture.

Biographie

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Anaïs Fargueil naît à Toulouse le [1] ; elle est la fille de Paul Jean Fargueil, un acteur toulousain, qui la fait débuter sur scène dès l'âge de quatre ans[2]. En 1825, elle suit ses parents à Paris et entre au Conservatoire, dans les classes d'Antoine Ponchard et Auguste Mathieu Panseron. Elle obtient un premier prix de chant. Engagée à l'Opéra-Comique, elle fait ses débuts dans La Marquise d'Adolphe Adam en 1835.

Elle abandonne l'art lyrique pour le théâtre et débute au Théâtre du Vaudeville en 1836 dans Le Démon de la nuit, un vaudeville de Jean-François Bayard et Étienne Arago. Elle le quitte pour le théâtre du Gymnase, puis se produit en province et à l’étranger. Elle revient au Vaudeville en 1850.

En 1852, elle refuse le rôle de Marguerite Gautier dans La Dame aux camélias (pièce de théâtre) d'Alexandre Dumas fils pour des raisons morales ; le rôle est créée par Eugénie Doche[3]. L'année suivante, elle crée les rôles d'Aspasie et de la lorette Marco (tout aussi peu moraux que celui de Marguerite Gautier) dans Les Filles de marbre de Théodore Barrière et Lambert-Thiboust, ce qui relance sa carrière[4] : Marco est une « célèbre création […] qui la plaça hors pair parmi ses camarades »[5] ; elle crée d'autres rôles de courtisanes, dans Le Mariage d'Olympe d'Émile Augier en 1855 et dans Dalila d'Octave Feuillet en 1857.

En 1870, Villiers de l'Isle-Adam lui propose l'un des deux rôles de sa nouvelle pièce La Révolte créée au Théâtre du Vaudeville sur l'insistance d'Alexandre Dumas fils : une épouse idéaliste, Élisabeth, annonce à son mari, Félix, dont elle a fait la fortune, qu'elle le quitte, lui révélant qu'elle ne supporte plus la logique de la rentabilité et le culte de l'argent. L'œuvre heurte violemment l'idéologie de la classe dominante, certains critiques s’enthousiasment, d’autres réagissent avec violence ; la pièce ne connaît que cinq représentations ; elle sera redécouverte et souvent jouée au XXe siècle[6]. Remy de Gourmont dans ses Épilogues publiés en 1903 rend hommage au jeu d'Anaïs Fargueil dans la pièce : « N’est-ce point là une curieuse page d’histoire littéraire ? Supposons l’œuvre perdue et que nous sachions seulement quels étaient les gens qui se battaient pour elle et contre elle ; notre jugement n’en serait pas moins sûr, aujourd’hui comme dans un millier d’années […] Que Fargueil soit donc bénie outre-tombe pour nous avoir fait relire ces belles pages et toute cette Révolte admirable et impérissable […] Elle croyait qu’une révolution littéraire allait sortir de cette soirée; elle croyait jouer Doña Sol: – elle ne s’est pas tout à fait trompée. »[7].

Elle prend sa retraite en 1883.

Anaïs Fargueil meurt le à Paris dans le 9e arrondissement, dans son appartement du no  58 de la rue Catherine-de-La Rochefoucauld[8],[1] ; elle repose au cimetière Montmartre auprès de son père décédé le [9]. Sa fille, Marguerite Le Rousseau-Fargueil, meurt le  ; elle fait plusieurs legs importants à diverses œuvres de bienfaisance et constitue pour le Conservatoire de Paris un capital suffisant pour lui permettre de décerner chaque année deux prix de 300 francs aux jeunes artistes femmes ayant obtenu le premier prix de comédie et le premier prix d’opéra-comique, le Prix de la Fondation Fargueil[10] ; elle est inhumée au côté de sa mère le [11].

