Anne de Souvré

aristocrate française

Anne de Souvré, marquise de Courtenvaux et de Louvois, née le à Paris et morte le à Versailles, est une riche héritière et aristocrate du royaume de France, épouse du ministre de la guerre de Louis XIV François Michel Le Tellier de Louvois.

Anne de Souvré
Portrait de Anne de Souvré sur un cheval
par Joseph Parrocel vers 1670, (collection du château de Skokloster).
Fonctions
Dame de La Roche-Martel et de Choisy (1695 - 1715)
Titres de noblesse
Marquise
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Domicile
Formation
Père
Charles de Souvré, Marquis de Courtenvaux (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Marguerite Barentin de Villeneuve (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfants
Michel Courtenvau le Tellier (d)
Madeleine Charlotte Le Tellier (d)
Louis-Nicolas Le Tellier de Souvré
Louis-François-Marie Le Tellier de Barbezieux
Camille Le Tellier
Marguerite le Tellier de Louvois (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Gilles de Courtenvaux de Souvré (arrière-grand-père)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion
Date de baptême
2 mai 1647
Blason de la famille de Souvré.
Tombeau de François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois (1641-1691) et d'Anne de Souvré (1636-1715).

Biographie

modifier
Anne de Souvré par Simon Dequoy en 1695. Musée national du château de Versailles[1].

Les parents d'Anne de Souvré sont Charles de Souvré, marquis de Courtenvaux et gouverneur de Touraine (mort le ), et Madeleine Barentin[2].

Arrière-petite-fille du maréchal Gilles de Courtenvaux de Souvré, elle est baptisée le . Née posthume, Anne de Souvré grandit dans la famille du second mari de sa mère, Urbain II de Montmorency-Laval, marquis de Bois-Dauphin et de Sablé[3].

« Ayant perdu tous ses parents, elle se trouva un des plus beaux partis de la cour. Élevée à l'abbaye Saint-Amand de Rouen, dont l'abbesse, Éléonore de Souvré, était sa tante, elle en sortit pour se marier, selon le vœu du premier maréchal de Villeroy, frère de sa grand'mère »[4].

Le , en l'église Saint-Eustache de Paris, âgée de quinze ans et demi[3], elle épouse François Michel Le Tellier de Louvois, qui possède la charge de Secrétaire d'État de la Guerre et deviendra ministre de la Guerre de Louis XIV : il réalise ainsi une belle alliance[5]. En effet, seule héritière, elle s'affranchit d'une part de la tutelle de François de Neufville de Villeroy, et apporte dans un contrat de communauté universelle, signé le jour même par le roi, sa famille et les témoins[3], argent, terres et titre[6].

De ce mariage naissent sept enfants, dont quatre fils[7],[8] : Michel-François, marquis de Courtanvaux, né le 15 mai 1663 ; Madeleine-Charlotte, née le 23 juin 1665, future duchesse de Villeroy[2] ; Louis-Nicolas, marquis de Souvré, né le 23 janvier 1667 ; Louis-François-Marie, futur marquis de Barbezieux, né le 3 juin 1668 ; Camille, né le 11 avril 1675 ; et enfin Marguerite, née le 14 juillet 1678, future duchesse de La Rochefoucauld[2]. Une autre fille naquit, mais elle mourut en bas âge[5].

En 1693, Anne de Souvré devenue veuve, commande aux sculpteurs royaux François Girardon et Martin Desjardins un mausolée, pour son mari   dans lequel, elle est également représentée . L'œuvre est terminée par Corneille Van Clève et placée dans le Couvent des Capucines. Les dépouilles de deux de ses fils rejoignent également le tombeau qui est profané à la Révolution ; l'œuvre est ensuite transférée au Musée des Monuments français (1795), avant d'être déplacée par la famille à l'Hôtel-Dieu de Tonnerre[9],[10],[11]. Le Musée national du château de Versailles en conserve un moulage[12].

« En 1683, le marquis de Louvois avait acquis le château d'Ancy-le-Franc et le reste du comté [....] en 1684. Par partage du 1er avril 1694, le comté de Tonnerre et la terre d'Ancy-le-Franc furent attribués à Anne de Souvré. C'est dans son château de Pacy, [aujourd'hui démoli], qu'Anne de Souvré reçut Mme de Sévigné et c'est d'Ancy-le-Franc que sont datées plusieurs lettres de M. de Coulanges »[13].

Par héritage le manoir de Saint-Yon lui revint vers 1701 ; Anne de Souvré consent alors à louer la propriété à Jean-Baptiste de La Salle qui y installe la congrégation des Frères des écoles chrétiennes, un noviciat, le siège de son administration ainsi qu’une communauté de Frères âgés[14],[15],[16].

Après la disparition de son époux, elle ne souhaite plus séjourner au château de Meudon (qui sera acquis par le roi pour le Grand Dauphin[17]), et partage son temps entre l'hôtel de Louvois sa résidence parisienne, et le château de Choisy où elle se retire en été[18].

