André Georges (alpiniste français)
André Georges, né le à Lunéville (Meurthe-et-Moselle) et mort le à Lyon, professeur de physique-chimie, est un alpiniste et sauveteur de haute montagne français actif des années 1920 au début des années 1960.
| Nationalité | France |
|---|---|
| Naissance |
, Lunéville |
| Décès |
(à 61 ans), Lyon |
| Disciplines | alpinisme, ski |
|---|---|
| Profession | professeur de physique-chimie |
Membre du Club alpin français (1922), il devient en 1932 secrétaire de la section de Briançon (Hautes-Alpes), où il réside et enseigne à partir de 1931. Président de cette section à partir de 1945, il assume à plusieurs reprises la vice-présidence[réf. nécessaire] du Club au niveau national. Il joue un rôle important dans le développement du secours en montagne, ainsi que dans les débuts (1941) et le développement de la station de sports d'hiver de Serre Chevalier.
Il était le gendre de l'artiste nancéien Victor Prouvé.
Biographie
modifierOrigines familiales et jeunesse
modifierMarie André Georges, né le à Lunéville[1], est issu d'une famille de la bourgeoisie commerçante.
Ses parents, Adrien et Marie, tiennent en effet un magasin de chaussures au n° 7 de la rue Banaudon à Lunéville.
Il est l'aîné d'une fratrie de cinq, deux garçons et trois filles.
jusqu'en 1914, il est élève à Lunéville, puis à Nancy. Parallèlement, il s'intéresse très tôt à la montagne, profitant de la proximité des Vosges proches pour s'entraîner sur le Hohneck, le Ventron, le Donon, etc.[réf. nécessaire]
Pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), la famille se réfugie chez des parents vivant au château des Gâtilles à Saint-Nizier-sous-Charlieu (département de la Loire).
Débuts à la montagne (1922-1931)
modifierAprès la guerre, il fait des études de physique-chimie, puis s'oriente vers une carrière de professeur[1] de l'enseignement secondaire[Où ?].
Il découvre alors l'alpinisme et adhère au Club alpin français en 1922[1]. Au cours de l'été 1923, il atteint le col du Clot des Cavales. En décembre 1923, il s’essaie au ski[1].
En 1927, il effectue son service militaire dans le Briançonnais comme sous-lieutenant au 93e régiment d'artillerie de montagne[1].
Mariage (1930) et descendance
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Il rencontre[Quand ?] Marianne Prouvé, fille du célèbre artiste nancéien Victor Prouvé, avec laquelle il partage le goût de la montagne.
Ils se marient le à Nancy[2],[3]
Ils auront quatre enfants, deux garçons et deux filles.
C'est avec son épouse qu'il effectue son premier sauvetage en montagne le [1].
Premières années à Briançon (1931-1944)
modifierEn 1931[réf. souhaitée], André et Marianne Georges s'installent à Briançon, où il enseigne la physique et la chimie au lycée[1].
Rapidement, André Georges devient une figure marquante de la section de Briançon du Club alpin[4] en organisant des courses de ski, des conférences, des projections de films et des sorties, ainsi que le balisage des itinéraires de ski[1], etc. En 1932, il devient secrétaire de la section.
Dans les années 1935-1940, il participe au projet du téléphérique devant relier Chantemerle (commune de Saint-Chaffrey) au sommet du Serre Chevalier. Il s'agit du premier téléphérique installé dans la vallée de la Guisane, origine de la station de Serre Chevalier.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est affecté au 162e Régiment d'artillerie à pied avec le grade de lieutenant.[réf. nécessaire]
Le téléphérique du Serre Chevalier est inauguré en décembre 1941 par Jean Berthelot, ministre du gouvernement de Vichy.
Après la Seconde Guerre mondiale
modifierEn 1945, André Georges devient président de la section de Briançon du CAF[1]. Avec son épouse Marianne, c'est l'une des figures les plus respectées des Alpes.
Sa présidence est marquée par le développement de la section qui passe de 90 membres en 1946 à plus de 1 000 en 1962[5]. Il promeut aussi le développement des refuges de montagne[1].
En 1951, il crée la Compagnie des guides de l'Oisans[6], dont il est le président de 1951 à 1958[7].
En 1952, il officialise[pas clair] le secours en montagne dans le Briançonnais[8], qu'il a créé en 1932[9],[7], et perfectionne les techniques de secours[1], notamment en ce qui concerne la descente des blessés à une époque où l'hélicoptère n'en est qu'à ses débuts en montagne.
Il participe à de nombreux sauvetages (180 sur le terrain ; direction effective de près de 300[5]), notamment en 1953 lors de la catastrophe aérienne du mont Cimet[10] dans laquelle le violoniste Jacques Thibaud et le compositeur René Herbin trouvent la mort. Il gagne à cette époque les surnoms de « Père Georges » et de « Papa Georges »[11].
À la fin de l'année 1962, le ministère de l'Intérieur le sollicite pour participer aux secours lorsqu'un avion s'écrase en Corse[1].
