André Waroquy, né le à Moyeuvre-Grande et mort le à Nanteuil-sur-Marne, est un peintre et décorateur de théâtre français, rattaché au courant post-impressionniste.

André Waroquy
André Waroquy dans son atelier (v. 1910)[réf. nécessaire].
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Domiciles
Formation
Activités

Biographie

modifier

Formation

modifier

André Waroquy naît en 1863 à Moyeuvre-Grande, en Moselle, dans une famille lorraine. Admis à l'École des Beaux-Arts de Paris, il y suit l'enseignement d'Émile Boilvin et d'Alexandre Cabanel, avec lequel il obtient une mention décernée par le jury de l'école en février 1889[1].

Le cercle des Nabis

modifier
Édouard Vuillard, Autoportrait avec Waroquy (huile sur toile, 1889), Metropolitan Museum of Art.

Dans les milieux artistiques parisiens des années 1880 et 1890, Waroquy fréquente le cercle des Nabis. Il se lie d'amitié avec Maurice Denis, Édouard Vuillard et Pierre Bonnard. Selon des témoignages familiaux, il aurait également été proche de Camille Pissarro.

Sa présence dans cet entourage est attestée par un tableau d'Édouard Vuillard, Autoportrait avec Waroquy (1889), conservé au Metropolitan Museum of Art de New York[2], dans lequel André Waroquy apparaît à l'arrière-plan.

Il participe au salon de la Société des amis des arts de Nancy en 1896, exposition durant laquelle il montre trois toiles. Cette exposition est répertoriée dans le fonds Wiener de la Société d'histoire de la Lorraine et du Musée lorrain[3]. Il réside à cette époque à Nancy, 65 Grande-Rue[4].

En 1897, il s'installe à Metz comme peintre-verrier[5].

Vie familiale

modifier

En , à Paris, André Waroquy épouse Thérèse Jardin, âgée de 21 ans. Le couple aura trois enfants : Jacques (1900-1999), Lucie (1903) et Pauline (1912). Les deux filles meurent jeunes — Lucie à six ans, Pauline à dix-neuf ans en 1931, alors qu'elle était institutrice. Leur petit-fils Paul Waroquy (1931–2011), professeur de faculté à Caen, consacre une partie de sa vie à faire redécouvrir l'œuvre oubliée de son grand-père.

Carrière artistique

modifier

En 1908, Waroquy expose au Salon des indépendants cinq toiles, des paysages inspirés de la région parisienne. Il déclare résider à cette époque au 15 avenue de Laumière à Paris[6].

André Waroquy travaille à Paris comme décorateur de théâtre : en 1912, son atelier est situé au 243 rue La Fayette[7]. En 1920, il collabore au théâtre de l'Abri dirigé par Jean Péheu, à Montmartre[8]. L'année suivante, il est associé à Henri Poupon qui monte des spectacles de music-hall[9], puis il signe des décors pour des spectacles à L'Eldorado, ou aux Folies Bergère, prenant parfois le nom de « maître Waroqui ». Après une activité théâtrale intense, il semble s'arrêter en 1933[10], date à laquelle il se retire à Nanteuil-sur-Marne, en Seine-et-Marne. Les paysages de cette région inspirent ses œuvres les plus personnelles. Il y décède en 1938.

Son œuvre est répertoriée dans les Cahiers d'Art de l'Académie Léonard de Vinci[Quoi ?] de Rome, et un dossier le concernant est conservé à la documentation du musée d'Orsay[11][réf. incomplète].

Rétrospectives posthumes

modifier

En , une exposition rétrospective lui est consacrée à Paris, à la Galerie Louis Soulanges (20, rue de l'Odéon, 6e arrondissement), du 5 au 15 février[12]. La critique accueille favorablement cette redécouverte : le Nouvel Observateur salue en lui un petit maître post-impressionniste dont les paysages et les scènes d'intimité révèlent des tons et des lumières d'un raffinement exquis[13].

Une rétrospective est également organisée à Lyon, publiée dans La Revue moderne des arts et de la vie. La critique souligne sa touche souple, l'intensité raffinée de ses coloris et l'atmosphère particulière de ses toiles[14].

Un tableau de Waroquy représentant une église en Seine-et-Marne est conservé à la mairie de Nanteuil-sur-Marne.

Peintre discret et exigeant, André Waroquy est associé au courant post-impressionniste. Ses contemporains retiennent une touche souple et l'intensité raffinée de ses coloris, une atmosphère particulière dans laquelle la lumière chatoie délicatement. Ses thèmes de prédilection sont les paysages de Seine-et-Marne et les scènes d'intimité.

Notes et références

modifier
  1. ↑ Le Soleil, Paris, 20 février 1889, p. 2 — sur Gallica.
  2. ↑ Autoportrait avec Waroquy, Édouard Vuillard, 1889 — Metropolitan Museum of Art
  3. ↑ Fonds Wiener, Société d'histoire de Lorraine et du Musée lorrain, catalogue des expositions 1896, p. 98.
  4. ↑ Catalogue des peintures, miniatures, aquarelles, dessins, sculptures et lithographies exposés à Nancy, Nancy, Société lorraine des amis des arts, 1896, p. 98 — sur Gallica.
  5. ↑ Annonce, in: Le Lorrain, Metz, 13 août 1897, p. 3 — sur Gallica.
  6. ↑ Société des artistes indépendants. Catalogue de la 24e exposition 1908 : Jardin des Tuileries, Paris, Salon des indépendants, 1908, p. 403 — sur Gallica.
  7. ↑ Annonce, in: La Bonne Chanson, Paris, septembre 1912, p. 12 — sur Gallica.
  8. ↑ Le Cachet de Paris, Paris, juin 1920, p. 6 — sur Gallica.
  9. ↑ La Gazette de Biarritz, 11 mars 1921, p. 2 — sur Gallica.
  10. ↑ Le théâtre : Aimez-moi de Duhamel et Le Guillemain, in: La Vie bordelaise, Bordeaux, 5 novembre 1933, p. 5 — sur Gallica.
  11. ↑ Répertoire des artistes et personnalités, musée d'Orsay, Paris.
  12. ↑ Galerie Louis Soulanges, carton d'invitation, février 1970 (archives familiales Waroquy).
  13. ↑ Le Nouvel Observateur, mars 1970.
  14. ↑ La Revue moderne des arts et de la vie, numéro spécial, mars 1972, p. 15.

Sources

modifier

* Galerie Louis Soulanges, carton d'invitation, février 1970
  • La Revue moderne des arts et de la vie, numéro spécial, mars 1972
  • Le Nouvel Observateur, mars 1970
  • Cahiers d'Art, Académie Léonard de Vinci (Rome)
  • Répertoire des artistes et personnalités, musée d'Orsay, Paris
  • Fonds Wiener, Société d'histoire de la Lorraine et du Musée lorrain

Voir aussi

modifier