Si aujourd’hui, c’est le plus souvent sous le vocable de «Princesse Palatine» ou simplement «la Palatine» qu’elle est désignée, en épousant Philippe d’Orléans, frère du roi LouisXIV, Élisabeth-Charlotte devient duchesse d’Orléans et porte à la cour le titre de «Madame», titulature conférée à l’épouse du premier frère cadet du roi régnant. En France, par convention et du fait de son appartenance à la maison de Wittelsbach, elle est appelée «Charlotte-Élisabeth de Bavière»[N 1].
Élisabeth-Charlotte épouse par procuration le le duc Philippe d’Orléans, fils cadet de Louis XIII[2]. Adoptant immédiatement les deux filles issues du précédent mariage de son mari (Marie-Louise et Anne-Marie), elle lui donne trois enfants:
Sophie de Hanovre, la tante adorée qui lui servit de mère, correspondante particulière de Madame et tête politique.Élisabeth-Charlotte, enfant.
Élisabeth-Charlotte est une proche parente des souverains d'Europe. Le roi CharlesIer d'Angleterre, le duc de Brunswick-Lunebourg (futur électeur de Hanovre) sont ses oncles, le roi de Danemark, l'électeur de Brandebourg (futur roi «en» Prusse) et le landgrave de Hesse-Cassel sont ses cousins. Elle est élevée dans la religion réformée à Heidelberg puis, à partir de 1657, date du divorce de ses parents et du remariage de son père avec sa maîtresse, à Hanovre et Herrenhausen, chez sa tante paternelle la duchesse de Brunswick-Lunebourg. Celle-ci a pour secrétaire et bibliothécaire Leibniz et fait donner à sa nièce une éducation humaniste et ouverte où Montaigne et Rabelais tiennent une place de choix[4].
De retour à la cour paternelle en 1662, Élisabeth-Charlotte se trouve confrontée à l’épouse morganatique de son père et à ses nombreux demi-frères et sœurs[5].
Aimant son pays, sa liberté et la vie au grand air, Élisabeth-Charlotte refuse tous les partis qu’on lui présente au grand dam de son père. Cependant en 1670 meurt sa tante «à la mode de Bretagne» Henriette d’Angleterre, épouse de Philippe d’Orléans (Monsieur), frère du roi Louis XIV[6].
Une tante par alliance d’Élisabeth-Charlotte, Anne de Gonzague de Clèves, fort bien introduite à la cour de France et qui par ses talents d’entremetteuse a déjà marié sa fille aînée avec un prince du sang, négocie alors le remariage du duc d’Orléans avec Élisabeth-Charlotte: malgré sa faible dot et sa religion protestante, cela permettrait la neutralité du palatinat du Rhin dans le conflit récurrent qui oppose le roi de France aux Habsbourg. L’électeur accepte avec joie cette union brillantissime pour sa fille[6].
Sachant apprécier la nature, Montaigne, Rabelais et la liberté, elle ne s’est jamais sentie très à son aise à la cour de Versailles régie par une étiquette rigoureuse, où fleurissent des intrigues de toutes sortes, et où les relations humaines ne sont fondées que sur l’intérêt et l’égoïsme. En outre, si, comme l’observe un historien, «dans la fraîcheur de ses vingt ans, Madame n’était pas désagréable à regarder», après une maladie de la petite vérole en 1693, son physique est compromis par un embonpoint considérable[8]. Elle ne se voit pas agréable à regarder. Dans une de ses lettres, elle se dépeint ainsi[9]: «Il faut que vous ne vous souveniez guère de moi si vous ne me rangez pas au nombre des laides; je l’ai toujours été et je le suis devenue encore plus des suites de la petite vérole; ma taille est monstrueuse de grosseur [...] J’ai la bouche grande, les dents gâtées, et voilà le portrait de mon joli visage.»
