Château de Clagny
Le château de Clagny est un édifice, aujourd'hui disparu, situé alors dans la commune de Versailles, dans le département français des Yvelines en région Île-de-France.
| Type |
Château de plaisance |
|---|---|
| Destination initiale |
Résidence de plaisance |
| Destination actuelle |
Détruit |
| Style | |
| Architecte | |
| Matériau | |
| Construction |
1675 - 1683 |
| Restauration |
1734 |
| Démolition |
1769 |
| Commanditaire | |
| Propriétaire | |
| État de conservation |
démoli ou détruit () |
| Pays | |
|---|---|
| Division administrative | |
| Subdivision administrative | |
| Commune |
| Coordonnées |
|---|
Histoire
modifierLe château de Mme de Montespan et de ses enfants légitimés
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Le château est commandé à l'intention de Madame de Montespan, maîtresse et favorite du roi Louis XIV.
Il est alors situé au nord-est du château de Versailles. Les plans initiaux de 1674 sont l'œuvre de l'architecte Antoine Lepautre, mais sont rapidement abandonnés début 1675 faute, notamment, de devis trop peu nombreux.
Le projet est alors confié à l'architecte Jules Hardouin-Mansart, qui signe son premier grand chantier en faveur du roi et de sa famille. Il remanie les plans du château et une partie de ceux des jardins, en collaboration avec le jardinier et paysagiste André Le Nôtre. Le , les travaux redémarrent avec les premiers paiements aux entrepreneurs. Le , le domaine de Glatigny vient étoffer celui de Clagny.
Si les travaux de gros œuvre sont terminés en 1680, ceux de l'aménagement intérieur et des décorations sont quant à eux, malgré un bon état d'avancement, abandonnés dès 1683, en raison de la disgrâce de la favorite.
En , le roi fait don, par lettres patentes, du château, ainsi que 2000 arpents de terres en dehors du Grand Parc à Madame de Montespan et à ses enfants. Dès lors, la marquise ne revient plus au domaine, et en 1687 le château est démeublé et les jardins deviennent des friches.
A l'automne 1686, les ambassadeurs du roi de Siam "ont été logés durant huit jours à Clagny, et on leur a fait voir les jardins et les magnifiques appartements de ce château, de Trianon, de la Ménagerie, de Marly et de Saint-Germain en Laye"[1].
Les extérieurs du château
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Le château fut le chef-d'œuvre du jeune Jules Hardouin-Mansart. Ce fut une création d'une totale modernité, où tous les volumes étaient spectaculaires. La symétrie était parfaite, la cour d'entrée éblouissante, et en comparaison à la même époque, le château voisin de Versailles faisait pâle figure... A Clagny tout était en pierre de taille, l'art de la stéréotomie avait atteint une apothéose pour un édifice de nature civile et non religieuse.
De part et d'autre du grand plan en U du bâtiment principal, une autre aile servait d'Orangerie, et une autre enfin pour les communs et cuisines. L'échelle de la construction ne s'était jamais vu en France à cette époque pour un tel palais. Rien ne fut trop beau pour Mme de Montespan, et surtout pour établir ses enfants légitimés.
- Chateau de Clagny - restitution 3D
- Chateau de Clagny - Versailles - Elevation de la façade côté jardins
Les intérieurs
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En entrant, se trouvait au centre du château un somptueux vestibule à l'italienne, de plan carré, au sein du pavillon central. A gauche, l'appartement du roi (au sud de l'entrée), et à droite l'appartement de Mme de Montespan (au nord de l'entrée).
L'appartement du roi disposait d'une antichambre, d'une chambre de parade, d'une chambre à coucher, et d'une immense galerie, incontestablement la plus belle pièce du château, et qui précède la galerie des glaces du château de Versailles. Après la galerie, se trouvait encore une autre galerie pavée de marbre, l'orangerie, en retour dans la petite aile. Une salle de bains de parade voisinnait dans ces espaces.
De l'autre côté, on pouvait accéder aux autres appartements par un grand vestibule, qui desservait d'un côté l'appartement de Mme de Montespan, similaire à celui du roi, et donnant du côté du jardin. De l'autre, d'autres pièces voisinant près de la chapelle. Cette dernière était similaire aux 4 chapelles latérales des Invalides, puisque la chapelle de Clagny servit de modèle à Jules Hardouin-Mansart pour les chapelles latérale des Invalides. L'ensemble a ébloui les contemporains à juste titre, de par la régularité de la totalité de la construction.
