Château de Meudon

ancien château français

Le château de Meudon, dit château royal de Meudon, palais impérial de Meudon ou Domaine national de Meudon, est un château français situé à Meudon, dans le département des Hauts-de-Seine. Il est notamment la résidence de la duchesse d'Étampes, du cardinal de Lorraine, d'Abel Servien, de Louvois ainsi que de Monseigneur, dit le Grand Dauphin, qui lui adjoint en annexe le château de Chaville. Incendié en 1795 (Château-Vieux) et en 1871 (Château-Neuf), le Château-Neuf, dont la démolition est un temps envisagée, est conservé pour sa majeure partie. Il est transformé à partir de 1878 en observatoire servant de réceptacle à une lunette astronomique, avant d'être rattaché à l'Observatoire de Paris en 1927.

Château de Meudon
Image illustrative de l’article Château de Meudon
L'orangerie du château (XVIIe siècle).
Période ou style Architecture baroque
Type Palais
Architecte Louis Le Vau / Jules Hardouin-Mansart
Propriétaire initial Abel Servien, Louvois, Monseigneur
Destination initiale Résidence
Propriétaire actuel République française
Destination actuelle Parc et jardins pour la partie publique / Autre partie gérée par l'Observatoire de Paris
Protection Logo monument historique Classé MH (1972, 2000, domaine et « bâtiment Y »)
Coordonnées 48° 48′ 18″ nord, 2° 13′ 52″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Hauts-de-Seine
Commune Meudon
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Meudon

Le site du château, sur l'arête d'un plateau boisé, offre des vues sur la Seine et Paris, ainsi que sur le vallon de Chalais. Idéalement situé entre la capitale et Versailles, au cœur d'une abondante réserve de chasse, jouissant d'une topographie idéale pour de vastes jardins, il bénéficie d'aménagements somptueux de la part de ses propriétaires successifs, depuis la Renaissance jusqu'à la chute du Second Empire. L'ensemble du domaine national de Meudon fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le [1]. Le hangar Y, dans le parc de Chalais-Meudon, fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Frise chronologique de l'histoire du château de Meudon

Histoire

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« Il est peu d'architectes citoyens, & d'étrangers éclairés qui n'ayent désiré comme nous, que les dépenses qu'on a faites à Versailles, eussent été faites à Meudon, comme le plus beau lieu du monde, & par sa disposition, & par sa situation. »

— J. F. Blondel, Cours d'architecture..., 1773, Tome 4, p. 132.

Vue sur Paris depuis la terrasse haute du château de Meudon, du côté de l'entrée, vers 1720. (d'après la gravure conservée)

Meudon à la fin du Moyen Âge

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Les seigneurs de « Meudon » (XIIIe siècle-1413)

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On dispose de peu de sources sur l'origine du château - certainement un petit castel au plan inconnu - mais on connaît de nombreux noms de seigneurs dont le nom patronymique est « Meudon » à partir du XIIe siècle et la mention d'un manoir du Val de Meudon au XIVe siècle[2]. Ils possèdent des charges à la Cour, tel Robert de Meudon, panetier du roi Philippe le Bel (titre mentionné dans un acte de 1305).

Augustin Isbarre (1413-1425)

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Le , Jean de Montrevel, dit l'Hermite, seigneur de La Faye, chambellan du roi, époux de Jeanne de Gaillonnel - qui possédait le fief noble du château de Meudon - le vendit avec le consentement de sa femme, à Augustin Isbarre (it)[3], banquier et orfèvre[4], dont la fortune était considérable. En 1422, Isbarre est nommé échanson du roi. Il meurt à Paris le [5], et fut inhumé au couvent des Grands Augustins.

Le château Renaissance

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La famille Sanguin et la duchesse d'Étampes (1426-1552)

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Antoine Sanguin, représentation extraite de son Livre d'Heures.
Portrait de la duchesse d'Étampes, vers 1536.

Le fief de Meudon est acheté en 1426 par Guillaume Sanguin[6], valet de chambre de Charles VII, trésorier du duc de Bourgogne, changeur, et qui avait été associé à de nombreuses reprises avec Augustin Isbarre, et qui fut Prévôt des marchands de Paris de 1429 à 1431. Il semble qu'il fasse reconstruire un manoir, au lieu de l'ancien castel. Il meurt à Paris, le [6]. Jean Sanguin, dit « Bâtard de Sanguin », hérite la seigneurie de son père ; il meurt à Paris le . Ce dernier aura plusieurs enfants, dont Antoine Sanguin, qui hérite de Meudon et porte ainsi le titre de seigneur de Meudon. Ce dernier épouse Marie Simon, et meurt le .

Le manoir n'est démoli qu'en 1520 par Antoine Sanguin, dit le cardinal de Meudon, fils du précédent, qui fait construire un corps de logis carré en brique et pierre d'un étage sur rez-de-chaussée, avec combles à lucarnes ouvragées. Il est égayé à l'italienne de pilastres, bandeaux et encadrement de pierre.

Antoine Sanguin fait don du château, le , à sa nièce Anne de Pisseleu, dite Mlle d'Heilly, devenue maîtresse de François Ier, et pratiquement « reine de France » en fait. L'acte de donation de 1527 précise :

« [...] Don, cession et transport faict à noble damoiselle Anne de Pisseleu, de la terre, seigneurie, chastellenie, manoir seigneurial, mestairies, vignes, boscages et appartenances de Meudon, joingnant la rivière de Seine [...] »

Dans ses Vies des dames galantes, le mémorialiste Pierre de Brantôme évoque la magnificence dont s'entourait Anne de Pisseleu et la jalousie que provoquaient ses riches possessions acquises grâce à la générosité de François Ier :

« Madame d'Étampes estoit fort riche, et non seulement elle, mais tous ses parens et amys [...] Elle avoit de belles maisons, de superbes mesnages, et s'estudioit à faire bastir et embellir les lieux qu'elle aimoit, surpassant en cela la plupart des grandes princesses du sang. »

Pour mieux loger sa maîtresse en titre, François Ier fait financer l'ajout de « somptueux édifices », c'est-à-dire deux pavillons carrés de part et d'autre du corps initial, et deux ailes en retour terminées par des pavillons identiques. Ces agrandissements respectent le style du corps de logis. Dans le style d'Écouen on ajoute aux pavillons des tourelles d'angle en encorbellement. L'ensemble est d'ailleurs similaire aux travaux qui sont entrepris au château de Marchais, alors propriété de Nicolas de Longueval, comte de Bossut, surintendant des finances de François Ier, gouverneur de Champagne et de Brie, et qui était du premier cercle de la duchesse d'Étampes. Le même architecte, toujours inconnu à ce jour[Quand ?], a dû réaliser les travaux d'agrandissement de Meudon, ceux de Marchais ainsi que ceux du château de Sissonne, voisin de ce dernier, qui est également du même style. Un arc de triomphe est en outre édifié au centre du mur de clôture, servant d'entrée majestueuse à la cour du côté de l'entrée.

François Ier fait un long séjour à Meudon, du au suivant. Il y viendra en outre à de nombreuses reprises jusqu'à sa mort, en 1547. Les décors intérieurs de Meudon à cette époque durent être somptueux, à l'image de ce qu'il nous reste de la même époque au château de Fontainebleau, et notamment de l'escalier, ancienne chambre de la duchesse d'Etampes.

Le cardinal de Lorraine et les Guise (1552-1654)

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Charles de Guise, cardinal de Lorraine par El Greco.

À la mort de François Ier, Anne de Pisseleu, alors en disgrâce, doit vendre le domaine de Meudon en 1552 à Charles de Guise, cardinal de Lorraine. Cette cession met fin à la présence de la famille des Sanguin à Meudon, qui durait depuis plus d'un siècle. L'ancienne favorite se retire au château d'Heilly, où elle mourra en .

Meudon, palais du cardinal de Lorraine. La Grotte
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Le cardinal transforme alors sa résidence en s'inspirant des modèles italiens, qu'il a pu découvrir lors de ces voyages à Rome. Une lettre du , adressée à sa belle-sœur, Anne d'Este, indique :

« J'ay esté à Meudon tandis que j'estoys à Paris et je vous supplie vous asseurer que la maison estant achevée comme elle se peult aisément y adjoutant certaines petites invantions que je y ait pansées et nos testes de et marbres qui sont à Paris, elle est pour ne recognoistre gueres d'aultres plus belles maisons de ce Royaulme ni plus santantes ung grand prince. J’espère, avant Quaresme prenant, y tenir et vous et vostre mari et vous verrez si je suis bon profette et s’il y a faulte, reprochez le moy… ».

Le cardinal fait doubler les ailes côté cour d'une galerie surmonté d'une terrasse, sur des dessins du Primatice. Les intérieurs sont décorés de scènes du concile de Trente, auquel il participa activement, probablement dans le style de ce qui a été réalisé en Italie à la même époque par Taddeo et Federigo Zuccaro. Des jardins en terrasse et une première orangerie sont créés autour de petits bâtiments, dont un petit palais de fantaisie dédié aux nymphes et aux muses, la fameuse « Grotte de Meudon », édifiée encore sur les dessins de Primatice, entre 1552 et 1560, et décorée par des compositions de l'artiste. Celle-ci forme un petit palais, sous un soubassement formé d'arcades, à l'abri des regards, puisqu'une colline sépare visuellement ce lieu du Château-Vieux, ainsi qu'il est justifié sur une estampe d'Israël Silvestre représentant la Grotte. Cette dernière est en fait constituée de trois pavillons adossés à la pente, mélangeant les styles italien et français. Le pavillon central abrite la grotte proprement dite, décorée de mosaïques, coquillages, coraux et majoliques, et dont le maître d'œuvre est Primatice lui-même. À l'étage du pavillon central, des antiques sont exposés dans un grand salon. Sauval indique que la Diane de Versailles avait été rapportée d'Italie et placée au château de Meudon, mais des recherches récentes semblent prouver le contraire[7]. Cette grotte connaît un succès immédiat et sera louée par Pierre de Ronsard dans le Chant pastoral sur les noces de Mgr Charles, duc de Lorraine et Madame Claude, fille II du roy[8].

En 1568, Giorgio Vasari s'enthousiasme pour la Grotte, dont l'écho a passé jusqu'en Italie :

« À Meudon, pour le cardinal de Lorraine, Primatice a exécuté de nombreuses décorations dans son grand palais appelé La Grotte, d'une ampleur si extraordinaire qu'il rappelle les thermes antiques, en raison du nombre infini et de la grandeur de ses galeries, escaliers, appartements publics et privés ».

La construction de cette Grotte s'est étalée dans le temps, avec, au départ, la construction de la Grotte elle-même et des deux rampes de l'escalier (vers 1552-1555), puis dans un second temps, les deux pavillons latéraux (1559). Le crypto-portique inférieur a pu être édifié ensuite, dans une troisième phase.

Meudon, fief des Guise jusqu'au milieu du XVIIe siècle
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Contreforts Renaissance du château de Meudon, XVIe siècle
Catherine de Clèves, duchesse de Guise, veuve d'Henri Ier de Guise, dit le Balafré.
La grotte de Meudon

À la mort du cardinal de Lorraine en 1574, le château reste propriété de la famille de Guise, dont il est l'un des fiefs, avec le château de Joinville (Haute-Marne). Il passe à son neveu, Henri de Lorraine, 3e duc de Guise (1550-1588), puis au fils de celui-ci, Charles de Lorraine, 4e duc de Guise (1571-1640) et à son fils, Henri II de Lorraine-Guise, 5e duc de Guise (1614-1664).

Il est pillé pendant les guerres de religion. Et c'est au château de Meudon que le futur Henri IV apprend, le , l’assassinat du roi Henri III par Jacques Clément. Henri de Navarre va voir le jour même, à Saint-Cloud voisin, le roi blessé, qui le rassure sur son état de santé. Henri rentre ainsi se coucher à Meudon. Sully, qui l'accompagne, dort lui chez « Sauvat », dans une maison du village. Le lendemain, , l'état du roi s'est aggravé, il meurt à Saint-Cloud, et Henri de Navarre devient roi de France, en qualité de premier roi Bourbon.

Henri de Guise, le balafré, n'aura guère le temps de séjourner à Meudon. Il est assassiné en 1588. Meudon devient dès lors l'un des sièges de la Ligue. Le , est célébré au sein de la chapelle du château le mariage de François de Bourbon, prince de Conti (1558-1614) avec Louise Marguerite de Lorraine (1588-1631). En 1618, le duc de Lorraine charge son architecte, Gabriel Soulignac, de modifier le château et d’étendre les jardins. (voir le mémoire du , AN, MC, XXIV, 132). D'autres travaux sont réalisés par Soulignac en 1623, avec la construction d'une terrasse et d'un escalier proches de la Grotte.

En 1639, Jacques Dubreuil vante à Meudon les « perrons et tournelles ». « Le jardin est médiocrement grand, fait en parterre, bordures, allees nues & enuironné des alees couuertes de beaux arbres, avec balustres ». En , le peintre Nicolas Poussin vient visiter le château, sans doute attiré par les décors du Primatice. Surtout, le , est renouvelée l’union de Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, avec Marguerite de Lorraine, en la chapelle du château, et avec la bénédiction de l'archevêque de Paris.

Le domaine est encore pillé sous la fronde, puisque les princes Lorrains, possesseurs de Meudon, ont pris le parti de la rébellion contre l'autorité royale. Ainsi, dès 1649, le Grand Condé, à la tête de l’armée royale, s’empare de Charenton, Saint-Denis, Saint-Cloud et de Meudon.

Un joyau du Grand Siècle : Servien et Louvois, deux ministres à Meudon (1654-1695)

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Portrait d'Abel Servien en pied, vers 1654-1659. Le bâtiment derrière symbolise le château de Meudon.

Meudon, en piètre état, est alors racheté le par Abel Servien, surintendant des finances qui prend le titre de baron de Meudon.

Abel Servien et son fils le marquis de Sablé (1654-1679)

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Abel Servien est un des protecteurs de la Monarchie durant la Fronde. Mazarin le récompense en le nommant Surintendant des Finances, avec Nicolas Fouquet.

Dès l'achat, Servien fait faire de grands travaux d'embellissement par l'architecte Louis Le Vau. C'est qu'il est à l'apogée de sa carrière, et que Meudon doit refléter cette puissance. A Paris, Servien loge en l'hôtel de la Roche-Guyon, près du Palais-Royal, au moins entre 1651 et 1659.

Servien bâtisseur : les grands travaux d'architecture, l'Orangerie, la grande terrasse et la Grande Perspective
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Le Château-Vieux à la mort d'Abel Servien, en 1659.

Le château est alors richement meublé et décoré. Les travaux les plus importants sur le château concernent le pavillon central, qui deviendra la nouvelle image de la puissance de Meudon.

L'avant-corps central est remplacé par un pavillon octogonal, surmonté par un haut toit en pyramide tronquée. Au centre du pavillon se trouve un grand escalier à double révolution. Un grand escalier, orné de 12 colonnes monolithes de marbre le précède. Le premier étage abrite un grand salon à coupole, ouvert sur les jardins, quasi similaire à celui construit au même moment par Fouquet en son château de Vaux-le-Vicomte, lequel exerce la charge de surintendant des finances avec Servien, et sous l'autorité de ce dernier, qui est plus âgé que lui.

Servien fait édifier une vaste terrasse sur l'avant-cour, afin de dégager la vue sur le château, engloutissant au passage près du tiers du village de Meudon, qu'il déplace ailleurs. Cette terrasse, que l'on appellera "la Montagne" sert à dégager la vue sur le nouveau château embelli, tout autant qu'à permettre de niveler le terrain pour créer une grande perspective, d'où l'on dominait toute la vue sur Paris, la Seine et les environs.

Quand la reine Christine de Suède vint en France, elle offrit à Servien le bronze d'Adrien de Vries, Mercure et Psyché, aujourd'hui conservé au musée du Louvre. Servien fit placer ce bronze au bout du parterre, juste au-dessus de sa nouvelle orangerie.

Servien meurt le , à Meudon même, dans son appartement du rez-de-chaussée, ayant englouti une véritable fortune dans Meudon, toujours en travaux.

Son fils, Louis-François Servien, marquis de Sablé, protecteur de La Fontaine, conserve le domaine durant 20 ans. Le , le Cavalier Bernin vient visiter Meudon. Louis-François Servien est finalement contraint financièrement de vendre le domaine de Meudon à Louvois en 1679. Déjà un an plus tôt, en 1678, des membres de l'Académie d’Architecture vinrent visiter Meudon, et constatèrent que « ce qui a esté fait de neuf au château du côté du jardin du temps de M. Servien est fort ruiné, principalement la corniche du pavillon du milieu ». (P. V. I. 193).

Louvois et son épouse Anne de Souvré (1679-1695) : Meudon, palais du favori du roi

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Vignette de Pierre-Paul Sevin, décrivant sur la gauche Les Invalides, symbole des armes, et sur la droite le château-vieux de Meudon, symbole des Arts, vers 1690, avec, au centre, les armes des Le Tellier.

Pour le puissant ministre, qui se faisait appeler « M. de Chaville » dans sa jeunesse, la situation de Meudon est idéale, à proximité de Versailles et de Chaville où se trouve la propriété familiale, qui a été reconstruite par son père, Michel Le Tellier. Louvois, qui obtient la surintendance des bâtiments en 1683, se lance alors dans une série d'aménagements grandioses (consultez la description détaillée ci-dessous).

Le château est embelli, la Grotte utilisée comme logements, les jardins considérablement agrandis et embellis, le grand potager créé, ainsi que le développement de l'avenue du château. Les intérieurs sont totalement redécorés, avec des boiseries dorées, un riche mobilier et des tapisseries luxueuses sur les murs. Meudon constitue alors le château familial du cercle des Louvois.

Le , Louvois meurt brusquement à Versailles. Il était parvenu au faîte des honneurs, et la splendeur de Meudon symbolisait matériellement cette puissance.

Le , sur proposition de Louis XIV, la veuve de Louvois, Anne de Souvré et son fils Barbézieux acceptent d'échanger Meudon contre le Château de Choisy et une soulte[9]. Le château, estimé alors à 500 000 livres, et déjà considérablement embelli par les propriétaires successifs, va connaître sa période la plus brillante.

L'apogée : Louis XIV et Monseigneur (1695-1711)

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Monseigneur, dit « le Grand Dauphin », par Hyacinthe Rigaud.

Meudon devint une maison quasi royale en juin 1695. Demeure chérie et personnelle du Grand Dauphin, elle était fort différente de Versailles. A Meudon, rien que de naturel, où les affaires politiques devaient cesser pour laisser place aux plaisirs et à la détente en famille.

Les grands travaux du prince

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Vue du château de Meudon du côté de l'entrée, Aveline, vers 1710.
Essai de restitution de l'illumination du 27 août 1704, à Meudon, en l'honneur de la naissance du duc de Bretagne.

Le Grand Dauphin fit faire de grands travaux au château de Meudon et contribua de sa cassette particulière aux frais et aux embellissements de ce château pour une somme de un million cent quarante mille livres, quoique le roi son père l'eût mis au nombre des habitations royales et à la charge des bâtiments de la Couronne[10]. Durant 16 années, on dépensa au moins 3 millions de livres pour embellir et entretenir le domaine, somme colossale. Le prince fait redécorer les appartements à son goût. Le Dauphin laisse s'exprimer à Meudon ses propres conceptions artistiques, rompant avec l'aspect parfois compassé du style Louis XIV. Sans que cela soit réalisé pour la première fois, on systématise à Meudon l'utilisation des boiseries « à la Capucine », lambris de bois sculptés et vernissés, rehaussé d'or. Le style Régence se met en place en partie à Meudon. Le Dauphin réunit au château ses riches collections, qui essayent de rivaliser avec celles du roi : vases d'agate, tissus des Indes, tapisseries des Gobelins, porcelaines de Chine, tableaux de grands maîtres et surtout sa collection de gemmes. Il n'hésite pas à faire décorer certaines pièces à plusieurs reprises, supprimant par exemple le plafond peint par Charles de La Fosse pour laisser s'exprimer le style léger de Claude Audran III. Son principal appartement était situé tout le long du rez-de-chaussée de l'aile Est du Château-Vieux. Il disposera également de l'appartement de parade du Château-Neuf, ainsi que d'un « Petit appartement Frais » aménagé dans l'aile des marronniers.

Le Dauphin aime à s'entourer à Meudon de sa famille, de ses amis et courtisans, notamment la duchesse de Bourgogne sa belle-fille, la princesse de Conti et Mme la Duchesse, ses deux demi-sœurs, le duc d'Antin fils de Mme de Montespan. Il y loge également sa maîtresse, Mademoiselle de Choin. Comme son père au château de Marly, le dauphin aime à retrouver à Meudon une ambiance plus détendue et chaleureuse auprès d'une compagnie choisie. Pour loger cette nombreuse suite, le Dauphin doit entreprendre de vastes travaux d'agrandissement. En 1702, l'espace du Château-Vieux s'avérant bien vite insuffisant, il fait réaménager l'aile des marronniers, ancienne cour des offices, afin de la relier au château par une galerie suspendue. Il y aménage au rez-de-chaussée un grand appartement de réception. Il fait également construire de nouveaux communs, qui sont encore visibles. Il confie également à Jules Hardouin-Mansart, l'architecte de tous ces travaux, la construction d'une chapelle. Antoine Coypel, l'un des peintres préférés du Dauphin, peint les tableaux d'autel, la Résurrection, une peinture monumentale, et l'Annonciation, tableau de taille bien plus réduite. Les sculptures sont réalisées par Noël Jouvenet, François Lespingola et Jean Hardy.

Le château-neuf de Meudon, à la place de la Grotte

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Le château-neuf de Meudon, début XVIIIe

En 1705, la place manque toujours pour loger les courtisans, de plus en plus nombreux. C'est, qu'à tout moment, Monseigneur peut devenir le prochain roi de France, par la mort de Louis XIV vieillissant. Le Dauphin décide alors de démolir la grotte, passée de mode, et d'y construire un nouveau château, le Château-Neuf. Sa réalisation, à laquelle collaborent Jules Hardouin-Mansart et Louis XIV, est confiée aux entrepreneurs de la Chapelle du château de Versailles. Tous les travaux de Meudon sont en effet réalisés par les mêmes artistes employés par le roi, ceux qui travaillent pour l'institution des Bâtiments du Roi. Le Château-Neuf comprend cinq niveaux, mais du fait de la forte pente, il n'a pas le même aspect du côté du parterre et du côté de la forêt. Il est composé de trois pavillons couronnés de toits à terrasse faîtière, reliés entre eux par deux corps de logis. Cette sobre architecture - qui ne doit pas faire ombre au caractère architectural du Château-Vieux voisin - est néanmoins enrichie par de fines sculptures sur les pavillons latéraux, et aux frontons centraux, où se retrouvent des anges soutenant les armes du Dauphin. À l'intérieur, des enfilades d'appartements s'ouvrent sur un grand couloir médian. La décoration intérieure, qui met en lumière les collections du Dauphin, est composée de lambris vernissés ou peints de couleurs claires, rehaussées de dorures. Un appartement d'apparat est prévu pour recevoir Monseigneur, puisque Louis XIV conserve son logement habituel au sein du Château-Vieux, malgré la construction nouvelle. Le Château-Neuf fait l'admiration de toute l'Europe. Il sera imité une dizaine d'années plus tard par le duc d'Antin au château de Petit-Bourg[11], à Évry.

Richesse des « jardins suspendus »

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Le parc et les jardins du château, Mariette, vers 1715.

Les jardins ne sont pas en reste. Le poème intitulé Maison royale de Meudon, daté de 1703, les compare même aux jardins suspendus de Sémiramis à Babylone. Pour agrandir Meudon, le dauphin fait l'acquisition en 1696 du domaine voisin de Chaville. Il se constitue ainsi une vaste réserve de chasse, où lui et son père, qui aime également Meudon, pratiquent la vénerie. Le parc de Meudon est ainsi relié à celui de Versailles, et l'ensemble constituent le Grand Parc de Versailles, allant de Meudon à Saint-Germain-en-Laye. De nombreux embellissements sont menés dans les jardins. Louis XIV prend d'ailleurs plaisir à conseiller son fils en la matière. Le roi - ou son fils - rédige même une Manière de montrer Meudon sur le modèle des textes rédigés pour Versailles.

Aucune grande cascade à Meudon, aucune grande construction dans les jardins, mais des lieux où la Nature était respectée, embelli par l'art uniquement pour faire valoir la beauté des lieux.

On trouvait dans les jardins bas le bassin de l'Ovale, le petit bois de Lamet, les cascades de Monsieur Le Nôtre, l'allée basse avec au bout la petite cascade d'Arthelon, les bosquets des marronniers, le bosquet de Cléopâtre, le parterre de l'hôtel Courtin, ainsi que les petites cascades de son escalier, le canal d'Arthelon, et le grand vertugadin sur le coteau du côté de Clamart. Tous ses jardins bas se répondaient avec des terrasses, des vues sur l'un ou l'autre coteau de Meudon ou Clamart. A chaque bout d'allée, un jet d'eau invitait le visiteur à poursuivre sa découverte.

Les jardins hauts étaient fort différents, presque à l'opposé des jardins bas. En hauteur, le site était totalement plat sur le plateau de la forêt de Meudon. De grandes allées, le bois, une échelle plus monumentale, notamment avec le grand bosquet dit des Cloîstres. Et au bout, un bastion, dit des Capucins, d'où la vue sur Paris était la plus spectaculaire de tout le site.

Les séjours de Monseigneur à Meudon (1695 à 1711)

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Le château de Meudon sous la neige, durant le grand hiver de 1709.

Monseigneur passe près d'un tiers de l'année à Meudon. Le domaine constitue en effet le « château de famille » des membres de la famille royale. Connaître les moments d'occupation du château de Meudon par le Grand Dauphin permet ainsi de mieux connaître les moments de creux de la cour de Versailles, puisque quand le prince quitte Versailles pour Meudon, il n'y a, par exemple, aucune comédie à Versailles.

Le XVIIIe siècle

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La cour d'honneur du Château-Vieux de Meudon au XVIIIe siècle.

À la mort du Dauphin en 1711, le château est toujours parfaitement entretenu, puisque les Bâtiments du Roi en prennent soin. Néanmoins, jusqu'à la mort de Louis XIV, aucun membre de la proche famille royale ne revint à Meudon, par suite des propos tenus par Louis XIV le lendemain de la mort de Monseigneur son fils, souhaitant que le nouveau dauphin, le duc de Bourgogne, ne fasse plus de voyages de Meudon. D'ailleurs, le marquis de Sourches note dès le 17 avril 1711 « qu’on démeublait Meudon entièrement et qu’on en portait tous les meubles au garde-meuble du Roi »[12].

Le 17 mai 1717, le tsar Pierre le Grand, accompagné du prince Rakoczy et du maréchal de Tessé, visite le château et se promène à cheval dans les jardins[13].

Le 16 mai 1718, Mme de Ventadour fait tirer un feu d’artifice pour Louis XV, qui séjourne tout l’été à Meudon, deux ou trois fois par semaine. Le 6 juin suivant, un nouveau feu d’artifice est tiré en l’honneur du roi.

La duchesse de Berry, fille du Régent (1718-1719)

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Marie Louise Elisabeth d'Orléans duchesse de Berry par Pierre Gobert.

La duchesse de Berry, fille du Régent, possédait le château d'Amboise, qu'elle souhaita échanger contre le château de Meudon, qu'elle désirait ardemment. C'est qu'elle était alors la première dame de la cour de France, et cousine et tante du petit roi encore célibataire. Aussi, le 30 octobre 1718, la duchesse obtient l’échange du château d’Amboise contre Meudon[14]. Elle en donne le gouvernement à son amant, Riom, qui en prend possession le lendemain, 31 octobre. Mais le gouverneur en place, Hyacinthe de Gauréault Dumont conserve néanmoins ses appointements. Le 2 novembre 1718, la duchesse de Berry vient à Meudon pour faire le choix des appartements. Le 8 février et le 24 mars 1719, le Régent vient dîner à Meudon chez sa fille chérie, qui se trouve alors en état de grossesse très avancée[15].

Du 12 avril au 14 mai 1719, la duchesse de Berry, encore malade de ses couches, se trouve en convalescence en son château de Meudon. Elle meurt le 21 juillet 1719 au château de la Muette, où elle s'était fait transporter de Meudon[16]. Le 22 juillet 1719, quelques heures après sa mort, les scellés sont apposés aux châteaux de La Muette, Meudon et au Luxembourg, propriétés de la duchesse de Berry.

Saint-Simon à Meudon (1719-1722)

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Après la mort de sa fille, le Régent met à disposition Meudon au profit de Saint-Simon, l'un de ses principaux conseillers, ce qui constitue alors un honneur considérable. Ainsi, le mémorialiste peut-il séjourner tout près de Saint-Cloud, où le Régent possède son château de famille. Dans la nuit du 15 au 16 juin 1722 est célébré au château le mariage de la fille de Saint-Simon, Charlotte de Saint-Simon, avec le prince de Chimay. La bénédiction est donnée par l’abbé Languet de Gercy, curé de Saint-Sulpice.

Séjours de Louis XV et de ses enfants

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Louis XV et l'« Infante Reine ». François de Troy, 1723
Vue du château de Meudon du côté des parterres. Gravure par Jacques Rigaud, vers 1730.

Le 27 septembre 1722, à la demande du jeune roi, le Maréchal de Villars vient à Meudon voir le fortin construit pour Louis XV, qui « lui parla souvent de son fort et le mena à toutes les attaques ». Rappelons que Louis XV était petit-fils de Monseigneur.

