Angelica Cravcenko

mezzo-soprano d'origine russe

Angelica Cravcenko (en russe : Ангелика Ивановна Кравченко, translittération : Angelika Ivanovna Kravčenko), née le à Rostov dans l'Empire russe et morte le à Milan, est une chanteuse lyrique mezzo-soprano d'origine russe.

Angelica CravcenkoАнгелика Ивановна Кравченко
Description de l'image Angelica Cravcenko - collezione Tino Barindelli.tif.
Nom de naissance Angelika Ivanovna Kravčenko
Naissance
Rostov-sur-le-Don, Empire russe
Décès (à 93 ans)
Milan, Italie
Activité principale Mezzo-soprano
Style Répertoire wagnérien, verdien et russe
Activités annexes Dirigeante de la communauté russo-orthodoxe de Milan
Lieux d'activité Milan, Londres, Salzbourg, Venise, Rome, Turin, Amsterdam, Buenos Aires, Rio de Janeiro
Années d'activité 1926-1949
Collaborations Arturo Toscanini, Ettore Panizza, Bruno Walter, Gabriele Santini, Nino Sanzogno, Antonio Guarnieri, Eugène Goossens, Alexandre Sanine
Formation Études de chant en Russie

Œuvres principales

Répertoire

Waltraute, Fricka, Maddalena, Quickly, Marcellina, Clytemnestre, Hérodiade, l'Aubergiste de Boris Godounov, Chivrja

Figure marquantes des grandes scènes lyriques du XXe siècle, elle effectue l'essentiel de sa carrière en Italie. Elle se produit notamment au Teatro alla Scala de Milan de 1926 à 1949 dans des rôles du répertoire wagnérien, verdien et russe. Elle se produit également au Festival de Salzbourg, au Royal Opera House de Londres et dans divers théâtres d'Europe et d'Amérique du Sud. Après sa carrière scénique, elle s'engage au sein de la communauté russo-orthodoxe de Milan et en devient l'un des piliers.

Biographie

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Formation et contexte familial

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Angelika Ivanovna Kravčenko naît le à Rostov[1]. Elle étudie le chant dans le registre de mezzo-soprano[1]. Elle fréquente d'abord les scènes lyriques de Russie avant de quitter son pays natal[2].

Immigration en Italie

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À la suite de la révolution d'Octobre, Cravcenko rejoint l'Italie en 1917 et fait partie de la première vague de réfugiés russes qui fuient les bouleversements politiques[2]. Cette migration l'oblige à traverser des années difficiles avant d'accéder aux grandes scènes[2]. La source Russi in Italia mentionne toutefois une arrivée en 1925, peu avant ses débuts à La Scala[1].

Carrière lyrique

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Débuts à la Scala de Milan (1926)

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Angelica Cravcenko fait ses débuts au Teatro alla Scala de Milan le dans le rôle de Waltraute du Crépuscule des dieux de Richard Wagner, sous la direction d'Ettore Panizza[1],[2]. Quelques jours plus tard, le , elle incarne la sorcière Marzapane dans Hänsel und Gretel d'Engelbert Humperdinck, toujours sous la direction de Panizza[1].

Répertoire à la Scala (1926–1931)

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La collaboration d'Angelica Cravcenko avec le théâtre milanais s'étale sur plusieurs années et couvre un répertoire varié qui mêle des œuvres romantiques, wagnériennes et russes[1]. Le , elle crée le rôle d'Ekaterina Ivanovna dans Delitto e castigo d'Arrigo Pedrollo, dans une mise en scène de Giovacchino Forzano[1],[2]. En , elle interprète Fricka dans L'Or du Rhin de Wagner, de nouveau sous la direction de Panizza[1]. En , elle tient le rôle de l'aubergiste dans Boris Godounov de Modeste Moussorgski, mis en scène par Alexandre Sanine avec des décors de Nicola Benois[1],[2].

En , Cravcenko interprète Frugola dans Il tabarro de Giacomo Puccini, sous la direction de Gabriele Santini[1]. En , elle campe Hérodiade dans Salomé de Richard Strauss[1]. Le marque un tournant dans sa carrière scaligère : elle débute dans le rôle de Maddalena des Maîtres chanteurs de Nuremberg de Wagner, sous la direction d'Arturo Toscanini[1]. En , elle incarne la femme du meunier dans Il re d'Umberto Giordano, puis, en , la mère dans Louise de Gustave Charpentier[1]. En , elle chante Barbaricha dans Le Tsar Saltan de Nikolaï Rimski-Korsakov, dans une production signée par Alexandre Sanine[1],[2]. En , elle interprète la sorcière dans Les Enfants du roi d'Humperdinck[1].

Engagements à Turin, à Rome et à Venise

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En parallèle de ses prestations à la Scala, Angelica Cravcenko se produit sur d'autres scènes italiennes. En , elle chante dans Un bal masqué de Verdi au Teatro Regio de Turin[1]. Elle se produit également au théâtre royal de l'Opéra de Rome, où elle incarne l'aubergiste de Boris Godounov lors de la saison 1941–1942[3]. Elle y tient aussi le rôle d'Olimpia dans Belfagor d'Ottorino Respighi lors de la saison de créations contemporaines de 1942, sous la direction d'Antonio Guarnieri et dans une mise en scène d'Alexandre Sanine[4]. Les archives de ce même théâtre attestent de sa présence dans des productions de Elektra et de Hänsel und Gretel en 1939–1940, dans Débora et Jaël de Pizzetti en 1931–1932, dans Il re de Giordano en 1929–1930, ainsi que dans Les Maîtres chanteurs de Nuremberg et La Cloche engloutie en 1939–1940[5].