Tout était neuf, monumental, luxueux, et la position plutôt élevée du rez-de-chaussée offrait des vues dominantes sur le jardin. Le goût du faste de Mme de Montespan ne pouvait mieux s'exprimer que dans cette demeure prestigieuse, sans doute la plus neuve et la luxueuse alors que l'on pouvait trouver en France.
- Clagny - btv1b53037519w (1 of 2)
- Autre plan du premier et du second étages du château de Clagny - dessin - btv1b53037616x (2 of 2)
- Projet de Michel II Corneille pour la galerie
- Restitution du Grand Vestibule (dit le Salon) du château de Clagny, vers 1680.
- Restitution inédite de la Grande Galerie de Clagny, vers 1685.
- Restitution inédite de l'Orangerie de Clagny, vers 1685
- Proposition de restitution du grand vestibule de l'aile nord du château de Clagny, 1685
- Evocation du Grand Cabinet de Mme de Montespan au château de Clagny, vers 1685
Les jardins au temps de Mme de Montespan
modifierDescription du jardin au temps de sa splendeur
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Les jardins de Clagny ont été réalisés sur un site assez plat, avec un domaine préexistant. André Le Nôtre a organisé les choses en fonction de l'ancien manoir de Clagny. Il a conservé un petit bois préexistant. La construction du nouveau château a été axée par rapport à l'île de l'étang de Clagny, préexistante. C'est depuis cet axe qu'a découlé la construction. Le jardin a été planté alors que le projet de construction était suivi par Antoine Le Paultre, architecte de Monsieur. On sait que Monsieur, frère de Louis XIV, et Mme de Montespan furent toute leur vie les meilleurs amis du monde. Le Nôtre a organisé les choses, et probablement modifié encore ses plans quand il a été décidé de changer d'architecte et de prendre Jules Hardouin-Mansart.
Un grand parterre était aménagé du côté des appartements du roi et de Mme de Montespan. Derrière, l'étang de Clagny servait de canal, et l'île de Clagny, une île de fête, depuis laquelle on pouvait tirer des feux d'artifice, servait de point de fuite à toute la composition. La ville de Versailles se découvrait au sud. Cet aménagement grandiose permettait d'offrir une vision du jardin assez simple mais d'une grande magnificence.
Du fait du terrain assez plat, il fallait composer par parties, et des bosquets furent aménagés dans des compartiments, entre de grandes allées rectilignes. On trouvait un immense parterre de fleurs au sud du grand parterre. De même d'autres parterres au sud de l'Orangerie, ainsi qu'un grand treillage copié sur le Panthéon de Rome, avec un occulus zénithal. Cette petite construction de treillages fut peut-être proposée par Hardouin-Mansart lui-même, puisque le modèle du Panthéon était un motif indépassable pour un architecte.

Au nord du grand parterre, un grand espace était aménagé comme un labyrinthe. Au centre, un grand bosquet orné de treillages, avec un grand bassin rectangulaire. D'ailleurs, ce bosquet n'est pas sans rappeler le plan du bosquet du Marais, pour les jardins de Versailles, qui avait été imaginé justement par Mme de Montespan.
Dans un petit bois, du côté de la serre, au sud, se trouvait le petit bois de Clagny, qu'André Le Nôtre avait tracé. On y voyait des petits balustrades de treillage à hauteur d'appui, et des caisses d'orangers derrières. Mme de Sévigné s'extasie sur ce lieu qu'elle a visité en compagnie de Mme de Montespan. Madame de Sévigné écrit à sa fille, dans une lettre du 7 août 1675 :
« Nous fûmes à Clagny : que vous dirai-je ? C’est le palais d’Armide. Le bâtiment s’élève à vue d’œil, les jardins sont faits. Vous connaissez la manière de Le Nostre ; il a laissé un petit bois sombre qui fait fort bien ; il y a un bois entier d’orangers dans de grandes caisses ; on s’y promène, ce sont des allées où l’on est à l’ombre ; et pour cacher les caisses, il y a des deux côtés des palissades à hauteur d’appui, toutes fleuries de tubéreuses, de roses, de jasmins, d’œillets ; c’est assurément la plus belle, la plus surprenante et la plus enchantée nouveauté qui se puisse imaginer ; on aime fort ce bois. »[2]
La grande serre, ou autre Orangerie, située au sud, près de l'avenue, devait également être attrayante, puisqu'on constate qu'un grand bassin rectangulaire (servant de réservoir à tout le domaine) y avait été aménagé, où les caisses et pots de fleurs et végétations devaient être placées avec profusion à la belle saison. Des milliers de fleurs, des centaines et des centaines de caisses d'orangers, rien n'était trop beau, et l'effet de profusion de Clagny sera imité à Marly par le roi lui-même.