Théâtre

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  • 1842
    •  : Les Deux Couronnes, vaudeville en 3 actes de Jean-François Bayard et Dumanoir (création), Théâtre du Palais-Royal, Paris - rôle de Cornélie, jeune pensionnaire du couvent.
    •  : La Dragonne, comédie en 2 actes de Dumanoir et Hippolyte Le Roux (création), Théâtre du Palais-Royal, Paris - rôle de Catherine II.
  • 1843 :
    •  : La Fille de Figaro, comédie-vaudeville en 5 actes de Mélesville (création), Théâtre du Palais-Royal, Paris - rôle d'Aspasie, revendeuse à la toilette.
    •  : L’Ogresse ou Un mois au Pérou, comédie-vaudeville en 2 actes de Paul Vermond, pseudonyme d'Eugène Guinot (création), Théâtre du Palais-Royal, Paris - rôle de dona Catalina de Sandoval.
  • 1844 -  : Iwan le moujick, comédie-vaudeville en 2 actes des frères Cogniard (création), Théâtre du Palais-Royal, Paris - rôle d'Olga, paysanne russe esclave.
  • 1855 -  : Le Mariage d'Olympe, pièce en 3 actes d'Émile Augier (création), Théâtre du Vaudeville, place de la Bourse, Paris - rôle de Pauline.
  • 1857 -  : Dalila, drame en 3 actes d'Octave Feuillet (création), Théâtre du Vaudeville, place de la Bourse, Paris - rôle de Leonora, princesse Falconieri.
  • 1859
    • septembre : Le Jeu de Sylvia, comédie en 1 acte d’Amédée Achard (création), Théâtre du Vaudeville, place de la Bourse, Paris - rôle-titre.
    •  : La Fille de trente ans, comédie en 4 actes d’Eugène Scribe et Émile de Najac (création), Théâtre du Vaudeville, place de la Bourse, Paris - rôle d'Ursule, fille du vice-amiral de Ligny.
  • 1860
    •  : Ce qui plaît aux femmes, pièce en 3 actes de François Ponsard (création), Théâtre du Vaudeville, place de la Bourse, Paris - rôle de la comtesse.
    •  : Les Femmes fortes, comédie de Victorien Sardou, Théâtre du Vaudeville, place de la Bourse, Paris - rôle de Claire.
  • 1862 -  : Les ivresses ou La chanson de l'amour, comédie en 3 actes de Théodore Barrière et Lambert-Thiboust (création), Théâtre du Vaudeville, place de la Bourse, Paris - rôle de Paula Pazzi, comtesse de Limours, femme de Georges.
  • 1865
    •  : Les deux sœurs, drame en 3 actes d’Émile de Girardin (création), Théâtre du Vaudeville, place de la Bourse, Paris - rôle de Valentine de Puybrun.
    •  : La Famille Benoiton, comédie en 5 actes de Victorien Sardou, Théâtre du Vaudeville, place de la Bourse, Paris - rôle de Clotilde.
  • 1878 -  : La Brésilienne, drame en 6 actes de Paul Meurice (création), Théâtre de l'Ambigu-Comique, Paris - rôle de Balda.

Références

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  1. 1 2 « Anaïs Fargueil », Le Passe-temps et le parterre réunis, , p. 6 (lire en ligne Accès libre).
  2. (en) Frederic William John Hemmings, « Child Actors on the Paris Stage in the Eighteenth and Nineteenth Centuries », Theatre Research International, vol. 12, no 1, , p. 9-22.
  3. (en) Emmanuela Wroth, « The fashioning of la Dame aux camélias : the creation and celebrity of Eugénie Doche's Marguerite Gautier », French Studies, vol. LXXVII, no 3, , p. 391–411 (lire en ligne).
  4. Anne Martin-Fugier, Comédienne : de Mlle Mars à Sarah Bernhardt, Paris, Éditions du Seuil, (ISBN 2-02-039904-0), p. 112.
  5. Félix Jahyer, « Anaïs Fargueil », Paris-Théâtre, .
  6. Paola Salerni, « Scène muette et idéal : l'indicible et la transformation du signe en scène dans le drame "injouable" La Révolte de Villiers de l'Isle-Adam », dans Carla Aleo, Alessandro Monachello, Cettina Rizzo, Stefana Squatrito (dir.), Tradurre per la scena, Sesto San Giovanni, Mimesis, (lire en ligne Accès libre), p. 99-121.
  7. (it) Marisa Verna, « La Révolte di Villiers de l’Isle-Adam : storia di un malinteso », dans Simbolismo e naturalismo: un confronto, Milan, Vita e Pensiero, , PDF (lire en ligne Accès libre), p. 463-490.
  8. Acte de décès à Paris 9e, n° 455, vue 3/31.
  9. Acte de décès de Jean-Paul Fargueil sur le site des Archives de Paris 9e, acte n° 1522
  10. 1 2 3 « Anaïs Fargueil », sur www.artlyrique.fr.
  11. « Mort de Mlle Marguerite Fargueil, fille de la célèbre comédienne Anaïs Fargueil », Le Gaulois, (lire en ligne).
  12. Olivier Bara, « La Marquise à l’Opéra-Comique. De George Sand à Adolphe Adam », Cahiers George Sand, no 40, , p. 197-206 (lire en ligne).
  13. Jules Truffier, « Anaïs Fargueil dans le rôle de Marco des Filles de marbre », Conferencia, , p. 408-420.
  14. Théo, « Mlle Fargueil », Le Théâtre illustré, no 12, , p. 1, col. 1 (lire en ligne).

Bibliographie

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  • Gaston J., « Anaïs Fargueil », Album théâtral illustré, no 2, , p. 10-12 (lire en ligne).
  • Hippolyte Lucas, « Mademoiselle Fargueil », Journal de la Marne, (lire en ligne).
  • André Maurel, « Anaïs Fargueil », Le Figaro, , p. 2.
  • Francisque Sarcey, Comédiens et comédiennes. 12e livraison : Anaïs Fargueil, Librairie des bibliophiles, 1884, 28 p.

Liens externes

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