Dessein de l'illumination et du feu d'artifice donné à monseigneur le Dauphin à Meudon le 3.e septembre 1735. BNF

Le 1er avril 1723, « le Roy s'alla promener à Meudon, parcourut les appartemens du Château, & donna quelques ordres pour le séjour que S. M. doit y aller faire »[17]. En effet, du 4 juin au 13 août 1723, Louis XV, l’ « Infante Reine », le Régent et la Cour s’installent à Meudon pour un mois, le temps de remettre Versailles en état de loger les jeunes souverains. Le 10 août, le cardinal Dubois meurt à Versailles. « Dès qu’il fut mort, M. le duc d’Orléans retourna à Meudon apprendre au roi cette nouvelle, qui le pria de se charger de toute la conduite des affaires, le déclara premier ministre, et en reçut le serment le lendemain ». À cette occasion, Pierre Martin le Jeune peint pour le roi « Une veue de Meudon en perspective qui comprend tout le parc et le château, Monseigneur y entrant ».

Le 14 décembre 1725, la nouvelle reine Marie Leszczynska, qui a épousé Louis XV le 4 septembre précédent, vient visiter Meudon pour la première fois.

Finalement, en septembre 1726, un édit royal réunit Meudon au domaine de la couronne, avec les terres qui en dépendent, exception faite du château et parc de Chaville, et château et ferme de Villacoublay. À cette occasion, les armes des Le Tellier – d’azur, à trois lézards d’argent posés en pal, au chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d’or – qui se trouvaient toujours en place au sein du fronton central, sont effacées.

En mai 1733, se déroule à Versailles une scène entre Louis XV et le marquis de Pellevé, gouverneur du château de Meudon :

« Séjour des Enfans de France à Meudon en 1733.

Le séjour des Enfans de France à Meudon a été déterminé au commencement du mois de may 1733 dans une assemblée de médecins qui s’est tenue à Versailles, par rapport à leur santé, la mort de Madame 3e et celle de Monsieur le duc d’Anjou ayant fait peur pour les autres.

Leur voyage a été fixé par la suite au 21 du même mois et quelques jours auparavant M. de Pellevé, Gouverneur de ce château, parlant de leur séjour à M. le cardinal de Fleury, luy dit que cela luy causeroit de la dépense et qu’il étoit persuadé que Son Eminence voudroit bien le traiter comme son prédécesseur M. Dumont l’avoit été pendant que le feu Roy y restoit, et luy accorder la même gratiffication.

M. le cardinal luy repondit que les affaires du Roy n’étoient point en situation de faire de pareilles grâces, ce qui ne l’empescha pas de prendre le tems que M. le cardinal étoit avec le Roy pour luy en reparler en présence de Sa Majesté et Son Eminence lui dit la même chose.

Il ne s’en est pas tenu à ces deux refus, il a fait au Roy seul la même demande le 21 dans le tems que Sa Majesté parloit à M. le duc de Charot. Le Roy luy a répondu que la chose étoit décidée, ce qui l’a obligé de cesser. Seulement pour quelques momens : car il est encore revenu à la charge et a représenté au Roy qu’il a interrompu une seconde fois, la dépense qu’il seroit obligé de faire et l’injustice qu’on luy faisoit, ce qui a obligé Sa Majesté de dire au capitaine de ses gardes de le faire sortir de sa chambre. Il a été donné ordre à l’officier des gardes qui commande à Meudon de ne le point laisser entrer dans la chambre de M. le Dauphin ny des dames[18]. »

Schéma restituant la revue des troupes sur la Grande Terrasse du château de Meudon, au milieu du XVIIIe siècle, d'après une miniature conservée.

Les parents de la reine : le séjour de Stanislas Leszcynski (1736-1737)

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Le roi Stanislas en 1728.
"Antoine Martin Chaumont de la Galaizière est créé chancelier de Lorraine et Barrois par le roi Stanislas, au château de Meudon, 18 janvier 1737"
Charles-Léopold Grevenbroeck - Vue du Château-Vieux et de la terrasse de Meudon - P1497 - Musée Carnavalet

Le 4 juin 1736, Stanislas Leszcynski, après son abdication d’avril, s’installe à Meudon provisoirement. « S. M. y va au moins une fois la semaine depuis que le roi et la reine de Pologne y habitent »[19] (Duc de Luynes).

Le 30 septembre 1736, signature secrète de la fameuse « déclaration de Meudon » par le roi Stanislas sous la pression de Louis XV et le cardinal Fleury. Selon les termes de l'accord, la possession du duché de Bar sera « actuelle » pour Stanislas Leszczynski et « éventuelle » pour Louis XV.

Le 18 janvier 1737, Stanislas Leszcynski remet les sceaux au nouveau chancelier qui prête serment entre les mains du roi de Pologne. La cérémonie a lieu dans le grand vestibule du Château Vieux, au rez-de-chaussée du pavillon central. Le tableau de Vincent, qui relate cette cérémonie, est bien postérieur puisqu’il ne date que de 1778.

Le 31 mars 1737, « le roi a été aujourd’hui à Meudon dire adieu au roi et à la reine de Pologne. » (duc de Luynes). Ils quittent Meudon le lendemain, 1er avril. Les deux châteaux sont alors démeublés.

À l'été 1743, face à la menace de Charles Alexandre, la reine de Pologne Catherine Opalinska, femme de Stanislas et mère de la reine de France, vient se réfugier à Meudon, tandis que Stanislas se réfugie à Metz.

Statue du XVIIe siècle italien, du type Minerve Giustiniani (en), dite l'« Alexandre Mazarin ». Musée du Louvre. Placée au XVIIIe siècle dans le Salon du Petit Pont, à l'un des bouts de la galerie.

Le Cavalier de Fréjus vient visiter Meudon le 5 mai 1748. Il en a laissé la description suivante :

« Le 5 mai [1748], premier dimanche du mois, je fus à Meudon par la galiote. Nous allâmes jusqu’à Sèvres et de Sèvres nous montâmes au couvent des Capucins de Meudon où nous entendîmes la messe. L’église de ses pères n’a rien de curieux, leur jardin est fort beau. De là nous montâmes par la terrasse de Meudon au château, qui est situé sur une montagne d’où l’on découvre tout Paris et les bourgs des environs. Tous les coteaux des environs de Meudon sont plantés en vignes et tenus au mieux. Le château est superbe. J’y remarquai sur la grande porte les armes de Louvois et en dessous l’image de Louis XIV en métal. Il y a une galerie qui règne en dehors des fenêtres de ce château de toute beauté, comme aussi une façade du côté du jardin, charmante. Le suisse me mena ensuite aux appartements, qui sont très beaux quoique moins vastes que ceux de Versailles. J’y vis deux chambres tapissées de tapisserie en gobelin d’une beauté admirable. La plupart des chambres sont couvertes de glaces. La galerie qui conduit à la chapelle est superbe. J’y vis un fort beau tableau du siège de Manheim sous Louis XIV, une tête d’Alexandre de porphyre qui est inestimable. Il y en a aussi une d’Aristote de marbre d’Égypte que les curieux regardent comme un chef-d’œuvre. La chapelle du château est très riante, à une seule nef. Il n’y a qu’un autel dont le tableau représente la résurrection de notre seigneur J.C mais c’est un des plus beaux tableaux que l’on puisse voir, et que l’on dit de Raphaël[20] [d'Antoine Coypel]. Je vis dans un appartement du château la tête de ce peintre faite par lui-même, et celle de Michel Ange. Du château on nous mena voir le nouvel appartement [le Château-Neuf] où a été élevé Mgr le Dauphin, qui est le parc du château de deux cents pas. Il est fort joli et très riant mais moins beau que le premier. Depuis les châteaux jusqu’au village qui est au pied de la montagne, on ne voit que parterres et jardins d’une propreté et d’un arrangement charmant. Nous vîmes les orangeries, les serres. Il s’en faut de beaucoup qu’elles soient aussi belles que celles de Versailles. De là nous montâmes par un superbe escalier au haut de la montagne, où vous trouvez les plus belles allées d’arbres que l’on puisse voir, avec des bassins d’eau de toute beauté. En avançant dans le bois du côté de Sèvres, vous trouvez un bassin d’eau d’une étendue prodigieuse et au haut de la montagne et à côté une [prairie] au tapis vert qui fait un coup de vue très gracieux. Il n’y a pas dans les allées de Meudon ni dans les jardins de belles statues comme dans le parc de Versailles. Les châteaux mêmes n’approchent pas pour les richesses de celui de Versailles mais la position [de] Meudon (…) coup d’œil. L’étendue de la terrasse en font une très belle (…) Les écuries n’y sont pas belles. Après avoir vu tout ce qu’il [y a] à voir, nous fûmes dîner à Meudon dans le village à [l’enseigne] (…) [Je donnai] à dîner à trois, moi compris, pour trois livres et nous eûmes (…) [je] n’ai pas mangé ailleurs de pigeons si gras (…)[21]. »

Le retour de chasse de Louis XV au château de Meudon. Vers 1736-1737. A la droite du roi se trouve le roi Stanislas, son beau-père. Les deux rois sont entourés de toute leur famille.

La prééminence de Bellevue à partir de 1750

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Adulte, Louis XV préfère à Meudon le château de Bellevue qu'il fait construire pour Madame de Pompadour. Le château est utilisé pour le logement des courtisans, et les écuries du château sont utilisées pour desservir Bellevue, dont les écuries sont fort modestes.

Louis XVI et Marie-Antoinette à Meudon

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Vue du parterre du Globe au château de Meudon en 1779. Jean Pierre Bocquet (Paris 1751 - Paris 1817). Albertina museum, inv. 12591. Gouache, 22 x 29 cm.
Vue du bosquet de l'Ovale, jardins bas de Meudon, 1769, collection de l'Albertina, n°12399.

Le nouveau jeune roi aime souvent venir chasser à Meudon.

Un an après son avènement, l'architecte Le Dreux dresse un inventaire, daté du 10 octobre 1775, qui recense les « glaces, bronzes, marbres, tableaux et autres effets appartenant au Roi » placés au château. En marge sont tracés les schémas de l'ensemble de ces miroirs[22]. Ce document est dressé en « exécution des ordres du comte d'Angervilliers ».

Un édit du roi, de mai 1778, réunit le domaine de Meudon à celui de Versailles, « pour être régi & administré à l'avenir de la même manière ».

Louis XVI dessinera lui-même en 1783 un pavillon, dit le « pavillon de Trivaux », dans un style anglo-chinois, qui sera finalement corrigé dans un style plus français par l'architecte Heurtier. Ce pavillon était situé tout en haut du tapis vert de Meudon, vers Meudon-la-Forêt. Louis XVI et son épouse Marie-Antoinette perdront à Meudon même, au sein du Château-Neuf, le petit dauphin, qui s'éteint le 4 juin 1789, un mois avant la prise de la Bastille.

En 1791, le château sert toujours de lieu de villégiature au nouveau Dauphin, ainsi que le représente une aquarelle d'Isabey.

Le marquis de Bombelles donne une description de Meudon, dans son Journal, à la date du 8 juin 1788 :

« J’ai accompagné mesdames les ambassadrices au château de Meudon. Le château neuf, où nous avons dîné chez M. le duc d’Harcourt, a été bâti par Monseigneur pour Mlle Choin qui était sa maîtresse. Ce château est dans une proportion qui le rendrait convenable à tout seigneur en état de dépenser 2 à 300.000 livres par an. Il n’en est pas de même du vieux château. Ce palais, que M. de Louvois avait augmenté, embelli avec une magnificence aussi indécente qu’incroyable, serait encore très facilement une demeure vraiment royale. Tous les plafonds sont peints en arabesque, comme si le goût régnant eût présidé à leur ordonnance. Les corniches, les cheminées, les parquets de superbes boiseries, rien n’aurait besoin d’être modernisé. Il y a, pratiqué dans une tourelle, un cabinet peint également en arabesque sur un fond d’or, qui est aussi frais de peinture que s’il sortait des mains d’un de nos meilleurs artistes. Il est question de faire de ce beau château la demeure de Mgr le Dauphin pour tous les étés, si nous n’éprouvons pas le chagrin de perdre ce prince[23]. »

Le XIXe siècle : entre fastes et déclin

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Après le 10 août 1792, la destination du château devient incertaine. Mais la Convention nationale prend rapidement soin de faire enlever la plupart des tableaux en dessus-de-porte, soigneusement démontés et transférés dans des musées de province, ce qui les sauvera de la destruction.

Le « château de la République » (1793-1795)

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Le 4 novembre 1793, Pierre Choderlos de Laclos, nommé Commissaire en chef des expériences de Meudon, prend possession au nom du ministre de la Marine de ce lieu qu'il avait suggéré pour y installer un atelier d'artillerie et procéder à des essais d'obus[25]. Mais Choderlos de Laclos ne restera qu'un seul jour à Meudon, puisqu'il est arrêté dès le lendemain. Le site est ainsi transformé par la Convention en « établissement national pour différentes épreuves ». Il va servir de fabrique d'aérostats. Meudon devient alors véritablement le « château de la République », qui sert de lieu d'expérimentation pour armer le nouveau régime. À ce titre, le château fera l'objet d'une illumination payée par les deniers publics.

Nicolas-Jacques Conté fut, avec plusieurs autres savants, chargé de ces expériences militaires et scientifiques à Meudon, où on lui confia la direction de l'école d'aérostation qui s'y établissait. Conté eut sous ses ordres un rassemblement confus de jeunes gens pris dans toutes les professions, sans aucune teinture de chimie, de dessin, ni de mathématiques, appelés à créer une technique entièrement nouvelle. Conté dut aborder les éléments des différentes sciences, car ce nouvel enseignement devait tout embrasser : chimie, physique, mécanique. Donnant à la fois des leçons théoriques et pratiques, Conté faisait exécuter par les mains de ses élèves les modèles qu'il donnait, les instruments qu'il imaginait, passant ses nuits à préparer les dessins qui servaient à ses leçons ou bien à faire des expériences variées, parfois dangereuses.

Incendie du Château-Vieux (1795) et démolition (à partir de 1803)

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« Esquisse terminée » de la démolition du château de Meudon, Hubert Robert, vers 1804. Vente aux enchères du 27 septembre 2016 à Nantes, étude COUTON VEYRAC JAMAULT, lot 30. mesures : 59 x 74 cm (sans cadre) Collection du musée du Domaine départemental de Sceaux depuis 2016
« Esquisse terminée » de la démolition du château de Meudon, Hubert Robert, vers 1804.
Trois ouvriers déplacent une colonne du château de Meudon. Hubert Robert, vers 1804. Musées de Weimar, Schossmuseum, KK 9110.

En 1795, un incendie, lié aux recherches techniques des occupants de lieux, ravage l'aile des marronniers et s'attaque également à l'aile Ouest du Château-Vieux. Le château reste en l'état près d'une dizaine d'années. Les visiteurs anglais sont nombreux à venir à Meudon à partir de 1802, et laissent plusieurs descriptions ou dessins (par exemple le dessin de James Forbes). Le colonel anglais Thornton, (de Thornville-Royal, Yorkshire), décrit ainsi le site dans une lettre rédigée en anglais, datée du 31 août 1802 :

« La veille, M. Belanger nous avait proposé une excursion à Meudon, un joli parc dont l’intérieur des murs couvrait une surface de vingt miles, et qui m’avait été désigné comme un investissement potentiel plus que souhaitable. Une chaise avait été fixée sur un fiacre des plus confortables, en vue de cette expédition. Le château de Meudon, à l’origine résidence de Madame de Pompadour [sic], consiste en un immense bloc, malheureusement délabré. Il conserve néanmoins quelques traces de sa splendeur passée. Dans un joli parc au paysage forestier parcouru de jets d’eau et d’étangs, nous fûmes poliment reçus par le concierge (ou peut-être était-il le gardien), dont le manoir était toujours susceptible d’être aménagé en une agréable résidence. Cette personne nous conduisit au château, attirant tout particulièrement notre attention sur les appartements dont le dernier occupant ne fut autre que l’infortuné dauphin. Je ne disposais pas du temps nécessaire à une exploration plus poussée du parc, mais mon guide m’informa que celui-ci comprenait des fermes, des plaines, etc., le tout sur un espace de 500 acres, auxquels étaient annexés 10.000 acres de forêt. Il nous indiqua par ailleurs que les murs furent par le passé en partie effondrés, sur ordre du défunt roi, afin de donner au gibier la possibilité de s’échapper, mais que ceux-ci avaient, depuis, été réparés. Il précisa également que le domaine comprenait 29 pièces d’eau de différentes dimensions, me conduisant immédiatement à l’une d’entre elles, d’une contenance de 9 acres environ. Celle-ci était murée et partiellement entourée d’un paysage boisé, mais sa forme offrait, de loin, un rendu agréable. Il fallait également prendre en compte la présence de quelques poissons, lièvres et lapins, ainsi qu’un nombre raisonnable de perdrix sur le domaine. En revanche, tous les faisans avaient été abattus. La totalité du château, comme je le précisais précédemment, est aujourd’hui en ruines, et le raser entièrement entraînerait une dépense considérable, le ciment de ces anciens bâtiments se révélant particulièrement solide. Mais du point de vue de son étendue et de sa proximité avec la capitale, Meudon constituerait à n’en point douter une précieuse acquisition (…)[26]. »

Le peintre Hubert Robert, qui était notamment chargé des aménagements des jardins de Meudon sous Louis XVI, vient dessiner le chantier de démolition en 1804. Le Château-Vieux est détruit à partir de 1803. En 1805, il reste encore une faible partie du Château-Vieux (pavillon Sud-Ouest) ainsi que la chapelle, comme l'indique François Collet Duclos dans son rapport du 3 ventôse an XIII (). Le tout fait l'objet de travaux de déblaiements environ jusqu'en 1808, après récupération de certains ornements, dont les colonnes en pierre situées de nos jours à la petite rotonde du Palais du Luxembourg (Sénat), que l'architecte Chalgrin a pu réutiliser.

Napoléon Ier : Meudon, palais impérial du roi de Rome (1807-1815), héritier de la Couronne impériale

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Vue du château de Meudon vers 1812. Premier Empire. Le château-vieux a été entièrement démoli.

Après avoir décidé, en 1803, de procéder à la démolition du Château-Vieux, qui avait subi un incendie en 1795, et alors qu'il n'était que Bonaparte, l'empereur Napoléon Ier décide en 1807 de faire du Château-Neuf de Meudon un palais impérial. Il fait alors restaurer les jardins et réaménager le Château-Neuf, notamment par l'architecte Jean-Baptiste Lepère. Est alors édifié une aile intitulée l'« Économat », à l'emplacement d'une partie de l'ancienne aile des marronniers, qui venait d'être détruite. L'Empereur, qui voulait faire de Meudon une « école des rois » d'Europe, y installe le roi de Rome en 1811, sous la responsabilité de sa gouvernante, Mme de Montesquiou. À cet effet, de nombreuses commandes sont réalisées pour meubler dignement le palais de l'héritier de l'Empire (nouveau décor intérieur style Empire, mobilier, soieries, etc.).

Le 22 avril 1811, Napoléon vient visiter Meudon. Le 30 juin 1811, Meudon est mis à la disposition de Madame Mère. En avril 1812, le roi de Rome vient loger à Meudon. Durant l'été, la reine de Westphalie, épouse de Jérôme Bonaparte, séjourne aussi à Meudon, avec Madame Mère. L'impératrice Marie-Louise aurait résidé au palais durant la campagne de Russie, bien qu'elle logeait à Saint-Cloud. Du 24 mars au 14 novembre 1813 la reine de Westphalie fait un nouveau séjour à Meudon[27].

Mais, à la chute du Premier Empire, le château perd son statut de Palais Impérial.

Meudon sous la Restauration et les Orléans

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Ferdinand-Philippe d'Orléans, duc d'Orléans, par Ingres, 1842.
Photographie du château-neuf de Meudon en 1850, prise par Louis-Auguste Martin (1811-1875). Albertina Museum, FotoGLV2000/13822/7
Jean-Joseph-Xavier Bidauld, Chasseur au pied du château de Meudon, 1846. Musée d'art et d'histoire de Meudon, acquisition du 26 septembre 2017 (Artcurial).

Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe utilisent Meudon comme domaine de chasse, voisin de Saint-Cloud, et y logent des personnes éminentes.

La gouvernance du château de Meudon est rendue au marquis de Champcenetz qui en avait la charge avant la révolution de 1798. Il assure cette charge en même temps que celle de gouverneur du château des Tuileries. Le 4 mai 1822, il décède dans ce dernier palais. Le 9 mai suivant, une ordonnance royale confie la gouvernance au duc de Castries qui en assure la charge jusqu'à la Révolution de Juillet.

Dès le début de la Restauration, le duc de Berry, fils de Charles X, s'intéresse au domaine pour chasser. Il y installe sa vènerie personnelle à partir de l'année 1818. Cette même année, son oncle Louis XVIII lui offre une meute de trente chiens pour ses chasses. Il se rend régulièrement au domaine pour chasser avant son assassinat dans la nuit du 12 au 13 février 1820 par l'ouvrier Louvel. Le second fils de Charles X (1824-1830), décide de faire construire un haras dans les anciens jardins bas du palais. Le site servait de faisanderie et nécessite d'importants travaux qui sont conduits par le duc de Guiche, premier écuyer du duc d'Angoulême. Ce haras devient rapidement un modèle pour tous les propriétaires de chevaux de course et les passionnés d'exercices hippiques. La révolution de Juillet oblige le prince à vendre le haras. Le nouveau roi des Français, Louis-Phiippe, se porte acquéreur du site pour 250 000 francs durant le mois de septembre 1830 pour éviter son démantèlement[28].

Après son abdication au trône impérial du Brésil, le 7 avril 1831, Dom Pedro (Pierre Ier) va revenir en Europe, et s'installer en France, sous le titre de duc de Bragance. À l'automne 1831, il séjournera quelque temps au Château-Neuf de Meudon, domaine que le roi Louis-Philippe mettra librement à sa disposition. Lors de son séjour en France, il devint un ami du général La Fayette.

Le duc d'Orléans, prince royal de France sous la monarchie de Juillet, y séjourne en 1834 et y rédige ses Souvenirs. Mais il meurt accidentellement à Neuilly en 1842.

Louis-Philippe avait également mis à disposition le château de Meudon au profit du maréchal Soult[29], Président du Conseil, qui y séjournera à plusieurs reprises en été.

Le 8 mai 1842, une catastrophe ferroviaire a lieu à Meudon, dans laquelle périt notamment Jules Dumont d'Urville. Elle est la première de France et l'une des premières au monde. Louis-Philippe met à disposition le Château-Neuf pour soigner les rescapés.

Après la révolution de 1848, des projets sont établis pour faire de Meudon le nouveau siège de l'École Polytechnique. Mais ces projets grandioses, dont un fut établi par l'architecte Hector-Martin Lefuel, ne verront finalement pas le jour.

Aquarelle panoramique depuis la terrasse du château de Meudon, 1842.

Meudon et le Second Empire : le repaire du Prince Napoléon

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Le Prince Napoléon, par Hippolyte Flandrin, 1860. Musée d'Orsay.

Bien que Meudon soit affecté au prince Jérôme, oncle de Napoléon III, celui-là n'y vient guère. Au contraire, de 1860 à 1870, son fils, le Prince Napoléon, cousin de l'Empereur Napoléon III, occupe souvent le château de Meudon. Il possède à Paris la maison pompéienne[30], abritant sa liaison avec la comédienne Rachel, mais c'est à Meudon qu'il vient « bouder » le protocole de la cour impériale, dont il est peu friand. Il y amène son épouse, la princesse Clotilde, et ses trois enfants, Victor, Louis et Marie Laetitia. Il y entasse de nombreuses espèces de plantes et d'animaux exotiques, ramenés de ses voyages à l'étranger. Plusieurs grandes réceptions sont alors organisées au château, telle celle en l'honneur du roi de Portugal, en 1867[31].

Incendie du Château-Neuf (1871) et occupation par l'Observatoire de Paris

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Vue de la terrasse de Meudon depuis le château-neuf durant la guerre Franco-Prussienne, hiver 1870-1871.
Schéma du trajet du bombardement du château de Meudon depuis le bastion 74.
Vue de l'incendie en cours du château neuf de Meudon, 1er février 1871.

Le site est stratégique, dominant Paris, et une batterie d'artillerie prussienne y est installée en 1870. Une gravure représente l'occupation prussienne avec des centaines de tentes installées sur la grande terrasse du château. C'est que depuis Meudon se découvre tout Paris, les Prussiens pouvant suivre aisément les attaques des français contre eux.

Le château-neuf prend feu le 31 janvier 1871. Il brûle durant près de trois journées. Certains parlent d'un incendie volontaire des Prussiens quittant le site, mais il existe une autre hypothèse : le château-neuf, occupé alors par les Prussiens, ennemis des Français, a subi un bombardement depuis Paris, par les armées françaises, tout comme les autres sites voisins de Saint-Cloud. Il existe même une photographie dans les archives du Musée Carnavalet qui indique que le château de Meudon a été bombardé par La Douais, pièce de canon de marine, placée dans le bastion 74 de l'enceinte de Thiers. Cette mention est tout à fait crédible, mais la date n'est pas précisée et Meudon a été bombardé plusieurs fois pendant les hostilités. Le trajet d'un obus envoyée depuis le Bastion 74, et qui survolerait Issy, Vanves, et Meudon, pour atterrir sur le château de Meudon est une hypothèse vraisemblable. Néanmoins, au lendemain de l'incendie, les journaux donnent plutôt une propagande d'incendie du château par les Prussiens eux-mêmes, ce qui est illogique puisqu'ils occupaient la position haute de Meudon. Cependant, les forts entourant Paris ainsi que leur matériel ayant été remis aux Prussiens les 29 et 30 janvier, il resterait à expliquer comment ce Bastion aurait pu être resté aux mains des Français.

Photographies et dessins des ruines du château-neuf de Meudon et du site délabré

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Les ruines du Château-Neuf et ses alentours, février 1871.

Plusieurs photographies témoignent de l'état de délabrement du château, qui a pris feu, et dont il ne reste plus que les éléments en pierre de taille, dont les cheminées. Tout l'intérieur a brûlé. On peut voir le château détruit du côté du parterre, photographie fort précise qui nous présente l'architecture du bâtiment détruit pour partie. D'autres photographies ont été prises du côté de la forêt. Un dessin de Clerget, conservé au musée Carnavalet, montre l'ampleur du désastre et du chamboulement du site : le château-neuf est brûlé, la terrasse du château-vieux est totalement remodelée avec des buttes de terres.., les jardins n'existent plus, seul reste le bassin circulaire du parterre du château-neuf. Ses semaines d'occupation du site par les Prussiens ont totalement bouleversé les lieux. On voit aussi dans une gravure d'un journal les mêmes bouleversements de la grande terrasse de Meudon, où les tentes des Prussiens avaient été installées, et où les militaires vivaient pendant des semaines.

Ses ruines sont conservées en l'état durant plusieurs années, jusqu'à la modification du bâtiment en Observatoire astronomique.

Meudon et l'astronomie : un site scientifique d'observation

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Projet de dôme au sein du Château-Neuf, non réalisé. Vers 1880.

Finalement, le site est confié à l'astronome Jules Janssen en 1875. Il propose d'utiliser le site comme lieu d'observation scientifique. Toutefois, il n'hésite pas à faire raser près de la moitié du Château-Neuf, et entre 1880 et 1885, y construit, avec l'architecte Constant Moyaux, un observatoire, rattaché à l'observatoire de Paris en 1927[32]. Depuis cette installation, la plus grande partie du domaine (les jardins hauts conservés) est utilisé par l'observatoire avec la mise en place de différents outils d'observation astronomique et est donc inaccessible au grand public.

Le XXe siècle : une réhabilitation progressive

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Vue de Paris depuis la terrasse du château de Meudon, Félix Planquette, 1908, coll. part.
Vue de Paris depuis la terrasse de Meudon, 1889, Louis Tauzin, Musée des Beaux-Arts de Bordeaux.
Photographie de l'Orangerie de Meudon, première moitié du XXe siècle. Musée d'Art et d'Histoire de Meudon.

Au fil des ans, la végétation se développe et enserre jusqu'à l'Orangerie, longtemps inaccessible. La destruction du vieux village de Meudon, après la guerre, dans le cadre dit de la reconstruction du centre-ville, ampute irrémédiablement le décor pittoresque, constitué de toitures multiples, qui se trouvait situé aux pieds de l'ancien château. C'est seulement à partir des années 1970-80 que la notion de patrimoine se répand dans la société française. L'ensemble du domaine fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques le , date somme toute bien tardive pour un tel site historique, quand les grands domaines d'Ile-de-France similaires étaient classés bien avant.

Le domaine national de nos jours

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Bien que le Château-Vieux ait été détruit, il reste tout de même beaucoup de la splendeur du domaine. En effet, il reste encore 40 % des superficies des bâtiments initialement construits (restes du Château-Neuf, orangerie, communs, etc.)[33]. On peut encore admirer l'avenue du château tracée par Louvois, les corps de garde et les communs du Grand Dauphin, le chenil de Louvois, la grande perspective de Servien, le nymphée et l'orangerie de Louis Le Vau, et on devine, en allant sur le site, des jardins en terrasse en contrebas de l'observatoire, ainsi que l'étang de Chalais et le tapis vert. Et surtout, la grande terrasse, réalisation la plus imposante, est en parfait état de conservation. L'orangerie de Meudon a été complètement restaurée en 2012. En 2026, l'intérieur de l'Orangerie pourtant restaurée présente de nouveau des infiltrations visibles qui altèrent la voûte en briques.