Restitution du jardin de Clagny au temps de Mme de Montespan
modifierIl est tout à fait possible de procéder à une restitution précise du domaine, d'après de nombreux plans conservés, élévations, coupes précises du château et des jardins, ainsi que de nombreuses gravures et dessins, certaines fantaisistes, d'autres plus précises. etc. Les plans possèdent des indices primordiaux : ils donnent l'échelle réelle des choses qui ont existé. Il faut donc analyser les sources, comparer les plans pour un lieu donné, et compléter avec le style des années 1675-1680. Par exemple pour le bosquet central du labyrinthe dit d'Aubépine, de nombreux plans se contredisent sur le nombre de niches de treillages. Pour une paroi, on peut voir 3, 5 ou 7 aménagements différemment représentés. Il faut donc choisir le meilleur plan, le plus fidèle, celui réalisé par un artiste qui a eu le plus grand souci de l'exactitude. Un plan peut être juste pour un endroit et faux pour un autre. Un autre plan sera faux pour le même endroit, et juste pour l'autre. C'est un travail de comparaison qu'il faut effectuer pour procéder à une restitution fidèle, ici proposée. On peut même finalement noter que pour Clagny, nous sommes fort bien informés. Il n'y a pas de si grandes contradictions entre les plans. L'aspect au temps de Mme de Montespan n'est donc plus une enigme, l'étude précise des lieux permet de revoir fidèlement les splendeurs de Clagny.
- Restitution de la vue sur le grand parterre du château de Clagny, depuis le perron central, fin XVIIe
- Restitution du grand parterre de fleurs du château de Clagny, vers 1685
- Proposition de restitution du parterre de fleurs du château de Clagny, en sortant de l'Orangerie, fin XVIIe
- L'intérieur du pavillon du dôme à Clagny
- Restitution du "Petit bois fleuri" des jardins du château de Clagny, à la fin de journée. vers 1680
- Proposition de restitution du bassin circulaire du bosquet de la "spirale ovalique", jardins du château de Clagny, vers 1680
- Restitution des serres du canal de l'Orangerie du château de Clagny, fin XVIIe, vers 1685
- Restitution de la vue sur le canal de l'Orangerie, près des serres du château de Clagny, fin XVIIe
- Le bosquet "d'Aube épine" avec l'intersection des allées, à Clagny
- Restitution de la salle centrale de treillages du bosquet de l'Aubépine, dans les jardins du château de Clagny, au temps de Mme de Montespan, vers 1680.
Les plantes et fleurs utilisées à Clagny au temps de Mme de Montespan
modifierLes "comptes des bâtiments du Roy" décrivent avec précision et profusion la totalité des travaux de création du château de Clagny et des jardins, des terrassements, des caisses d'orangers, des treillages, des entretiens divers etc. Si on reprend la liste des fleurs et plantes alors utilisées, on pourrait obtenir un aperçu véritable des espèces employées. Tout se comptait en milliers ... les caisses d'orangers sont citées par centaines, les pots en terre pour des petites plantes par milliers (on en livre plus de 6.000 pots en 1676). On ne saurait comprendre le jardin sans se rendre bien compte de la profusion des fleurs, et de leur aspect multicolore, des odeurs merveilleuses ressenties. Tout était en fleurs à l'arrivée du printemps, et à cette saison, la visite du jardin devait être la plus éblouissante.
