Marguerite Lwoff
Marguerite Lwoff née Bourdaleix (7 juillet 1905 à Saint-Nazaire – 31 octobre 1979 à Paris[1]) est une microbiologiste et virologue française connue pour ses études sur le métabolisme. Elle a travaillé à l'Institut Pasteur de 1927 à 1970[2],[3].
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M.Lwoff |
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Biographie
modifierMarguerite Bourdaleix est née à Saint-Nazaire, ville où demeure sa famille, en 1905. A sa naissance son père Paul a 38 ans et exerce le métier d'instituteur et sa mère Anne née Violin a 26 ans et est institutrice[4].
Marguerite poursuit des études de sciences naturelles à la faculté des sciences de Paris. Le 5 décembre 1925, elle épouse le scientifique André Lwoff[3] à Saint-Maur-des-Fossés[4]. Marguerite est licenciée ès sciences en 1926[2]. L'année suivante elle entre à l'Institut Pasteur comme boursière dans le Service de protozoologie dirigé par Félix Mesnil[2]. Elle y travaille en collaboration avec André Lwoff et Edouard Chatton [2]« sur la morphologie, l'organisation, le cycle évolutif et la taxonomie des infusoires ciliés libres et parasites ».
Dans les années 1930 Marguerite Lwoff et son mari effectuent plusieurs séjours professionnels à l'étranger grâce à des bourses de la Fondation Rockfeller[5] : en 1932-1933 ils réalisent un stage à Heidelberg (Allemagne) à l'Institut Kaiser Wilhelm (aujourd'hui l'Institut Max Planck) pour collaborer avec Otto Meyerhof, en 1936 ils travaillent tous les deux dans le laboratoire de David Keilin à Cambridge (Royaume-Uni)[2].
Marguerite Lwoff soutient en 1940 sa thèse de doctorat en sciences intitulée Recherches sur le pouvoir de synthèse des flagellés trypanosomides. Le biologiste Maurice Caullery est le président de son jury de thèse[2]. La même année, dans le contexte de l'Occupation, elle et son mari ne donnent pas suite à l'aide proposée par Henri Laugier et Louis Rapkine dans le cadre du plan de sauvetage des scientifiques français qu'ils ont élaboré et visant à les exiler aux États-Unis[6],[7].
Elle est secrétaire de rédaction du Bulletin de l'Institut Pasteur de 1939 à 1953 et obtient un poste de chef de laboratoire en 1944. Elle travaille alors sur la nutrition des réduvidés hémophages avec le chercheur Pierre Nicolle[2]. Après un séjour professionnel aux États-Unis en 1954-1955, Marguerite et André Lwoff concentrent leurs recherches sur les virus animaux. Le travail de Marguerite augmente les connaissances sur le virus de la poliomyélite[2]. Au cours de leurs recherches sur le métabolisme d’Haemophilus, elle et son mari découvrent le rôle d’une coenzyme, la cozymase[3]. Bien que les chercheurs Lwoff, époux, aient poursuivi leur collaboration et publié leurs résultats séparément et ensemble, André a commencé à recevoir de plus en plus de crédit et Marguerite a été effacée[6]. Ses travaux ont eu plus de reconnaissance à l'étranger qu'en France[8]. Elle prend sa retraite en 1970[2].
Quelques publications
modifier- Lwoff, M. (1929). Milieu de culture pour T. cruzi. Bulletin de la Société de Pathologie Exotique, 22 (10).
- Lwoff, M. et Nicolle, P. (1944). Recherches sur la nutrition des hémophages réduvidés. IV. Alimentation de Triatoma infestans Klug à l'aide-de sérum de cheval. Action du glucose. Bulletin de la Société de Pathologie Exotique, 37 (1-2).
- Lwoff, M. (1951). La nutrition des flagellés parasites (Trypanosomidae, Trichomonadinae). Dans la biochimie et la physiologie des protozoaires (p. 129–176). Presses universitaires.
- Lwoff, M. (1951). Nutrition des amibes parasites. Dans Biochimie et physiologie des protozoaires (p. 235–250). Presses universitaires.
Archives
modifierLe fonds d'archives Marguerite Lwoff (1921-1979) est conservé à l'Institut Pasteur, où il a été déposé en 1994[9].
Références
modifier- ↑ « Bourdaleix Marguerite Marie », sur MatchID (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 « Marguerite Lwoff (1905-1979), repères biographiques », sur Institut Pasteur (consulté le )
- 1 2 3 (en) Marylin Bailey Ogilvie et Joy Dorothy Harvey, The Biographical Dictionary of Women in Science : L-Z,
- 1 2 « Acte de naissance de Marguerite Marie Bourdaleix (n°472 du registre des naissances de 1925 à Saint-Nazaire) », sur Archives départementales de Loire-Atlantique (consulté le )
- ↑ (en) « André Lwoff - Biographical », sur Nobel Prize (consulté le )
- 1 2 (en) « Rediscovering the Refugee Scholars of the Nazi Era », sur Northeastern university, (consulté le )
- ↑ Diane Dosso, Les scientifiques français réfugiés en Amérique et la France Libre, (lire en ligne)
- ↑ (es) « Marguerite Lwoff, la microbióloga que pasó de ser colaboradora a asistente técnica de su marido (y no recibió el Premio Nobel con él) », Mujeres con ciencia, (lire en ligne)
- ↑ « Marguerite Lwoff - notice de fonds », sur Institut Pasteur, (consulté le )
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative à la santé :