Du fait de sa situation exceptionnelle (axe Paris-Versailles, le plus touristique de France) et son point de vue panoramique sur Paris (l'un des plus spectaculaires d'Ile-de-France), le site disposerait d'un potentiel touristique et économique considérable, mais à ce jour, celui-ci est quasi inexistant. Seule une buvette a pris place au-dessus de l'Orangerie, que l'on appelle la "loggia", terme qui concerne d'ailleurs en réalité une autre partie du site, au niveau de l'escalier d'Aristote. Le domaine est un site national, mais une convention entre l'Etat et la ville de Meudon permet à cette dernière d'utiliser les lieux pour y organiser certaines manifestations (fête foraine en juin). Durant la première moitié de juillet, le site est occupé par l'armée dans le cadre des commémorations du 14 juillet.

Galerie aérienne

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Le statut juridique : un espace scindé et en partie inaccessible

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Schéma indiquant la zone inaccessible par le grand public, dépendant de l'Observatoire de Paris.

Aujourd'hui, le domaine de Meudon est scindé en deux.

La partie basse : La grande terrasse et l'orangerie sont gérées par la ville. Ces espaces sont librement accessibles au public.

La partie haute : L'Observatoire (Château-Neuf), les jardins hauts, ainsi que les communs situés à l'entrée, dépendent du ministère de l'Éducation nationale et sont affectés à l'Observatoire de Paris. Ils sont inaccessibles au public.

L'État reste le propriétaire de l'ensemble du domaine, tant en ce qui concerne la partie affectée à l'Observatoire que celle gérée par la mairie.

Toutefois, en ce qui concerne la partie du domaine accessible au public, l'État a signé une convention de gestion du domaine national de Meudon avec la ville de Meudon, laquelle en est désormais le gestionnaire. Financièrement, l'État assume toujours son rôle de propriétaire et gère les travaux d'élagage ou d'entretien. Il laisse à la Ville le soin de gérer ce site situé sur son territoire.

Projet de réhabilitation de la Grande Perspective

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Schéma photographique restituant la Grande Perspective de Meudon, en direction du Sud. 2015. Aujourd'hui, après le parterre situé au premier plan, l'axe est bouché jusqu'à l'étang visible au dernier plan.

Le projet de reconstitution de la Grande Perspective de Meudon a été lancé dès les années 1980, mais n'a guère avancé jusqu'à ce jour[Quand ?]. Néanmoins, il se poursuit, en concertation avec les responsables des différentes parties concernées[34]. En effet, les 3/4 de cet axe paysager majeur d'Ile-de-France, dû à André Le Nôtre, sont conservés. Seule la partie située entre le parterre de l'orangerie et l'étang de Chalais reste toujours bouchée.

Potentiel archéologique

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Photographie de la niche conservée de l'escalier d'Aristote.
Plan archéologique de la Grande Terrasse de Meudon, avec le plan d'une partie de l'ancien village, détruit pour agrandir la terrasse.

Aucune fouille n'a jamais été entreprise à l'emplacement du Château-Vieux détruit. Pourtant, les rapports de démolition sont formels : l'ensemble des caves et des fossés sont conservés, sous la pelouse actuelle. Une campagne archéologique permettrait de mettre en valeur ce patrimoine caché[35], comme cela a déjà été entrepris au château de Marly[36], à celui de Liancourt[37], au château de Blérancourt[38], ou encore à Versailles[39]. Le seul paramètre inconnu est la nature exacte de l'impact sur le sous-sol, au niveau de l'emprise du Château-Vieux, lors de l'occupation prussienne, dans le cadre de la guerre Franco-Prussienne de 1870. En effet, les Prussiens occupèrent toute la terrasse de Meudon, pour bombarder la capitale et suivre les opérations.

Souterrains et caves comblées

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Essai de restitution du plan des caves comblées du château vieux de Meudon.

Il existe encore quelques souterrains qui donnent une bonne idée de l'histoire des lieux. De plus, toutes les caves du château vieux sont conservées, et comblées des débris du château lors de la démolition. En cela, Meudon recèle un potentiel archéologique considérable.

Description détaillée au temps d'Antoine Sanguin et Anne de Pisseleu (vers 1520-1552)

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Antoine Sanguin, créateur du nouveau bâtiment, vers 1520

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La famille des Sanguin possède Meudon depuis le début du XVe siècle. Vers 1520, le manoir médiéval est détruit et Antoine Sanguin fait bâtir un tout nouveau château moderne.

Il semble que le nouveau plan du château de Meudon, édifié à la place de l'ancien vieux manoir, influencera celui du château du Grand Jardin, à Joinville, propriété des Guise. Meudon était aussi assez proche du château d'Azay-le-Rideau pour l'escalier central assez similaire. Le château de Blois de François Ier présente les motifs de pilastres structurant la façade. Un parterre carré prit place du côté du jardin. Le château était disposé sur la petite butte naturelle de Meudon, pour obtenir la belle vue sur la capitale depuis le cabinet de l'appartement gauche du premier étage.

A Paris, le cardinal de Meudon fit édifier un magnifique hôtel particulier, l'hôtel Sanguin, dit plus tard hôtel de Birague, puis hôtel de Chavigny.

La duchesse d’Étampes : des agrandissements considérables

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Restitution de la vue depuis le premier étage du château de Meudon, pavillon nord est. vers 1550.
Restitution de la vue du château-vieux de Meudon, en sortant de l'ancienne ruelle de Beauvais. État au milieu du XVIe siècle.
Proposition de restitution de la façade côté parterre du château de Meudon vers 1550.
Proposition de restitution du plan du premier étage du château de Meudon vers 1550, tel qu'embelli par la duchesse d’Étampes.

L'aspect du château-vieux de Meudon, avec ses deux ailes en retour, est dû principalement à la duchesse d’Étampes, qui profita certainement des finances royales de François Ier pour embellir Meudon avec un faste inimaginable.

C'est à son époque, entre 1527 et 1540, que le château devient monumental, avec l'agrandissement du bâtiment initial de son oncle par deux nouvelles grandes ailes, et quatre pavillons, ainsi que des escaliers en tourelles.

Il s'agit là de constructions fort importantes, surtout pour le milieu du XVIe siècle. Dès cette époque, Meudon devient l'un des plus importants châteaux des environs de Paris en taille, et dépasse largement la petite villa si modeste des Gondi à Saint-Cloud. Le château d'Écouen était assez similaire au château de Meudon et permet de comparer l'importance du château disparu. Même Noisy-le-Roy, avec ses terrasses monumentales, n'est qu'un château de taille réduite en comparaison de l'immense bâtisse du château de Meudon. Les deux tours nord des escaliers des deux deux ailes en retour, sont datées de 1539 et 1540.

A Paris, la duchesse résidait en l'hôtel d’Étampes, majestueux, futur hôtel de Luynes, quai des Grands Augustins, au bord de la Seine, en plein centre de la capitale. Or il est frappant de constater que l'architecture de cet hôtel d’Étampes est assez similaire à celle du château de Meudon : on a là le même esprit entre la demeure parisienne et la demeure des champs de la favorite de François Ier.

On ne connaît presque rien des décors intérieurs, de la distribution des lieux à cette époque. C'est dommage, car des décors somptueux durent être réalisés. Quand on songe à la splendeur de l'ancienne chambre de la duchesse d’Étampes au château de Fontainebleau, on ne peut qu'être intrigué par la magnificence qui dût présider aux embellissements de son cher Meudon, son château de famille, propriété de son oncle.

Proposition de restitution du pavillon de la Loggia du château-vieux de Meudon, créée par la duchesse d’Étampes vers 1540.

On peut toutefois proposer une distribution intérieur du château, qui était assez proche de celle qui sera postérieure. En effet, pour le premier étage, la galerie a dû être une création de la duchesse et elle a été ensuite conservée, dans l'aile ouest. Elle en occupait toute l'aile. Dans le corps central, l'escalier desserrait un appartement (dit par convention ici 1 en bleu), situé entre l'escalier central et la galerie. Deux autres appartements (dit par convention ici 2 en orange, et 3 en violet) étaient composés à peu près sur le même modèle dans la totalité de l'aile est. Entre eux se situait la loggia, dite d'Aristote. On pensait qu'il s'agissait d'une Serlienne, mais il paraît plus probable en analysant les plans et les vues qu'il s'agissait en réalité d'une loggia ouverte, avec trois arcades cintrées, celle du centre étant légèrement plus grande. Ce qui est bien différent d'une Serlienne où les deux côtés du cintre central sont droits de manière horizontale. Ces deux logements étaient ceux qui possédaient la plus belle vue sur Paris, et l'on serait tenté d'y voir l'appartement de la duchesse dans l'un des deux. Plus tard, l'appartement 3 (ici en violet) sera d'ailleurs choisi pour être l'appartement privé du cardinal de Lorraine, puis celui de Louvois. En effet, c'était de là que la vue était la plus belle et la plus proche et dégagée sur la ville de Paris.

C'est dire qu'en examinant les choses, on ne peut qu'être frappé par la taille considérable des agrandissements de la duchesse d’Étampes, et du fait que c'est bien elle qui est à l'origine de l'aspect principal du château de Meudon. Tous les propriétaires successifs ne feront que faire des embellissements et agrandir le jardin. Meudon est ainsi avant tout une création d'Anne de Pisseleu, c'est un château créée par une femme, favorite du roi François Ier.

Description détaillée au temps du cardinal de Lorraine (1552-1574)

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Le château : les deux galeries extérieures et les décors intérieurs

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Charles V et François Ier, par Taddeo Zuccari, Caprarola

A l'intérieur du château, le cardinal de Lorraine fit peindre les séances du Concile de Trente où avait brillé son éloquence. Ces peintures continuaient en Ile-de-France le programme tracé aux frères Zuccari, Taddeo Zuccari et Federico Zuccari par le cardinal Alexandre Farnèse pour la décoration de son château de Caprarola. A la mort de Taddeo Zuccari, en 1566, son frère Federico fut appelé en France par le cardinal de Lorraine, peut-être pour peindre à Meudon les séances du Concile de Trente[40]. Dulaure indique : "De nos jours même on y voit des peintures de ce temps-là et les chiffres de Henri II et de ses enfants". S'agit-il de décor pour le château, ou d'anciens décors concernant la Grotte ?

La célèbre Grotte de Meudon

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La Grotte de Meudon, gravure
La Grotte de Meudon, au temps des Guise, première moitié du XVIIe siècle

Les plus importants travaux du cardinal de Lorraine à Meudon consistent en la construction d'un complexe nommé la "Grotte" de Meudon, supervisée par Le Primatice, vers 1552-1560[41].

Vasari parle de la Grotte quand il aborde Le Primatice, qui en est l'architecte et, en quelque sorte, le chef-décorateur. On possède aussi une description intéressante, d'un voyageur du milieu du XVIIe siècle, conservée dans les manuscrits du fonds Saint-Germain, no 944, tel que le donnent les Lettres écrites de la Vendée :

« A deux lieues de Paris est Meudon, où se voit dans le bois une admirable et merveilleuse grote, enrichie d'appuis et d'amortissemens de pierre taillée à jour, de petites tourelles tournées et massonnées à cul de lampe, pavée d'un pavé de porphire bastard, moucheté de taches blanches, rouges, vertes, grises et de cent couleurs différentes, nétoyée par des esgouts faits à gargouilles et à muffles de lyon. Il y a des colonnes, figures et statues de marbre, des peintures grotesques, compartimens et images d'or et d'azur, et autres coulleurs. Le frontispice est à grandes colonnes cannelées et rudentées, garnies de leurs bases, chapiteaux, architraves, frises, corniches et moulures de bonne grâce et juste proportion : le vase et taillour soutenu sur les testes des vertus, approchantes à la moyenne proportion des colosses, enrichies de feuilles d'acanthe et de branche-ursine pour soutenir la pleinte du bastiment, très-bien conduit et achevé ; mais les troubles y ont fait d'irréparables ruines, et surtout aux tuyaux qui ont été rompus[42]. »

Il s'agissait d'un complexe, copié sur les complexes antiques romains visibles en Italie, à Rome. D'ailleurs la Grotte est comparée à des thermes romains. On y trouvait :

1. un pavillon central dans lequel était aménagé :

-la GROTTE elle-même en bas, avec jets d'eau, niches, sculptures, grotesques. C'était un monde minéral et aquatique, tout en étant conçu comme un espace fortement architecturé. Justement, la beauté des lieux résidait en une étrange contradiction entre l'aspect naturel des matériaux employés, créations de la Nature, et la mise en scène de l'espace qui était le propre du génie humain. L'Art et la Nature s'accordaient dans ce genre d'espace.

La réalisation des stucs de la Grotte (notamment au plafond) a été faite par le sculpteur et stucateur italien Domenico del Barbieri, dit Dominique Florentin, souvent associé aux chantiers artistiques menés sous la direction du Primatice. On ne sait pas en quoi consistait ses décors faute de documents graphiques connus. Des moulures et personnages longiformes devaient égayer les volumes du plafond, entremêlés de peintures grotesques dans le style des Loges de Raphaël.

-un SALON situé juste au-dessus de la Grotte, peint par Le Primatice.

-dans l'attique un appartement d'où l'on pouvait contempler la vue sur les lointains et Paris. Ce pavillon était encadré par deux grands escaliers monumentaux, qui théâtralisaient la visite. On en possède les plans au sol qui datent de la seconde moitié du XVIIe siècle et qui permettre de bien comprendre les volumes des lieux.

2. Deux autres pavillons, de part et d'autre, qui contenaient des appartements et donnaient sur le parterre de la Grotte. On en connaît l'aménagement intérieur durant la seconde moitié du XVIIe siècle également.

3. Un CRYPTOPORTIQUE en bas, sans doute édifié en dernier, comme une sorte de galerie basse, qu'on pouvait peut-être fermé l'hiver pour conserver les plantes etc (et donc qui pouvait servir l'hiver de serre). Au centre de ce cryptoportique se trouvait une Petite niche avec sans doute une fontaine qui coulait en permanence, et l'eau provenait de l'écoulement de la Grotte située au-dessus, légèrement en décalé.

On constate sur les plans des jardins du XVIIe siècle, au temps de Louvois, qu'il y avait un grand bassin semi-circulaire au-dessus de la Grotte, cela devait servir de réservoir pour alimenter les jets d'eau de l'édifice.

Description détaillée au temps d'Abel Servien et son fils le marquis de Sablé (1654-1679)

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Abel Servien, portrait gravé, milieu du XVIIe siècle

Abel Servien, Surintendant des Finances de Louis XIV, avec Nicolas Fouquet, va faire de Meudon son domaine chéri, qu'il embellira toute sa vie. Ce sera sa passion de ses dernières années, et le reflet de sa puissance, récompensée par la Monarchie à qui il a toujours été fidèle. C'est Mazarin qui récompense Servien pour sa fidélité sans faille à la Monarchie. Les deux hommes s'apprécient beaucoup et travaillent ensemble depuis fort longtemps. Servien fera donc des aller retour assez rapide entre Paris où il travaille et Meudon où il chasse et profite d'un peu de repos. Pour cela, il se fera construire un bateau peint et doré à la mode du temps, qui viendra de Hollande. Notons que Servien était borgne d'un oeil.

Abel Servien, c'est le grand homme de Meudon, celui qui va façonner la nouvelle image du site pour les siècles à venir, un formidable bâtisseur, qui n'est pas du tout inférieur à ce que Nicolas Fouquet crée au même moment au château de Vaux-le-Vicomte : au contraire même, Servien est au-dessus de Fouquet au niveau honorifique, il est à la fin de sa carrière, il n'a plus rien à prouver : Meudon se doit donc d'être à la hauteur de Vaux, et même de le dépasser, ce qui est le cas du fait du site et de la vue étourdissante sur toute l'Ile-de-France et Paris. Et pour Abel Servien, succéder aux Guise à Meudon est un honneur des plus considérables ! Il mesure la totalité de son parcours, de sa course aux honneurs. Un simple homme de robe comme lui qui parvient à acquérir l'une des plus belles propriétés autour de Paris, c'est un parcours exemplaire au service du roi, qu'il n'a jamais trahi, même si Servien a subi lui, une disgrâce du fait des jeux politiques et des attaques de ses ennemis.

Servien va modifier le pavillon central du château de Meudon, moderniser le parterre des jardins, édifier une grande orangerie, monumentale, et créer de toute pièce une grande terrasse, qui fera en tout 450 mètres de long, engloutissant près d'un tiers du vieux village de Meudon au passage. Il n'oubliera pas d'ouvrir le paysage par un grand axe, donnant l'ampleur au domaine, qui sera poursuivi par ses successeurs.

Modification du pavillon central par Louis Le Vau, nouvel emblème de Meudon

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Restitution du Grand Vestibule du château-vieux de Meudon (1656 - 1803)
Restitution de la coupe du pavillon central du château vieux de Meudon.
Restitution de la vue en entrant dans le Salon ovale du château-vieux de Meudon, 1659. Création par Abel Servien.

La modification la plus spectaculaire de Servien en ce qui concerne le château proprement dit est la suppression de l'ancien escalier Renaissance créé par Antoine Sanguin vers 1520, et son remplacement par un magnifique et ambitieux pavillon central, comprenant tout à la fois un petit vestibule, un grand vestibule, un grand escalier, ainsi qu'un grand salon ovale. C'est l'architecte Louis Le Vau qui dessina l'intégralité de ce pavillon.

On entrait dans le château par un petit vestibule, où était aménagé la partie de l'escalier en rampes doubles qui se rejoignaient au centre. L'espace était assez surprenant : l'escalier paraissait en effet tenir presque tout seul. On découvrait les rampes en marbre noir de Lavale et le cintre des deux arches qui soutenaient l'escalier. Sur les côté, il y avait l'accès discret aux caves du château, par deux rampes situées sous celles de l'escalier.

Ensuite on entrait le magnifique Grand Vestibule. Douze colonnes monolithes en marbre noir de Laval, avec des veines blanches, offrait un cadre puissant et pompeux, presque solennel. Des pilastres étaient accouplés. L'ordre était corinthien, ce qui était plus riche que le simple ordre dorique ou toscan du Grand Vestibule du château de Vaux-le-Vicomte de Nicolas Fouquet. Il y avait plusieurs marches de part et d'autre pour rejoindre les appartements. Les deux rampes latérales permettaient de monter au premier étage.

Justement quand on montait les marches, on arrivait au-dessus du Petit Vestibule dans le Grand Escalier, dont les deux rampes se rejoignaient pour arriver dans l'axe du château au sein du Salon ovale. Ce grand salon ovale, magnifique, mais moins parfait qu'à Vaux, était organisé suivant un plan ovale, éclairé par cinq ouvertures au premier niveau, et cinq ouvertures également dans l'attique, ce qui en faisait une pièce fort lumineuse, étant disposée plein sud. Le salon, d'ordre ionique, distribuait les deux ailes du château, vers l'est en direction de l'appartement du roi, vers l'ouest en direction de la galerie.

C'est un projet particulièrement ambitieux, réalisé pratiquement les mêmes années que le chantier de Vaux par Fouquet, les deux personnages se côtoyant comme co-surintendants des Finances. Le pavillon central possède une toiture volontairement massive mais haute, pour que le pavillon puisse être vu depuis les environs de Meudon, et même depuis Paris. C'est un signe manifeste de puissance d'Abel Servien, sa hauteur avoisinnant les 35 mètres.

Abel Servien fit de nombreux travaux colossaux en seulement quelques années. Il meurt cinq ans après l'acquisition de Meudon, et nul doute qu'il aurait poursuivi les embellissements s'il n'était pas mort si vite.

Restitution des intérieurs au temps de Servien, 1659.

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Proposition de restitution de l'antichambre du Roy au château-vieux de Meudon, premier étage, 1659.
Jean Nocret, Portrait de Louis XIV à cheval, vers 1653, château de Versailles, inv. MV 2051. Tableau placé à Meudon dans l'antichambre de Louis XIV, inventaire de 1659

La distribution intérieure du château au temps de Servien nous est connue grâce à l'inventaire après décès du ministre, de 1659. Un historien de l'art (Franck Devedjian) a restitué la totalité de la distribution, d'après les plans connus au temps de Servien. L'appartement principal du ministre était situé à gauche en entrant dans le grand vestibule, et donnait sur le grand parterre, d'où l'on pouvait contempler la statue offerte par Christine de Suède.

Dans l'antichambre de l'appartement d'Abel Servien se trouvait le billard. Dans sa chambre, des tapisseries fort riches d'après les Fables de Jules Romain, ainsi qu'un clavecin. Dans le cabinet d'angle de l'appartement du duc d'Anjou (futur grand cabinet d'angle du Grand Dauphin), Servien fit placer plusieurs tableaux, qui dénotent son goût pour les nus féminins, à l'instar du cabinet du chevalier de Lorraine au Palais-Royal.

Dans l'antichambre de Louis XIV se trouvait au-dessus de la cheminée un grand tableau peint par Jean Nocret représentant Louis XIV à cheval avec la Renommée.

L'inventaire après décès de Servien, de 1659, permet de découvrir tout le mobilier, tapisseries et tableaux conservés à Meudon. Dans sa chambre, des tapisseries luxueuses, dans le cabinet d'angle du rez-de-chaussée des tableaux de nus féminins dont Servien devait être friand. Il est difficile de restituer les choses à cette époque, car le château devait conserver encore de nombreux décors anciens du temps des Guise, notamment les plafonds peints en poutres et solives.

L'Orangerie conservée du Château-Vieux, bâtie par Abel Servien vers 1656-1657

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Abel Servien aime l'Architecture et a le goût d'un grand bâtisseur. La preuve avec la chapelle Notre-Dame-des-Ardilliers à Saumur, où il est enterré avec son épouse, dans une chapelle dédiée.

Traditionnellement, dans les châteaux français depuis le XVIe siècle, l'orangerie est tout à la fois un bâtiment utilitaire et un élément fort de la composition monumentale constituée ici par la terrasse, le Château-Vieux et la Loggia. Elle détermine par ses dimensions l'ampleur de la grande perspective qui s'étend du château jusqu'au plateau de Villacoublay. Adossée à l'extrémité sud de la terrasse, cette orangerie est probablement édifiée entre 1655 et 1659, par l'architecte Louis Le Vau, pour le propriétaire du domaine Abel Servien, surintendant des finances de Louis XIV.

Elle reprend le modèle de l'Orangerie du château de Châtillon-Coligny, dans le Loiret, appartenant à l'amiral de Coligny. Ouverte vers le sud par huit hautes fenêtres de part et d'autre d'une entrée monumentale, l'orangerie est destinée à abriter les orangers du parc pendant la saison froide. Durant l'été, les orangers sont présentés sur son parterre autour d'un bassin rectangulaire, ainsi que sur les parterres du château et de la grotte. L'orangerie est prolongée vers l'est par un bastion en appareil grossier.

Plusieurs fois rénové au XIXe siècle, puis laissé à l'abandon jusqu'en 1980, le parterre de l'orangerie a fait l'objet d'une restauration de 1980 à 1984, visant à lui redonner son aspect du XVIIe siècle[43].

Jardins d'Abel Servien : l'axe grandiose d'André Le Nôtre

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Restitution de la vue depuis le Salon ovale du château de Meudon sur les jardins et la perspective, 1659, état créé par Servien.
Le parterre de Meudon et la statue de Mercure et Psyché, vers 1658.
Schéma du vallon de Chalais à Meudon, avec le fief d'Aubervilliers, avant les travaux d'Abel Servien.
Schéma restituant la perspective des jardins du château de Meudon à la mort d'Abel Servien, 1659.

Du côté des jardins, Servien fait construire une orangerie monumentale, toujours conservée de nos jours. Entre le château et l'Orangerie, Servien fait sans doute redessiner le parterre du château, dont on conserve le souvenir précis par la gravure de Pérelle. Ce parterre était identique à celui du château de Maisons à la même époque : un bassin circulaire au milieu de l'allée centrale, et deux parterres latéraux, qui sont sectionnés en leur milieu pour permettre la circulation autour du bassin central. Quand la reine Christine de Suède vint en France, elle offrit à Servien le bronze d'Adrien de Vries, Mercure et Psyché, aujourd'hui conservé au musée du Louvre. Servien fit placer ce bronze au bout du grand parterre du château, juste au-dessus de sa nouvelle orangerie. La sculpture devait d'ailleurs trôner de manière triomphante quand on regarder la composition depuis le bout du parterre de l'Orangerie.

Il n'oublie pas d'agrandir le parc, qui existait au moins depuis la duchesse d'Étampes : au prix de nombreux rachats de terre, il arrive à percer une « Grande Perspective » au sud du château, et aménage des bassins, et étangs, dont celui de Chalais. Des lettres patentes datées du portent « permission d’estendre le parc de Meudon, l’enfermer de murailles, encore que les héritages acquis soient dans le voisinage des plaisirs de Sa Majesté », en d'autres termes, de Versailles voisin.

Schéma mettant en évidence les renvois d'optique de la perspective d'Abel Servien, à Meudon, 1659.

C'est certainement Servien qui aménage le bassin du Grand Carré, ou miroir d'eau, au milieu de la grande perspective, entre l'Orangerie et l'étang de Chalais, sur les conseils d'André Le Nôtre. Il y a une controverse sur le fait de savoir si cette création de la perspective a pu être réalisée avec ou sans l'intervention d'André Le Nôtre : c'est une controverse absurde : évidemment que cet axe est créé par le génial jardinier à cette époque. En effet, Le Nôtre travaille pour Fouquet au même moment, il est impensable qu'il ne donne pas de conseils à Abel Servien qui est au-dessus de Fouquet dans la gestion de la Surintendance. Servien doit donc obtenir le meilleur conseil en termes d'aménagement et seul Le Nôtre était capable de fournir ce projet, en lien avec l'Orangerie bâtie par Louis Le Vau.

De même, c'est de son temps que doit dater la grille d'eau ou pont d'eau, qui sépare les jardins du parc, située au milieu de la grande perspective. Louvois développera plus tard les jardins bas, mais n'est pas à l'origine de la création de l'axe entre l'Orangerie et l'étang de Chalais. Louvois complétera la perspective par le nivellement colossal de la coline dans le fond, pour créer le tapis vert qui ouvre l'axe vers le ciel.

Servien meurt le , à Meudon même, dans son appartement du rez-de-chaussée, ayant englouti une véritable fortune dans Meudon, toujours en travaux.

Son fils, Louis-François Servien, marquis de Sablé, protecteur de La Fontaine, conserve le domaine durant 20 ans. Le , le Cavalier Bernin vient visiter Meudon. Louis-François Servien est finalement contraint financièrement de vendre le domaine de Meudon à Louvois en 1679. Déjà un an plus tôt, en 1678, des membres de l'Académie d’Architecture vinrent visiter Meudon, et constatèrent que « ce qui a esté fait de neuf au château du côté du jardin du temps de M. Servien est fort ruiné, principalement la corniche du pavillon du milieu ». (P. V. I. 193).

La Grande Terrasse du côté de l'entrée, pour admirer la vue sur Paris

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Vue depuis l'entrée de la Grande Terrasse de Meudon, XVIIIe siècle

On doit aussi faire une mention spéciale à la Grande Terrasse du château de Meudon, réalisée par Abel Servien. C'est une oeuvre colossale, puisqu'il a été obligé d'engloutir un tiers du village de Meudon pour créer une majestueuse ouverture sur l'entrée du château. Il fallait en effet dégager l'entrée, surtout avec un nouveau gros pavillon central qui se devait d'être vu de loin. C'est pourquoi Servien n'a pas hésité à déplacer un tiers du village de Meudon, en contrebas, pour permettre cette construction monumentale, toujours conservée. Aujourd'hui, il s'agit de l'espace que l'on appelle la terrasse de l'Observatoire, où les meudonnais vont faire leur sport ou se promener.

Cet ouvrage a consisté à engloutir le creux qui se situait devant le château. En effet, on arrivait au château en empruntant des ruelles étroites qui montaient énormément pour aboutir à la ruelle de Beauvais qui offrait enfin la vue sur l'entrée du château. Mais Servien voit grand : il va faire rejoindre la butte naturelle de Meudon, celle du castel du Moyen-Age, pour rejoindre la petite coline située au nord, en face, de l'autre côté du creux du village. Tout cela pour permettre d'obtenir une promenade magistrale, d'où la vue sur Paris était la récompense.

Comparaisons entre Meudon et Vaux-le-Vicomte : les châteaux des deux surintendants

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Vue depuis les hauteurs du parc du château de Meudon, par Langlacé, début XIXe, musée d'art et d'histoire de Meudon

Meudon et Vaux-le-Vicomte sont les deux chantiers en parallèle des deux Surintendants des Finances, Abel Servien et Nicolas Fouquet.

Si l'on compare généralement les deux sites, Vaux ne peut pas rivaliser avec Meudon pour une raison principale : Meudon possède un vue exceptionnelle sur Paris et toute l'Ile-de-France, jusqu'au donjon de Vincennes, quand Vaux n'a malheureusement aucune vue sur les lointains, puisque son site est encaissé. Meudon, situé entre Paris et Versailles, et qui possède la Seine à ses pieds, bénéficiait en soi, par la Nature, d'un privilège que ne pouvait pas obtenir Vaux. C'est pourquoi Fouquet s'est concentré sur un dispositif architectural exceptionnel, le château avec son salon ovale, la théâtralisation de l'ensemble des constructions depuis le bout du jardin etc. Il devait compenser un site neutre, sans vue, encaissé, et qui avait comme privilège principal sa proximité avec Fontainebleau, mais sans vue sur la Seine ni la capitale.