À son arrivée à la cour, Madame doit d'abord affronter la comparaison avec sa devancière, la pétulante Henriette d'Angleterre. Elle déjoue certains pièges de courtisans qui souhaitent entrer dans ses faveurs en l'entraînant dans la vie mondaine qu'appréciait la «première Madame». La princesse de Monaco essaie même de l'initier aux plaisirs saphiques, mais Élisabeth-Charlotte est trop sérieuse pour apprécier ces comportements et, soucieuse de la dignité de son rang, s'entoure d'un cercle de personnes de confiance pour lesquelles elle éprouvera une véritable amitié et qui fournira au roi Louis XIV, bien malgré elle, certaines de ses maîtresses, comme Mademoiselle de Ludres.
Elle est en butte aux persécutions des familiers de son mari qui souhaitent conserver leur influence sur le faible prince et certains ragots attiseront la jalousie maladive de son mari. Le duc d'Orléans, menant un train de vie dispendieux (elle a souvent du mal à payer les deux cent cinquante personnes au service de sa maison) et indifférent aux charmes féminins, ne lui montre que l’empressement strictement nécessaire pour assurer une descendance. Il préfère en effet ses favoris, le Chevalier de Lorraine et le marquis d'Effiat, qui sont pour Madame des ennemis.
À la mort de son mari en 1701, elle brûle les lettres compromettantes du duc et de ses amants auxquels il lègue une grande partie de ses biens alors qu’il laisse de nombreuses dettes à sa femme. Elle doit donc vendre pierreries et tableaux. Son contrat de mariage stipule qu’en cas de veuvage, l’héritage doit revenir à son fils aîné. Aussi craint-elle que le roi ne l’envoie dans un couvent ou au château de Montargis. Louis XIV qui apprécie sa belle-sœur l’autorise à conserver son rang, ses résidences et ses appartements au château de Versailles, lui fournissant même une rente de 250 000 livres.
Madame Palatine écrivait déjà une correspondance depuis l'âge de sept ans. Lors de sa vie à la cour, pétillante d’esprit, indépendante, la princesse se consacre alors à une correspondance très abondante. Elle écrit à ses proches parents, notamment sa tante la duchesse Sophie de Hanovre, ainsi qu'aux philosophes Spanheim et Leibniz, et développe un réseau de correspondants dans toute l'Europe: en Allemagne, en France, en Lorraine, en Italie, en Espagne, en Suède, au Danemark, et finalement en Angleterre. Le nombre de lettres qu'elle aurait écrites est estimé à 60 000, dont 40 000 en allemand et 20 000 en français (un dixième est conservé), ce qui représenterait une moyenne de 3,25 lettres par jour, avec des lettres généralement longues et développées. La fréquence d'écriture a cependant varié au cours de la vie de Élisabeth-Charlotte, en s'intensifiant à partir de son veuvage en 1701[11]. Son ton, s'adressant à ses proches, est très libre. Elle était consciente qu'à l'époque, les lettres pouvaient être décachetées et lues par le cabinet noir, mais elle se confie néanmoins sans réserve[12]. Certaines de ses lettres, écrites dans un français imparfait, comportent un mélange mi-français, mi-allemand, présentant un exemple d'hybridations linguistiques fréquentes au XVIIesiècle[13].
Sa correspondance est caractérisée par son style franc et naturel, parfois cru, et plein d'humour. Ses lettres constituent une source d’informations précieuse sur la vie à la cour de France. Ses lettres transmettent ses commentaires sur des sujets comme le théâtre et l’opéra, l’Église, la religion, la médecine, la ville, la rue, la population, les grands, la famille royale [N 2]. La princesse reste allemande de cœur et elle abhorre la cour et l’étiquette. Si on l’en croit ses lettres, la dépravation attribuée à la Régence règne déjà dans toute la seconde moitié du grand règne[17]. Elle confie à ses proches ses critiques et observations sur le monde de la cour qui l'entoure, ainsi que sur les différentes personnes de la cour. Elle condamne l'hypocrisie de ses contemporains, leur manque de respect du mariage, les comportements homosexuels qu'elle observe, la vénalité et la paresse de la cour[12].