- Des centaines de caisses d'orangers livrés dès 1675
- Jonquilles (dont s'est occupé Chamillart en 1675 pour 1368 livres, qu'il a fait livré depuis Caen)
- Narcisses (1300 ognons livrés en 1676)
- Hyacinthes (5600 livrées en 1676)
- Hesperis matronalis, dit Julienne (600 pieds en 1677)
- Rosier de Hollande (400 en 1677)
- Oeillets (400 pieds d'oeillets en 1677)
- Jasmin (112 pots en 1677)
L'étang de Clagny
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L'étang de Clagny, qui préexistait au site, disposait d'une petite île circulaire sur laquelle étaient plantés quelques arbres. On pouvait y accéder en barque depuis le château. C'est dire que les jardins et l'axe principal de symétrie du château ont été réalisés d'après l'emplacement préexistant de l'île de Clagny, servant de point de fuite.
Créé sous Louis XIII, l'étang de Clagny à Versailles servait de première réserve d'eau pour alimenter les bassins et fontaines du château. Face à l'insuffisance de ses eaux, Louis XIV y installa des pompes et moulins. Devenu insalubre après le règne du Roi-Soleil, l'étang fut totalement comblé en 1736 pour laisser place à un nouveau quartier urbain.
- Ville et château de Versailles avec le château de Clagny et le grand étang
- Aveline Pierre, Vue et perspective du château de Clagny du côté du jardin et de l'étang à Versailles
- Vuë et Perspective du Château de Versailles et d'une partie de la Ville et de la Paroisse du côté de l'Etang, P. Menant
- Schéma expliquant l'axement du futur château et jardins de Clagny par rapport à l'ile préexistante.
Le château du duc du Maine, fils de Mme de Montespan
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Mme de Montespan s'éteint en , et son fils aîné, Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine, en hérite. Celui-ci n'y réside alors que rarement, à l'exception d'un séjour inattendu et forcé en compagnie de sa femme en 1720, sur le retour pour Sceaux, à la suite de leur implication dans la conspiration de Cellamare, leur coûtant alors à tous les deux une peine de prison.
Le domaine continue d'être fréquenté par la duchesse du Maine, qui y organise notamment de nombreuses fêtes et spectacles jusqu'à la fin du règne du roi Louis XIV, puis devient un de ses nombreux lieux de retraite dans les années 1730. En 1734, elle lance une campagne de restauration de la grande galerie, qui s'interrompt à la mort du duc, deux ans plus tard. L'étang, participant à l'insalubrité du quartier, est comblé en 1736, l'année même de la mort du duc du Maine.
L'inventaire après décès du duc du Maine, du 4 juin 1736, décrit de nombreuses oeuvres d'art placées à Clagny, tableaux, sculptures, médailles, tapisseries :
"CHÂTEAU DE CLAGNY. [Tableaux] Tous les tableaux, y compris les dessus de porte, viennent du château de Sceaux. Dans la grande galerie. - 12 copies des Conquêtes de Louis XIV, 18 paysages, une Bataille, un Port de mer, Le Veau d'or, Le Passage de la mer Rouge (et un tableau dont le sujet est illisible). Tous ces tableaux sans estimations, de même que deux grands portraits représentant Le Duc du Maine et La Duchesse du Maine. - 24 tableaux (deux Moïse, une Naissance de Vénus, 21 'différents sujets'; 21 dessus de porte (Paysages, Saisons, Jeux d'enfants, une Vierge, une Madeleine)."
CHÂTEAU DE CLAGNY. [Sculptures] Vingt bustes de marbre et porphyre, avec leurs gaines et piédouches de différents marbres, qui sont inventoriés dans la grande galerie, ne portent pas d'estimations parce q'ils viennent du château de Sceaux, comme les tableaux inventoriés dans cette salle.