Mais Meudon et Vaux possèdent également certaines similarités qu'il faut relever, les chantiers étant concomitants. Les deux bâtiments sont d'une taille différente : Meudon possède deux ailes en retour, ce qui lui donne une ampleur plus importante. A Vaux le château est massé sur lui-même, et les deux ailes sont finalement les communs qui "s'ajoutent" au bâtiment principal depuis le bout du jardin. Vaux ne possède pas de galeries, puisque Fouquet a déjà deux galeries au château de Saint-Mandé.

Comparaison à la même échelle des plans du château de Meudon et du château de Vaux.

Les façades de Meudon et de Vaux sont comparables en ce qu'elles sont composées d'une répartition tripartite des toitures, typique des châteaux français. A Meudon, le gros pavillon est octogone, à Vaux, l'ovale parfait de la coupole ajoute un éclat incomparable. Le socle du château de Vaux lui donne aussi une légèreté et une grande majesté. Meudon est de même situé sur un socle, mais cela ne se voit qu'au bout du tapis vert, quand on peut embrasser tout le site : alors, c'est l'Orangerie de Meudon qui sert de socle monumentale au château, qui lévite comme dans les nuages sur la "Montagne".

Le vestibule de Meudon était décoré avec faste de grandes colonnes de marbre noir, et d'ordre corinthien (voir ci-dessus). Le vestibule de Vaux était tout en stéréotomie de pierre, sans marbre, d'ordre dorique/toscan. Le Vestibule de Meudon était donc indéniablement plus riche que celui de Vaux.

Dans les deux châteaux, il faut noter la présence de deux salon ovales, imités sur le grand salon ovale du château du Raincy réalisé pour Bordier. Celui de Meudon est situé au premier étage, au-dessus du grand vestibule. A Vaux, le vestibule précède le salon, dont la perfection architecturale dépasse incontestablement celle du salon de Meudon. Mais les volumes des deux pièces est assez similaire. Mais la richesse du décor de Vaux, réalisé d'après les dessins de Charles Le Brun, que l'on songe aux sculptures de l'attique, est beaucoup plus importante et sans équivalent.

Le confessionnal de Vaux est similaire à la loggia située au-dessus de l'orangerie de Meudon. L'Orangerie de Meudon possède d'ailleurs une monumentalité que l'on retrouve à Vaux dans l'échelle des Grottes du bout du jardin. Mais à Vaux, le terrain est quasi tout plat, tandis que Meudon possède l'avantage incontestable de sa situation tout en hauteur, et de sa vue éblouissante sur Paris.

Dans les jardins, le vocabulaire employé était similaire. Un grand miroir d'eau, dit le Grand Carré à Meudon, avait été tracé au milieu du grand axe, pour refléter le château et la nouvelle Orangerie monumentale lui servant de socle. A Vaux, le grand miroir d'eau situé après les parterres et allée d'eau, servait aussi de reflet de la composition. Mais la topographie entre les deux sites était fort différente. On retrouvait un dispositif similaire en ce qui concerne la grille d'eau : A Vaux, la grille d'eau est entourée de riches cascades, similaires à celles que l'on devait avoir dans les jardins du château du duc d'Epernon à Fontenay-Trésigny, en Seine-et-Marne. A Meudon, la grille d'eau était composé également de 11 jets d'eau qui formaient la grille et permettaient de séparer le jardin du parc sans avoir à recourir à un mur de clôture qui aurait gâchée la grande perspective et la vue sur l'étang de Chalais.

Description détaillée au temps de Louvois et de son épouse (1679-1695)

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Vignette de Pierre-Paul Sevin, décrivant sur la gauche Les Invalides, symbole des armes, et sur la droite le château-vieux de Meudon, symbole des Arts, vers 1690, avec, au centre, les armes des Le Tellier.

Pour le puissant ministre, qui se faisait appeler « M. de Chaville » dans sa jeunesse, la situation de Meudon est idéale, à proximité de Versailles et de Chaville où se trouve la propriété familiale, qui a été reconstruite par son père, Michel Le Tellier. Louvois, qui obtient la surintendance des bâtiments en 1683, se lance alors dans une série d'aménagements grandioses.

Louvois acquiert Meudon en 1679. Pendant dix ans, jusqu'à sa mort en 1691, il va faire de Meudon sa passion personnelle. Il y résidait pour y travailler sans donner d'audience. Louvois fait reprendre les façades du château, avec une belle balustrade de ferronnerie et terrasses avec colonnades, il fait creuser les douves, aménage les communs de la cour des Offices et fait construire le chenil à l'entrée de la Grande Terrasse[41]. Le potager de Meudon est créé en contrebas de l'avenue du château.

Architecture du château-vieux, et création des fossés

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L'entrée du château de Meudon au temps de Louvois, vers 1685

Louvois fait enrichir la façade du château de bustes et de balcons sur colonnes, en marbre gris et rose. Le ministre réalise à Meudon pour lui ce qu'il fait pour Louis XIV à Versailles en qualité de surintendant des bâtiments du roi. A cette époque, dans ses années 1680-1690, Louvois est considéré pratiquement comme le favori de Louis XIV. Les embellissements de Meudon sont donc l'image de cette proximité avec le monarque. Louvois est celui qui tient la main de Louis XIV lors de la "Grande Opération", c'est dire sa proximité avec le roi.

Un changement important, qui n'a pas demandé trop de frais, est la création des deux fossés devant le château-vieux, qui permettent de sécuriser les lieux tout autant qu'ils donnent une assise à la vue du château quand on entre dans la cour. Ce tracé des fossés, réalisé par Jules Hardouin-Mansart, sera repris pour l'entrée du Grand Trianon à Versailles. Une magnifique grille est alors réalisée, au centre des deux fossés, offrant une entrée théâtralisée dans la cour du château-vieux.

Il réaménage les appartements de la Grotte pour pouvoir y reçevoir et loger des invités. Louvois a pour grand ami Honoré Courtin, qui loge dans l'hôtel dit Courtin, situé en contrebas du château et de l'Orangerie.

Intérieurs de Meudon au temps de Louvois

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Louvois.
Distribution du rez-de-chaussée de Meudon après la mort de Louvois, 1695.
Distribution du premier étage du Château-Vieux après la mort de Louvois, 1695.

Il fait enrichir la façade du château de bustes et de balcons sur colonnes, en marbre gris. Il redécore somptueusement tout l'intérieur. Il fait poser des boiseries en 1684. Au-dessus des portes, figurent des peintures de fleurs dans le style de Jean-Baptiste Monnoyer, un cabinet présente des miniatures des bosquets de Versailles, peintes par Cotelle, sans doute un cadeau de Louis XIV en 1688 pour remercier son ministre du parfait achèvement du Trianon de marbre. La grande galerie, qui occupe toute l'aile droite au premier étage, est ornée de 12 toiles de Van der Meulen ou de Martin, sur les grandes batailles du règne.

Acis et Galatée, par Charles de La Fosse, tableau placé par Louvois à Meudon (inventaire de 1691).

Nicodème Tessin le Jeune a pris soin de noter les faits suivants, lors de sa visite au château, en 1687[44] : « A Meudon, je suis allé avec un gentilhomme gascon (qui a dessiné toutes les vues d'Egypte, du nom de M. Le Cas) et avec M. Silvestre. Les vues, dont j'ai quelques unes, permettent d'en connaître les choses les plus importantes. La plus remarquable dans la maison était le plafond peint directement à l'huile sur la voûte par M. de La Fosse. Aux quatre angles de la composition, simulant le stuc, se trouvaient peintes deux figures assises et deux figures debout. Dans les coins et entre les statues, il y avait comme un œil-de-bœuf, car on y apercevait le ciel. À côté des figures et pour les faire d'autant mieux ressortir, il y avait partout de riches tapis de différentes couleurs et, entre le premier et l'autre angle, de grandes ovales, au centre desquels étaient représentés des sujets de Pandore. À côté d'eux, Mercure était particulièrement bien peint. La voûte s'étendait au-dessus de la corniche supérieure et l'ombre là-dessous faisait un très bon effet. Les grands listels de stuc tout autour étaient entièrement dorés. La chambre contiguë doit avoir également été peinte par lui Charles de La Fosse. En haut, dans la salle ovale, les glaces faisaient très bien. Elles étaient disposées circulairement et étaient aussi hautes que les cinq fenêtres. Il n'y avait en dessous qu'un boiserie d'une demi-aune de haut. Dans chaque panneau se trouvaient juxtaposées trois glaces, d'environ 6 qv. de haut et, lorsqu'on se plaçait au centre du panneau, on pouvait se voir dans les trois glaces à la fois. La galerie était joliment décorée avec une quantité de tables de jaspe, de bustes, etc., et toutes les actions du Roi devaient y être peintes par Van der Meulen ; deux étaient déjà achevées. A un bout de la galerie, il y avait un salon, dans lequel la table et tout le panneau compris entre les deux fenêtres étaient garnis avec du verre de miroir, et l'ouverture des portes était si grande que lorsqu'on se tenait au loin, on pouvait presque voir l'ensemble de la galerie. Il y a là, en outre, une profusion de belles, très grandes glaces. Les meubles étaient fort beaux, mais non d'un goût particulier. Tous les hivers on les retire à cause de l'humidité du sol. » « En dessous, dans la propre chambre de M. de Louvois, il y avait trois tuyaux de cuivre qui laissaient passer à volonté de la chaleur. Cette chaleur venait d'un poêle de cuivre placé dans la cheminé de la chambre voisine. Un tuyau d'aération passant sous le vestibule arrivait à cette cheminée, pour ensuite distribuer la chaleur, lorsqu'on ouvrait la fenêtre de cette chambre (comme la "machine à donner de la chaleur" à Versailles). Soutenue à l'un des côtés de l'écurie par des piliers de pierres ou de contreforts, la maison est extérieurement en très mauvais état. Le site est accidenté au possible, mais néanmoins très agréable. L'allée centrale, en bas, dans le jardin devant les terrasses, est recouverte d'un gazon de 70 aunes de large ; ensuite, au milieu d'une allée de sable de 8 aunes de large, se trouvent des épicéas et d'autres arbres ; ensuite, de deux côtés, un nouveau gazon de 9 aunes et de nouveau une allée sablée, avec des arbres, de 8 aunes de large. Le parterre de M. Le Nostre, au milieu, devant la grotte que j'ai dessinée, est très joli, de même les deux "embroiderie" au centre devant la maison, avec les deux vases de marbre et les statues de marbre autour du bassin ovale, à main maçonnés comme des tuiles ne faisaient pas un mauvais effet. J'ai également dessiné là-bas les caisses des orangers, en les prenant séparément. Ce jardin est entouré, ainsi que le parc, d'un mur d'au moins 7 milles de circonférence. Au bas du jardin se trouvait une autre maison de plaisance assez grande, que M. de Louvois avait achetée à vie pour M. Courtin ».

Les reines de Perse aux pieds d'Alexandre, Pierre Mignard. Musée de l'Ermitage, Saint-Petersbourg, Russie (298 x 451 cm). Ce tableau concurrence le même sujet peint par Charles Le Brun. La grande toile de Mignard fut placée au château de Meudon au temps de Louvois, puisqu'elle vantait Héphestion, le favori d'Alexandre, parallèle avec Louvois qui était le principal ministre de Louis XIV.

Louvois soutenait le peintre Pierre Mignard, grand rival de Charles Le Brun. On sait que les deux peintres se détestaient. Louvois, à la mort de Colbert, favorisa Mignard, et Le Brun se vit quelque peu délaissé au profit du peintre romain. C'est pourquoi Louvois fit installer à Meudon un grand tableau de Pierre Mignard, qui voulait rivaliser avec le chef-d'oeuvre de Le Brun, les reines de Perse aux pieds d'Alexandre. Le tableau de Mignard trônait certainement dans la salle du Conseil (antichambre du Roi), c'était un symbole politique fort pour le ministre, qui était représenté tel Héphaestion dans le tableau. Mme de Louvois, son épouse, pouvait même être reconnue dans le personnage féminin avec une robe verte, en bas à droite.

Mais l'art de Charles Le Brun était bien présent avec les tapisseries de l'histoire de Méléagre, disposé dans la chambre de la reine, et donc visibles par tous en allant du salon des Maures à la galerie dorée des batailles (Van der Meulen, élève de Le Brun). L'art de Charles Le Brun était donc plutôt présenté dans les salles officielles de parade, et les tableaux de Mignard dans l'appartement du Roi.

Restitution des intérieurs au temps de Louvois (1691)

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Une évocation et même une restitution des intérieurs du château au temps de Louvois est possible en exploitant l'inventaire après décès du ministre, 1691. Les tableaux étaient surtout des dessus-de-porte de fleurs et fruits. Des tapisseries, des tissus damassés, de nombreuses chaises, fauteuils, grands lits, girandoles etc. Meudon était avant tout un décor fastueux, mais aussi décor politique où le discours était tourné vers la gloire du roi et donc aussi celle de Louvois qui agissait en coulisses. Tout le mobilier est décrit précisément pour chaque pièce et bien localisé. Par contre, pour les tableaux, on ne sait exactement où ils se situaient dans le château, encore que la description des oeuvres suit un parcours qu'on peut comprendre, qui commence par le salon des albanes et se poursuit dans l'ordre, ce qui peut permettre d'en mieux comprendre les localisations. Par exemple, le grand tableau de Charles de La Fosse, Coriolan, peint pour Louvois, a été placé dans la chambre de la Reine, à l'emplacement du lit retiré en 1683 à la mort de la souveraine.

Au rez -de-chaussée, l'appartement de Mme de Louvois en bas était situé après le grand vestibule. De l'autre côté, l'appartement du frère de Louvois, archevêque de Reims. C'est pourquoi sa chambre était de couleur violette, qui rappelait la teinte du camail d'archevêque. L'appartement de Nicolo était l'ancien appartement du duc d'Anjou au temps de Servien, et futur Grand Appartement du Grand Dauphin. Le cabinet d'angle servait manifestement de salon des jeux pour les soirées du cercle de Louvois à Meudon. En effet l'inventaire décrit six tables qui sont des tables de jeux. On y trouvait également 8 girandoles ce qui prouve que la pièce était occupée principalement en soirée, pour l'éclairer.

Au premier étage, après le grand salon ovale, dit des Maures, se trouvait l'appartement du Roi, à gauche en entrant dans le grand salon ovale. L'antichambre servait de salle du Conseil, tandis que le cabinet d'angle (futur cabinet des glaces du roi au temps du Grand Dauphin) paraît avoir été boisé et doré. Cette pièce d'angle, qui disposait d'un balcon avec une vue sur Paris, était enrichie d'un riche mobilier. Ensuite on trouvait l'appartement de Mme de Louvois du premier étage. Son cabinet était fort original : son mobilier était "à la turque", c'est à dire avec des tissus ottomans richement brodés de fils d'or et d'argent, avec des teintes violettes qui étaient reprises dans les deux guéridons et la table de porphyre.

C'était également au premier étage qu'étaient disposées les riches tapisseries de Louvois et de son épouse, le ministre en étant un bon connaisseur comme il le dit lui-même. Louvois n'avait pas de goût particulier pour la peinture, il s'est même fait arnaquer par Hérault, qui lui a fourni des copies d'après les chefs-d’œuvre des peintres bolonais ou de Raphaël, sous la supervision de Pierre Mignard.

Louvois fit entreprendre les dernières années de sa vie le décor majestueux de sa galerie de Meudon. Elle était toute dorée et était un modèle réduit de la galerie des glaces de Versailles, dont il supervisait aussi le chantier. De l'or à profusion, beaucoup de sculptures au-dessus de la corniche comme à Versailles, des niches, pilastres dorés, tableaux de batailles, etc. La pièce la plus grande du château, et qui servait à célébrer la gloire de Louis XIV tout autant que celle de Louvois lui-même. Il y fit placer beaucoup de bustes antiques, ce qui en faisait une galerie des antiques, ainsi que le décrit son inventaire après décès de 1691. (voir la restitution de la galerie ci-dessous au chapitre "Grand Dauphin").

Restitution de la coupe de la Galerie du château vieux de Meudon, créée par Louvois, ici avec le mobilier vers 1700.

Jardins de Meudon au temps de Louvois, et vues d'Israël Silvestre

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La grande perspective des jardins de Meudon, au temps de Louvois, vers 1685
Anne de Souvré, Mme de Louvois à Meudon. Musée de Versailles. On découvre à l'arrière le parterre et la Grotte.

À l'extérieur, Louvois fait réaliser de vastes travaux hydrauliques, la plupart souterrains et invisibles, pour alimenter les plans d'eau du parc, et permettre les jets d'eau les plus spectaculaires. Il fait récolter les eaux de pluie par des systèmes de rigoles et d’aqueducs souterrains, qui les amènent dans plusieurs réservoirs situés dans les jardins hauts. Et ensuite, la gravité fait la totalité du travail par gravitation, du fait de la topographie en pente des lieux.

Le parc haut est développé, tandis que Le Nôtre travaille sur les jardins sans discontinuité durant toute la décennie 1680. Ce dernier crée pratiquement la totalité des jardins bas, invente de nouveaux bosquets et parterre, dont celui devant la Grotte. Louvois fait également aménager un grand potager le long de l'avenue du château, afin de subvenir aux besoins du château ; potager qui prendra par la suite le nom de «potager du Dauphin ». En somme, il réalise à Meudon tout ce que Louis XIV réalise de manière plus spectaculaire encore à Versailles au même moment. Et il demande à Israël Silvestre, maître à dessiner du dauphin, de graver l'ensemble du domaine, ce que réalise Silvestre au moyen de plusieurs estampes fort spectaculaires, parmi les plus soignées de son œuvre.

Silvestre dessine et grave la vue du côté de l'entrée, depuis le début de la grande terrasse : le château trône tout au bout en majesté. L'espace est totalement dégagé pour cela.

Une autre vue nous présente la grande perspective depuis le haut de l'Orangerie. La vue suivante est complémentaire : elle nous présente cette même grande perspective mais de l'autre côté, au niveau du futur tapis vert créé par Louvois. L'aspect monumental saute aux yeux. Deux autres gravures concernent la Grotte. D'une part, la vue depuis la Grotte sur le parterre géométrique d'André Le Nôtre et la vue dans le lointain sur le village de Meudon et Fleury et la colline de Clamart. L'autre vue est prise en regardant la Grotte restaurée. On y découvre le riche parterre de broderies. Silvestre ajoute un cintre de treillage à hauteur d'appui, uniquement pour animer sa composition. La plus poétique de toutes les vues, et qui est celle qui nous fait si bien comprendre l'originalité de Meudon, c'est la vue prise depuis la colline de Fleury, en face, en étant aujourd'hui placé à Clamart. De là, tout le site est compris : le château est situé sur une hauteur éminente, et tous les jardins bas s'animent à ses pieds. Ces vues sont fort précieuses pour bien comprendre l'état de splendeur atteint par Meudon à la fin du XVIIe siècle. Les dessins originaux de ces gravures sont conservés au musée du Louvre, cabinet d'art graphiques[45].

Dans les jardins bas, après le bois de Lamet, un dispositif spectaculaire est créé de toute pièce par André Le Nôtre pour Louvois. Il s'agit de la "Pièce de Monsieur Le Nostre", ou bassin des sept jets. Le jardinier créée d'abord un bassin octogone avec 5 jets, lequel répond avec un grand miroir d'eau situé tout en contrebas, dans le vallon du ru d'Arthelon. Les 5 jets d'eau du bassin octogone s'entremêlaient avec les 7 jets du fond du miroir d'eau. Ce grand bassin miroir, de 50 mètres de long, était animé par sept grands jets qui structuraient l'espace, chacun pouvant monter à au moins 10 mètres de haut, avec pour fond la forêt du côté de Clamart, le coteau remontant derrière. Tout était naturel dans cette composition, mais elle créait un sentiment de grandeur et de puissance, en fonction des contraintes de la topographie des lieux. Ce complexe sera embelli et enrichi par le Grand Dauphin, qui voudra ajouter deux cascades de part et d'autre, ainsi qu'un grand Vertugadin dans le fond, pour dégager la vue. Ces lieux étaient symptomatiques du côté naturel des jardins de Meudon. Pas de cascades trop riches, pas de colifichets, mais une gestion de l'espace grandiose mais avec un respect total de la Nature.

Schéma du terrassement du Tapis Vert de Meudon, par Louvois, 1680-1690

Louvois entreprend des travaux de terrassements titanesques dans la forêt : il rajoute des allées rectilignes, dans un site escarpé, pour pouvoir chasser de la manière la plus agréable. Tous ces terrassements sont considérables, et sont toujours conservés sur site, du fait de leur monumentalité. Quand le promeneur se ballade en forêt de Meudon, il oublie que cette forêt est artificielle, que les allées sont fortement terrassées, nivelées pour que tout paraisse bien droit. Un terrassement spectaculaire est aussi celui réalisé dans le cadre de la création du Tapis Vert, qui vient parachever la vue de la Grande Perspective. Louvois, sur les conseils d'André Le Nôtre, fait aménager la coline qui remonte sur le plateau de Vélizy (Meudon-la-Forêt). Une grande ligne droite de pelouse, encadrée par deux allées majestueuses, toujours conservées, offrent un cadre somptueux quand on va chasser au bout du parc. La vue sur le château et l'Orangerie en ressort puissamment renforcée.

Fêtes et divertissements à Meudon au temps de Louvois

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Louvois chassant à Meudon, vers 1685. Musée de Versailles.
Restitution de la collation donnée à la reine Marie-Thérèse par Louvois en juillet 1681 à Meudon.

En , la reine de France, Marie-Thérèse, vient visiter Meudon, où « Mr de Louvoy eut l’honneur de [la] servir » (d’après le Mercure Galant de ). Le , Louvois fait préparer une grande fête à Meudon, en l'honneur de Monsieur, frère du roi, et de Madame, son épouse, propriétaires du château voisin de Saint-Cloud.

Surtout, le , Louis XIV, Monseigneur le Dauphin, la Dauphine, Monsieur et Madame, « accompagnez de la plus grande partie des Princes et des Seigneurs de la Cour », viennent à Meudon, où Louvois traite le roi et toute la Cour « avec beaucoup de magnificence ». Il fut donné « une magnifique collation, pendant laquelle tous les violons et hautbois de l’Opéra jouèrent des airs de la composition de Lully » (…) « Mais M. de Louvois eut le chagrin de voir qu’il plût pendant tout le temps que le roi fut chez lui ». Seignelay réussit beaucoup mieux sa fête au château de Sceaux.

En 1686, une réception est encore donnée à Meudon, en l'honneur des ambassadeurs de Siam, qui découvrent tant les jardins que le château. Louvois n'est pas présent pour les recevoir puisqu'il est à Maintenon avec le Roi, pour suivre les travaux du canal de l'Eure. Le , Louvois reçut une nouvelle fois Monsieur à dîner à Meudon. Le , deux semaines avant la mort soudaine de Louvois, « Monseigneur alla se promener à Meudon avec madame la princesse de Conty ; ils firent collation au château, et se promenèrent longtemps dans le parc et dans les jardins » (Dangeau).

Description détaillée du domaine au temps du Grand Dauphin (1695-1711)

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Le Château Vieux

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L'entrée du château de Meudon, Pierre-Denis Martin, 1723
Restitution 3D du château-vieux de Meudon à son apogée, vers 1704. Franck Devedjian et Hervé Grégoire, 2012.

Il faut bien considérer le château-vieux de Meudon comme le principal bâtiment où logeait et vivait le Dauphin et la Cour à Meudon. Ce n'est que tardivement que le château-neuf sera achevé, le Grand Dauphin n'en profitant qu'une ou deux années tout au plus, juste avant sa mort prématurée. C'est le château-vieux disparu qui était l'emblème de Meudon, depuis le XVIe siècle et jusqu'à sa destruction à la Révolution. Le bâtiment avait fait l'objet d'embellissements successifs sans discontinuité par tous les propriétaires du domaine, Antoine Sanguin, qui avait créé le corps central initial, la duchesse d’Étampes, qui fit les si importants agrandissements des deux ailes en retour, le cardinal de Lorraine qui y résidait et créa la Grotte voisine, les Guise, les ministres Servien et Louvois. Meudon, après tous ses embellissements et possesseurs prestigieux, ne pouvait que revenir à la Couronne, du fait de la splendeur du site.

Pièces du rez-de-chaussée

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Distribution du rez-de-chaussée du Château-Vieux en 1700.
Le « Grand Appartement » de Monseigneur
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Celui-ci constituait le logement principal du fils de Louis XIV à Meudon, au rez-de-chaussée de l'aile Est du Château-Vieux. Il fut conservé intact tout au long du XVIIIe siècle.

Dans sa configuration définitive, à partir de 1701, il se composait successivement :

  • d'une salle des gardes ;
  • d'une salle à manger, égayée de 4 toiles à sujet bachique ;
  • d'un salon du billard, ornée de 4 toiles ovales à sujet mythologique ;
  • d'une antichambre ;
  • de la chambre du dauphin, où il est mort le 14 avril 1711 ;
  • d'un cabinet d'angle ;
  • d'une petite garde-robe boisée à la Capucine ;
  • ainsi que d'un petit Entresol, boisé à la Capucine ;
La salle des gardes
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Restitution de la salle des gardes du Grand Appartement du Grand Dauphin au château-vieux de Meudon, 1701.

Blondel précise dans son Architecture Françoise :

« On appelle Salle des Gardes, dans une Maison Royale, une grande pièce où se tiennent les Gardes du Prince, & contre les lambris de laquelle sont attachés des porte-mousquetons, pour déposer les armes ; on place aussi dans ces sortes de lieux des tambours, qui sont des espèces de tables sur lesquelles se font les décomptes, & dont le dessous reçoit pendant le jour les lits où les Gardes du Corps prennent leur repos durant la nuit. Ces pièces doivent être spacieuses, fort élevées, avoir de grandes cheminées, & être décorées avec simplicité. Voyez celles de Versailles, de Meudon, du Château des Thuileries, &c ». »

Le Grand Dauphin a failli être enlevé en 1707 par le parti ennemi. Heureusement, c'est le carrosse de Monsieur le Premier, qui revenait de Meudon à Versailles qui a été pris pour celui du dauphin. La sécurité des membres de la Cour était donc un sujet de premier ordre.

La salle à manger du Dauphin (à partir de 1700)
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Restitution de la salle à manger du Grand Appartement du Grand Dauphin au château de Meudon, vers 1701. Etat jusqu'en 1792.

L’inventaire de 1775 indique que la pièce est, depuis les travaux d'agrandissement de 1700, « boisée de hauteur à cadres dorés, corniche de même, cheminée de marbre vert campan…». En 1700, Monseigneur commande à quatre peintres différents des toiles à sujet « bachiques ». Les mêmes artistes travaillent alors pour orner le grand salon du château de Marly.

  • De Charles de La Fosse (1636 – 1716) : Le triomphe de Bacchus, « porté sur un éléphant, ayant son tyrse à la main droitte, plusieurs Baccantes autour portant des instruments ; sur le devant du tableau il y a deux enfants dont l’un est monté sur un tygre, sur la gauche on voit Silène à la renverse. » (Musée du Louvre, INV. no 4537). C’est la représentation, après l’expédition mythique de Bacchus en Orient, de son retour triomphal vers la Grèce. Les mesures de la toile sont de : 4 pieds 9 pouces sur 4 pieds 3 pouces, de nos jours H. 1,57 m. ; L. 1,35 m.
  • De Jean Jouvenet (1644-1717) : La naissance de Bacchus, « Mercure qui s’envole après l’avoir remis dans les mains des Nimphes. » Ce premier épisode de la vie de Bacchus se rapporte à la légende de Sémélé, sa mère, qui fut aimée de Jupiter, et dont Junon obtient, par malice, le foudroiement. Les mesures du tableau sont de 4 pieds 9 pouces sur 4 pieds 1 pouce.
  • De Bon Boullogne (1649-1717) : Vénus, Bacchus et Cérès, savoir « Un passage d’Horace qui dit que sans la bonne chère Vénus se refroidit ; sur la gauche du tableau on voit Baccus qui presse une grape de raisin dans une coupe qu’une Flore tient ; auprès d’elle, une Cérès qui la regarde ; dans le fonds, sous une treille, il y a buffet dressé ; dans le milieu du tableau, en bas, il y a deux petits enfans qui semblent demander à boire, ils sont couchés sur un tigre ». Ce tableau est conservé au Musée du Louvre où il s’intitule « Bacchus et Ariane ». Il est également appelé dans les inventaires anciens Bacchus et Ariane, Bacchus et Erigone ou Bacchus, Flore et Cérès. Envoyé au Muséum central à la fin de l’an II, il avait perdu son attribution mais était resté au Louvre où on le retrouve parmi les anonymes de l’École française (Inv. 8608). Il est à restaurer. Les mesures de la toile : 4 pieds 9 pouces sur 4 pieds 1 pouce.
  • Et d’Antoine Coypel (1661-1722): Silène barbouillé de mûres par la nymphe Eglé. Le thème de cette œuvre est de la plus grande rareté. Il est tiré d’un épisode des Eglogues de Virgile, le numéro 6 intitulé « Silène », où Virgile écrit : « et, au moment que le vieillard ouvre les yeux, elle lui rougit le front et les tempes du jus sanglant de la mûre. ». C’est que Silène, endormi dans une grotte à la suite de ses habituelles beuveries, est surpris par deux satyres et par la nymphe Eglé, pour lesquels il avait promis de chanter. Les deux satyres se saisissent de Silène, qu’ils attachent à l’aide de tiges de lierre, tandis que la belle Eglé lui rougit le visage de mûres qu’elle écrase afin de lui arracher, sous la menace, la réalisation de sa promesse. Les mesures : 4 pieds 9 pouces sur 4 pieds 1 pouce. Le tableau a été sensiblement rogné au XIXe siècle. Il est conservé au musée des Beaux-Arts de Reims, INV. D.872. 2. 5. (mesures de 1,49 m. de hauteur sur 1,16 m. de largeur).
Le salon du billard
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Restitution du salon du billard du Grand Appartement du Grand Dauphin au château de Meudon, 1701.

