André Cros
André Cros est un photographe et photojournaliste français né le à Mazamet (Tarn) et mort le à Toulouse. Il est élève et collaborateur de Jean Dieuzaide de 1945 à 1961, période durant laquelle il remporte plusieurs prix pour ses portraits de sportifs. Il rejoint ensuite le journal Sud Ouest jusqu'à sa retraite en 1993, ce qui lui donne l'occasion de documenter les évènements de la région, en particulier les premiers vols du Concorde et de la Caravelle ou la naissance de l'imagerie satellite commerciale.
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Photographe (- |
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Il cède de 2007 à 2012 une partie de ses collections photographiques, et ses droits, aux archives municipales de Toulouse. Le fonds André Cros est entièrement accessible en licence libre depuis 2017.
Biographie
modifierAnnées de jeunesse
modifierAndré Cros naît le à Mazamet, dans le Tarn. En 1937, à l'âge de 11 ans, sa famille s'installe à Toulouse. Il y poursuit sa scolarité, allant jusqu'à l'obtention de son certificat d'études. Il enchaîne pendant la Seconde Guerre mondiale des emplois dans le domaine de la menuiserie et de la teinturerie[1],[2].
Sa vocation est néanmoins artistique. Il assiste grâce à sa tante, professeure de piano, à une représentation de Carmen au Théâtre du Capitole. Il décide alors de poursuivre une carrière de chanteur lyrique. Il doit néanmoins arrêter les cours qu'il suivait au conservatoire municipal après qu'il a cassé sa voix. Il continue, sur son temps libre, une carrière de comédien amateur. Il perd néanmoins pour cela son emploi de teinturier en et se retrouve au chômage. C'est alors qu'on lui parle de Jean Dieuzaide, photographe prometteur en recherche d'un assistant[1],[2].
Collaborateur de Jean Dieuzaide (1945-1961)
modifierEn 1945, alors âgé de 19 ans, André Cros rencontre Jean Dieuzaide. Celui-ci vient de lancer sa carrière de façon remarquée : il a, lors de la visite à Toulouse du général de Gaulle quelques semaines après la libération de la ville, réalisé le premier portrait officiel du président du Gouvernement provisoire de la République française.
André Cros n’a pas de connaissance en photographie à cette époque. Le jeune homme, pris à l'essai un mois, reste finalement seize ans aux côtés de « Yan », jusqu'en 1961. D’abord chargé des travaux manuels de découpage et de préparation, il apprend progressivement auprès de son mentor le tirage et la prise de vue. Les « Reportages Yan » travaillent alors pour la presse quotidienne (Le Parisien libéré), hebdomadaire (Paris Match, Point de vue – Images du monde, Noir et Blanc) et sportive (But et Club, Miroir Sprint), mais aussi pour des industriels : Air France, Sud-Aviation, ONIA, Pechiney, etc.[1]

