Ann Northrop

journaliste américaine

Ann Northrop (née en 1948 à Hartford, dans le Connecticut) est une journaliste et militante lesbienne américaine, connue pour son engagement au sein du mouvement ACT UP et comme co‑animatrice de l’émission d’actualités télévisées Gay USA[1]. Elle a joué un rôle important dans la médiatisation de la crise du sida, en développant des stratégies de communication pour les militant et militantes puis en intervenant dans de nombreux médias LGBT+[2].

Ann Northrop
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Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
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Journaliste, militante pour les droits LGBT, personnalité engagée dans la lutte contre le sidaVoir et modifier les données sur Wikidata

Jeunesse et formation

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Ann Northrop voit le jour à Hartford, dans le Connecticut, et grandit principalement à Windsor, la ville natale de sa mère. Son père occupe un poste de cadre supérieur pour la compagnie aérienne United Airlines, ce qui conduit la famille à déménager fréquemment ; elle passe ainsi une partie de son enfance dans les environs de Washington, D.C., Boston, Denver et Chicago. Elle décrit sa famille comme « très républicaine » et estime avoir été, dans sa jeunesse, profondément imprégnée d’un point de vue conservateur[1].

En 1966, elle quitte le domicile familial pour faire ses études supérieures et découvre progressivement des positions politiques radicales et de gauche qu’elle décide d'adopter durablement. Elle poursuit ses études au Vassar College, dont elle est diplômée en 1970 et participe activement à la vie politique étudiante. Elle a notamment invité la journaliste et militante féministe Gloria Steinem comme oratrice de la cérémonie de remise des diplômes, lors de laquelle Steinem a cité le cofondateur du Black Panther Party, Huey P. Newton[3].

Débuts dans le journalisme

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Après avoir obtenu son diplôme, Ann Northrop commence sa carrière de journaliste à Washington, D.C. en intégrant le National Journal. Elle assure une couverture médiatique de l’ensemble des pouvoirs fédéraux Maison‑Blanche, Congrès et Cour suprême pendant environ un an et demi. Elle s’installe ensuite à New York, où elle rejoint la chaîne WCBS‑TV et travaille sur l’émission Woman, un programme matinal consacré aux questions qui concernent les femmes[3].

Lorsque Woman est interrompue, Northrop continue à travailler pour WCBS‑TV dans les services d’exploitation, et collabore parallèlement comme assistante de production indépendante pour ABC Sports. Elle écrit aussi pour une chronique de presse syndiquée à l’échelle nationale et publie des articles dans des revues comme Ms. ou Ladies’ Home Journal. Elle participe par ailleurs, en tant que responsable pour New York, à une vaste étude sociologique menée par Pepper Schwartz et Philip Blumstein sur des couples hétérosexuels et homosexuels, publiée sous le titre American Couples: Money–Work–Sex[1].

Carrière télévisuelle

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En 1981, Ann Northrop revient à la production télévisuelle quotidienne en tant que rédactrice‑productrice pour l’émission Good Morning America sur ABC. Elle y prépare des sujets, invite des expertes et des experts et rédige des fiches de contexte ainsi que des introductions à l’antenne sur des thématiques variés, allant de la politique aux questions de consommation, en passant par la santé, le droit et la culture[1].

En 1982, elle est recrutée par George Merlis pour rejoindre CBS News. Pendant cinq ans, elle travaille comme productrice pour le CBS Morning News, où elle planifie, coordonne et exécute le programme quotidien en lien avec les présentatrices et les présentateurs tels que Diane Sawyer, Bill Kurtis, Forrest Sawyer, Maria Shriver, Phyllis George, Charlie Rose et Meredith Vieira[1].

En 1987, Northrop démissionne de CBS, souhaitant changer de vie et se consacrer à des projets plus directement lié aux questions de sexualité et de santé[3].

Éducation au VIH/sida et engagement communautaire

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Après avoir quitté CBS, Ann Northrop devient éducatrice spécialisée autour du sida et et de l'homosexualité pour le Hetrick‑Martin Institute for Lesbian and Gay Youth, à New York, où elle travaille pendant quatre ans. Elle intervient auprès de jeunes, dans des établissements scolaires, pour aborder des sujets lié au VIH/sida, à la sexualité et aux minorités sexuelles, en mettant l’accent sur la prévention et la lutte contre la stigmatisation[2].

Elle explique que son travail d’éducatrice lui a fait prendre conscience de la continuité entre les enjeux liés au sida et ceux qui l’avaient mobilisée contre la guerre du Viêt Nam et pour le féminisme. Cette prise de conscience l’amène à s’engager plus directement dans la lutte contre le VIH/sida[1].