À partir de l'année 1700, l'ancien escalier de Louvois et Jules Hardouin-Mansart est condamné pour créer une enfilade de pièces, dont le « salon du Billard ». L’inventaire de 1775 indique que la pièce est « boisée de hauteur, à cadres dorés, corniche dorée, cheminée de marbre gryotte ». Monseigneur commande pour cette pièce une série de peintures en dessus de porte, de même taille et de forme ovale. Il s’agit :

  • De Charles de La Fosse : Hercule entre le Vice et la Vertu ; « dans le haut du tableau la Sagesse qui est représentée par Minerve, dont un enfant porte le bouclier, montre du doigt à Hercule le temple de Mémoire placé sur la gauche. H. 4 pieds 10 pouces ; L. 3 pieds 5 pouces ; ovale. Dessus de porte. Salle de Billard. » Pour l’exécution de cette œuvre, Charles de La Fosse a été payé en deux fois, 600 livres en 1700 puis 200 livres en 1701, « pour parfait paiement de 800 livres pour le tableau qu’il a fait à Meudon représentant Hercule ». (CBR t IV col 675). Le tableau, peint en 1700, avait un format de 3 pied 10 pouces2 sur 3 pied 5 pouces. Villot a correctement identifié le tableau de Meudon avec une toile, devenue rectangulaire, déposée au musée de Nevers en 1872 (Inv. Villot, no 4538, 1,20 × 1,09 m).
  • De Jean Jouvenet : Latone et les paysans de Lycie, où l’on découvre « Latone avec ses deux fils demandant de l’eau aux paysans de Lycie qui luy en ayant refusé paroit dans une attitude de suppliante, levant les bras en haut, invoquant Jupiter qui les transforme en grenouilles ; dans le fond du paysage il paroit un troupeau de vaches passant sur le bord du marais ». Un exemplaire de cette œuvre est conservé au Musée d’Art et d’Histoire de Meudon, un autre, sans doute l’original, au château de Fontainebleau (CBR t. IV col 675). L’œuvre, ovale comme les autres tableaux, mesure 4 pieds de hauteur pour 3 pieds 6 pouces de largeur. Elle s’inspire directement de la sculpture centrale, en marbre blanc, de la fontaine de Latone des jardins du château de Versailles.
  • De Louis de Boullogne le jeune : Céphale et Procris « qui donne un dard à son mary ; elle a le bras gauche étendu et la main appuyée sur une levrette qu’elle semble caresser ; dans le haut du tableau, il paroit un Amour qui porte le flambeau de l’hymen. ». Après avoir été déposé à Compiègne (inv. 8676), le tableau a été envoyé en 1962 au musée de Saint-Étienne sous le titre : Vénus et Adonis, et attribué par erreur à Bon Boullogne. Sa forme ovale ancienne est bien visible. Le tableau a été fait et posé en 1700, comme David et Abigaïl commandé au même peintre. Sa taille est de 4 pieds de hauteur pour 3 pieds 6 pouces de large. Un dessin préparatoire est conservé au Cabinet des Arts Graphiques du musée du Louvre (Inv. 24961).
  • D’Antoine Coypel, alors le plus jeune peintre des quatre : Hercule ramenant Alceste des enfers ; hauteur 3 pieds 10 pouces ; largeur 3 pieds. Il s’agit d’ « Hercule rendant à Admète sa femme Alceste qu'il ramène des Enfers », tableau apporté à Meudon par Antoine Coypel lui-même. (CBR t IV col 675). Le tableau a été posé avant mai 1700 selon un mémoire cité par F. Engerand (Inventaires des tableaux du Roy …, Paris, 1899, p. 459). Charles-Antoine Coypel, le fils du peintre a montré la nouveauté de ces sujets littéraires. Pour exécuter la toile de Meudon, Antoine Coypel s’est fait traduire par Mme Dacier le cinquième acte de la tragédie d’Euripide. Le tableau est conservé au Musée d’Art et d’Histoire de Cholet. L’œuvre était anciennement intitulée « Hercule délivrant Thésée » ! En mai 1700, Antoine Coypel vient lui-même à Meudon faire installer son œuvre à peine achevée.
L'antichambre (ancienne salle à manger du Dauphin de 1695 à 1699)
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Restitution de l'antichambre du Grand Dauphin au château de Meudon, vers 1705.
Arabesques sur fond or par Claude Audran III, vers 1700. Archives des Arts décoratifs de Paris, inv. 5482 A. Pour la Ménagerie de Versailles ou l'appartement du Dauphin à Meudon.

L'ancienne « salle à manger de Monseigneur », qui possédait cette fonction en 1695, va devenir une véritable antichambre avec l’agrandissement de l’appartement. L'inventaire de 1775 indique : « Pièce éclairée de deux croisées, lambris d’apui à cadres dorés, corniche dorée, plafond en arabesque doré et peint par Audran». Dans l’Architecture Françoise, Jacques-François Blondel rappelle son admiration pour ces plafonds d'arabesques de Meudon, bien qu’il en condamne le style pour orner la demeure d’un prince :

« D’ailleurs l’on peut réduire ces ouvrages à des nuages avec des Génies, & à quelques belle grisaille qui en forme les extrémités ; décoration préférable à ces riches, mais peu vraisemblables peintures grotesques, dont on voit d’ingénieux desseins d’Audran, & qui sont exécutées avec un succès étonnant dans quelques appartements de Meudon, aussi bien que dans les plafonds & sur les lambris du Château de la Ménagerie : seul bâtiment où ce genre de peinture soit convenable ». »

L’inventaire de 1775 ajoute qu’on y trouve également une « cheminée de marbre vert Campan, le dessus de cheminée décoré en marbre de toutte la hauteur avec des paremens de bronze dorés d’or moulu, la glace en deux morceaux, le premier de 52 pouces de largeur sur 96 pouces de hauteur, le second de 52 pouces idem sur 26 pouces de hauteur. Deux tableaux au-dessus des portes de chacun 3 pieds 6 pouces de largeur sur 2 pieds 9 pouces de hauteur, représentants des fruits et des fleurs, peints par Batiste Fontenay ».

Dans cette antichambre, le dauphin va placer des tableaux de la collection offerte par André Le Nostre à Louis XIV en 1693, et que le roi mit à la disposition de son fils. Ces œuvres sont aujourd'hui conservées au musée du Louvre. Il y avait aussi des tableaux de Bassano, du Dominiquin etc, provenant des collections royales également. En somme, l'antichambre du dauphin était principalement constituée comme un cabinet des tableaux.

La chambre du Grand Dauphin
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Restitution de la chambre du Grand Dauphin au château-vieux de Meudon, vers 1705
Le Bacchus anciennement attribué à Léonard de Vinci, musée du Louvre, œuvre en place dans la chambre de Monseigneur en 1705.

Du temps de Louvois, cette pièce était la chambre de Nicolo, et disposait d'une alcôve. Le Grand Dauphin, quand il modifiera cette pièce, supprimera l'alcôve, et modifiera la cheminée, pour créer une magnifique cheminée de marbre et de bronze, à l'imitation de la cheminée de l'antichambre précédente, et de celle du grand cabinet d'angle ensuite.

L’inventaire de 1775 indique que la chambre du Dauphin possède des : « Lambris d’apui à cadres dorés, corniche dorée, plafond doré et peint en arabesques par Audran, cheminée de marbre serancolin, le dessus en marbre de brêche violette, le tout très ornée de bronze doré d’or moulu. (…) Deux tableaux en dessus de portes de 3 pieds 5 pouces sur 4 pieds 1 pouce de large représentant des fruits peints par Batiste ». C’est dans cette pièce que Monseigneur est mort le 14 avril 1711. Cette cheminée a excité la curiosité des chercheurs : la célèbre petite peinture conservée à Versailles, représentant « le Régent dans son Cabinet de travail avec le duc de Chartres » avait été considérée par Fiske Kimball comme représentant le Dauphin à Meudon. Certes, on y retrouve le type de meubles et de décors qui pouvaient orner le château. Mais Jérôme de La Gorce pose la bonne question en écrivant : « Cet intérieur a-t-il du reste vraiment existé ? N’est-il pas surprenant que la cheminée, le lambris à gauche de la porte et le bureau, c'est-à-dire la plupart des éléments du décor figurent de façon identique dans l’œuvre gravée de Bérain ? Le peintre, assez médiocre du reste, dont la carrière demeure obscure, n’aurait-il pas alors eu recours aux planches publiées par le dessinateur pour reconstituer un cadre digne des personnages qu’il représenta ?».

L’inventaire du mobilier de la couronne mentionne à l’année 1695 : « [n°]1615 – Un emmeublement [sic] de contretaille de velours rouge et satin jaune, brodé et lizeré d’argent, inventorié cy devant au {{n°|783}}, que l’on a rehaussé et accommodé pour servir à Monseigneur le Dauphin, à Meudon, consistant présentement en un lit complet, quatre fauteuils, huit sièges pliants, deux carreaux, deux portières, six feuilles de paravents, une chaise d’affaire et deux tapisseries ». Le prince fit placer un tableau précieux, alors considéré comme de Léonard de Vinci, le Bacchus ou Saint Jean-Baptiste du musée du Louvre, qui a été déclassé après restauration et enlèvement des vernis jaunis anciens qui cachaient la peinture. La toile fut placée en face de la cheminée, sur la paroi opposée. En outre, Monseigneur récupéra, pour sa chambre, le petit bureau d’ébène incrusté de cuivre et d’écaille qu’il avait acheté à Godron et qui comportait un plateau soutenu par huit cariatides de bronze avec, au milieu de la marqueterie, un amour sur une escarpolette. La pièce comprenait, outre ce bureau, une table et deux guéridons dont les tablettes étaient décorées de grotesques à la chinoise avec des personnages et des oiseaux.

Le cabinet d'angle
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Restitution du Grand Cabinet d'angle du Grand Dauphin au château-vieux de Meudon, 1701.
Le triomphe de Pandore, Charles de La Fosse. Vers 1685. Collection particulière. Modello pour le plafond peint pour Louvois. Monseigneur fera repeindre ce plafond, lui préférant les arabesques de Claude Audran III.

L’inventaire de 1775 indique que la pièce est ornée de « Lambris d’apui à grands cadres dorés, corniche dorée, plafond doré avec arabesques peints par Audran. Cheminée de marbre brèche violette, le dessus décoré en marbre de toute la hauteur avec des bronzes très riches en enfants et en ornements dorés d’or moulu (…) ». Comme pour les deux pièces précédentes, Audran a décoré d’arabesques le plafond de la pièce : « venu à Meudon le 22 avril 1699, le roi en est reparti le 24 ; le surlendemain, le 25 [sic] avril, Mansart reçoit de Monseigneur l’ordre de faire effacer les peintures du plafond de son cabinet d’angle, de l’ « imprimer de trois couches de blanc, et y peindre un plat-fond de Grotesques comme celuy de la chambre [du Dauphin] ». Le plafond qui fut alors effacé ne peut être que celui réalisé par Charles de La Fosse pour Louvois, ayant pour sujet Pandore, et dont le modello a été identifié par Clémentine Gustin-Gomez. On y trouvait en 1702 : « Dans le Grand Cabinet de Monseigneur : Cinq Porcelaines 630 Louis ; Deux Bronzes 180 Louis ». Stéphane Castelluccio a identifié ces deux bronzes comme étant Le Laocoon et les Lutteurs, pour lesquels Monseigneur commanda certainement leurs riches « pieds de marqueterie ». Enfin, l’inventaire du mobilier de la Couronne (Tome II, p. 434, 1697) indique sous le numéro : « 1768 – Quatre paillassons de couty rayé des deux costez remplys de laine, avec leurs cordons de fil de plusieurs couleurs, pour les croisées du cabinet de Monseigneur, à Meudon ».

Saint-Simon, décrivant la mort du Grand Dauphin, nous indique que c’est dans cette pièce, le 14 avril 1711 au soir, que se déroule la fameuse scène des allées et venues entre le « Cabinet » d’angle, où se trouve le Roi, et la chambre attenante où est en train d’agoniser Monseigneur : « Comme il [le roi] était près d'entrer dans la chambre, Mme la princesse de Conti, qui avait eu le temps d'accourir chez Monseigneur dans ce court intervalle de la sortie de table, se présenta pour l'empêcher d'entrer. Elle le repoussa même des mains, et lui dit qu'il ne fallait plus désormais penser qu'à lui-même. Alors le roi, presque en faiblesse d'un renversement si subit et si entier, se laissa aller sur un canapé qui se trouva à l'entrée de la porte du cabinet par lequel il était entré, qui donnait dans la chambre. Il demandait des nouvelles à tout ce qui en sortait, sans que presque personne osât lui répondre (…). Mme de Maintenon, accourue auprès du roi, et assise sur le même canapé, tâchait de pleurer. Elle essayait d'emmener le roi, dont les carrosses étaient déjà prêts dans la cour, mais il n'y eut pas moyen de l'y faire résoudre que Monseigneur ne fût expiré. Cette agonie sans connaissance dura près d'une heure depuis que le roi fut dans le cabinet. Mme la Duchesse et Mme la princesse de Conti se partageaient entre les soins du mourant et ceux du roi, près duquel elles revenaient souvent, tandis que la Faculté confondue, les valets éperdus, le courtisan bourdonnant, se poussaient les uns les autres, et cheminaient sans cesse sans presque changer de lieu ». »

Le cabinet des porcelaines du Grand Dauphin en entresol
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Proposition de restitution du cabinet des porcelaines en entresol du Grand Dauphin à Meudon, vers 1700.

Dans le petit entresol situé au-dessus de sa petite garderobe, le Grand Dauphin a fait aménagé une pièce totalement à l'abri des regards. Il y fit installer ses porcelaines, sur des consoles, dans tout le pourtour. Une cheminée avec un petit miroir était disposée au milieu de l'une des parois. La pièce était éclairée par le haut de la fenêtre du rez-de-chaussée. Une armoire centrale renfermait les objets les plus précieux. Tout le décor de cette pièce était boisé à la Capucine, avec de fines sculptures sur bois et doré. La corniche était cintrée comme en calotte. Un petit espace luxueux, où le prince pouvait se retirer seul.

L'appartement dit du duc et de la duchesse de Bourgogne
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Il se situait entre le Grand Vestibule et l'appartement de Monseigneur.

Cette enfilade de pièces constituait l'appartement principal d'Abel Servien, lequel y est mort dans sa chambre du rez-de-chaussée, en 1659.

Quand Monseigneur s'installa à Meudon, en 1695, il destina ce logement, voisin du sien, à Monsieur, qui l'occupa jusqu'à son décès en 1701. À partir de cette date, le logement fut occupé par le duc et la duchesse de Bourgogne, jusqu'à leur décès en 1712.

Le décor de ces pièces, ainsi que de tout le château, était celui qui précédait les décors des boiseries du château de Bercy.

La chambre du duc de Bourgogne
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Restitution de la chambre du duc de Bourgogne au château de Meudon, rez-de-chaussée, 1702.

La chambre du duc de Bourgogne était voisine du Grand Vestibule. Cette pièce, ancienne antichambre de l'appartement d'Abel Servien, a été cloisonnée et aménagée pour le duc de Bourgogne. De petits cabinets furent créés à l'arrière et en entresol, pour un confort plus important, ce qui sera systématisé tout au long du XVIIIe siècle dans les demeures françaises. Le plafond a dû être peint d'arabesques sur fond blanc par Claude III Audran. La cheminée était de marbre vert campan, surmonté de trois grands miroirs rectangulaires. Toute la pièce était boisée, avec des ornements richements sculptés, réalisés dans les années 1701-1702, quand ces pièces ont été créées après la mort de Monsieur, frère de Louis XIV, qui occupait ces lieux de 1695 à 1701.

La chambre de la duchesse de Bourgogne
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Restitution de la chambre de la duchesse de Bourgogne au château de Meudon, 1702

La chambre de la duchesse de Bourgogne était située juste après la chambre du duc de Bourgogne. L'inventaire de 1775 donne les mesures précises des miroirs, un au-dessus de la cheminée, fort haut, qui était cintré par le haut, et l'autre entre les deux baies, de trois miroirs rectangles. La vue donnait sur le parterre de broderies du château-vieux. Il ne semble pas que la pièce ait été dorée, car l'inventaire de 1775 ne le mentionne pas. Toutefois, la pièce était richement ornée de sculptures, étant boisée de toute la hauteur. Et il est dit que les ornements de la pièce devaient être fort travaillés. En effet, la duchesse de Bourgogne est alors considérée comme la future reine de France, et elle est la belle-fille préférée du Grand Dauphin, puisqu'elle vient fort souvent le voir à Meudon. Il semble s'être mieux entendu avec elle qu'avec son fils, le duc de Bourgogne, qui était plus sérieux et taciturne.

Le plafond a dû être peint d'arabesques sur fond blanc par Claude III Audran.

Les pièces du premier étage

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Distribution du premier étage du Château-Vieux de Meudon en 1700.

Le premier étage contenait les grandes pièces de réceptions, principalement le « Salon des Maures » et la galerie.

Le grand salon ovale, dit Salon des Maures
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Vue restituée sur le Salon des Maures de Meudon depuis l'entrée en haut de l'escalier.

C'est Abel Servien qui fait réaliser ce salon ovale, par l'architecte Louis Le Vau. Il s'agit de la pièce maîtresse du château, qui dispose de la vue sur le parterre et qui permet la distribution des deux côtés du château. Ce salon est édifié au même moment que celui de Vaux-le-Vicomte, pour Fouquet, et lui est similaire, bien que de taille légèrement plus restreinte, et d'une pureté moins grande. En effet, le salon ovale de Meudon est moins parfait et moins luxueux que celui de Vaux, car il n'y a pas de cariatides sculptées comme à Vaux dans l'attique. D'ailleurs, la coupole ne reçut aucun décor peint. A Vaux, c'est grâce au génie de Charles Le Brun que le décor du salon ovale fut si réussi et si riche, dans une perfection inégalée, le premier peintre du roi n'étant pas intervenu à Meudon au temps d'Abel Servien.

Gabriel Blanchard réalisa les douze grisailles sous la corniche, à propos desquels l'inventaire de 1733 indique : « Dans le meme Salon il y a douze tableaux peint en grisaille représentant les douze mois de l'année par des jeux d'enfants, ils sont de damoiselet [faux, de Gabriel Blanchard], et ne peuvent senlever de la place etant tous maroufles. ayant de hauteur deux pieds. de large 6 pieds 5 pouces ».

Louvois y avait fait placer douze termes en marbre de maures et de mauresques, dont 8 exemplaires sont aujourd'hui conservés au palais de Compiègne, après leur transfert tout à la fin du XVIIIe siècle. Le ministre fit également embellir l'attique, par l'ajout de sept tableaux de fleurs, peints par Monnoyer. L'inventaire des peintures de Meudon de 1733 donne leur description de la manière suivante :

1. « un vase d'or remplys de toute sorte de fleurs, posé sur un tapis bleu brodé d'or le fond du tableau est un ciel ».

2. « un vase d'or, ou plutôt manière d'agathe dont les anses sont d'or, remply de toutes sortes de fleurs un tapis derriere brodé d'or avec deux perroquets un Bleu, et l'autre jaune ».

3. « un vase à goderon d'argent garny d'ornement d'or remply de toutes sortes de fleurs un tapis derrière brodé d'or avec un perroquet rouge et vert ».

4. « un vase en forme de cuvette d'argent remply de toutes sortes de fleurs posé sur un tapis rouge brodé d'or avec un paon posé sur la cuvette ».

5. « un vase d'or garny de toute sorte de fleurs dont un pavot tombe avec une de ses feuilles sur le piedestal sur lequel le vase est posé ».

6. « un vase d'or posé sur une manière de piedestal remply de toutes sortes de fleurs avec un paon derrière le vase ».

7. « un vase d'or et argent posé sur un tapis bleu et or dont la doublure est cramoisy avec un singe qui tient une pesche ».

Chacun mesurant 5 pieds 3 pouces de haut sur 5 pieds 8 pouces de long.

L'antichambre dite des jeux (ou de Madame)
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Restitution de l'antichambre des jeux (ou de Madame) au premier étage du château de Meudon, vers 1705.

Après le Salon des Maures se trouvait toute une enfilade de pièces de réception, qui servaient de pièces pour les jeux, et, en quelque sorte, pour les soirées dites d'« appartement », comme à Versailles. La première pièce après le salon ovale était de plan carré. Elle disposait de deux fenêtres du côté du parterre. Monseigneur le dauphin placera contre les murs la tenture de l'Histoire du Roy, chefs-d'oeuvre de composition de Charles Le Brun, Premier peintre du Roi, pour faire plaisir à son père. On sait notamment que se trouvait dans l'une de ses deux pièces (antichambre et chambre) la tapisserie de l'audience du cardinal Chigi. La cheminée était en marbre de Sérancolin, surmontée d'un grand miroir en trois morceaux, le haut cintré. Les deux fenêtres donnaient sur le parterre du château vieux.

La chambre dite des jeux (ou de Madame)
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Restitution de la chambre des jeux (dit de Madame), 1er étage du château de Meudon, vers 1705.

La deuxième pièce était similaire à la première, et était également enrichie de tentures, les baies du nord étant bouchées à cette fin. La cheminée était en marbre griotte d'italie, avec une cheminée à la royale, en trois morceaux, le dernier en demi-cercle parfait.

On y jouait également aux « jeux » de Meudon, par exemple au lansquenet. Ce sont les pièces dites des soirées « d'appartement ». Quand le Dauphin est à Meudon, les soirées d'Appartement cessent à Versailles, pour se dérouler à Meudon avec les invités sur la liste que Monseigneur dresse avant tout séjour, comme le fait Louis XIV à Marly.

Il s'agissait de la chambre de Madame, épouse de Monsieur. Comme la pièce devait servir de pièce de soirée d'appartement, Madame a dû demander à obtenir un logement plus paisible, dans la petite pièce au bout de la galerie, après le salon des Albane (ancienne petite chapelle).

Le salon du Petit Pont
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L'Alexandre Mazarin, musée du Louvre.
Restitution du Salon du Petit Pont, château de Meudon, 1703.

Cette pièce d'angle constituait l'un des deux salons encadrant la galerie des batailles. Elle disposait d'un accès au « Petit Pont », qui menait directement vers la Grotte (puis le château-neuf) et les jardins hauts. Elle était boisée « en hauteur pour partie », ce qui signifie probablement que certains panneaux étaient entièrement boisés, ceux du côté sud, et d'autres recevaient uniquement un lambris bas d'appui, la partie haute étant destinée à receçoir des tapisseries, notamment de l'Histoire du Roy au temps du Grand Dauphin. Des miroirs étaient disposés entre les deux fenêtres, douze miroirs exactement. Il y avait également au temps du Grand Dauphin un grand trumeau au-dessus de la cheminée qui était en marbre de brèche violette. C'est le Dauphin qui fit changer cette cheminée et son décor avec un grand miroir dit à la royale. Le buste en porphyre d'Alexandre de Macédoine était placé sur la table située entre les deux fenêtres, que l'on voyait dans l'axe de symétrie de la galerie. La paroi des 12 miroirs reflétait d'ailleurs la totalité de la galerie dorée des batailles, ce qui devait offrir une vision époustouflante. On utilisait cette pièce comme un salon de passage ou de jeux. On voyait à travers les fenêtres les Berceaux de treillages et la Grotte, puis le Château-neuf après sa construction.

La galerie du château
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Restitution de la galerie du château-vieux de Meudon, mobilier vers 1710.
Essai de restitution de la vue sur la chapelle depuis le milieu de la galerie, vers 1710.
Les bronzes de la Couronne placés dans la Galerie de Meudon au XVIIIe siècle, avec leur numéro d'inventaire.

La galerie de Meudon disposait d'une superficie de 300 m2, mesurant près de 40 mètres de long pour la pièce principale (la galerie des glaces de Versailles mesure 73 mètres de long à titre de comparaison). Néanmoins, deux salons l'encadraient : le salon du Petit Pont, et, au Nord, le Salon des « Albane ». C'est Louvois qui la fit décorer sur le modèle de la galerie des glaces de Versailles : ce fut son dernier grand chantier dans le château qu'il affectionnait tant. C'était une réplique plus petite, mais le décor était tout aussi foisonnant, sculpté et doré. On possède en effet des devis des ornements sculptés, et tout est sculpté, doré, avec richesse, comme à Versailles.

Les tableaux de batailles de Louis XIV de Van der Meulen ornaient les murs, ainsi que Louvois l'avait conçu pour célébrer les victoires de Louis XIV, qu'il supervisait en coulisse : il s'agissait donc pour lui de célébrer également sa bonne administration, et donc de se célébrer lui-même, à travers le roi, dont il était quasi le favori dans les années 1683-1690. Il avait fait peindre plusieurs toiles, quand sa mort survenut en 1691, les tableaux manquant furent installés au plus tard juste après l'installation du Grand Dauphin. Louvois choisit donc comme à Versailles de célébrer les faits réels historiques du Roi, et non pas un discours allégorique ou mythologique à travers le prisme de la Fable.

Les bronzes de la Couronne prirent place sur des tables au temps du Grand Dauphin. Quatre sculptures en pied étaient disposées dans les niches. Tout respirait la splendeur et la richesse, et la symétrie parfaite offrait un cadre grandiose aux invités de Meudon. On accédait du milieu de la galerie à la tribune de la chapelle. Avant la création de cette chapelle, il y avait au milieu de la galerie un salon du milieu, orné de miroirs qui se reflétaient à l'infini face à face.

Le salon du milieu de la Galerie (Louvois)
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Restitution du Cabinet ou salon du milieu de la Galerie de Meudon, vers 1690-1700.

Au milieu de la galerie se trouvait une avancée vers la terrasse de Beauvais, où Louvois poursuivit le décor de la galerie avec des marbres, sculptures et miroirs. Quatre panneaux de miroirs créaient des reflets à l'infini, à l'imitation du décor des salons de la guerre et de la Paix à Versailles. La pièce, sans doute à peine achevée à la mort de Louvois en 1691, sera détruite vers 1701, seulement dix ans plus tard, pour édifier la chapelle de Meudon (futur tribune de la chapelle). C'est avec ce genre de pièce si luxueuse que l'on mesure bien la volonté de Louvois de créer à Meudon des décors fastueux, qui soient similaires, en modèles réduits, aux décors qu'il supervisait au château de Versailles, en tant que responsable de la Surintendance des bâtiments royaux.

Le salon dit des Albane
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Restitution du Salon des Albane au premier étage du château-vieux de Meudon, 1710.

Cette pièce termine la Galerie, et elle est le pendant du Salon du petit-pont, en symétrie. Mais la pièce est beaucoup plus spectaculaire que le salon symétrique à l'opposé de la galerie. En effet, depuis la fenêtre, on pouvoir admirer toute la vue sur Paris. Le nom du Salon vient du peintre l'Albane, car plusieurs toiles de format ovales avaient été placées dans les angles. Il s'agissait de copies réinterprétées d'après l'œuvre du maître. L'architecture de la pièce, avec ses niches ornées de miroirs, et son plafond à coupole, s'inspire directement du Cabinet des médailles de Louis XIV à Versailles. Dans les coins, il y avait en effet quatre niches, chacune recouverte de miroirs, ce qui créée une ambiance luxueuse et d'effets de diversions visuelles. La pièce devint le sanctuaire des Bourbon à Meudon, avec les profils sculptés de Louis XIV, et les bustes du Grand Dauphin et de sa mère, la reine Marie-Thérèse. Le dauphin va y placer les grands bronzes de l'Algarde, Jupiter et Junon, sur des piedestaux de Boulle, conservés à l'abbaye de Chaalis.

L'appartement du Roy, pour Louis XIV
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L'appartement de Louis XIV se composait d'une antichambre, de la chambre du roi, d'une petite pièce de passage, permettant de rejoindre les arrières, ainsi que d'un « Cabinet des glaces du Roi », qui disposait d'un balcon permettant d'admirer la vue sur Paris.

L'antichambre de Louis XIV, servant pour le Conseil
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Restitution de l'antichambre du Roy au château-vieux de Meudon, premier étage, vers 1705

Cette pièce sans boiseries bénéficiait de trois fenêtres du côté du parterre et de deux portes-fenêtres du côté de la cour permettant de rejoindre le balcon. La cheminée était « de marbre vert campan, avec un dessus de glace en trois morceaux, le premier de 59 pouces de largeur sur 42 pouces de hauteur, le second de pareille largeur sur 40 pouces, le troisième de forme cintrée de pareille largeur sur 26 pouces de hauteur ». La pièce servait de Salle du Conseil quand le roi travaillait à Meudon. On sait qu'il y avait également une niche pour les chiens favoris du roi qui le suivaient partout.