En ses qualité de président de la section de Briançon du Club alpin et de montagnard accompli, son avis est sollicité sur de nombreux projets : par exemple, de nouveaux téléphériques dans la station de Serre Chevalier et dans le massif du Mont-Blanc.
Il veille aussi à l'entretien et à la rénovation des refuges existants ainsi qu'à la construction de nouveaux refuges, comme le refuge du Pelvoux[12], le refuge Caron dans les Écrins et le refuge du Sélé.
Mort et funérailles (1963)
modifierIl meurt à l'âge de 61 ans le à l'hôpital de l'Antiquaille à Lyon, d'une crise d'urémie à la suite d'une opération à la hanche[13].
Ses obsèques célébrées à Briançon rassemblent plus de 1 500 personnes[14]. Conformément à ses souhaits, il est inhumé à Névache dont il avait souvent parcouru les sommets et où il possédait un chalet.
Distinctions
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Chevalier de la Légion d'honneur en 1949[1],
Officier des Palmes académiques[7],
Chevalier du Mérite civil[7],
Chevalier de l'Ordre du Mérite touristique[7],
Médaille d'or pour acte de courage et de dévouement (Georges était également titulaire de la médaille d'argent et de la médaille de vermeil)[7],
Médaille d'or de la Médaille d'Honneur de la Jeunesse et des Sports (reçue deux fois[1]).
Hommages
modifierPortent son nom :
- une salle du lycée de Briançon, inaugurée le ;
- un pic culminant à 2 500 m, dans les Alpes de Stauning au Groenland, baptisé lors de l'expédition française de 1968[15] et dominant la chaîne de montagnes à l'est du glacier de Fureso.
Un médaillon en bronze le représentant orne le refuge des Écrins.
Publications
modifier- André Georges, « Ski de haute montagne en Briançonnais », La Montagne (revue du Club alpin français).
- André Georges, « Ski de haute montagne autour de la Grave », La Montagne (revue du Club alpin français).
- André Georges, « Le refuge du Pelvoux », La montagne et alpinisme (revue du Club alpin français et du Groupe de haute montagne), no 39, , p. 293-295.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Didier Olivier-Martin, « André Georges », La montagne et alpinisme (revue du Club alpin français et du Groupe de haute montagne), no 46, février 1964, p. 170 à 173.
- ↑ Victor Prouvé (1858-1943), catalogue de l'exposition tenue du 16 mai au 21 septembre 2008 à Nancy, Paris, Gallimard, 2008, p. 269 (cat. 307 : menu de mariage de Marianne Prouvé et André Georges, 1930).
- ↑ Madeleine Prouvé, Victor Prouvé, 1858-1943, préface de Jean Lurçat, Paris, Berger-Levrault, 1958, p. 158-159.
- ↑ Les archives ont été déposées en juillet 2016 aux Archives Départementales des Hautes-Alpes à Gap .
- 1 2 René Blanc, « Créateur du secours en montagne en Briançonnais, M. André Georges, n'est plus », Le Dauphiné libéré, 10 août 1963.
- ↑ Héritière de la Société des Touristes du Dauphiné et devenue aujourd'hui la Compagnie des guides Oisans Écrins
- 1 2 3 4 5 6 Fernand-Henri Carlhian-Ribois, « Monsieur André Georges », Bulletin de la Société d'Étude des Hautes-Alpes, no 56, 1964, p. 170 à 173.
- ↑ Jo Dieudionné, « Le Secours en Montagne est l’œuvre d'un Nancéien : M. André George [sic] professeur de physique à Briançon », L'Est Républicain, 4 janvier 1961, p. 3.
- ↑ « "Il ne peut y avoir de zones interdites en montagne mais ce n'est pas une raison pour jouer avec sa vie et surtout avec celle des autres", nous déclare le président de la commission nationale de secours en montagne », Le Monde, (M. Félix Germain, président de la commission nationale de secours en montagne et M. André Georges, président du Secours en montagne du Briançonnais, ont bien voulu nous faire part de leurs réflexions et de leurs observations, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Paris Match, no 235 (1953).
- ↑ Paris Match, « La Tribune des lecteurs » au sujet de la catastrophe aérienne du mont Cimet, no 236, 1953, p. 9.
- ↑ André Georges, « Le refuge du Pelvoux », La montagne et alpinisme (revue du Club alpin français et du Groupe de haute montagne), no 39, octobre 1962, p. 293-295.
- ↑ La montagne et alpinisme, revue du Club alpin français et du Groupe de haute montagne, no 44, octobre 1963, p. 128 (« La chronique du CAF »).
- ↑ « Dernier et vibrant hommage à M. André Georges », Le Dauphiné libéré, 13 août 1963, p. 5.
- ↑ « 23 sommets au Groenland - seize français explorent pendant trente jours des montagnes inconnues », Ski magazine, 8 (1968), 58-75.
Liens externes
modifier- « TPH25 de Serre Chevalier I et II » sur le site Remontées mécaniques (consulté le 26 août 2026) [cette page retrace de façon assez détaillée les débuts de la station de Serre Chevalier. Sur le rôle d'André Georges, voir le paragraphe « La naissance d'une station »]