CHÂTEAU DE CLAGNY. [Médailles]. Vacation du 4 juillet 1736. Inventaire du cabinet des médailles; les estimations sont faites par Claude Gros de Boze, intendant des devises et inscriptions des édifices royaux et garde des médailles du cabinet du roi, demeurant à l'ancien hôtel de Gramont, rue du Coq. 165 impériales d'or, n° 1918 ... 5.000 l. Archives nationales (France) 221 2.317 impériales d'argent, n° 1919 ... 4.000 l. 399 impériales d'or, d'argent et de bronze, n° 1920 ... 2.000 l. 300 médailles et médaillons de villes grecques, argent et cuivre, n° 1921 ... 600 l. 140 médailles de rois, or (deux), argent et cuivre, n° 1922 ... 800 l. 1.103 médailles de familles romaines, argent et cuivre, n° 1923 ... 200 l. 42 médailles d'argent et 'déités', n° 1924 ... 150 l. 1.292 médailles impériales de grand bronze, n° 1925 ... 6.000 l. 3.615 médailles impériales, de moyen et petit bronze, n° 1926 ... 1.200 l. 65 jetons de cuivre des rois de France, depuis Pharamond jusqu'à Louis XIV, n° 1927 ... 50 l. 229 médailles d'argent du règne de Louis XV, n° 1928 ... 7.000 l. Une suite du règne de Louis XV, n° 1929 ... 600 l. Une suite de médailles de France, n° 1930 ... 600 l. Médailles de France, Italie, Espagne, Allemagne, Angleterre, Portugal, Danemark, Pologne, Moscovie, Hollande, Suisse, Livonie, n° 1931 ... 3.600 l. Suites du règne de Louis XIV (320 médailles) et du règne de Louis XV (70 médailles), or (deux), argent et cuivre, n° 1932 ... 1.100 l. Médailles et jetons, n° 1933, sans estimations.
CHÂTEAU DE CLAGNY. [Tapisseries]. Des Chasses, Flandre, à petits personnages, 6 pièces, 18 aunes de cours sur 2 3/4, n° 1359 ... 300 l. Histoire d'Ulysse, 6 pièces, 18 aunes de cours sur 2 3/4, n° 1384 ... 600 l. Des Sacrifices, Bruxelles, 6 pièces, 19 aunes de cours, n° 1443 ... 1.140 l. Chasses d'animaux, Bruxelles, 8 pièces et 1 morceau, 26 aunes de cours, n° 1444 ... 750 l. Sujets des Métamorphoses, Anvers, 6 pièces, 18 aunes de cours sur 2, n° 1447 ... 800 l.
Le château conservé par les fils du duc du Maine
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Un projet de rachat par la couronne est alors envisagé mais le domaine passe à Louis-Auguste de Bourbon, fils aîné du couple, jusqu'à son décès survenu en 1755.
Mort sans postérité, son frère, Louis-Charles, récupère alors l'ensemble de ses biens et vend finalement le domaine au roi Louis XV en 1766.
1766 : la vente à Louis XV et la création du couvent de la reine
modifierEn vue d'arrondir son domaine de chasse et également permettre l'agrandissement de la ville vers le nord, Louis XV fait morceler une grande partie des jardins du château dès 1767, notamment par la construction du couvent de la reine (actuel lycée Hoche) par l'architecte Richard Mique et par la création d'un nouveau quartier de 18 rues[3].
1769 : début de la démolition du château et morcellement du parc
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En 1768, le château dont le coût total est estimé à l'origine à environ 2 448 000 livres[4], se trouve dans un état de délabrement très avancé et la Cour des Comptes l'estime alors à 650 000 livres pour une restauration d'un montant de 84 000 livres. Les caisses de l'État sont alors en berne et le château est voué à la démolition par adjudication du bailliage de Versailles datée du au montant de 590 000 livres. L'adjudicataire se désiste et la démolition est confiée à l'entrepreneur François Delondre pour une offre bien moindre, de 300 000 livres. L'espace ainsi dégagé sert alors à l'agrandissement de l'hôpital et au percement du boulevard de la Reine.
Le 4 mars 1795 une nouvelle adjudication est faite au citoyen Béchet qui récupère la majeure partie des terrains de Clagny pour ensuite les revendre. Quant à la terre de Glatigny, c’est le citoyen Fleury qui la récupère sans toutefois y toucher, elle garde donc l’aspect qu’a connu Madame de Montespan un siècle plus tôt. La situation reste ainsi jusqu’en 1857[2].
L'aménagement plus tardif de la gare de Versailles-Rive-Droite et une urbanisation toujours croissante finissent de faire disparaître les vestiges du parc.