La chambre de Louis XIV à Meudon
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La Charité, Andrea del Sarto, Musée du Louvre. Placé au-dessus de la cheminée à Meudon.
Restitution de la chambre de Louis XIV à Meudon, vers 1705-1710

Au-dessus de la cheminée de la chambre du roi fut placé l'original de la Charité, d'Andrea del Sarto, puis une copie de cette toile. Cette œuvre peut être interprétée comme une allégorie de la transmission du pouvoir royal[46]. La placer dans la chambre du roi dans le château de son fils le Grand Dauphin signifiait beaucoup. Puis avec la mode des cheminées à la royale, la copie fut enlevée et un grand miroir cintré fut installé (on en possède les mesures et le dessin dans l'inventaire de 1775). Au-dessus des portes, des tableaux de fleurs comme dans tout le château, et comme dans les décors du château de Marly. Des tapisseries sur divers sujets furent livrés à Meudon au temps du Grand Dauphin. L'une d'elle, l'histoire de Constantin, correspondrait bien avec la thématique du décor de la chambre royale. Constantin est le premier empereur chrétien. Peut-être que ces tapisseries ornaient les murs de la chambre du roi. Il y avait aussi un panneau de miroirs entre les deux fenêtres donnant sur le parterre. Le mobilier était riche, avec une tenture qui était probablement celle de "velours rouge, satin jaune brodé de lizeré d'argent, satin blanc brodé et lizeré de cordonnet d'or, d'argent de soye de couleurs à compartiments rinceaux et autres ornements".

Le cabinet des glaces du roi
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Restitution du "Cabinet des glaces du Roi", appartement de Louis XIV au premier étage du château de Meudon, 1698.

Le Cabinet des glaces du roi est la dernière pièce de l'appartement de Louis XIV à Meudon. Un balcon offre une superbe vue sur Paris. Les reflets se multipliaient à l'infini dans cette pièce d'angle fort lumineuse, où les glaces ont été choisies pour être « particulièrement belles, étant exposées à la lumière ». C'est le miroitier Briot qui s'est chargé de les faire installer. La pièce communiquait avec l'antichambre de Mme de Maintenon.

Les élévations du cabinet sont conservées aux archives nationales, sous la côte O1 1768 A 1 et 2. Briot a fait placer les glaces sur toutes les parois. A priori, il s'agit de ses dessins, présentés certainement au prince pour visa avant travaux. Tout le paysage des jardins, de la campagne et de Paris se reflétait dans les miroirs, créant un sentiment de magnificence, comme si on était placé dans les nuages.

Un balcon était disposé au bout du cabinet, du côté de Paris, afin de pouvoir admirer la vue sur la capitale. Le roi devait contempler la ville qu'il n'aimait pas, où il avait vécu les moments les plus difficiles de son existence. Il pouvait découvrir tout le village de Meudon en contrebas et la Seine faisant une boucle.

L'appartement dit de Mme de Maintenon
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À la même époque, l'appartement de Madame de Maintenon qui suivait, se composait d'une antichambre, d'une chambre, ainsi que d'un cabinet, situé au centre de l'aile Est du château, bénéficiant d'un balcon ayant la vue sur Paris.

L'antichambre de Mme de Maintenon
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Restitution de l'antichambre de Mme de Maintenon au premier étage du château-vieux de Meudon, 1701

La pièce n'était boisée qu'à hauteur d'appui. Une cheminée de marbre blanc antique était surmonté d'un panneau de glaces, cintré en hauteur. On accédait à cette pièce depuis la terrasse de la cour intérieure du château. La vue sur Paris était éblouissante, on était situé au premier étage, toute la capitale se découvrait depuis les fenêtres, et devait rappeler à Mme de Maintenon sa vie antérieure, quand elle n'était encore que Mme Scarron. La pièce communiquait avec le cabinet des glaces du roi au sud, et la chambre de Mme de Maintenon au nord. Comme au château de Marly, cet aménagement à Meudon témoigne de la place centrale que Madame de Maintenon occupait auprès du souverain après leur mariage secret en 1683. Sans doute que les tapisseries de l'histoire de Tancrède et d'Herminie ornaient les parois de l'appartement de Mme de Maintenon, c'est le sujet le plus logique pour ces pièces dédiées à l'épouse morganatique de Louis XIV.

La chambre de Mme de Maintenon
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Restitution de la chambre de Mme de Maintenon, premier étage du château-vieux de Meudon, 1696

La pièce n'était boisée qu'à hauteur d'appui. La cheminée était de marbre griotte d'Italie (couleur cerise). Le format de la grande glace en dessus-de-cheminée nous est connu grâce à l'inventaire de 1775. Au-dessus des portes étaient placés deux tableaux de fleurs de format carré.

Le Grand Dauphin fit décorer en juillet 1695 la chambre de Mme de Maintenon à Meudon avec un mobilier fort riche, digne d'une reine : celui dont la reine Marie-Thérèse se servait quand elle résidait au château de Vincennes. On y trouvait une riche étoffe de lés à fond cramoisi et or, brodés de feuillages, de fontaines, et d'animaux en soie blanche et aurore, alternant avec des lés lamés d'or, brodés de fleurs en soies également blanche et aurore.

Tout respirait la splendeur avec ce jeu de tissus richement orné et doré. Toutes les pièces du château étaient aménagés dans ce style si riche et décoratif.

Le Cabinet de Mme de Maintenon
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Restitution du Cabinet de Mme de Maintenon au château de Meudon, 1702
David et Abigail, par Louis de Boullogne, musée du Louvre, inv. 8548.

Dans le cabinet de Mme de Maintenon, on trouvait en dessus de porte notamment un tableau de Louis de Boullogne, ayant pour sujet David et Abigail. Le Cabinet était boisé sur toute la hauteur, orné de 35 porcelaines de Siam et autres, ainsi qu'une autre porcelaine, le tout dans le pourtour (sur les murs car dans la corniche il n'y avait pas la place). L'effet ressenti était donc celui d'un cabinet de porcelaines, tout boisé et doré, ce qui démontre le souci du Grand Dauphin de créer un riche décor de cabinet pour Mme de Maintenon. Un balcon offrait la vue la plus spectaculaire sur Paris. C'est de ce balcon que le roi et Mme de Maintenon pouvait contempler les feux d'artifice tirés depuis Paris, ou la capitale illuminée à la nuit tombée. C'est ce lien si puissant entre Meudon et Paris qui s'exprimait visuellement dans ces appartements de l'aile est du château-vieux de Meudon. Une proximité si différente et opposée à celle de Versailles, qui tournait symboliquement le dos à la capitale. Les trois autres toiles peintes pour la pièce ne sont pas localisées ou ont disparu.

On peut évoquer les boiseries disparues (dont nous n'avons pas de dessins) en s'inspirant des dessins du fond Robert de Cotte (BNF) qui concernent les projets de l'hôtel de Pontchartrain à Paris, et qui datent de 1702, les mêmes années que les travaux de l'aile est du château-vieux de Meudon. Ce sont ces motifs fins, rafinés.

L'appartement dit de la princesse de Conti
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Il s'agit de l'appartement attribué à la demi-sœur du grand dauphin. Il disposait d'une antichambre, d'une chambre et d'un cabinet des miroirs, celui que Louvois avait fait aménagé. C'était traditionnellement l'appartement du maître du château : cette moitié de l'aile a sans doute été utilisé par la duchesse d'Etampes pour la belle vue que l'on avait depuis le cabinet. Ensuite c'était l'appartement du cardinal de Lorraine, ainsi mentionné dans l'inventaire après décès d'Abel Servien en 1659. Ce fut ensuite l'appartement privé de Louvois. Et enfin celui de la princesse de Conti, demi-soeur si proche du Grand Dauphin.

L'antichambre de la princesse de Conti
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Evocation de l'antichambre de la princesse de Conti au château de Meudon, vers 1700.

L'antichambre de la princesse de Conti, dans sa configuration définitive, après les travaux de l'aile est de 1699, était constitué d'une pièce rectangle, éclairée d'une fenêtre vers l'est, avec la vue sur Paris, et d'une petite ouverture également qui donnait accès à la terrasse intérieure de la cour. La princesse de Conti, demi-soeur chérie du Grand Dauphin, était comparée à Psyché, elle était considérée comme la plus belle femme de son temps, et Moulay Ismaël, le roi du Maroc, a même carressé l'idée de l'épouser ... C'est dire que pour son antichambre, son frère a certainement fait placer les tapisserie de la Fable, sur le thème de Psyché, ce qui constituait le principal décor de cette pièce. Cette tenture fut en effet livrée pour Meudon. Le prince fit commandé par Antoine Coypel trois tableaux sur l'histoire de Psyché pour sa chambre et son cabinet des miroirs. La pièce n'avait qu'un lambris bas, une cheminée en marbre du Languedoc, sans glace au-dessus, contrairement à toutes les autres cheminées de Meudon. Il s'agissait de l'ancienne antichambre de l'appartement de Louvois. Un escalier voisin permettait de monter au deuxième étage pour un autre logement situé dans le pavillon central, peut-être celui de Mme la Duchesse, demi-soeur de la princesse de Conti.

La chambre de la princesse de Conti
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Restitution de la chambre de la princesse de Conti au château de Meudon, vers 1702.

Dans la chambre de la princesse, demi-soeur du Grand Dauphin, se trouvaient, en dessus de porte, deux tableaux d'Antoine Coypel, Psyché découvrant l'Amour endormi, et Psyché abandonnée par l'Amour. Psyché surprend l'Amour endormi, éclairé de la lampe qu'elle tient. l'autre tableau représente l'Amour éveillé par la brûlure de la lampe et qui s'envole, abandonnant la belle Psyché.

La pièce était boisée de toute sa hauteur, avec la corniche dorée ainsi que les deux cadres des dessus-de-porte encadrant les toiles de Coypel. La cheminée était en marbre blanc veiné, et le trumeau de glacé était en trois morceaux, le dessus en demi-cercle. La cheminée était saillante, d'après les plans conservés. Une même paroi de miroirs était disposées en face de la cheminée, ce qui permettait de créer une galerie de reflets infinis quand on se placait au milieu de la pièce. C'était une anticipation du cabinet des miroirs que l'on allait ensuite découvrir. La vue depuis la fenêtre était d'ailleurs toujours éblouissante puisqu'on découvrait tout Paris, et le village de Meudon en contrebas.

Le cabinet des miroirs de Louvois
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Vénus aux forges de Lemnos, Antoine Coypel. 1701, tableau peint pour le Cabinet des miroirs de Meudon
Restitution de l'aspect du cabinet des miroirs créé par Louvois au bout de l'aile est du château de Meudon, premier étage, 1690.

À la suite, l'appartement de la princesse de Conti suivait et se terminait par un autre « Cabinet des miroirs ». C'est Louvois qui créa cette pièce luxueuse (voir sa restitution ci-dessus au temps de Louvois également, qui a créé la pièce). Toutes les parois des murs étaient recouvertes de miroirs, et la vue sur le paysage, la Seine et Paris devait se refléter à l'infini. On pouvait sortir sur les terrasses pour admirer la vue. Dans cette pièce, le dauphin fit peindre une nouvelle toile intitulée Vénus aux forges de Lemnos, par Antoine Coypel, pour faire plaisir à sa demi-sœur, la princesse de Conti, placée en 1701.

L'inventaire de 1775 indique que la tourelle d'angle du cabinet des miroirs était entièrement décorée par Claude III Audran d'arabesques, avec également trois petits tableautins de Charles de La Fosse, savoir Apollon et Daphné, Orythie, et Narcisse.

Le deuxième étage et les combles

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Restitution de la chambre située au-dessus du Cabinet de Mme de Maintenon, 2ème étage du château-vieux de Meudon, vers 1702.
Evocation de la charpente disparue du comble du pavillon central du château-vieux de Meudon, vers 1658

Au deuxième étage, il n'y a que des petites pièces pour servir de logement au cercle du Grand Dauphin. Le prince prend soin de créer un bel appartement au centre du nouveau pavillon de l'aile est regardant le village, juste au-dessus du Cabinet de Mme de Maintenon. Il fut probablement attribué à sa demi-soeur, Mme la Duchesse.

Mais l'espace du deuxième étage n'est pas neutre : on y trouvait une quinzaine de chambres environ, et quelques unes encore dans les pavillons d'angle, au-dessus. Même si ces pièces étaient modestes, dormir dans le château près du Prince constituait un véritable honneur, signe de proximité avec l'héritier du trône. Au-dessus de l'antichambre et la chambre du Roi se trouvait le garde-meuble où l'on entassait le mobilier d'été ou d'hiver en fonction de l'alternance des saisons. Enfin, se trouvait encore une charpente quasi inacessible située au-dessus du salon ovale, qui permettait de soutenir la partie haute de la toiture du pavillon central octogone, symbole de Meudon depuis le milieu du XVIIe siècle.

La Chapelle de Meudon, prototype de la chapelle royale de Versailles

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Restitution 3D de l'intérieur de la chapelle de Meudon. Franck Devedjian & Hervé Grégoire, 2014.

La chapelle a été achevée fin 1702, sur les plans de Jules Hardouin-Mansart. Cette construction, voulue par Monseigneur, a été visée par Louis XIV. Cette chapelle est formée sur le même modèle que la chapelle royale de Versailles, dont elle sert de prototype. Toutefois, la chapelle de Meudon sera achevée une dizaine d'années avant celle de Versailles. C'est un chef-d'oeuvre de Jules Hardouin-Mansart. Comme la chapelle royale de Versailles, la nef est voutée en berceau et se termine par un cul-de-four au-dessus du sanctuaire. Au-dessus du maître-autel l'on voit une grande peinture d'Antoine Coypel, haute de quatre mètres quatre-vingt-cinq sur trois de large, qui figure la Résurrection. Charles de La Fosse prendra en modèle cette composition pour entreprendre la peinture du cul de four de la chapelle royale de Versailles. Un autre tableau de Coypel, l'Annonciation, complète le décor.

Le Grand Dauphin voulut que ce soit Antoine Coypel qui réalise les tableaux de la chapelle, tandis que l'on peut aisément considérer que Jules Hardouin-Mansart aurait préféré que cela soit Charles de La Fosse. Le décor de la chapelle royale de Versailles par La Fosse qui y a peint la partie la plus noble et la plus visible, le cul-de-four, viendra rétablir la volonté de l'architecte. On sait que La Fosse et Hardouin-Mansart étaient proches, puisque le peintre logeait un moment chez l'architecte. Sans doute le Grand Dauphin préférait-il Antoine Coypel, par la légèreté de son style théâtral et léger, La Fosse étant beaucoup plus dense et profond que Coypel.

Les armes sculptées au-dessus de la tribune sont des armes royales sur le dessin projetant la chapelle, mais seront finalement réalisées suivant le modèle d'armes delphinales. Le théoricien de l'architecture, Jacques-François Blondel, la cite en exemple, avec les chapelles des châteaux de Sceaux et de Clagny, comme des « modèles parfaits ».

Elle sera détruite entre 1805 et 1808.

Aile des Marronniers

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Restitution de la façade nord de l'aile des marronniers, château de Meudon, 1705
Plan de l'appartement des marronniers, vers 1703 (ADY). Légende : 1. galerie de communication ; 2.Grand Cabinet Ovale ; 3.Grand Cabinet d'angle ; 4.Grand Salon ; 5.Salle à manger ; 6. Cabinet du buffet ; 7. Antichambre du Petit Appartement Frais ; 8. Chambre ; 9.Cabinet.

L'ancienne « Cour des Offices », ou « Basse Cour », sera transformée par Monseigneur, afin de créer des pièces d'apparat luxueuses. L'ensemble de l'annexe prendra alors le nom d'« Aile des Marronniers ». Les grandes pièces de réception s'étendent sur toute la largeur de la Terrasse des Marronniers. Un petit appartement luxueux, le « Petit Appartement Frais », est également aménagé derrière ces grandes pièces, sans doute pour que le Dauphin puisse y recevoir ses maîtresses. Cet appartement des marronniers était particulièrement apprécié durant l'été et les fortes chaleurs. Ses fenêtres étant situées plein nord, la fraîcheur y était mieux conservée qu'ailleurs dans tout le reste du château.

On y trouvait successivement :

La petite galerie suspendue

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Nature morte avec le profil de Diane, château de Versailles, par Blin de Fontenay. Toile placée dans la petite galerie suspendue de Meudon.

Cette galerie est liée à la galerie de communication qui suit, de manière perpendiculaire. Un grand buffet peint par Fontenay achève la perspective de la petite galerie suspendue.

La « galerie de communication »

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Essai de restitution de la galerie de communication, aile des marronniers du château de Meudon, état vers 1703-1711.

Cette pièce est décorée de grandes toiles de François Desportes, réalisées pour l'occasion, et qui feront le succès du peintre.

Le « grand cabinet ovale »

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Il s'intitule aussi le « Salon doré », où fut placé le Triomphe de Bacchus, de Bon Boullogne. Le tableau a disparu mais un dessin préparatoire, conservé à l'Albertina (Vienne), et attribué à son frère Louis, nous permet de comprendre à quoi pouvait ressembler la composition de cette œuvre.

Le grand cabinet d'angle

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Essai de restitution du Grand Cabinet de l'aile des marronniers, avec les toiles en place vers 1705.

Le dauphin fit placer dans cette pièce des toiles prestigieuses, dont le Renaud et Armide du Dominiquin, ou bien encore un Moïse sauvé des eaux de Nicolas Poussin. Ces toiles proviennent des collections royales. De grands miroirs furent ensuite ajoutés sur les parois, de manière symétrique, ainsi décrits dans l'inventaire de 1775.

Le grand salon

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Essai de restitution du grand salon de l'aile des marronniers, vers 1705. Avec les tableaux placés par Monseigneur.

C'était la pièce principale de l'appartement des marronniers, d'une superficie de 100 m2. Le dauphin y fit placer d'autres tableaux des collections royales, dont deux de Véronèse. Un billard prit place dans la pièce, il s'agissait en somme d'un grand salon d'été, quand les chaleurs étaient les plus fortes. La pièce était située plein nord, elle conservait donc la fraîcheur aux beaux jours.

Les quatre dessus-de-porte étaient peints par Nicolas Loir, et provenaient du décor de la reine Marie-Thérèse au château de Versailles. C'était là un souvenir filial fort du Grand Dauphin envers sa mère qu'il n'a connu que jusqu'à l'âge de 22 ans.

La salle à manger

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Restitution de la salle à manger de Meudon, aile des marronniers, XVIIIe, avec le dîner du 26 mai 1704, offert au duc de Mantoue.

C'est dans cette salle que Monseigneur invitait des personnalités à dîner chez lui à Meudon. On pouvait y accéder directement depuis la terrasse des marronniers. Le grand dîner pour le duc de Mantoue le 26 mai 1704 a eu lieu dans cette pièce, et non pas dans la salle à manger personnelle du Dauphin située au sein du château-vieux. Les tableaux en dessus-de-porte sont des remplois de paysages flamands.

Le cabinet du buffet

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Cette petite pièce disposait d'un buffet d'eau en marbre, avec deux cuvettes en marbre du Languedoc, d'où coulait des filets d'eau avec des robinets. Le buffet était en marbre et occupait toute la hauteur de la paroi ouest, ses ornements devant être semblables à ceux du buffet d'eau des jardins de Trianon à Versailles.

Le « Petit Appartement Frais »

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L'Encelade, miniature de Jean II Cotelle, placée dans le Cabinet du Petit Appartement frais.

Derrière ces grandes pièces de réception, le prince se fit aménager un « Petit Appartement Frais », qui se composait :

  • d'une antichambre ;
  • d'une chambre ;
  • ainsi que d'un cabinet, égayé des miniatures peintes par Jean Cotelle, représentant les jardins de Versailles ;

Ces trois pièces étaient toutes boisées à la Capucine, et ornées de dessus de porte de Fontenay.

*L'antichambre

Cette pièce luxueuse communique avec la grande salle à manger des marronniers et avec l'escalier qui donne sur la cour intérieure. Des tableaux de fleurs de Fontenay étaient placés en dessus-de-porte, de format carré. Boisée à la Capucine, la pièce était égayée de deux grands miroirs placés l'un en face de l'autre, ce qui créait une galerie d'illusion à l'infini. La paroi nord avec la grande porte permettait de rejoindre la salle à manger.

*La chambre

Il s'agit certainement d'une petite chambre discrète pour que le Grand Dauphin puisse y rejoindre ses maîtresses qui arrivent en carrosse dans la cour intérieure de l'aile des marronniers. Ses conquêtes féminines, souvent des filles de l'Opéra, n'ont plus qu'à emprunter le petit escalier de la cour intérieure pour arriver dans l'appartement rempli de fleurs peintes, et s'abandonner aux plaisirs.

* Le Cabinet avec les miniatures de Versailles de Jean II Cotelle

Quand le dauphin a supprimé le cabinet du rez-de-chaussée du château vieux pour créer sa salle des gardes, il devait remployer les miniatures de Versailles peintes à la gouache par Jean II Cotelle. Il les plaça dans ce cabinet du Petit appartement frais, avec un décor boisé à la Capucine comme les deux pièces précédentes.

La Grotte de Meudon : une attraction conservée jusqu'en 1705

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Plan de la Grotte de Meudon et de ses abords, fin du XVIIe siècle, Archives nationales.

La Grotte de Meudon est décrite ci-dessus au paragraphe concernant le cardinal de Lorraine. Elle fut réaménagée sous Servien et Louvois. Le Grand Dauphin se servit des deux pavillons latéraux pour loger ses invités toujours plus nombreux à venir à Meudon.

Il se décide finalement à la détruire, en 1705, pour faire édifier le Château-Neuf de Meudon au même emplacement, mais d'une taille beaucoup plus considérable.

Le Château Neuf (1706-1709)

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Restitution du Château-neuf de Meudon, vers 1710. Vue depuis le grand parterre renouvelé en 1708.
Façade conservée du Château-Neuf de Meudon, 2013.

C'est à l'architecte Jules Hardouin-Mansart que l'on doit les plans du Château-Neuf. Dangeau précise au 21 mai 1706, qu'étant à Marly, « le roi travailla le matin avec Mansart, qui lui montra les plans des bâtiments que S. M. veut faire à Meudon à l'endroit où est la grotte ». Monseigneur a souhaité ce bâtiment pour loger les courtisans qu'il recevait à Meudon, et le roi a visé les dessins réalisés pour Monseigneur. Il est élevé sur l'emplacement même de la Grotte, démolie préalablement en 1705.

Un long couloir central dessert l'ensemble des logements : il n'est pas original pour l'époque. Ce qui l'est bien plus, c'est la systématisation du logement type du courtisan, puisque l'ensemble du Château-Neuf peut être comparé à une sorte d'« hôtel » dans le sens contemporain que l'on donne à ce mot.

Après presque deux cents ans d'existence, un incendie le ravage, le 31 janvier 1871. Les ruines sont livrées aux intempéries, sans doute un peu pillées, jusqu'en 1879 où une loi concrétise le choix du site de Meudon comme observatoire. Un projet de réaménagement des ruines est alors établi par l'architecte Constant Moyaux, sauvant de la destruction ce qui restait du château, en particulier les deux étages inférieurs moins affectés par le feu[47].

Les plans gravés par Mariette : un château d'environ 7.000 m²

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Photographie du Château-Neuf de Meudon intact, vers 1860.

Il existe un ensemble de plans, coupes et élévations du Château-neuf de Meudon, gravée pour Mariette. Ils nous présentent en détail tout l'aménagement intérieur avec précision. Ces plans sont assez précis, et dans l'ensemble fidèles à la réalisation finale. Néanmoins, il y a quelques différences avec d'autres plans dessinés du Château-Neuf, conservés aux Archives Nationales. On constate l'ampleur du bâtiment, qui paraît plus petit qu'il ne l'est en réalité, à l'opposé du Château-vieux, qui paraît plus grand qu'il n'est en réalité, tout au contraire. En effet, le château-neuf de Meudon dispose de superficies habitables considérables, si l'on compte tous les niveaux, et les logements sont fort nombreux. Le Dauphin, qui pensait devenir le prochain roi de France, aurait utilisé le Château-neuf pour loger convenablement tous les courtisans qu'il amènerait à Meudon en tant que roi. En effet, il paraît certain que le Dauphin ne serait pas aller à Marly, mais bien à Meudon, comme lieu différent, reflétant sa personnalité, et lié à la ville de Paris par la vue sur la capitale.

Il y avait cinq niveaux dans le Château-neuf (sans compter l'Orangerie située en contrebas) :

  • Le niveau 1 est celui des caves, il est assez bas de plafond. Il devait y avoir des offices etc.
  • Le niveau 2 est celui des appartements situés au même étage que le Vestibule inférieur qui donne accès au jardin du côté du parterre. La partie nord du Château-neuf de ce niveau est toujours conservé, et certaines pièces sont dans l'état de leur création (actuel Observatoire de Meudon). Du côté ouest, encaissé dans le mur de soutènement se trouvaient encore les grandes caves, qui sont bien conservées.
  • Le niveau 3 est le Bel étage, qui est celui du rez-de-chaussée du côté de la forêt. C'est là que prend place le bel appartement de parade, dédié au roi. Les autres appartements sont luxueux et d'une belle hauteur sous plafond. Chaque courtisan était logé avec un luxe raffiné et subtil, non grandiloquent.
  • Le niveau 4 est celui de l'attique du Vestibule Supérieur (à l'italienne) et de la chapelle, d'un modeste aspect, avec un long couloir éclairé de part et d'autre qui dessert tous les appartements.
  • Le niveau 5 est celui des galetas, avec encore de fort nombreux appartements.

Si l'on considère que chaque niveau possède environ 1.400m² (le pavillon central du château de Marly mesure environ 1.500m² au sol, soit une taille similaire à chacun des niveaux du Château-neuf de Meudon), on obtient une superficie habitable du Château-Neuf de Meudon d'environ 7.000m², ce qui est assez considérable. Or toute l'astuce de Mansart est de faire croire que ce nouveau château n'a pas une taille si importante qu'il n'est. On ne voit qu'un rectangle de pierre, avec des toitures qui rappellent l'ancienne Grotte de Meudon.

Au niveau 2 : le Vestibule inférieur, l'Escalier, les appartements, et les caves

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Restitution du Vestibule inférieur du Château-neuf de Meudon (niveau 2) vers 1710.

Le niveau 2 est celui situé juste au-dessus du niveau 1 des offices cuisines etc. Il dispose de beaux appartements donnant du côté du parterre. Ce niveau est en partie bien conservé dans l'actuel Observatoire, sauf pour la partie centrale, qui a été rebâtie pour soutenir le dôme du pavillon circulaire de la lunette astronomique. Le couloir central, scindé en deux, est fort bien conservé pour ses deux extrémités, ce qui fait que l'on peut ressentir quels étaient les volumes de ce niveau du château. Aujourd'hui les locaux intérieurs sont totalement dénaturés, car affectés au personnel de l'Observatoire de Paris.

On accédait au château depuis la terrasse basse par un grand escalier, fermé par une grille dont on connaît l'aspect, car gravée par Mariette. On arrivait alors dans le Vestibule inférieur, qui distribuait les lieux par un long couloir de part et d'autre. Et de là, on pouvait emprunter vers le sud le grand escalier qui montait au niveau 3, le bel étage. Les colonnes et pilastres du Vestibule supérieur étaient en marbre, probablement du rose du Languedoc, comme au Trianon de marbre de Versailles.

Au niveau 3 : Le vestibule supérieur

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Distribution du Château-Neuf en 1709. Légende : 1. Vestibule supérieur 2.Corridor 3.Grand Escalier 4.Salle des Gardes 5.Première antichambre 6.Seconde Antichambre 7.Chambre de parade de Monseigneur 8. Galerie 9.Cabinet 10.Arrière-Cabinet.
Restitution du Vestibule Supérieur ou Salon, du Château-neuf de Meudon, vers 1710.
Restitution de l'attique du Vestibule Supérieur (niveau 4), Château-neuf de Meudon, 1710.

On accédait au château par le vestibule supérieur, du côté de la forêt. Celui-ci était à l'italienne, percé par une ouverture, qui permettait d'en dégager l'espace. Les dessus-de-porte étaient sculptés d'enfants, représentant les quatre Saisons, dont la représentation nous est conservée par des photographies de modèles en plâtre, moulés sur les originaux (Vente Sardou). On connaît fort bien tout le décor de cette pièce, puisque tous les détails architecturaux ont été relevés par un architecte suédois, et les dessins conservés à Stockholm, au nationalmuseum. Cette pièce était assez grandiose, majestueuse et puissante. Elle constituait une sorte de grand salon, comme le salon des Maures du château-vieux. Trois magnifiques grilles étaient disposées du côté de la forêt. On en connaît l'aspect par une gravure de Mariette. On peut également découvrir ce vestibule au temps de Plon-Plon, au Second Empire, car il est représenté dans un journal, avec tout le décor Napoléon III.

On peut également restituer l'attique du Vestibule Supérieur : on y accédait depuis le couloir du niveau 4, par trois marches, où l'on découvrait une magnifique balustrade de fer forgé, d'où l'on pouvait voir la vue plongeante sur le Vestibule Supérieur. C'était une pièce théâtrale, où les courtisans pouvaient admirer le retour du prince de la chasse. Et on découvrait la forêt depuis les trois fenêtres circulaires.

La salle des gardes

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Restitution de la salle des gardes du Grand Appartement du château-neuf de Meudon, 1710.

