André Lwoff

chercheur en biologie français, prix Nobel de physiologie ou médecine (1902-1994)

André Michel Lwoff, né le à Ainay-le-Château (Allier)[1] et mort le à Paris[2], est un chercheur en biologie français et lauréat en 1965 du prix Nobel de physiologie ou médecine.

André Lwoff
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André Lwoff
Nom de naissance André Michel Lwoff
Naissance
Ainay-le-Château (France)
Décès (à 92 ans)
15e arrondissement de Paris (France)
Nationalité Drapeau de la France Français
Domaines Microbiologie, virologie
Institutions Institut Pasteur
Renommé pour Travaux sur la lysogénie et la taxonomie des virus
Distinctions Prix Nobel de physiologie ou médecine

Biographie

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A la naissance d'André Lwoff son père Salomon Lwoff est médecin-psychiatre des Asiles de la Seine et directeur de la colonie familiale d'Ainay-le-Château[1]. Sa mère Maria Jakovlevna Simonovitch (1864-1955) est peintre et sculptrice. Tous deux sont d'origine juives russes (issus du Gouvernement de Poltava, aujourd'hui en Ukraine) et de confession juive[3].

Après des études secondaires au lycée Voltaire, André Lwoff poursuit des études supérieures à la faculté de médecine de Paris et à la Sorbonne[4]. Très attiré par la recherche, il entre en 1921 à l'Institut Pasteur[5]. Il y est l'élève d'Édouard Chatton dont il sera le collaborateur durant les mois d'été à Roscoff et à Banyuls jusqu'en 1938. Grâce à Chatton, Lwoff entre en 1922 au laboratoire colonial de l'Institut Pasteur de Félix Mesnil, où il étudie les ciliés[6],[7].

Il épouse la scientifique Marguerite Lwoff (née Bourdaleix) le 5 décembre 1925 à Saint-Maur-des-Fossés[1]. Le couple forme également à l'Institut Pasteur un duo de collègues qui travaillent très souvent ensemble sur les mêmes objets de recherche[8].

André Lwoff devient docteur es médecine en 1927[9] et chef de laboratoire à l'Institut Pasteur en 1929[4]. Il obtient son doctorat es sciences en 1932[9]. Grâce à la Fondation Rockfeller, lui et Marguerite effectuent des recherches dans le laboratoire d'Otto Meyerhof à Heidelberg en 1932-1933, et en 1936 dans le laboratoire de David Keilin à Cambridge[7],[8].

En 1938 un grenier de l'Institut Pasteur accueille le service de physiologie microbienne dont il est nommé chef[5].

Pendant la Seconde Guerre mondiale il est mobilisé pendant un an[5] et après que Marguerite et lui aient refusé l'exil aux États-Unis proposé par Louis Rapkine et la Fondation Rockefeller[10], André Lwoff rejoint les réseaux résistants Cohors-Asturies, dirigés par Jean Cavaillès et Jean Gosset, ainsi que le réseau Shelburn, affilié aux services secrets britanniques[3].

Au cours d'un séjour professionnel aux Etats-Unis en 1954 Marguerite et André Lwoff se forment à la virologie animale et créent à leur retour en France une école de virologie fondamentale[9]. En 1962, Lwoff introduit une nouvelle Classification des virus qui sera adoptée par le Comité international de taxonomie des virus[11]. Marguerite et lui ont travaillé sur le rôle de la fièvre dans la guérison des infections virales.

André Lwoff reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1965, avec ses étudiants François Jacob et Jacques Monod, pour la découverte du mécanisme utilisé par certains virus (plus exactement des provirus) pour infecter des bactéries. Son allocution lors de la remise du prix est reproduite dans Le Figaro littéraire[12].

Il quitte l'Institut Pasteur en 1968 pour prendre le poste de directeur de l'Institut de recherche sur le cancer[13],[9]. Il prend sa retraite en 1972.

André Lwoff est élu président du Mouvement français pour le Planning familial lors du congrès de l'association des 17-18 octobre 1970[13],[14], succédant alors à Jean Dalsace. Il démissionne en avril 1973 dans un contexte conflictuel sur les questions de l'implication de l'association dans la lutte pour l'avortement et d'autre part de la critique du pouvoir médical[15].

André Lwoff est également intervenu, en qualité de témoin présenté par la défense de Patrick Henry (assurée par Me Robert Badinter et Me Robert Bocquillon) lors du procès de celui-ci devant la cour d'assises de Troyes (). En effet, le prix Nobel qui lui avait été décerné en faisait un témoin de poids pour ce procès de la peine de mort. Sa conviction était profondément abolitionniste[16].

Tout comme sa mère, il pratique la peinture[5],[9].

Distinctions

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Notes et références

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  1. 1 2 3 « Acte de naissance d'André Michel Lwoff (acte n°10 de l'année 1902) », sur Archives départementales de l'Allier (consulté le )
  2. « Relevé des fichiers de l'Insee », sur matchid.io (consulté le ).
  3. 1 2 « Fiche biographique de Salomon Lwoff », sur psychiatrie.histoire.free.fr (consulté le ).
  4. 1 2 Jacques Lafitte et Stephen Taylor, Qui est qui en France, J. Lafitte, , p. 1049
  5. 1 2 3 4 François Jacob, « André Lwoff », sur France Archives, (consulté le )
  6. François Jacob, La statue intérieure, Paris, Odile Jacob / Seuil, , 364 p. (ISBN 2-02-009448-7), p. 245.
  7. 1 2 (en-US) « André Lwoff, biographical », sur NobelPrize.org (consulté le )
  8. 1 2 « Marguerite Lwoff (1905-1979) - repères biographiques », sur Institut Pasteur (consulté le )
  9. 1 2 3 4 5 « La mort du Prix Nobel de médecine de 1965 André Lwoff, un des pères de la biologie moléculaire », Le Monde, (lire en ligne Accès payant)
  10. Dosso Diane. Les scientifiques français réfugiés en Amérique et la France Libre. In: Matériaux pour l'histoire de notre temps, n°60, 2000. Les Etats-Unis et les réfugiés politiques européens : des années 1930 aux années 1950, sous la direction de Robert Frank. pp. 34-40. DOI : https://doi.org/10.3406/mat.2000.403238 www.persee.fr/doc/mat_0769-3206_2000_num_60_1_403238
  11. Luciano Paolozzi, Jean-Claude Liébart, Matthieu Arlat, Michel Dion et Harivony Rakotoarivonina, Introduction à la microbiologie, Dunod, , 240 p. (ISBN 9782100800162)
  12. Lwoff, Monod, Jacob à Stockholm, Le Figaro littéraire no 1027 du jeudi 23 décembre 1965, p. 4
  13. 1 2 « Le professeur André Lwoff élu à la présidence du Mouvement français pour le planning familial », Le Monde, (lire en ligne Accès payant)
  14. Christine Bard, Dictionnaire des féministes: France, XVIIIe-XXIe siècle, PUF, (ISBN 978-2-13-078720-4), page 1142
  15. Bibia Pavard, Si je veux, quand je veux. Contraception et avortement dans la société française (19561979), Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 358 p. (ISBN 9782753520264), p. 198
  16. « Interview professeur A. Lwoff sur la peine de mort et le procès de P. Henry à Troyes » [vidéo] 3 min 02 s, sur ina.fr, Télévision française 1,

Voir aussi

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Article connexe

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Liens externes

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