Elle dressait des portrait satiriques et critiques des personnes qui l'entouraient; le portrait mondain, à l'instar des énigmes ou devinettes, était très à la mode à partir des années 1640 en France. Elle utilisait souvent la critique in cauda venenum[N 3], qui construit son propos de manière graduelle, pour terminer sur une pointe. Elle usait de formes variées pour rédiger ses récriminations sur ses ennemis: la pique, l’injure ad personam, la satire et la moquerie. Elle s'autorise ainsi l'utilisation de l'injure et de la moquerie blessante, ce qui est contraire aux lois de la conversation civile à l'époque. Elle utilise également souvent la dérision à ses propres dépends: ainsi, elle se décrit souvent, avec humour, comme particulièrement laide[12]: «Je suis convaincue que vous n’avez pas autant de rides que moi […], mais je ne m’en soucie nullement: n’ayant jamais été belle, je n’y ai pas perdu grand-chose.»[18]. Ses lettres, pleines d'ironies, et de formules caustiques, lui ont valu une image de commère, mais ont également été saluées au XXIesiècle comme témoignage d'un esprit vif et franc, proche des moralistes qui cherchent à instruire par la critique[12].
Élisabeth-Charlotte, duchesse de Lorraine et de Bar, fille de Madame.
Consciente de son rang et de ses devoirs, elle ne dissimule pas ses antipathies, en particulier contre sa deuxième belle-sœur, Madame de Maintenon, qu’elle surnomme (entre autres) «la ripopée», «la vieille conne»[19]. Leur mésentente était de notoriété publique. Elle ne recule pas, on le voit, devant le mot trivial. Méprisant la famille illégitime du roi, à l'exception de son neveu le comte de Vermandois, pour qui elle avait une grande affection, étant sa tutrice, elle surnomme par exemple le comte de Toulouse (fils du roi et de madame de Montespan) «la chiure de souris», ou, à propos de la sœur de ce dernier, Mademoiselle de Blois, que son fils Philippe a épousée, elle écrit: «Ma belle-fille ressemble à un cul comme deux gouttes d’eau». Elle s’est d’ailleurs fortement indignée de ce mariage, Mademoiselle de Blois, bien que fille légitimée du roi, étant issue de l’union doublement adultérine de ce dernier avec Mme de Montespan.
D’après le duc de Saint-Simon, elle serait allée jusqu’à gifler son fils sous les yeux de toute la Cour quand elle apprend que celui-ci a accepté ces épousailles qu’elle juge indignes de son rang[20].
En revanche, elle montre toujours le plus grand respect envers le roi, tout en déplorant l’influence des gens qui l’entourent. Elle parle souvent de son fils en déplorant ses mauvaises fréquentations mais en admirant son intelligence et ses succès militaires. Par contre, elle se montre une mère attentive, et sa correspondance avec sa fille (détruite en grande partie en 1719), la duchesse de Lorraine et de Bar, est pleine de conseils maternels.
La princesse suit les débats d’idées de son temps et entretient même une correspondance avec Leibniz, mais elle ne partage pas le penchant de plus en plus dévot que suit le règne de Louis XIV. Elle partage dans ses lettres ses doutes sur de nombreux points de religion. Elle-même protestante convertie par devoir au catholicisme, à Metz, pour pouvoir épouser le frère du roi de France, elle reste fidèle dans son cœur à la foi de son enfance, et du reste, témoin de la Révocation de l’édit de Nantes, elle ne comprend pas pourquoi des peuples peuvent se dresser les uns contre les autres sur des points qui lui paraissent mineurs.
Elle n'apprécie ni la vénération des saints ni celle des reliques, et dénonce la superficialité et l'hypocrisie qu'elle observe chez ses contemporains catholiques[12].