Le , Cravcenko interprète Clytemnestre dans Elektra de Richard Strauss au Théâtre La Fenice de Venise, sous la direction de Nino Sanzogno[1].

Engagements internationaux

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Au cours des années 1930, Angelica Cravcenko développe sa carrière à l'international[1]. Au Royal Opera House de Londres, elle se produit dans Falstaff de Verdi sous la direction d'Arturo Toscanini, et dans Le Prince Igor d'Alexandre Borodine sous Eugène Goossens en [1]. Elle chante également dans des théâtres d'Amsterdam, de Buenos Aires et de Rio de Janeiro[1].

Festival de Salzbourg (1937–1938)

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Angelica Cravcenko participe au Festival de Salzbourg à deux reprises au cours de la seconde moitié des années 1930. En 1937, sous la direction d'Arturo Toscanini, elle incarne Quickly dans Falstaff de Verdi, aux côtés de Mariano Stabile dans le rôle-titre et accompagnée par l'Orchestre philharmonique de Vienne[6].

Le , elle chante le rôle de Marcellina dans Les Noces de Figaro de Mozart, sous la direction de Bruno Walter, avec l'Orchestre philharmonique de Vienne et le chœur de l'Opéra de Vienne. Ce programme réunit notamment Ezio Pinza (Figaro), Mariano Stabile (le Comte Almaviva), Jarmila Novotná (Chérubin) et Aulikki Rautawaara (la Comtesse)[7]. Ce concert, enregistré au Festspielhaus de Salzbourg, constitue l'un des documents sonores historiques les plus significatifs du Festival de Salzbourg[7]. L'année suivante, le , lors d'une nouvelle représentation des Noces de Figaro à Salzbourg, Guido Salvini assure la mise en scène[1].

Retour à la Scala et fin de carrière (1942–1949)

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Après plusieurs années d'engagements internationaux, Cravcenko retrouve le Teatro alla Scala le dans le rôle de Chivrja dans La Foire de Sorotchyntsi de Moussorgski, dans une mise en scène d'Alexandre Sanine[1],[2]. La critique du Corriere della Sera qualifie alors son interprétation de « magnifique d'animation et de vérité scénique »[2]. En , elle interprète Jarifa dans Re Hassan de Giorgio Federico Ghedini[1].

Sa dernière apparition documentée à la Scala a lieu le , de nouveau dans le rôle de l'aubergiste de Boris Godounov, sous la direction d'Issay Dobrowen[1],[2].

Portrait par Anselmo Bucci

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En 1927, le peintre et graveur italien Anselmo Bucci réalise un portrait intitulé Angelica Cravcenko. La toile est présentée à la Biennale de Brera, exposition organisée à la Permanente de Milan, et vaut à son auteur la médaille d'or de l'Instruction publique[1],[2]. Ce portrait figure dans la monographie Anselmo Bucci, 1887–1955, publiée par Silvana Editoriale à Milan en 2003[1].

Engagement communautaire et vie après la scène

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À partir des années 1950, Angelica Cravcenko met fin à sa carrière lyrique et se consacre à la défense des intérêts de l'émigration russe en Italie[2]. Nommée starosta (chef de communauté), elle dirige la communauté russo-orthodoxe de Milan qui se rassemble autour de l'église de la via Ponchielli[2]. Dans ce cadre, elle s'emploie à faciliter l'intégration de ses compatriotes dans leur pays d'accueil[2].

Mort et sépulture

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Angelica Cravcenko meurt le à Milan[1]. Elle est inhumée dans le champ 16 du Cimitero Maggiore de Milan[2].

Un avis nécrologique est publié dans la Nuova Rivista Musicale Italiana en [8].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 (it) Raffaella Vassen, « Angelika Ivanovna Kravčenko », sur Russi in Italia, (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 (it) « Cravcenko, Angelica », sur Arte Russa a Milano (consulté le )
  3. (it) « Boris Godunov 1941-42 », sur Archivio Storico del Teatro dell'Opera di Roma (consulté le )
  4. (it) « Belfagor 1942 – Stagione di opere contemporanee », sur Archivio Storico del Teatro dell'Opera di Roma (consulté le )
  5. (it) « Angelica Cravcenco », sur Archivio Storico del Teatro dell'Opera di Roma (consulté le )
  6. (en) « Toscanini 1937 Falstaff Salzburg Festival », sur Internet Archive (consulté le )
  7. 1 2 (en) « Le nozze di figaro : Salzburg Festival 1937 », sur Internet Archive (consulté le )
  8. (it) « Angelica Cravcenko », Nuova Rivista Musicale Italiana, vol. 27, no 3, luglio-settembre 1993, p. 527

Voir aussi

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