Saint-Simon la décrit ainsi : « Elle avait la plus grande mine du monde, la plus belle et la plus grande taille ; une brune avec de la beauté ; peu d'esprit, mais un sens qui demeura étouffé pendant son mariage, quoiqu'il ne se puisse rien ajouter à la considération que Louvois eut toujours pour elle et pour tout ce qui lui appartenait »[5]. Il rend hommage également à sa « vie honorable, convenable et digne [dont elle ne s’est] jamais démentie en rien, que sa mort, qui fut semblable à sa vie, fut le désespoir des pauvres, la douleur de sa famille et de ses amis, et le regret véritable du public »[19].

Notes et références

modifier
  1. Anne de Souvre, Marquise de Louvois (1641-1715), Notice Joconde.
  2. 1 2 3 Louis de Rouvroy de Saint-Simon, Mémoires de Saint-Simon : nouvelle édition collationnée sur le manuscrit autographe, augmentée des additions de Saint-Simon au Journal de Dangeau. Tome 1 / notes et appendices par A. de Boislisle..., Hachette, 1879-1931 (lire en ligne), p. 83.
  3. 1 2 3 Luc-Normand Tellier, Face aux Colbert : Les Le Tellier, Vauban, Turgot… et l'avènement du libéralisme, Sillery, PUQ, , 816 p. (ISBN 978-2-76052-289-3, lire en ligne), p. 170-172.
  4. Barthélemy de.
  5. 1 2 3 Jean-Philippe Cénat, « chapitre 13 - Le chef de famille », dans Louvois 2015, Tallandier, (lire en ligne), p. 247 à 272.
  6. Pauline Ferrier-Viaud, Femmes de ministre, une histoire sociale du Pouvoir féminin au temps de Louis XIV, Champ Vallon, (ISBN 979-10-267-1035-6, lire en ligne [PDF]).
  7. Jougla de Morenas.
  8. Jacques de Ricaumont, « Louvois et Sa Descendance by Louis Authier », Revue des Deux Mondes, , p. 214–16 (JSTOR 44186433).
  9. (en) Patrick Le Chanu et Françoise de la Moureyre, « Louvois, Marquis de [et] Clève, Corneille van », sur Grove art online.
  10. Le monument funéraire, dit tombeau, dans la Base Palissy.
  11. Notice no PM89001645, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  12. Stanislas Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l'école française sous le règne de Louis XIV, Paris, , 504 p. (lire en ligne), p. 485.
  13. « Les Louvois et Les Villeroy », dans Bulletin de la Société historique et archéologique de Corbeil, d'Étampes et du Hurepoix, vol. 1 à III, A. Picard, , 380 p. (lire en ligne), p. 259 à 261.
  14. Magali Devif, F. Alain Houry, Philippe Moulis et Francis Ricouss, « La maison des frères des écoles chrétiennes », Rivista Lassaliana, no 81, , p. 409-425 (lire en ligne [PDF]).
  15. Jean-Baptiste Blain (Livre III, chapitre IV), La vie du bienheureux serviteur de Dieu Jean-Baptiste de La Salle, Paris, Procure générale, , 775 p. (lire en ligne), p. 497.
  16. Abel Gaveau, Vie du bienheureux de La Salle : fondateur de l'institut des frères des écoles chrétiennes (3e édition), Paris, Procure générale des Frères, , 304 p. (lire en ligne), p. 223-224.
  17. Eudore Soulié et al., Notice des peintures et sculptures composant le Musée impérial de Versailles, Versailles, impr. de Montalant-Bougleux, , 861 p. (lire en ligne), p. 189.
  18. Stéphane Castelluccio, « La vie au château de Choisy. 1678-1789 », Versalia. Revue de la Société des Amis de Versailles, no 9, , p. 60-63 (DOI 10.3406/versa.2006.860, lire en ligne).
  19. Saint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de, 1675-1755, Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence, t. XIII, Paris, A. Sautelet et cie, , 434 p. (OCLC 1049654562, lire en ligne), « XXVIII », p. 421 à 423.

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier
  • Factum pour dame Anne de Souvré, marquise de Courtanvault, veuve de messire François-Michel Le Tellier ... marquis de Louvois, ministre secrétaire d'Etat et des commandements de Sa Majesté ... contre M. le duc de Vendôme ... et les conseillers secrétaires du roi ... assignés en assistance de cause ..., Imp. de veuve Grou, (présentation en ligne).
  • Édouard Barthélemy de, « Chapitre XII - La marquise de Louvois », dans La marquise d'Huxelles et ses amis, Mme de Sévigné, Mme de Bernières, Mme de Louvois, le Mis de Coulanges, M. de Callières, M. de Gaignères, Fouquet, Paris, Firmin-Didot, , 370 p. (lire en ligne), p. 302- 335.
  • Charles Dezobry (Richesse et affabilité de Madame de Louvois. Nouvelles diverses., Tonnerre 3 octobre 1694), « 10 - Coulanges à Madame de Sévigné », dans Dictionnaire pratique et critique de l'art épistolaire français, Paris, C. Delagrave, , 1344 p. (lire en ligne), p. 909-912.
  • Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, t. VI, Paris, Société du Grand Armorial de France, , 587 p. (lire en ligne [PDF]), p. 242, 275 et 276.

Liens externes

modifier