La princesse appréciait la littérature, allemande et française mais aussi anglaise et espagnole, citant souvent des auteurs classiques des différentes cultures. Elle s'intéresse aux sciences naturelles. Elle adorait le théâtre, qu'elle défendit des attaques de l’Église[11]. Elle n'apprécie pas le decorum du catholicisme[12]: «À l’église, on vous enseigne d’une façon désagréable comment la vertu est récompensée et le vice puni, mais dans les comédies, on vous le montre d’une manière divertissante. Entendre une heure durant un gaillard qu’il n’est pas permis de contredire, crier de sa chaire, cela manque d’agrément.»[21].
Jamais elle ne se console de la détresse du Palatinat, sa région d’origine, ravagée par les armées du roi, son beau-frère, et tient Louvois pour responsable de la mort de son père (1680) et de son frère (1685). Jusque dans les dernières années, elle regrette sa jeunesse à Heidelberg. Elle souffre aussi des avanies et des intrigues de l’entourage de son mari.
Les lettres de la Princesse Palatine ont été publiées de façon partielles. On ne dispose en 2010 toujours pas d'anthologie complète. Son œuvre a été historiquement plus appréciée en Allemagne ou dans le monde anglo-saxon qu'en France, où la princesse a longtemps gardé une image de princesse allemande et opposée à la France[11],[22].
En français, un ouvrage de lettres traduites de l'allemand par Mainmieux a été publié en 1788, sous le titre Fragments de lettres originales de Madame Charlotte-Elisabeth de Bavière, veuve de Monsieur, frère unique de Louis XIV. Les lettres publiées furent écrites de 1715 à 1720 au duc Ulrich de Brunswick et à la princesse de Galles . L'ouvrage fut réimprimé en 1823[22], cette fois-ci avec une traduction de Depping[11], sous le titre Mémoires sur la cour de Louis XIV et de la Régence, extraits de la correspondance allemande de Mme Élisabeth-Charlotte, duchesse d'Orléans, mère du Régent[23].
Il existe également un livre, Mélanges historiques, anecdotiques et critiques sur la fin du règne de LouisXIV et le commencement de celui de LouisXV par Madame la princesse Élisabeth-Charlotte de Bavière, seconde femme de Monsieur, frère de Louis-le-Grand: (souvenirs) précédés d’une «notice sur la vie de cette illustre princesse» rédigée par Maubuy. L’ensemble représentant une table des matières de cinquante chapitres évoquant, et au passage étrillant, un grand nombre de personnages de la cour en commençant par le roi lui-même, son caractère et ses mœurs, sa conduite à l’égard de son épouse, ses amours, sa mort. Puis vient l’évocation des favorites royales: Mademoiselle de Fontanges, Louise de La Vallière, Madame de Montespan, Madame de Maintenon, etc. Nous connaissons une publication de cet ouvrage en 1807[24].
En 1830, après l'abdication de Charles X, c'est l'arrière-arrière-petit fils de Élisabeth-Charlotte de Bavière, Louis-Philippe, qui devient roi. Celui dernier encouragea le culte de la personnalité de Madame. Cela conduit à la publication en 1855 de sa Correspondance complète (qui n'était en réalité pas complète), traduite de l’allemand et publiée par G. Brunet. Cet ouvrage présentaient la correspondance comme celle d'une personne importante, et non comme un simple témoignage historique, et fut plusieurs fois réimprimée. Les lettres sont le plus souvent assez mal traduites[11], voire forgées artificiellement en compilant des extraits de plusieurs lettres différentes en une seule, assortie d’une date de fantaisie. De plus, tous les passages jugés trop crus (dont elle était fort prodigue) sont censurés.[réf.souhaitée]. En 1863, Lettres inédites de la princesse Palatine, l’anthologie des lettres à sa tante Sophie, fut publiée par Abraham Auguste Rolland[11].