Descriptions
modifierMercure Galant, novembre 1686, Donneau de Visé
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- Mercure Galant, de novembre 1686. 2ème partie. Ambassade du Siam, Le château de Clagny. par Jean Donneau de Visé
"Comme les ambassadeurs n'avaient pu voir ni le château, ni les jardins de Versailles le jour qu'ils eurent audience de Sa Majesté, ils partirent le lendemain pour aller passer quelques jours à Clagny (1), qu'on leur avait fait meubler. Pendant le séjour qu'ils y ont fait, on leur a montré tout ce qu'il y a de beau à Versailles, et ils ont aussi été conduits dans les maisons royales qui sont aux environs. Vous ne serez pas fâchée de voir la description de tous les lieux où ils ont été. Je commence par le château de Clagny[5].
Il est bâti auprès de l'ancienne baronnie de Clagny. Sa situation est à côté d'un petit bois fort ancien, dont la beauté a engagé le roi à en faire la dépense. Ce château est presque de la même position que celui de Versailles. Le corps n'a point de partie détachée et consiste dans un grand corps de bâtiment simple, ayant deux ailes doubles en retour, au bout desquelles sont encore en retour et sur la face de devant, deux autres ailes simples. La cour a 30 toises de large sur 32 de profondeur, sans y comprendre une demi-lune qui la ferme par-devant, et qui en augmente la grandeur. On monte à l'étage du rez-de-chaussée par cinq perrons carrés, qui élèvent cet étage de quatre à cinq pieds.
La distribution du plan de l'étage au rez-de-chaussée, qui est le principal et bel étage, consiste en un grand salon qui sert de passage pour aller de la cour au jardin, et dégage et communique deux appartements pour le roi. Ce salon est décoré par-dedans de grands pilastres corinthiens, avec leur entablement régulier, au-dessus duquel est un ordre attique, dont l'entablement porte la voûte surbaissée. Les appartements de part et d'autre ont les pièces presque pareilles, excepté que du côté de l'aile droite en entrant, il y a un cabinet à l'encoignure de la face principale sur le jardin, et ensuite un autre cabinet, qui est commun à un appartement en aile qu'un autre grand vestibule dégage d'un autre appartement, dont le grand cabinet derrière la chapelle est dans l'aile simple en retour sur la face.
De l'autre côté est un petit appartement des bains sur la cour, au derrière duquel il y a une grande galerie de 35 toises de large, qui est composée de trois salons un peu plus larges que les intervalles qui les joignent. Elle est décorée d'un grand ordre corinthien dont l'entablement régulier est enrichi de sculpture. La voûte est ornée de divers compartiments qui renferment des cadres où doivent être des tableaux qui représentent l'histoire d'Énée. Au-dessus de la corniche, et à la naissance des arcs doubleaux, sont des groupes en relief de figures assises, qui représentent plusieurs divinités, les Éléments, les Saisons, et les Parties de la Terre avec leurs attributs. Le grand salon du milieu, plus élevé que les autres, est d'un ordre attique, et sa voûte est portée par quatre trompes où sont huit grands esclaves. Les salons des bouts sont voûtés de manière que la voûte porte sur six arc surbaissés, et dans les coins des groupes, des figures de demi bas-relief représentent des nymphes qui portent des corbeilles de fleurs et de fruits, et retiennent le grand cadre du milieu, qui est à huit pans.
Au bout de cette galerie, on descend par quelques degrés dans une orangerie pavée de marbre, longue de 24 toise, et large de 25 pieds. À l'autre encoignure est la chapelle à main droite, d'un ordre corinthien. Son plan est rond, et de 30 pieds de diamètre. Le grand escalier est dans l'aile droite en entrant. Sa structure est extraordinaire, et l'appareil des pierres est fort ingénieux, il mène dans un vestibule joint à un salon qui dégage deux appartements joints à deux autres petits, d'où l'on peut entendre la messe dans la chapelle par des tribunes. Je ne vous décris point tous les appartements de ce superbe édifice, le détail en serait trop long, mais je ne puis m'empêcher de vous parler des beautés que M. Mansart, qui en est l'architecte, a mêlées en dehors. L'étage du rez-de-chaussée est d'ordre dorique. Le pavillon du milieu est décoré par six colonnes isolées, et les vestibules des ailes par deux colonnes aussi isolées avec des pilastres. Outre la saillie dont les pavillons flanquent le corps et les ailes de ce château, il y a des avant-corps, les uns ornés de pilastres, et les autres sans pilastres. Ils sont couronnés de l'entablement de cet ordre. L'avant-corps du côté du jardin, au milieu de la principale façade, est décoré de six colonnes comme celui de la cour, et les ailes, chacune de quatre dans le milieu de leur longueur.