Cette pièce centrale avait vue sur les parterres par trois fenêtres rectangulaires (baies conservées). À sa création, elle est revêtue de boiseries moulurées, qui devaient être peintes en blanc. La pièce était donc fort lumineuse, d'autant qu'elle donnait vers le sud-est. Un grand balcon permettait d'admirer le nouveau grand parterre du Château-Neuf, redessiné vers 1708, avec un bassin central et quatre compartiments de broderies. Il y avait deux grands bas d'armoire pour ranger les lits de veille et le matériel des gardes. Et certainement quelques "formes", c'est à dire des banquettes pour que les gardes puissent se reposer.

Sur la cheminée était une copie par Houasse du David du Dominiquin, Louis XIV chérissant particulièrement cette peinture[48]. Deux peintures commandées à Desportes surmontaient les sorties latérales : 1. « un chien couchant, et un lévrier, sur le devant dans le milieu du gibier répandus a terre canards perdrix bécasses et lièvre, dans le milieu une gibecière a un arbre » ; 2. un « lièvre qui est attache a un arbre par la patte gauche sur la gauche un chien couchant au pied duquel est quatre perdrix et un faisan, sur le devant de tableau un fusil et son fourniment ».

La première antichambre

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Restitution de la première antichambre de l'appartement de parade du Château-neuf de Meudon, vers 1710. Le Grand Dauphin avait placé au sein du château-neuf les Saisons de Nicolas Poussin, conservées au Louvre.

Dans l'antichambre de l'appartement de parade, qui suivait la salle des gardes, on trouvait un cabinet de tableaux, avec les quatre Saisons de Nicolas Poussin. La pièce n'était boisée que d'un lambris bas, et corniche. Un grand miroir, dont le haut était cintré, ornait la cheminée en marbre blanc veiné.

En 1775, la pièce est décrite de la manière suivante :

« Antichambre ou salle à manger en suitte. Pièce éclairée de deux croisées au Levant, lambris d’apui, corniche sculté. Cheminée de marbre blanc véné (…) Deux tableaux au-dessus des portes, peints sur toille, de chacun 4 pieds 7 pouces de largeur sur 3 pieds 3 pouces et demi de hauteur. L’un représente un vase d’or, posé sur un piedestal de marbre, avec une guirlande qui tombe en festons, et des fruits. Sur le piedestal sont des limons, des grenades et des raisins, rideau cramoisi et fond de ciel, l’autre représente un vaze de bronze dorée, entourée d’une guirlande de fleurs posée sur une pleinte de marbre vert, à côté est un vase d’argent renversé avec une figure de femme cisellée qui forme l’ance. Ces deux tableaux sont de Fontenay ». Le milieu de la pièce est orné d' « une table de mastique fond noir a fleurs et oiseaux au naturel[49]. »

La seconde antichambre

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Proposition de restitution de la seconde antichambre du Château-neuf de Meudon, vers 1710. La pièce était boisée à la Capucine et dorée
Restitution des reflets de miroirs de la seconde antichambre du Château-neuf de Meudon, 1710.

À l’achèvement du Château-Neuf en 1709, on avait disposé deux tableaux de fleurs commandés à Fontenay, comme pour toutes les autres pièces de l’appartement, ce qui uniformisait le décor, à savoir :

« Un vase d’or avec deux anses, entouré d’une guirlande de fruits, posé sur une table de porphire qui est garnie de raisins ; sur la droite, un panier remply de raisins d’Italie, concombre, grenade et fleurs ; sur la gauche, un rideau cramoisy, derrière lequel sont plusieurs bassins d’or, dont l’un est entouré d’une guirlande de fleurs ; ayant de hauteur 3 pieds 2 pouces sur 4 pieds 8 pouces de large. »

« Une pyramide de fruits posée sur une table de marbre sur laquelle est un melon entamé à côté d’une grenade ; sur la droite, sur la même table, un oranger dans un vase de porcelaine ; sur la même table, à gauche, un grand vase d’or entouré d’une guirlande de fleurs, au pied duquel est un autre vase d’argent renversé, un plat d’or dont un coin est caché par un rideau violet ; de mêmes dimensions que le précédent. »

L’inventaire de 1775 précise qu’il s’agit d’une :

« pièce éclairée d’une croisée au Levant, lambrissée de hauteur, scultée, dorée et verni sur bois, corniche en plâtre scultée et dorée idem. La cheminée de vert-campan. (…) Deux tableaux au-dessus des portes, peints sur toille, de chacun de largeur sur de hauteur. Le premier représente Apollon et Daphné, ce dieu poursuit cette nymphe qui se réfugie dans les bras du fleuve Pénée son père. Le second représente le triomphe d’Acis et de Galathée. Le premier de ces tableaux est d’Antoine Coypel, le second est de Corneille (l’aîné)[50]. »

Ces deux tableaux ont été installés à Meudon après la mort du Grand Dauphin.

La chambre de parade de Monseigneur

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Restitution de la chambre de parade du Château-neuf de Meudon, vers 1710.
Les mois de septembre et d'octobre, Claude Audran III. Chambre de parade.

La chambre de parade était l'une des plus belles pièces du Château-Neuf, avec la galerie voisinne. Ce qui paraît surprenant est que le décor semble avoir été uniquement sculpté boisé et vernis et doré, sans peindre les boiseries en blanc et or, mais en laissant le bois visible, technique dit à la Capucine. Or ce genre de décor s'appliquait plutôt pour de petits pièces. Mais le Grand Dauphin adore ce style, à tel point qu'environ une chambre sur deux dans le Château-neuf sera réalisée ainsi. Pour sa grande chambre de parade, destinée au Roy ou au prince, ce choix esthétique est d'autant plus original pour une grande pièce d'apparat. La seconde antichambre juste avant était décorée de même, et la galerie également. Les décors du Château-Neuf de Meudon, réalisés vers 1707-1709, sont réellement les précurseurs du style Régence.

L’inventaire de 1775 indique pour la chambre de parade le décor suivant :

« Pièce éclairée de deux croisées au Levant, lambris scultés, vernis et dorés sur bois, corniche scultée et dorée, grande alcôve soutenue sur des corps de pilastre d’architecture. Cheminée de marbre griotte d’Italie (…) Deux tableaux au-dessus des portes, peints sur toille, de chacun de 4 pieds 9 pouces de largeur sur 3 pieds 3 pouces de hauteur, l’un représente un vase d’or rempli de différentes fleurs, posé sur une corniche de marbre, dans le fond sont deux colonnes entourées de guirlandes de fleurs, l’autre représente un vase d’or à anse rempli de différentes fleurs, pôsé sur une pleinte de pierre, auprès un autre vase d’albâtre et de l’autre côté un bout de draperie qui tombe sur le bord de la pleinte. Ces deux tableaux sont de Fontenay. »

« [en marge] Dans cette chambre est sous les trumeaux de glaces deux tables de marbre de vert campan de long soutenues sur des pieds en consolle dorées et scultés. »

À l'origine, l'alcôve est décorée des 12 mois grotesques de Claude Audran III, provenant des Gobelins, qui en conserve toujours 9 sur les 12 initiaux. L'inventaire du mobilier de la Couronne en fait la description suivante :

« Une tenture, en trois pièces, de tapisserie de basse lisse, laine et soir, rehaussée d’or et d’argent, fabrique de Paris, manufacture des Gobelins, dessein d’Audran, représentant, sur douze bandes couleur de jonquille, les divinitez qui président aux douze mois de l’année, sous des portiques grotesques de différentes formes, accompagnés des attributs de chaque divinité, grotesques, rainceaux et ornemens, avec le signe du mois ; les bandes jonquilles séparées par d’autres bandes plus étroites, à fond pourpre, chargées de mosaïques et des chiffres de Monseigneur le Dauphin, le tout d’argent ; les bordures haut et bas pareilles aux bandes étroites, avec coquilles et dauphins aussy d’argent ; la tenture contenant 9 aunes 1/8 de cours sur 3 aunes ¼ de haut, faite exprès pour la chambre de Monseigneur, dans son appartement du château neuf à Meudon[51]. »

Voici la liste des dieux rattachés aux mois grotesques :

  • « Janvier sous la protection de Junon » ;
  • « Février sous la protection de Neptune » ;
  • « Mars sous la protection du dieu Mars et de Minerve »
  • « Avril sous la protection de Vénus » ;
  • « May sous la protection d’Apollon » ;
  • « Juin sous la protection de Mercure » ;
  • « Juillet sous la protection de Jupiter » ;
  • « Aoust sous la protection de Cérès » ;
  • « Septembre sous la protection de Vulcain » ;
  • « Octobre sous la protection de Minerve et de Mars »;
  • « Novembre sous la protection de Diane » ;
  • « Décembre sous la protection de Vesta ».

La splendide "Petite galerie" boisée, vernie et dorée du château-neuf de Meudon

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Restitution de la galerie boisée et dorée du Grand Dauphin au Château-neuf de Meudon, 1710.
Restitution de la vue depuis la galerie du Château-neuf de Meudon, sur le Château-Vieux et la chapelle, vers 1710.

Le décor nous est précisément connu, et c'est même l'une des pièces de Meudon au temps du Grand Dauphin que l'on connaît le mieux. On possède les élévations et coupes de la pièce, conservés à Stockholm, et même des consoles placées sous les miroirs et dans les angles. Toute la pièce était boisée à la Capucine, décor que le Grand Dauphin appréciait beaucoup. La galerie n'était donc pas en blanc et or, mais boisée, vernis sur bois et dorée pour tous les motifs. On sait que cette pièce n'était pas peinte mais vernis sur bois grâce à l'inventaire de 1775. Or il paraît totalement improbable que la pièce ait d'abord été peinte puis ensuite décapée au XVIIIe pour être décrite boisée à la fin du XVIIIe : la galerie était donc totalement boisée et vernis dès la création du château, et c'est là une originalité grande. Car le Grand Dauphin fait boisée et dorée tout son appartement, depuis sa seconde antichambre, sa chambre et sa galerie.

Quand on entrait dans la galerie depuis la chambre de parade, il y avait un étonnant jeu d'optique qui se crééait : les parois des miroirs se reflétaient en zigzag, créant une galerie parallèle vue de biais (voir restitution ci-jointe de Franck Devedjian). On découvrait la forêt dans le fond. Depuis la fenêtre centrale de la galerie un balcon permettait d'admirer le Château-vieux, la chapelle, et la vue sur Paris.

Les tableaux sont conservés encore de nos jours, au musée de Grenoble et à Versailles. C'est donc un lieu, le plus riche du château-neuf, qui nous est présenté, et un lieu précieux par dessus-tous, puisque de cette petite galerie, on pouvait admirer le château-vieux. Noël Coypel réalisa pour ce décor de la galerie de Meudon de prestigieuses compositions monumentales, à l'instar du célèbre Cyrus interrogeant le roi d'Arménie (aujourd'hui conservé au musée de Grenoble). À travers ces toiles inspirées de l'Antique et de l'histoire, le peintre déploie tout son art du grand style : des architectures théâtrales en arrière-plan, une science rigoureuse du dessin, des compositions savantes et une palette de coloris riches et lumineux. Les sujets choisis résonnaient subtilement avec les aspirations de la monarchie et la stature du commanditaire, mettant en scène la magnanimité, la justice et la sagesse souveraine. Dans cette galerie du château Neuf, la peinture de Noël Coypel dialoguait avec un écrin somptueux fait de marbres, de dorures et de sculptures raffinées, formant un ensemble où l'érudition humaniste du Grand Dauphin, élève de Bossuet, s'alliait au faste de l'art louis-quatorzien.

Les Orangeries

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1. L'Orangerie du Château-Vieux

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Afin de protéger les orangers du froid durant l'hiver, ainsi que toutes les autres espèces d'arbustes, on construisit à Meudon plusieurs orangeries. L'orangerie du château-vieux est celle qui est parfaitement conservée, elle fut bâtie par Abel Servien (voir détails ci-dessus). Le Grand Dauphin l'utilisa sans y rien changer.

2. L'Orangerie du Château-Neuf

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Celle-ci a été construite en même temps que le Château-Neuf, par le Grand Dauphin, entre 1706 et 1708. Elle fut démolie au cours du règne de Louis XVI. Des fouilles archéologiques menées par Annick Heitzmann et son équipe en 2019 ont permis de mieux comprendre son aspect. L'Orangerie était constituée d'une double galerie. Sa superficie au sol était d'environ 900 m².

3. La serre en contrebas de l'Orangerie du Château-Vieux

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Un troisième bâtiment fut affecté à la conservation des arbustes durant l'hiver. La « serre » ou "Petite Orangerie" se situait immédiatement en contrebas du bastion de l'Orangerie du château-vieux de Meudon. Elle disposait d'une superficie intérieure d'environ 250 m² (dimensions intérieures : 5,5 m x 45 m). Il en reste encore le mur du fond, encaissé, ainsi qu'une partie d'une baie donnant plein sud. Le reste de ce bâtiment jouxte le fond du jardin du musée d'art et d'histoire de Meudon.

Les Communs (écuries)

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Vue aérienne des anciennes écuries de Meudon. Septembre 2015.
Plan des agrandissements du chenil, avec création des écuries, Jules Hardouin-Mansart, 1701.

Les nouveaux communs existent toujours de nos jours et sont parfaitement conservés. Ils sont situés à l'entrée du domaine, en haut de l'avenue d'accès au château. Ils ont été construits par l'agrandissement d'un premier bâtiment, le chenil de Louvois. Ils datent des années 1702-1703.

Les trois cours intérieures communiquent toutes par un passage central dégagé pour les chevaux. Les écuries ne possèdent qu'un seul étage, mansardé, ceci afin de ne pas boucher la vue sur Paris depuis l'Étang de Bel Air situé plus haut. Des logements en abondance pour le personnel du château garnissent cet étage.

L'ensemble des stalles a été réinstallé au XIXe siècle. Certaines subsistent encore.

De nos jours, la totalité de ces bâtiments est toujours affectée à l'Observatoire de Paris, ce qui en interdit l'accès à tous les visiteurs. L'ensemble des communs dispose d'une superficie totale de 5 000 m2 (2 500 m2 pour chacun des deux niveaux). À cela, il faut ajouter également la superficie du corps de garde attenant, de 850 m2.

Les Jardins à leur apogée, vers 1700

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Restitution 3D du domaine de Meudon, vers 1708. Franck Devedjian et Hervé Grégoire, 2012.

Les jardins de Meudon étaient d'une grande magnificence. Il existait des jardins hauts et des jardins bas, sans compter la Grande Perspective. La manière de montrer Meudon décrit l'itinéraire à suivre pour découvrir les points de vue de Meudon à la fin du règne de Louis XIV. Ils se classent dans la catégorie des « jardins de pente ».

La Grande Perspective

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Restitution du Potager du château de Meudon, 1710. Vue depuis l'avenue du château
Restitution 3D de la vue depuis le balcon du premier étage du pavillon central du château-vieux de Meudon, vers 1690.

La Grande Perspective est l'axe monumental qui organise tout le domaine de Meudon. Il est parfaitement rectiligne sur une distance de 3,5 km, malgré la forte irrégularité de la topographie du terrain. Il s'est créé de part et d'autre du Château-Vieux, emplacement occupé dès l'origine.

À son apogée, au début du XVIIIe siècle, il se décomposait de la manière suivante (du Nord au Sud), au départ de la place du Maréchal-Leclerc :

  • Avenue du Château (plantée de 4 rangées d'arbres), avec en contrebas, le Potager.
  • premiers fossés
  • avant-cour (sur la droite, terrasse des marronniers)
  • deuxièmes fossés (enfouis sous la terrasse)
  • cour du Château-Vieux, dite cour royale
  • le Château-Vieux (détruit, caves conservées)
  • le parterre, dessiné par André Le Nôtre (détruit)
  • l'Orangerie, de Louis Le Vau, avec un bassin circulaire
  • le parterre de l'Orangerie, avec un bassin rectangulaire
  • Pelouse, avec une statue en marbre blanc, non identifiée
  • Le bassin dit du « Grand Carré » (détruit)
  • Nouvelle pelouse, moins longue que la première
  • la grille d'eau, avec onze jets d'eau (détruite)
  • Autre pelouse, plus longue
  • l'étang de Chalais (sur la droite, le canal des carpes)
  • le Tapis Vert
  • le pavillon de Trivaux (sous Louis XVI) (détruit)
  • l'axe se terminait par une allée tracée sur le plateau de Trivaux.

Les jardins bas

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Ils ont été principalement développés par Louvois, et embellis ensuite par Monseigneur et Louis XIV. Leur dénivelé et les différents points de vue en faisait le charme, ainsi que la présence de nombreuses pièces d'eau et de milliers de topiaires.

Un dessin de Pérelle, conservé à la BNF est intéressant en ce qu'il essaie d'orthogonaliser les jardins bas de Meudon, alors que ceux-ci étaient disposés de manière tout sauf rectiligne, suivant la forte pente de Meudon. Pour un homme du XVIIe, attaché à la symétrie parfaite, la liberté des jardins de Meudon surprenait.

Le parterre de l'Ovale

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Dessin d'André Le Nôtre pour l'Ovale. Nationalmuseum de Stockholm, Suède
Le bassin de l'Ovale, jardins bas de Meudon. Vers 1690.
Meudon. Les 2 châteaux réunis sous un même aspect, dessin de Jean-Baptiste Maréchal, 1785. Vue prise depuis l'Ovale.

Il était situé au niveau du haut de l'actuelle rue des Vertugadins, juste en contrebas de l'avenue de Trivaux (actuel ONERA). Le bassin de l'Ovale était fort grand, 60 mètres de long sur 38 mètres de large environ. Il y avait trois jets d'après les plans, celui du milieu étant le plus grand et montant fort haut. Six sculptures en pied étaient disposés devant le fond de végétation du bois de Lamet, qui fermait la vue sur le bosquet de l'Ovale. Tout était grandiose et naturel, sans colifichets qu'affectionnait Louis XIV et que le Grand Dauphin rejette délibérement, respectant les jardins de Meudon comme fort naturels, sur les conseils d'André Le Nôtre. Un dessin du XVIIIe représente ce lieu, avec les arbres de la Grande Perspective qui sont devenus fort grands dans l'arrière plan (voir ci-dessus à Histoire, XVIIIe). Il y avait un fort dénivellé, entre le bassin du Grand Carré, dans la perspective, et le bassin de l'Ovale, environ 11 mètres, sur seulement 100 mètres de distance. C'est pourquoi deux rampes avaient été aménagées en pente, de part et d'autres pour rejoindre l'Ovale. Un jeu visuel était intéressant : en découvrant le bosquet, on ne ressentait pas l'échelle réelle du bassin, qui ne paraissait pas si grand que dans la réalité, ce n'est qu'en s'approchant ensuite, en descendant les quelques marches, que le bassin prenait tout l'ampleur qui était la sienne. La petite vue gravée du bosquet de l'Ovale est fort fidèle à la réalité, puisqu'elle concorde avec les plans connus de ce lieu.

Le canal de l'ombre

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Schéma du canal de l'Ombre, près de l'Ovale, jardins bas de Meudon, vers 1700.

Le canal de l'ombre existe toujours, enserré dans un jardin d'une copropriété. Il est situé aujourd'hui près de la rue des Vertugadins et l'avenue de Trivaux, en contrebas de la rampe qui monte à l'Orangerie du château-vieux de Meudon. C'était un petit canal, refermé sur lui-même, qui servait de réservoir pour les jets d'eau des jardins bas. A son extrémité nord, il voisinait avec les jardins de l'Hôtel Courtin. Il possédait un jet d'eau central, le bassin mesurant près de 60 mètres de long sur 16 mètres de large. Le visiteur pouvait en faire le tour. Un lieu assez simple, mais qui offrait un moment de fraîcheur à la belle saison.

La demi-lune

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La demi-lune était située en contrebas de la grille d'eau. C'était un lieu fort agréable, où l'on avait une vue sur le vallon de Chalais et la grande perspective vue de biais. Un bassin circulaire égayait l'endroit. Il y avait une source juste en contrebas, que l'on utilisait pour l'eau, et qui alimentait le bassin octogone des jardins bas. De la demi-lune on découvrait le Ru d'Arthelon et toute la plaine de Chalais, et l'étang de la Garenne dans le fond.

Le bois de Guénégaud, avec son pavillon

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On ne connaît pas le dessin du pavillon de Guénégaud. Une gravure représentant un pavillon légendé "de Meudon" n'a en réalité aucun rapport, il n'est pas dans le style vers 1700, mais plus tardif. La mention "Meudon" est indiquée pour mieux vendre la gravure à l'époque.

Le bassin de l'Octogone et la « pièce de M. Le Nostre », encadrée des deux cascades

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Restitution 3D des jardins bas, avec la « pièce de M. Le Nostre ». État vers 1700.

Après avoir visité le bosquet de l'Ovale, en empruntant l'allée qui descend depuis la rampe sud, on arrivait dans une allée ombragée, d'où l'on pouvait découvrir le prochain spectacle à venir : on découvrait de nombreux jets d'eau, mais on ne comprenait pas comment ils étaient répartis. Il y avait en effet un premier bassin octogone, avec cinq jets d'eau, puis suivait derrière dans le fond un grand miroir d'eau, la "pièce de Monsieur Le Nostre", avec cinq ou sept jets. Le spectacteur s'arrêtait au niveau du bassin octogone, et découvrait la fusion des différents jets d'eau. Ce n'est qu'après avoir fait le tour du bassin octogone que le spectateur pouvait découvrir le miroir d'eau, situé au bas du vallon, et la régularité de ses jets d'eau placés à équidistance. La composition était simple mais d'une échelle monumentale. André Le Nôtre avait respecté le site, l'agrémentant simplement d'une régularité naturelle qui laissait la Nature triompher.

C'est le Grand Dauphin qui fit faire ajouter deux cascades encadrant le miroir d'eau. Il s'agissait de "rochers", avec un jet d'eau dans le bassin réservoir, qui retombait dans des petites cascades dans un bassin dont le milieu était cintré. Cela ajoutait de l'animation au lieu, tout en respectant la Nature. Le Grand Dauphin possède cette qualité de rare de respecter les lieux, quand son père Louis XIV aurait crée ici une cascade artificielle du type de l'affreuse mais monumentale rivière de marbre du château de Marly. La relative simplicité des jardins de Meudon n'est donc pas une question de prix. C'est un choix voulu du fils de Louis XIV, qui y exprime là sa propre personnalité.

Le vertugadin, en remontant

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Restitution de la vue au bout du Vertugadin, jardins bas de Meudon, début XVIIIe.

Si l'on remontait la totalité du grand Vertugadin créé par le Grand Dauphin, alors depuis la hauteur, du côté du bois de Clamart, la vue était époustouflante : on retrouvait une régularité et symétrie spectaculaire, où les bassins crééaient la dynamique et symétrise la partie basse des jardins, tandis que la partie nord était celle où l'on découvrait les châteaux vieux et neuf sur la terrasse, avec l'Orangerie. Même dans un site si escarpé que Meudon, la symétrie pouvait être magnifié dans une composition monumentale et spectaculaire, mais qui n'avait rien de grandiloquente. Sur la gauche se découvrait la demi-lune, et l'allée de la Grande Perspective qui descendait vers l'étang de Chalais.

Le bosquet de Cléopâtre

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Ce petit bosquet était organisé par un bassin central, octogone, et des bassins sur les côtés. On pouvait y admirer vers l'ouest une sculpture de l'Ariane endormie, dite Cléopâtre, placée sur un socle lequel était disposé sur un promontoire. Il s'agissait d'un bosquet assez simple, mais qui offrait un lieu plus intime que la composition monumentale précédente de la pièce de l'octogone et le miroir d'eau. Il était fort naturel, comme tous les jardins de Meudon. L'art n'avait que peu d'effet face à la beauté de la simplicité de la Nature, contrairement au goût de Louis XIV à Versailles qui asservissait la Nature pour l'Art.

Le canal d'Arthelon

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Le canal d'Arthelon était situé dans le jardins bas, en parallèle du Ru d'Arthelon. Il servait à refleter toute la terrasse, les châteaux, et les jardins. Il était situé entre la rue d'Arthelon et la rue du Haut d'Arthelon. Un lieu poétique, où la Nature s'exprimait avec tous ses charmes.

La cascade d'Arthelon

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Tout au bout de l'allée basse, qui était située dans l'axe du Ru d'Arthelon, actuelle rue d'Arthelon à Meudon, le Grand Dauphin fit aménagé une cascade. Mais celle-ci était si différente des rivières de Louis XIV à Marly ! De loin, on avait l'impression d'une grande rivière, similaire à celles du château de Marly. Mais de près, en arrivant devant la cascade, on se rendait compte que tout cela n'était qu'un simple effet d'optique, et que le haut de la cascade n'était que quelques emarchements fort simples et petits. Une fausse perspective d'eau en somme, mais point focal final de la grande et longue allée basse, que l'on pouvait découvrir au loin. Deux projets de sculptures furent dessinés pour encadrer la cascade et l'enrichir, mais il ne fut sans doute placer que des plâtres et des essais, le rendu ayant sans doute paru trop artificiel, et les sculptures a priori jamais réalisées. Le plan de la cascade est fort précis, il nous est donné par le manuscrit de la Bibliothèque Mazarine.

Le bosquet des marronniers

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Vue de la salle des marronniers des jardins bas de Meudon, vers 1700

Le bosquet des marronniers est un bosquet assez simple, refermé sur lui-même, qui jouait avec l'axement de jeunes marronniers, alignés parfaitement. Des petits buis au sol structuraient l'espace. Un lieu fermé, sombre, frais, qui permettait de s'offrir une pause dans le parcours de visite. On en connaît parfaitement le plan et l'organisation précise.

L'Hôtel Courtin et son parterre, un "Petit château"

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Portrait d'Honoré Courtin, Robert Nanteuil
Projet de modification du parterre de l'Hôtel Courtin, jardins bas de Meudon, vers 1710. BNF.

L'hôtel Courtin, situé au bout du village, juste en contrebas du parterre de l'Orangerie, constituait une maison dépendante du château de Meudon. L'hôtel de Guénégaud fut acquis par Louvois pour y loger Honoré Courtin, ami intime du ministre. Quand le Dauphin fit l'acquisition de Meudon en 1695, l'hôtel Courtin fut intégré au domaine, pour augmenter les logements disponibles.

Un grand parterre de broderies, à quatre compartiments fut créé, avec un bassin circulaire en son centre. Au bout, le site descendait encore, et un escalier à double rampes fut aménagé, en dessous duquel trois jets d'eau en cascade égayait le bas de l'escalier.

Les jardins bas étaient spectaculaires, disposés des deux côtés du vallon de Meudon, et offrant des vues sur la coline d'un Clamart d'un côté, et la coline de Meudon de l'autre.

De nos jours, plusieurs grands immeubles des années 1970 ont été bâtis à l'emplacement de l'hôtel Courtin. Au lieu du parterre de broderies se trouve aujourd'hui un terrain de tennis, entre la rue du Parc et la rue des Vertugadins.

L'hôtel Courtin n'était pas de petite taille : il possédait quatre niveaux, avec un escalier central qui distribuait les appartements. De nombreuses annexes et communs l'agrémentait. Il constituait une catégorie type qui est celle du "Petit Château", comme on en trouvait à Sceaux, ou à Saint-Maur.

Les jardins hauts : comme un grand labyrinthe avec vues

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Traité des Eaux de Meudon, 1699, par Nyon. Les jardins hauts.

Les jardins hauts étaient fort différents des jardins bas, et fort complémentaires. Leur échelle étaient monumentale, puisque la forêt fut totalement réaménagée pour offrir des allées, jets d'eau, et points de vues multiples, qui donnait l'impression d'une infinité de lieux et de surprises.

La superficie des jardins hauts est la plus importante, puisque près de trois fois plus grande que celle des jardins bas. L'emprise de ces jardins hauts est toujours conservée de nos jours, occupée principalement par l'Observatoire de Paris. L'ensemble constituait un réseau labyrinthique d'allées, agrémenté de nombreuses pièces d'eau. Contrairement aux jardins bas, ils étaient principalement plats, puisque organisés sur la colline de Meudon.

Le parterre de la Grotte (vers 1680-1708) et les Berceaux

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On peut inclure le parterre de broderies de la Grotte, dessinée par André Le Nôtre, dans les jardins hauts. Ce parterre unifié sera souvent copié dans les jardins suédois notamment. De nombreuses caisses d'orangers et pots enrichissaient encore les lieux. On supprimera ce parterre lors de la démolition de la Grotte (1705) et de la construction du Château-Neuf, et un nouveau parterre de broderies verra alors le jour.

A côté, entre le Château-vieux et la Grotte, se trouvaient les Berceaux de treillages. Ils permettaient de relier à l'ombre les deux bâtiments. et ornementait la partie encaissée du grand mur de terrassement dit de Beauvais.

Le parterre du Globe

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Le parterre du Globe était situé au sud de la Grotte puis du Château-neuf. Il fut d'ailleurs conservé intact après la nouvelle construction, tout au long du XVIIIe siècle. Un bassin circulaire central ornait le centre de parterres et allées. De ce lieu se découvraient le château-neuf, le château-vieux, la chapelle et la vue sur Paris dans le lointain. Un lieu majestueux, tout proche de la forêt.

Un grand globe de marbre, celui placé au château de Versailles, fut diposé dans l'angle nord du parterre du Globe. On le voit sur une vignette gravée : un emmarchement supportait le globe de marbre, et une grille protégait l'objet précieux.

Une vue inédite identifiée par Franck Devedjian, à l'Albertina, représente la famille royale au temps de Marie-Antoinette, où l'on découvre les murs de soutènement du parterre du globe, et des orangers disposés au-dessus.