En allemand, une anthologie fut publiée en 1861 par Leopold Ranke. Les relations entre la France et la Prusse s'étant dégradés sous Napoléon III, ces lettres (et leurs critiques de la France et des français) furent utilisées comme pièces justificatives du bien fondé de l’hostilité ressentie en Prusse à l’égard des Français. En 1891, Eduard Bodemann publia une anthologie importante des lettres à Sophie, comprenant environ 10% du corpus total. Il publia 4 ans plus tard les lettres à son ex-gouvernante Mme Harling[11].
En français, le traducteur Ernest Jaeglé publia plusieurs extraits de lettres traduites, en 1880, puis une édition augmentée en 1890. Mais le public français, germanophobe à l'époque, s'était désintéressé de cette "princesse allemande". Il s'écoula ainsi 120 ans avant qu'une nouvelle traduction française des lettres allemandes soit proposée (malgré quelque republications de lettres déjà traduites). Au début du XXe siècle, Élisabeth-Charlotte de Bavière avait en France une image de princesse allemande détestant et critiquant les français et la France. Ce désamour des français pour la princesse palatine conduit au fait suivant: si les germanophones disposent de plus de 5000 lettres publiées au cours des années, il n'y a que 600 lettres en français traduites de l'allemand, et les 800 Lettres françaises (en français original) publiées en 1989 par Dirk Van der Cruysse. De plus, la qualité des traductions françaises a été critiqué par certains chercheurs[11].
Élisabeth Charlotte de Bavière a également écrit de nombreuses lettres en français, éditées par Dirk Van der Cruysse en 1989. Une sélection des Lettres de la Princesse Palatine a été publiée en 1999 aux éditions du Mercure de France(ISBN9782715221802).
Une lettre en particulier est célèbre, dans laquelle la princesse décrit à sa tante Sophie de Hanovre, avec force détails scatologiques et sur un mode humoristique, la difficulté de déféquer à Fontainebleau ()[22]:«Il est très chagrinant que mes plaisirs soient traversés par des étrons. Je voudrais
que celui qui a le premier inventé de chier ne pût chier, lui et toute sa race, qu’à coups de bâton! Comment, mordi! qu’il faille qu’on ne puisse vivre sans chier? Soyez à table avec la meilleure compagnie du monde; qu’il vous prenne envie de chier, il faut aller chier. Soyez avec une jolie fille ou femme qui vous plaise; qu’il vous prenne envie de chier, il faut aller chier ou crever. Ah! maudit chier! Je ne sache point de plus vilaine chose que de chier. Vous voyez passer une jolie personne, bien mignonne, bien propre; vous vous récriez: «Ah! que cela serait joli si cela ne chiait pas!»»
Toutes les éditions des lettres de la princesse ne contiennent pas cette fameuse «lettre stercoraire», écrite en français, citée par les frères Goncourt dans leur Journal en 1862. Cette lettre est republiée dans le premier numéro de la revue Freak Wave, en 2008[22].
Französische Geschichte vornemlich im 16. und 17. Jahrhundert, L. Ranke, Stuttgart, 1852-1861, 5 vol[11].
Briefe der Herzogin Elisabeth Charlotte von Orléans, W.-L. Holland, Stuttgart / Tübingen, Literarischer Verein, 1867-1881[11]
Aus den Briefen der Herzogin Elisabeth- Charlotte von Orleans an die Kurßrstin Sophie von Hannover, Ed. Bodemann, Hannover, Hahn, 1891[25].
Die Briefe der Liselotte von der Pfalz, Herzogin von Orleans. Ausgewählt und biographisch verbunden, Carl Künzel, Ebenhausen, Langewiesche-Brandt, 1912[12].
Briefe der Herzogin Elisabeth Charlotte von Orleans an den Freiherrn Friedrich Wilhelm von Schlitz, gen. von Görtz, éd. M. Knoop, Mitteilungen des Oberhessischen Geschichtsvereins, n° 42, 1957, p. 55-98[11].