Au bout de chaque petite aile en retour, sont deux avant-corps du grand pavillon du milieu, et sur l'ordre dorique, tant sur la cour que sur le jardin, sont posées des colonnes d'ordre composite qui portent un fronton dont le tympan est orné de sculpture, et termine cette ordonnance. L'attique, au-dessus du corps et des ailes, est beaucoup plus bas que l'ordre composite. Les pilastres attiques répondent aux pilastres et aux colonnes doriques. Les avant-corps de la tête des pavillons sont couronnés de frontons triangulaires. L'entablement de cet ordre attique n'est qu'une corniche architravée qui porte une balustrade au pied des combles. Les fenêtres des étages au rez-de-chaussée sont ornées de chambranles, consoles, frises de sculpture et de corniches avec un adoucissement au-dessus. Les croisées du grand salon du milieu sont trois grandes arcades entre des colonnes doriques, tant sur le jardin que sur la cour, et celles de l'ordre composite sont des fenêtres bombées. Les fenêtres de l'ordre attique sont ornées de consoles et de frises taillées d'entrelacs. Le grand pavillon du milieu est couvert d'un dôme dont le plan est carré, et le reste du château est couvert de combles brisés, ou à la mansarde. Ainsi tout ce que l'on peut dire de cette maison, c'est que le bâtiment en est accompli, que la symétrie et la régularité y sont observées, que les ornements de sculpture y conviennent, que les profils en sont d'un excellent goût, et que les ornements du dehors sont bien accommodés aux étages du dedans.

Le jardin tire sont plus grand ornement d'un bois de haute futaie, de plusieurs parterres en broderie, et des boulingrins de diverses figures, ainsi que des bosquets de charmille et des cabinets de treillages ornés d'architecture. Il y a des très belles palissades de myrtes qui sont assez garnies pour enfermer des caisses remplies d'orangers et d'autres arbrisseaux, de manière que les caisses n'étant point vues, il semble que les orangers soient nés dans les palissades. L'étang appelé de Clagny sert aussi de canal à la vue du château. (...)
Comme le château de Clagny leur parut extrêmement beau, ils prirent un fort grand plaisir à en visiter les appartements, ainsi qu'à se promener dans le jardin. Ils y trouvèrent M. le comte de Toulouse."
Dangeau, 2 octobre 1686
modifierEt Dangeau note aussi au mercredi 2 octobre 1686, à Versailles, au sujet des ambassadeurs de Siam : "Il y a déjà quelques jours qu'ils sont à Clagny, où ils sont traités magnifiquement."
Propriétaires
modifierGalerie
modifierCopies de Clagny
modifierNotes et références
modifier- ↑ « La Gazette et le Mercure Galant », sur memoires-de-siam.net (consulté le ).
- 1 2 « Une demeure en 1858 à Clagny à Versailles : villégiature d'été pour parisiens fortunés ! », sur zOOm Versailles, (consulté le ).
- ↑ Vincent Maroteaux, « Clagny, le palais oublié », Versalia. Revue de la Société des Amis de Versailles, vol. 14, no 1, , p. 115–133 (DOI 10.3406/versa.2011.1129, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le château de Clagny et Madame de Montespan, 1881 - Bibliothèque Nationale de France », sur gallica.bnf.fr (consulté le )
- ↑ « Le voyage des ambassadeurs de Siam en France », sur memoires-de-siam.net (consulté le ).
Bibliographie
modifier- Louis Jean Pierre Bonnassieux, Le château de Clagny et madame de Montespan : D'après les documents originaux. Histoire d'un quartier de Versailles, 1881.
- Louis Jean Pierre Bonnassieux, Le château de Clagny et madame de Montespan : D'après les documents originaux. Histoire d'un quartier de Versailles, 2002.
- Jean-Christian Petitfils, Madame de Montespan, page 135
- Vincent Maroteaux, Clagny, le palais oublié, Versalia, https://www.persee.fr/doc/versa_1285-8412_2011_num_14_1_1129