Activisme et ACT UP

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Ann Northrop participe dès la fin des années 1960 aux manifestations contre la guerre du Viêt Nam et s’implique dans le mouvement féministe naissant, notamment en collaborant à des projets éditoriaux comme le premier numéro du magazine Ms.[1].

En février 1988, alors qu’elle travaille comme éducatrice au Hetrick‑Martin Institute, elle rejoint la section new‑yorkaise de la coalition ACT UP (AIDS Coalition to Unleash Power). Elle s’y implique profondément, participe à des centaines de manifestations de désobéissance civile et est arrêtée à de nombreuses reprises une vingtaine de fois selon certaines sources. Elle joue un rôle clé dans la stratégie médiatique du mouvement, en formant les militant·es à dialoguer avec les journalistes et à utiliser les médias pour rendre visible la crise du sida[4].

En décembre 1989, Ann Northrop participe à l’action Stop the Church organisée par ACT UP à la cathédrale Saint‑Patrick de New York, pour dénoncer l’opposition de l’Église catholique aux programmes de prévention du sida, notamment la distribution de préservatifs et l’éducation sexuelle. Au cours de cette action, plus de 4 000 activistes interrompent la messe et Northrop s’allonge dans l’allée centrale. Elle est arrêtée avec plus d’une centaine d’autres manifestantes et manifestant et est condamnée pour plusieurs délits mineurs. L’action est notamment documentée dans les films How to Survive a Plague et United in Anger: A History of ACT UP[5], où Northrop apparaît parmi les personnes interviewées.

Par la suite, elle forme des militantes et militants à la prise de parole en public et aux relations avec les médias, en intervenant dans de nombreux ateliers et événements liés au VIH/sida et aux droits LGBT+[1].

Travail dans les médias LGBT

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Au début des années 1990, Ann Northrop multiplie les collaborations avec des médias LGBT+ new‑yorkais. Elle est notamment chroniqueuse pour le magazine gay QW, puis écrit régulièrement pour le journal LGNY (Lesbian and Gay New York) entre 1994 et 1998[1].

À partir de 1993, elle apparaît régulièrement dans l’émission Dyke TV, un programme télévisé national consacré à l’actualité, aux arts et à la culture du point de vue lesbien, où elle intervient dans une rubrique de commentaire politique intitulée Ann Northrop Mouths Off.

En 1996, Ann Northrop devient co‑animatrice de l’émission d’actualités Gay USA aux côtés du journaliste et militant Andy Humm. L’émission, produite à New York et diffusée sur plusieurs chaînes locales et nationales, propose chaque semaine une couverture approfondie des questions concernant les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres, aux niveaux local, national et international[6].

Autres engagements et responsabilités

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En parallèle de ses activités médiatiques et militantes, Ann Northrop occupe plusieurs fonctions dans des organisations LGBT et sportives. Elle siège pendant quatre ans au conseil d’administration des Gay Games, notamment pour l’édition organisée à New York en 1994. Elle contribue à la création de l’Institute for Gay and Lesbian Strategic Studies, un groupe de réflexion LGBT+ devenu par la suite le Williams Institute, et participe à son conseil consultatif[1].

Elle participe également à la création de l’association des anciennes et anciens élèves lesbiennes et gays du Vassar College, la Lesbian and Gay Alumnae Association of Vassar College. En 1992, elle est la seule déléguée ouvertement lesbienne ou gay au sein de la délégation de l’État de New York à la Convention nationale démocrate. Elle est régulièrement sollicitée pour prendre la parole lors de manifestations et d’événements commémoratifs, notamment lors du 25ᵉ anniversaire des émeutes de Stonewall[6].

Vie personnelle

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Ann Northrop fait son coming out en tant que lesbienne à l’âge de 28 ans, alors qu’elle travaille pour le magazine Ms.. Elle y rencontre une femme, Lynda, avec qui elle démarre une relation sentimentale. Les deux femmes restent en couple pendant dix‑sept ans et élèvent ensemble les deux enfants que Lynda a eus d’un précédent mariage[3].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) « ANN NORTHROP », sur GAY USA (consulté le )
  2. 1 2 (en-US) « RIAA Host Ann Northrop », sur Treatment Action Group (consulté le )
  3. 1 2 3 4 (en) « Ann Northrop : PIONEERING AIDS ACTIVIST & JOURNALIST » Accès libre [PDF], sur lgbthistorymonth.com (consulté le )
  4. (en-US) « 027 Ann Northrop », sur ACT UP Oral History Project (consulté le )
  5. « United in anger : a history of ACT UP | WorldCat.org », sur search.worldcat.org (consulté le )
  6. 1 2 (en) « ABOUT GAY USA », sur GAY USA (consulté le )

Liens externes

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