Alexandre Lenfant
Alexandre Charles Marie Lenfant (ou Lanfant), né le à Lyon et mort le à la prison de l'Abbaye (Paris), est un prêtre jésuite français, membre de la famille Lenfant, prédicateur royal à Vienne (Autriche) et à Versailles. Comme membre du clergé ayant refusé le serment de fidélité à la constitution civile du clergé, il est arrêté puis victime d'une exécution sommaire lors des massacres de Septembre 1792.
| Alexandre Charles Marie Lenfant | |
| Bienheureux | |
|---|---|
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Lyon |
| Date de décès | (à 65 ans) |
| Lieu de décès | prison de l'Abbaye, Paris |
| Ordre religieux | Compagnie de Jésus |
| Vénéré à | abbaye Saint-Germain-des-Prés (Paris) |
| Béatification | par Pie XI |
| Fête | 2 septembre |
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Béatifié le par le pape Pie XI (avec les 190 autres victimes des massacres reconnus martyrs), il est liturgiquement commémoré le .
Biographie
modifierAlexandre Lenfant fait ses études secondaires au collège de la Trinité à Lyon, avant d'entrer au noviciat d'Avignon de la compagnie de Jésus le . Il enseigne dans les collèges jésuites d'Aix et de Besançon avant de faire ses études de théologie à Lyon (1751-1754) : il est ordonné prêtre à Lyon en 1754[1].
Après son ordination, il tient la classe de rhétorique au collège de Marseille. Déjà connu comme bon prédicateur, il se fait particulièrement remarquer par son oraison funèbre en l'honneur de l'archevêque de Marseille, Henri de Belsunce, décédé en .
Départ pour la Lorraine, puis l'Autriche
modifierLorsque l'ordre des jésuites est dissous en France (1764), il se réfugie au séminaire de Nancy dans le duché de Lorraine, où il est souvent invité à prêcher à la cour du roi Stanislas de Pologne, en exil à Lunéville. Tant son oraison funèbre aux funérailles de ce dernier (en ) que son panégyrique à l'occasion de la canonisation de sainte Jeanne de Chantal () émeuvent beaucoup et font forte impression.
Oncle de la châtelaine de Châtillon-sur-Saône, Madame Claude Urguet de Saint-Ouen, il séjourne chez ses neveux à Bulgnéville de 1768 à 1771. Par la suite, il leur rend fréquemment visite à Lironcourt et Châtillon. Un crucifix en ivoire visible à l'église de Châtillon a été donné par lui[2]. Ayant perdu la protection du roi Stanislas[Information douteuse], il quitte la Lorraine et se rend à Vienne (Autriche) où il est appelé comme prédicateur à la cour de l’impératrice Marie-Thérèse. Il y reste trois ans avant de revenir à Paris.
À la Cour de France
modifierIl entre à la cour de Louis XVI comme confesseur du roi. Il donne les sermons d'Avent (1774) et de Carême (1775) au palais de Versailles. Louis XVI et la reine Marie-Antoinette l'apprécient tellement qu’ils le nomment prédicateur ordinaire du roi. Une preuve de son succès est que, depuis 1773, il est une des cibles préférées des jansénistes… On dit que Jean-Jacques Rousseau et Denis Diderot se déplaçaient pour l'écouter. Madame du Deffand, la grande sceptique, s'entretenait volontiers avec lui[1].
Révolution française
modifierÀ la chute de la monarchie absolue, et comme on le soupçonne d'avoir une grande influence sur le roi, il est recherché par les révolutionnaires. À propos de la constitution civile du clergé (1790), il écrit « plutôt la pauvreté totale et la mort que faire ce serment impie ». Pour éviter ce serment, il refuse de prêcher le carême de 1791 à la Cour. Mécontent de cet affront, le parti révolutionnaire[pas clair] l'accuse, comme confesseur, d'avoir persuadé le roi d'accomplir ses obligations pascales en secret, avec l'assistance d’un prêtre réfractaire.
Pour soutenir les chrétiens fidèles à l’Église, Lenfant reste à Paris, mais il vit de plus en plus dans la clandestinité, changeant fréquemment de logement et de déguisement. Il est malgré tout arrêté et incarcéré à la prison de l'Abbaye, le . Il s’y trouve en compagnie d’un grand nombre de prêtres réfractaires. La loi prévoit pour ceux-ci une déportation en Guyane. Un prêtre assermenté et député, Simon-Edme Monnel, qui a des contacts avec la Commune de Paris tente de le faire échapper, mais il échoue. Lenfant et beaucoup d'autres prisonniers sont finalement victimes des massacres de Septembre.
Œuvres
modifier- Sermons du P. Lenfant, jésuite, prédicateur du roi, notice Guillon, 8 vol., J.B Sajou imprimeur, Paris, 1818.
- Mémoires ou correspondance secrète du P. Lenfant, confesseur du roi, pendant trois années de la Révolution 1790, 1791, 1792, 2 vol., Paris, 1834.
Béatification
modifierLes religieux victimes des massacres de Septembre sont considérés comme martyrs par l'Église catholique. Lors d'une cérémonie solennelle à Rome, le , 191 de ces martyrs sont béatifiés par le pape Pie XI[3]. Le décret de béatification identifie les trois Alexandre Lenfant, Jacques Bonnaud et Guillaume Delfaud expressément comme « jésuites » alors que, à strictement parler, la Compagnie de Jésus n’existait plus en 1792, ayant été supprimée en 1773 (et restaurée en 1814).
Notes et références
modifier- 1 2 (es) Charles E. O'Neill, Dicconario historico de la compania de Jesus, t. III, Rome, Institutum Historicum, S.I, , p. 2278
- ↑ Jean-François Michel (dir.), « Lanfant (Alexandre de) », dans Les Vosgiens célèbres : dictionnaire biographique illustré, Vagney, Gérard Louis, (ISBN 2-907016-09-1, lire en ligne), p. 218.
- ↑ Joseph Grente, Les martyrs de septembre 1792 à Paris, Paris, Téqui, , 317 p., p. 211
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Arago et ali., Bibliographie universelle ancienne et moderne, t. XI, Bruxelles, H. Ode, éditeur, 1868, p. 219.
- F. Dollieule, Marseille à la fin de l'Ancien régime, Marseille, Lafitte éditeur, 1896, p. 331
- H. Fouqueray, « Une victime des journées de septembre, le Père Lenfant », Études, vol. 105, , p. 50-75 et 161-184.
- H. Fouqueray, Un groupe de martyrs de . Vingt-trois anciens Jésuites, Paris, , p. 1-62.
- J. Grente, Les martyrs de à Paris, Paris, .
Liens externes
modifier- Ressource relative à la religion :
- Ressource relative aux beaux-arts :