En 1951, Jean Dieuzaide le fait rentrer dans le très fermé Cercle des XII. Cette association regroupe des photographes ayant une grande exigence artistique. Chaque membre est tenu de soumettre régulièrement ses travaux à la critique des onze autres. C'est au sein de ce collectif qu'André Cros présente ses premières œuvres dans les salons régionaux ou nationaux. Il remporte au cours des années 1950 plusieurs prix en France et en Belgique. En 1960, il participe à un concours international organisé lors des Jeux olympiques de Rome, avec des clichés du champion de saut à la perche Victor Sillon et de la patineuse Jacqueline du Bief. Il y remporte une médaille de bronze[2].
À cette époque, Jean Dieuzaide effectue de longs voyages à l'étranger, durant lesquels André Cros, resté à Toulouse, se perfectionne dans son domaine de prédilection, le reportage. Il quitte le studio Dieuzaide en 1961 pour devenir correspondant du journal Sud Ouest à Toulouse[1],[2].
Reporter-photographe à Sud Ouest (1961-1993)
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En 1961, André Cros devient photojournaliste à Sud Ouest. Le journal est à l'époque décliné en éditions locales et André Cros rejoint le bureau de Toulouse, créé trois ans plus tôt. Son épouse y travaille également en tant que secrétaire. Parallèlement à son activité principale, il continue à effectuer des piges pour les quotidiens et magazines avec lesquels il travaillait déjà chez Dieuzaide[1].
Il sillonne en particulier les terrains de rugby et de football pour couvrir l'actualité sportive de la région. Il est d'ailleurs dès 1962 membre du bureau régional de l'Union des journalistes de sport en France. Mais il couvre tous les sujets d'actualité régionale, qu'il s'agisse des grandes affaires judiciaires, des rassemblements politiques, des premiers vols de la Caravelle et du Concorde au bord des pistes de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, ou des grandes inondations qui touchent Toulouse en 1963. Il obtient en 1966 une licence pour la photographie aérienne, et devient correspondant local de l'agence United Press International[1],[2].
Il couvre aussi l'actualité artistique en prenant de nombreux clichés de représentations de théâtre, d'art lyrique, de musique classique ou de music-hall au Théâtre du Capitole[2],[3].
En 1973, il photographie l'opération de sensibilisation à la sécurité routière « Mazamet, ville morte » au cours de laquelle les 16 610 habitants de la ville se sont allongés sur la chaussée quelques minutes pour symboliser les 16 500 tués par accident de la route en France de l'année précédente[3].
En 1985, il documente la naissance de l'imagerie satellite commerciale en photographiant le satellite SPOT 1 dans la salle blanche du CNES, ainsi que les locaux de Spot Image[3].
Il prend sa préretraite en 1988 et sa retraite définitive en 1993[2]. En 1999-2000, Il préside l'association Photographie au Château d'eau qui gère la galerie du même nom au Château d'eau de Toulouse[1].
Création du fonds André Cros (depuis 2007)
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De 2007 à 2012, grâce à l'action de François Bordes, directeur des Archives municipales de Toulouse, André Cros cède en plusieurs versements plusieurs milliers de négatifs noir et blanc et d'accréditations journalistiques à la Ville de Toulouse. Chose notable, le photographe délègue par contrat ses droits patrimoniaux à la Ville[1]. Le conseil municipal de Toulouse délibère en 2017 la libre réutilisation des œuvres dont elle est l'unique titulaire des droits, ce qui permet à des bénévoles de l'association Wikimédia France d'importer le fonds sur Wikimedia Commons la même année.
André Cros décède à Toulouse le [4]. En 2022, dans la lignée des versements précédents, sa famille décide de faire entrer le reste de ses photographies aux Archives municipales. Il s’agit principalement de clichés artistiques, sportifs et familiaux[1].
Le fonds a la particularité d'être presque entièrement en noir et blanc. Interrogé à ce sujet dans un entretien réalisé le , André Cros déclare[5]:
Pour moi, ça a toujours été le noir et blanc. Ça ne me plaisait pas trop la couleur, il faut la laisser aux peintres.
Prix et récompenses
modifier- 1952 : deux premier prix du concours national du Ministère de la Jeunesse et des Sports, lauréat du concours STEM organisé par le Figaro.
- 1953 : lauréat du concours de Touring Club de France, médaille de bronze de « Photo Cinéma ».
- 1956 : lauréat du Salon de Bruxelles.
- 1960 : à l'occasion des Jeux olympiques, médaille de bronze pour ses images sur le sport - Lauréat de la ville de Pau.
Expositions individuelles
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- 1963 : galerie Terre d’Ocre, Bonrepos-Riquet.
- 1976 : André Cros, galerie municipale de Château d'Eau, Toulouse, du 8 au 30 juin 1976.
- 1988 : André Cros. 40 ans de vie Toulousaine, Château d'Eau, Toulouse.
- 2007 : Odyssud, Blagnac.
- 2013 : musée d’Art campanaire, L'Isle-Jourdain.
- 2016 : Viv(r)e le foot à Toulouse, Jardin Royal, Toulouse.
- 2023 : André Cros, photographe de terrains. Clichés de rugby 1945-1988, médiathèque José-Cabanis, Toulouse, du 5 septembre au 10 décembre 2023[6].
Expositions collectives
modifierExpositions collectives réalisées avec le Cercle photographique des XII des années 1950 aux années 1980.
Publications
modifier- Michel Demelin, Jean Ribière, Benoît Campistrous et André Cros, Quand le XIII enflammait la France : 1945-1970, Perpignan, Éditions Talaia, , 120 p. (ISBN 978-2-9522036-7-8, OCLC 470819316).
Archives
modifierSes archives sont conservées par les archives municipales de Toulouse sous le numéro d'inventaire 53Fi[3]. Tout comme les autres œuvres dont la ville de Toulouse est l'unique titulaire des droits, elles sont disponibles sous la licence CC-BY-SA depuis juin 2017[7].
Voir aussi
modifierBibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Pierre Gastou, André Cros, photographe de terrains. Clichés de rugby 1945-1988, Toulouse, Éditions Privat, , 144 p. (ISBN 978-2-7089-4613-2).

- François Bordes, « André Cros, ou la philosophie optimiste en photographie », dans Encyclopédie historique de la photographie a Toulouse, 1914-1974, Toulouse, Éditions Privat, , 422 p. (ISBN 978-2-7089-8228-4, présentation en ligne), p. 224-233.

Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Archives conservées par : archives municipales de Toulouse (53 Fi, ILUMP10328)
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Gastou 2023.
- 1 2 3 4 5 6 7 Bordes 2017.
- 1 2 3 4 Archives municipales de Toulouse, « Fonds André CROS »
- ↑ « Carnet noir : disparition d'André Cros, photographe toulousain facétieux », sur ladepeche.fr (consulté le )
- ↑ Archives municipales de Toulouse, « 3Num43 - Interview d'André Cros, photographe, collaborateur de Jean Dieuzaide (1945-1961) puis photoreporter à Sud-Ouest (1961-1888). » [mp4],
- ↑ « Exposition "André Cros, photographe de terrains. Clichés de rugby (1945-1988). Médiathèque José Cabanis. », sur www.archives.toulouse.fr (consulté le )
- ↑ Conseil municipal de Toulouse, « Réutilisation des données publiques et des œuvres gérées par les établissements patrimoniaux de la ville de Toulouse » [PDF],