Le parterre des Bois

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Le parterre des Bois est le grand parterre situé à l'ouest du château-vieux, en sortant par le Petit Pont. Il était axé sur le pavillon central de Meudon. De nombreuses sculptures étaient disposées dans le fond, servant de fond théâtral et de décors sur la végétation de la forêt. C'était un fort grand et long parterre de pelouses, avec de nombreux ifs taillés en boules ou autres. Non loin de là se situait un petit bosquet circulaire avec une fontaine au centre encadrée de cercles de pelouses, qui était le bassin voisin du jeu de l'anneau tournant. Tout était naturel ici comme dans tout le reste du jardin.

Le Parasol

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Le point de vue du Parasol était éblouissant, et l'un des plus impressionants des jardins de Meudon. On pouvait aperçevoir l'Orangerie, le château-vieux, le château-neuf, le parterre de l'Orangerie, les jardins bas dans leur étendu, le Grand Carré, le Vertugadin, l'allée de la Grande Perspective, ainsi que l'étang de Chalais au sud. Une vue à plus de 180 degrés, avec Paris dans le fond. Ce genre de vue n'était possible qu'avec un site aussi éblouissant que celui de Meudon. Ce qui était assez puissant, c'était cette ouverture sur la capitale, qui était opposé à l'espace clos sur lui-même de l'étang de Chalais. On avait une chose et son contraire dans le même point de vue. Et les choses s'harmonisait malgré l'absence de symétrie visuelle.

La Calotte

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Depuis le point de vue de la Calotte, on pouvait surtout admirer la partie basse de la perspective, du côté de l'étang de Chalais. On découvrait les pelouses, l'étang, et le Tapis vert de Louvois qui remontait du côté de Vélizy. On découvrait aussi l'étang de la Garenne sur la gauche de l'étang de Chalais.

Le bosquet de la petite étoile

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Situé dans la forêt, sur le plateau haut, le bosquet de la Petite Etoile était tout simple : de nombreuses allées se rejoignaient auprès d'un petit bassin circulaire avec un jet d'eau. Et de là, non loin pouvait s'admirer la vue sur tous les jardins bas. C'est ce genre de lieu très naturels qui faisaient tout le charme de Meudon.

Le Gladiateur

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Le rond du Gladiateur était un belvédère ouvert dans la forêt, qui permettait d'admirer la vue sur le vallon de Chalais. La végétation de la forêt était bien taillée au pied du rond, pour permettre d'admirer cette vue. Une sculpture du gladiateur, non pas mourant, mais debout avec son glaive, était installée au centre du rond de pelouse, sur un socle. De nos jours, c'est une autre sculpture qui est positionnée à cet endroit, qui n'est pas celle d'origine du règne de Louis XIV. Le lieu était fort grand et aéré, on y accédait par une allée majestueuse qui commençait au château-neuf pour se prolonger jusqu'à ce bosquet du Gladiateur.

Le bosquet des Cloîtres

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Le bosquet des cloîtres est un immense espace aménagé dans la forêt, qui permet d'ouvrir l'espace, ce qui contraste avec les parties sombres du bois. Au centre, un grand bassin circulaire, dont le diamètre n'est autre que de 70 mètres, soit une superficie d'eau dudit bassin de plus de 3.500 m². Le bosquet est lui aménagé dans un rectangle d'environ 300 mètres sur 200 mètres, ce qui donne l'échelle gigantesque du lieu. (on pourrait quasi y faire rentrer la Tour Eiffel en la posant en long). Un lieu rien que simple mais majestueux et avec une échelle grandiose, ce qui était ce qui impressionnait le plus. Le duc d'Antin, si proche du Grand Dauphin et qu'il vénérait quasiment (cf ses Mémoires), copiera ce bosquet quasi à l'identique dans ses jardins du château de Bellegarde (Loiret), où Mme de Montespan, sa mère, aimait aussi à se rendre.

Le bassin de Bel Air

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Le bassin de Bel Air existe toujours, parfaitement conservé, dans la partie haute de Meudon, vers l'entrée du domaine. Il constituait l'un des réservoirs aménagés sur le plateau, pour permettre de stocker de l'eau en abondance pour alimenter tous les jets d'eau du jardin. Le réservoir possède un plan particulier, sans doute dû à son histoire : il a dû initialement être de plan rectangle, avec les pans coupés, donc un quasi octogone. Puis, avec la nécessité d'obtenir encore plus d'eau, il a dû être agrandi par André Le Nostre au temps de Louvois, avec l'ajout de deux demi-cintres de part et d'autre, ce qui a permis d'en doubler environ la capacité. Il servait de canal dans le parcours de visite, et André Le Nôtre y a aménagé les lieux en les régularisant, et les symétrisant, jouant avec la vue et l'allée d'arbres en contrebas. Le bassin réservoir mesure environ 240 mètres de long sur 60 mètres dans sa partie la plus large. Il possède une superficie de 12.000 m².

Les jardins de Montafilan, avec le cabinet de pierre

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Les jardins de Meudon se poursuivaient encore dans la partie haute dite des jardins de Montafilan, entre le réservoir de Bel Air et le couvent des Capucins. Des allées nombreuses, bassins aux intersections. On y trouvait un "Cabinet de pierre", petit pavillon disposé au milieu d'une allée dans la forêt, d'où on pouvait monter au premier étage pour admirer l'allée située en face. Tout au bout, un point de vue, avec son petit bassin, était situé au-dessus de l'avenue du château. On pouvait y admirer la vue sur tout Paris. La boucle de la Seine dans le lointain jouait avec le tracé circulaire du bassin du premier plan. C'était les prémices de la vue encore plus belle que l'on allait découvrir au bastion des Capucins, qui s'élargissait alors vers Saint-Cloud. L'eau du bassin circulaire de Montafilan alimentait ensuite le réservoir du Potager situé en contrebas.

Le bastion des Capucins

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Vue depuis le bastion des Capucins, Jacques Rigaud, vers 1730.

Le Bastion des Capucins était l'un des endroits les plus extraordinaires des jardins de Meudon. Il existe toujours, et même encore aujourd'hui, quand on s'y place et que l'on admire la vue sur Paris, même après l'urbanisation, on est saisit de l'ampleur et de la puissance de cette vue. C'était un lieu clef, qui récompensait le promeneur de sa marche ou venue en calèche jusqu'à ce point le plus au nord du jardin. Le Bastion, véritable construction quasi militaire, était constitué d'une terrasse située toute en hauteur. On pouvait embrasser une vue exceptionnelle : Saint-Cloud, Meudon, Issy, Paris etc. On découvrait la partie du côté de Saint-Cloud, qui n'était pas visible ailleurs dans le jardin. Plusieurs vues, des gravures nous présentent précisément cette vision panoramique sur toute l'Ile-de-France. En contrebas se situait le couvent des Capucins, que le cardinal de Lorraine avait fait installer à Meudon.

Parc et étangs

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Schéma de la vue depuis le canal des truites de Meudon, avec l'étang de Chalais, vers 1700.
Les moulins de Villebon, sur les hauteurs de Meudon.

Le parc de Meudon s'étendait jusqu'à Chaville, et de là, rejoignait celui de Versailles. Le dénivelé du terrain, la forêt dense, les nombreux étangs, de grandes plaines situées sur les hauteurs sont les principales caractéristiques de ce parc aux XVIIe et XVIIIe siècles. On y trouvait notamment :

  • L'étang de la Garenne
  • L'étang de Triveau
  • L'étang des Fonceaux[52]
  • L'étang de Vilbon
  • L'étang de la Fosse Renault
  • L'étang du Tronchet
  • Le vieux réservoir
  • Le réservoir neuf
  • La patte d'Oye
  • La ferme de Vilbon, avec les moulins pour les eaux.

L'étang dit « de Meudon » n'a été créé qu'au XXe siècle.

La bibliothèque historique de la ville de Versailles conserve un manuscrit des réservoirs de Meudon, aux armes du Grand Dauphin, qui date vers 1700.

Description détaillée au temps de Napoléon Ier

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Le palais de Meudon (château-neuf du Grand Dauphin subsistant) fut entièrement redécoré dans le nouveau style Empire. Il s'agissait du palais du roi de Rome, le fils de l'Empereur, c'était donc un lieu particulièrement symbolique politiquement, qui évoquait l'avenir de la dynastie napoléonienne et se devait d'être somptueux. On possède de nombreux objets d'art de cette époque, le mobilier également, dispersé, ainsi que des étoffes de cette époque, qui permettent une restitution des lieux.

Village de Meudon

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Vue du Château-Vieux et du village de Meudon en contrebas. XVIIIe siècle.
Église Saint-Martin de Meudon de nos jours

Le village de Meudon était constitué de nombreux hôtels et propriétés, dont les plus importantes appartenaient à des personnages liés aux différents propriétaires du château. On trouve notamment :

Toutes ces constructions et leurs jardins étaient visibles depuis le château ou les jardins.

Voir aussi

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Sources des XVIIe et XVIIIe siècles :

Sources textuelles

Sources iconographiques :

  • Les 12 mois grotesques de Claude Audran III, site de l'INHA.
  • Jean Marot, Recueil des plans, profils et élévations des [sic] plusieurs palais, chasteaux, églises, sépultures, grotes et hostels bâtis dans Paris et aux environs par les meilleurs architectes du royaume desseignez, mesurés et gravez par Jean Marot, vues 48, 49 et 50 (Voir)

Bibliographie contemporaine :

  • Louis Eugène Robert, Histoire et description naturelle de la commune de Meudon, 1843 ;
  • Emmanuel-Henri de Grouchy, Les châteaux de Meudon et le château de Bellevue, album de quarante-cinq photographies, précédées d'une notice historique, 1865, 32 pages, 45 planches, lire en ligne ;
  • Emmanuel-Henri de Grouchy, Meudon, Bellevue et Chaville, 1893, Paris, 176 pages (extrait des Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile de France, tome XX, 1893, pages 51-206), lire en ligne ;
  • Paul Biver, Histoire du Château de Meudon, Jouve et Compagnie, 1923. (Thèse)
  • Bourel Le Guilloux Christophe, « Il castello e la grotta di Meudon », in Sabine Frommel (Dir.), Francesco Primaticcio, p. 283–303, Milan, 2005, Electa.
  • Bourel Le Guilloux Christophe et Morin Christophe, « Epilogi per una foresta di colonne: la Rotonda dei Valois e il castello di Meudon », in Sabine Frommel (dir.), Francesco Primaticcio, p. 228–233, 2005 Milan, Electa
  • Bourel Le Guilloux Christophe, « "Pour donner plaisir & contentement" : la grotta all’antica in Francia negli anni Cinquanta », in Coll., Villa Lante a Bagnaia, Milan, 2005, Electa, p. 230–243.
  • (Collectif) sous la direction d'Alexandre Gady, Jules Hardouin-Mansart, Édition de la maison des sciences de l'homme, 2010.
  • Decrossas Michaël, « Primatice à Meudon : un chantier inachevé », in Documents d’histoire parisienne, no 7, Paris 2005, p. 61–72
  • Devedjian Franck, « De la Cour des Offices à l'Aile des Marronniers : l'identification d'un plan inédit du château de Meudon », in Bulletin des Amis de Meudon no 246, octobre 2010, p. 2 à 29.
  • Devedjian Franck, « L'aspect extérieur du Château-Vieux de Meudon à la fin du règne de Louis XIV », in Versalia, no 16, 2013, Société des Amis de Versailles, p. 91 à 110.
  • Devedjian Franck, Architecture et décor du château de Meudon sous Monseigneur (1695-1711), Master d'Histoire de l'Art, sous la direction d'Alexandre Gady, Paris IV Sorbonne, juin 2013. 3 tomes.
  • Devedjian Franck, Manière de montrer Meudon, Les Amis du paysage française, octobre 2013.
  • Devedjian Franck, « Les grandioses projets de Louvois pour embellir le Château-Vieux de Meudon », octobre 2014, article publié sur le site de l'auteur. http://chateau-meudon.wifeo.com/
  • Devedjian Franck, « Où est Charlie ? Louis XIV ou Louvois ? », novembre 2014, courte notice publiée sur le site de l'auteur. http://chateau-meudon.wifeo.com/
  • Devedjian Franck, « Le château de Chaville sous le règne de Louis XIV », in Bulletin des Amis de Meudon, no 261, septembre 2015, p. 4 à 22.
  • Frommel Sabine et Flaminia Bardati, Fransceco Primatice, architecte (1503-1570), Éditions Picard, mars 2010.
  • Grouchy (vicomte de), Les châteaux de Meudon et le château de Bellevue, Paris, 1865.
  • Grouchy (vicomte de), Meudon, Chaville, Bellevue, 1893.
  • Grouchy (vicomte de), Meudon & Bellevue, conférence-promenade, Paris, 1906.
  • Jantzen Michel, avec la collaboration de Valérie Solignac, Plan général des jardins et châteaux de l'ancien domaine de Meudon. Étude historique et iconographique, commande du Ministère de la Culture, 1979.
  • Jestaz Bertrand, Jules Hardouin-Mansart, Édition Picard, 2008, 2 tomes en coffret.
  • Hamilton Hazlehurst Franklin, Des jardins d'illusion, le génie d'André Le Nostre, Somogy Éditions d'Art, traduction française 2005.
  • Herlédan Marie-Thérèse, Les perspectives de Meudon et la constitution foncière d'un axe, XVIe - XVIIe siècle, dans La culture d'André Le Nôtre, 1613-1700. Institutions, arts, sciences et techniques, actes du colloque de Sceaux, , sous la direction de G. Farhat, M. Mosser, A. Picon.
  • Hoog Simone, édition de l'ouvrage de Louis XIV, Manière de montrer les jardins de Versailles, Paris, Réunion des Musées nationaux, 1982.
  • Leproux Guy-Michel, « Claude Foucques, architecte du cardinal de Lorraine, de Diane de Poitiers et de Charles IX », in Documents d’histoire parisienne, no 5, Paris 2005, p. 15–26.
  • Ménard Jean, L'étonnante histoire du réseau hydraulique du château de Meudon, édition le taureau volant, 2003.
  • Pons Bruno, Le décor de l'appartement du Grand Dauphin au château neuf de Meudon, 1709. Gazette des Beaux-Arts, 1991-02, Tome CXVII - 1465e livraison.- p. 59-76.
  • Thierry Sarmant (dir.), Palais disparus de Napoléon. Tuileries, Meudon, Saint-Cloud, Paris, catalogue de l'exposition organisée au Mobilier national, In Fine éditions d'art, 2021.
  • Vigoureux Claude, « D'un Dauphin, l'autre. Mourir à Meudon (1711-1789) », in Versailles, no 23, 2016, SOTECA Edition.
  • Vigoureux Claude, « La Maintenon du Grand Dauphin. Marie-Emilie Joly de Choin », in Versailles, no 11, 2013, SOTECA Edition.
  • Villadier Francis et Marie-José, Histoire du Château de Meudon, imprimerie municipale de Meudon, février 1985.

Articles connexes

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Liens internes principaux

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Modèles et inspirations

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Édifices servant de modèle à Meudon

Dans l'Antiquité :

Dans l'architecture française:

Édifices contemporains des constructions de Meudon

Édifices s'inspirant de Meudon

Personnes liées au château

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Les propriétaires ou occupants principaux :

Les gouverneurs, contrôleurs ou capitaine :

Les architectes :

Les sculpteurs :

Les peintres :

Les poètes :

Autres :

Autres personnes

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Le cercle de la duchesse d'Étampes à Meudon (vers 1527-1552)

Le cercle des Guises à Meudon (1552-1654)

Le cercle d'Abel Servien à Meudon (1654-1659)

  • François Servien, son frère
  • Ennemond Servien, son frère, ambassadeur de France à Turin.
  • Hugues de Lionne, son neveu, ministre des affaires étrangères
  • Louis-François Servien, son fils, propriétaire de Meudon de 1659 à 1679.
  • Maximilien Pierre François de Béthune (1640-1694), marquis de Rosny puis duc de Sully, gendre d'Abel Servien.
  • Marie Antoinette Servien (vers 1643 ? - 1702), marquise de Rosny, puis duchesse de Sully, fille d'Abel Servien.
  • Nicolas Servien, Seigneur de Montigny, cousin d'Abel Servien.
  • François Honorat de Beauvilliers, le duc de Saint-Aignan (1607-1687), époux d'Antoinette Servien (vers 1615-1679), elle-même fille de Nicolas Servien.
  • Gilles Ménage, qui tient la bibliothèque du château. Il s'y installe au printemps 1657, sur insistance de Mme de La Fayette, qui possède une maison à Fleury.
  • Pierre Séguier, le chancelier, grand-père du mari de Marie-Antoinette Servien, la fille d'Abel Servien. Il fut le tuteur des trois enfants de Servien, après son décès en 1659.
  • La Fontaine, ami de Louis-François Servien.
  • Ennemonde Servien, dite Mme de Saint-Ange, nièce d'Abel Servien, épouse de François Charron, marquis de Saint-Ange, premier maître d'hôtel d'Anne d'Autriche.

Le cercle de Louvois à Meudon (1679-1691)

Le cercle de Monseigneur à Meudon (1695-1711)

Les occupants du château sous Louis XV

  • La duchesse de Châtillon (vers 1737)
  • Vigier, parfumeur de Mme de Pompadour
  • La princesse de Bergues (vers 1753)
  • Le vicomte de Chabot (vers 1753)
  • Le comte de Lautre (vers 1753)
  • La duchesse de Mirepoix (vers 1754)
  • La présidente Talon (vers 1754)
  • La princesse de Soubise (vers 1757)
  • Mademoiselle de Melun (vers 1757)
  • La maréchale de Duras (vers 1759)
  • La duchesse de Luynes (vers 1759)
  • La princesse de Talmont (vers 1761-1763)
  • Le comte de Noailles (vers 1765)
  • Le marquis de Souvré (vers 1751), petit-fils de Louvois.
  • Le comte de Rohan-Chabot (vers 1751)
  • Le comte de Forcalquier (vers 1751)
  • Le comte de Montesson (vers 1751-1752)
  • La duchesse d'Ayen (vers 1765)
  • Le duc de Gesvres (vers 1751)

Les occupants du château sous Louis XVI

Autres personnes venues au château

Visiteurs étrangers

Liens externes

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Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références

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  1. 1 2 Notice no PA00088117, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. ↑ Marie-Thérèse Herlédan a résumé les connaissances acquises sur cette période dans son ouvrage Meudon, avant le roy.
  3. ↑ On lit parfois « Ysbarre ».
  4. ↑ Mirot, Léon, « Études Lucquoises (suite) », Bibliothèque de l'École des chartes, Persée - Portail des revues scientifiques en SHS, vol. 88, no 1,‎ , p. 275–314 (DOI 10.3406/bec.1927.452416, lire en ligne, consulté le ).
  5. ↑ « Bibliographie de Paris au Moyen Age : La Base », sur parismoyenage.fr (consulté le ).
  6. 1 2 « Bibliographie de Paris au Moyen Age : La Base », sur parismoyenage.fr (consulté le ).
  7. ↑ http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01092058/document
  8. ↑ « Le Chant Pastoral de Ronsard évoquant la Grotte de Meudon », sur Gallica, .
  9. ↑ Voir les mémoires du marquis de Dangeau, au mercredi 1er juin 1695 : « Le matin, le roi proposa à M. de Barbezieux l'échange de Choisy avec Meudon ; il lui demanda pour combien madame de Louvois avoit pris Meudon dans son partage ; M. de Barbezieux lui dit qu'elle l'avoit pris pour 500 000 francs ; sur cela, le roi lui dit qu'il lui en donnerait 400.000 de retour et Choisy, qu'il comptoit pour 100 000 francs, si cela accomodoit madame de Louvois ; qu'il le chargeoit de l'aller savoir d'elle, mais qu'il ne lui demandoit aucune complaisansce ; qu'il vouloit qu'elle traitât avec lui comme avec un particulier et ne songeât qu'à ses intérêts. M. de Barbezieux alla à Paris trouver madame sa mère, qui est contente de l'offre du roi et à qui l'échange convient fort. On signera le contrat au premier jour ; on n'a commencé à parler d'affaire que le matin, et elle fut finie le soir ».
  10. ↑ Histoire du château de Meudon décrite dans le livre scanné par Google Books - LE SIÈCLE DES BEAUX ARTS ET DE LAGLOIRE ou LA MÉMOIRE DE LOUIS XIV JUSTIFIÉE DES REPROCHES ODIEUX DE SES DÉTRACTEURS OUVRAGE OU SONT PASSÉS EN REVUE LES PRINCIPAUX AUTEURS QUI ONT ÉCRIT SUR LE RÈGNE BU GRAND ROI DEPUIS 1715 JUSQU'À NOS JOURS - ANCIEN SECRÉTAIRE DES ARCHIVES DE LA COURONNE - VERSAILLES CHEZ DUFAURE IMPRIMEUR RUE DE LA PAROISSE 21 - 1838
  11. ↑ « Recueil des Plans, Elevations, et Veües du Château de Petit-Bourg : [dessin] / Chaufourier del. », sur Gallica, (consulté le ).
  12. ↑ Mémoires du marquis de Sourches, 17 avril 1711.
  13. ↑ « Le lendemain des fêtes de la Pentecôte [jour de l'arrestation de Voltaire], le Czar passa par les Invalides en revenant du château de Meudon, où l'on disait que l'envie lui ayant pris d'aller à la selle, et étant sur une chaise percée, il demanda du papier au valet qui la lui avait apportée ; lequel n'en ayant point à lui donner, ce prince se servit d'un écu de cent sols pour y suppléer, et le présenta ensuite au valet qui s'excusa de le recevoir parce que le concierge lui avait fait défense de rien prendre de personne ; ce que voyant le Czar, après lui avoir dit plusieurs fois de le prendre, il le jeta plein de vilainie par terre. Le concierge ayant ouï le récit du valet, lui dit en riant de bon cœur : "Va, va quant tu auras lavé cet écut, il sera aussi bon qu'un autre : je suis bien aise que le papier t'ait manqué pour profiter de cet écu, pour te donner moyen de boire à la santé du prince avec tes camarades », Journal de la Régence, Jean Buvat, 17 mai 1717.
  14. ↑ Michelet (Histoire de France, tome 17, Lacroix & Cie, 1877, p. 155) suggère que le Régent concéda le château de Meudon à sa fille parce-qu'il la savait enceinte. Un long séjour à Meudon permettrait à la duchesse de Berry d'y mener à terme sa grossesse illégitime avec toute la discrétion nécessaire. Depuis son veuvage, la sexualité débridée de la jeune duchesse et ses grossesses clandestines -que la rumeur publique attribuait au Régent – ne cessaient d'exciter la verve des chansonniers satiriques. Le stratagème du Régent échoua : sur le point d'être mère, Madame de Berry ne renonça pas pour autant aux représentations publiques, ni à ses plaisirs. Mal préparé par des soupers fort arrosés de vins et de liqueurs, son accouchement, très laborieux, lui serait fatal
  15. ↑ Rentrée de Meudon au palais du Luxembourg, la duchesse de Berry y entre en couches le 28 mars. Comme l'évoque Saint-Simon, l'accouchement de la fille du Régent manque de la tuer et fait scandale. L’abbé Languet de Gercy, curé de Saint-Sulpice, lui refuse les sacrements. Le 2 avril, on finit par délivrer la princesse d'un enfant mort-né.
  16. ↑ Selon Saint-Simon (Mémoires VII, 456), à l'autopsie du corps « la pauvre princesse fut trouvée grosse ». Comme le remarque Duclos (Œuvres complètes, 1821, Vol.6, p. 369) « elle n'avait pas perdu de temps depuis sa couche ». La « féconde Berry » (un de ses sobriquets dans les poèmes satiriques brocardant ses grossesses illégitimes) était donc retombée enceinte durant sa convalescence à Meudon, le mois suivant son très laborieux accouchement au Luxembourg.
  17. ↑ Mercure de France, avril 1723, p. 813
  18. ↑ http://chateau-meudon.wifeo.com/documents/INVENTAIRE-MARQUIS-PELLEVE.doc
  19. ↑ http://chateau-meudon.wifeo.com/stanislas-a-meudon.php
  20. ↑ Le visage de l'archange est effectivement une référence au Saint-Michel terrassant le dragon de Raphaël.
  21. ↑ Frédéric d’Agay (éd.), Journal de voyage de l’abbé Cavalier de Fréjus à Paris et Versailles (février-juin 1748). Document commenté inédit publié en ligne sur Cour de France.fr le 1er septembre 2008 (http://cour-de-france.fr/article497.html).
  22. ↑ Inventaire conservé à la bibliothèque de l'INHA, carton 46, dossier XII, microfilm 24170-24198. Retranscrit en intégralité ici : http://chateau-meudon.wifeo.com/descriptions.php
  23. ↑ Journal du marquis de Bombelles, vol. 2, page 204, à la date du 8 juin 1788.
  24. ↑ « Les collections du département des arts graphiques - Retour de la promenade de Mr le Dauphin au vieux château de Meudon - ISABEY Jean-Baptiste », sur louvre.fr (consulté le ).
  25. ↑ Emile Dard, Le général Choderlos de Laclos, auteur des liaisons dangereuses, 1741 -1803, Paris, Perrin et cie, , 516 p. (lire en ligne)
  26. ↑ A sporting tour... various parts of France, in the year 1802.... Colonel Thornton, Volume I, 1806. pp. 129 à 138. BNF. Traduction de l'anglais au français par Guillaume Fleury, mai 2013.
  27. ↑ http://chateau-meudon.wifeo.com/napoleon-ier.php
  28. ↑ « Vente du Haras de Meudon », Journal des haras, des chasses et des courses de chevaux,‎ , p. 383 (lire en ligne)
  29. ↑ « L'ami de la religion, 1843, p. 564. »
  30. ↑ « Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais - Search Result » [archive du ], sur rmn.fr via Internet Archive (consulté le ).
  31. ↑ Journal l'Illustration, no 1277, du 17 août 1867. Gravure représentant la réception au Château-Neuf de Meudon.
  32. ↑ Un décret du 6 septembre 1875 créé en région parisienne un observatoire d'Astronomie physique. Janssen s'installe aux Communs en 1876. Le choix du site est concrétisé par une loi de 1879, des crédits de plus d'un million de francs ayant été votés en 1878 pour la restauration du château et l'achat d'instruments. En 1927, le regroupement avec l'Observatoire de Paris fait du site de Meudon sa Section d'Astrophysique.
  33. ↑ http://chateau-meudon.wifeo.com/les-videos.php Intervention de Franck Devedjian.
  34. ↑ « Restituer la valeur d’un paysage patrimonial - Atlas des paysages et des projets urbains des Hauts-de-Seine », sur gouv.fr (consulté le ).
  35. ↑ Lu sur : http://restaurermeudon.wifeo.com/le-projet-de-fouilles.php
  36. ↑ « Accueil des JEA 2020, bande annonce vidéo - Journées européennes de l'archéologie » [archive du ], sur Journées européennes de l'archéologie via Internet Archive (consulté le ).
  37. ↑ Le Parisien, « Des trésors archéologiques découverts dans le parc du château », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  38. ↑ « Avertissement de redirection », sur google.fr (consulté le ).
  39. ↑ « L'archéologie à Versailles - Château de Versailles » [archive du ], sur chateauversailles.fr via Internet Archive.
  40. ↑ BIVER, 1923, p. 27.
  41. 1 2 https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00129806
  42. ↑ Bernard Palissy, par Louis Audiat, 1868, pp. 117 et 118.
  43. ↑ Panneau 9 du parcours du patrimoine de la ville de Meudon
  44. ↑ Roger-Armand Weigert, Notes de Nicodème Tessin le Jeune relatives à son séjour à Paris en 1687, BSHAF, 1932 (traduction française des notes de Tessin écrites en allemand).
  45. ↑ Voir catalogue d'exposition d'Israël Silvestre, musée du Louvre, article de Franck Devedjian sur les jardins de Meudon.
  46. ↑ « La Charité / Musée du Louvre / Paris » [archive du ], sur louvre.fr via Internet Archive (consulté le ).
  47. ↑ P.-A. Gatier, M. Jantzen, architectes en chef - inspecteurs généraux des Monuments historiques, « Transformation des ruines de l'ancien château neuf en observatoire », in Comité de Sauvegarde des Sites de Meudon, bulletins no 121 et 122, 2006.
  48. ↑ Thierry Sarmant indique qu'« il faut croire que Louis chérissait cette toile particulièrement » (2003, p. 321).
  49. ↑ Devedjian, 2013, p. 181.
  50. ↑ Devedjian, 2013, p. 182.
  51. ↑ Devedjian, 2013, p. 184.
  52. ↑ http://www.collections.chateau-sceaux.fr/Record.htm?idlist=1&record=541612436989
  53. ↑ http://chateau-meudon.wifeo.com/les-capucins-.php
  54. ↑ « Recueil des Plans, Elevations, et Veües du Château de Petit-Bourg : [dessin] / Chaufourier del. », sur Gallica, (consulté le ).
  55. ↑ « [Metz, château de Frescaty] Couppe de laditte chapelle sur sa longueur : [dessin] / [René Chauveau] », sur Gallica, (consulté le ).
  56. ↑ On lit parfois « Ysbarre ou Ysbare ».
  57. ↑ Duc de Saint-Simon, Duc de Saint-Simon : Oeuvres (Mémoires) LCI/80, , 6180 p. (lire en ligne), p. 2003.