Kritisches Verzeichnis der Briefe der Herzogin Elisabeth Charlotte von Orleans, H. F. Helmolt, [Leipzig, Haupt, 1909], Wiesbaden, Harrassowitz, 1969[11].
Liselotte von der Pfalz: Briefe an Johanna Sophie von Schaumburg-Lippe, éd. J. Voss, St. Ingbert, Röhrig Universitätsverlag, 2003[11].
Liselotte von der Pfalz in ihren Harling-Briefen, éd. H. Helfer, Hanovre, Verlag Hahnsche Buchhandlung, 2007, 2 vol[11].
The Letters of Madame, éd. G. S. Stevenson, Londres, Arrowsmith, 1924-1925[11]
Letters from Liselotte: Elisabeth Charlotte, Princess Palatine and Duchess of Orleans, «Madame» (1652-1722), éd. M. Kroll, Londres, Gollancz, 1970[11]
A Woman’s Life in the Court of the Sun King. Letters of Liselotte von der Pfalz, Elizabeth-Charlotte, Duchess of Orleans. 1652-1722, E. Forster, Johns Hopkins University Press, Baltimore-Londres, 1984[12].
Fragments de lettres originales de Madame Charlotte-Elisabeth de Bavière, veuve de Monsieur, frère unique de Louis XIV, traduction de J. Mainmieux, 1788[11].
Mémoires sur la cour de Louis XIV et de la Régence, extraits de la correspondance allemande de Mme Élisabeth-Charlotte, duchesse d'Orléans, mère du Régent, précédés d'une notice sur cette princesse et accompagnés de notes, traduction de Depping, 1823[11].
Correspondance complète de Madame duchesse d’Orléans, éd. G. Brunet, Paris, Charpentier, 1855[11].
Lettres inédites de la princesse Palatine, Abraham Auguste Rolland, Paris, J. Hetzel, 1863[11].
Correspondance de Madame duchesse d’Orléans extraite de ses lettres originales déposées aux archives de Hanovre et de ses lettres publiées par M. L.-W. [sic] Holland, éd. E. Jaeglé, Paris, Quantin, 1880, 2 vol.; 2e éd. revue et augmentée, Paris, Bouillon, 1890, 3 vol[11].
Une Princesse allemande à la cour de Louis XIV (1672 à 1721) [sic], éd. C. Lalloué, Paris, Union Générale d’Éditions, «10/18», 1962[11]
Lettres de Madame, duchesse d’Orléans, née princesse Palatine, Olivier Amiel, Mercure de France, Paris, 1981[12].
Madame Palatine, Lettres françaises, D. Van der Cruysse, Fayard, Paris, 1989[12].
Blason de la duchesse. – : Son Altesse Sérénissime La [Princesse Palatine] Elisabeth Charlotte, comtesse palatine de Simmern, comtesse palatine du Rhin, duchesse de Bavière.
– : Son Altesse Royale Madame, duchesse d'Orléans.
– : Son Altesse Royale Madame, duchesse douairière d'Orléans.
La princesse palatine Élisabeth-Charlotte avec des deux enfants survivants.
Madame est mère de trois enfants avec Monsieur, le frère du Roi. Leur fils Alexandre-Louis d'Orléans, qui est l'ainé, vient au monde en 1673 et meurt prématurément trois ans plus tard. Philippe d'Orléans (le Régent) est le second fils de Madame et de Monsieur. Il est né en 1674 et aura huit enfants avec son épouse Françoise-Marie de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV, son oncle paternel. Enfin, Élisabeth-Charlotte d'Orléans est la dernière enfant et la seule fille de la fratrie, mariée à Léopold Ier de Lorraine. Ils auront ensemble treize enfants.
De ce fait, malgré sa descendance limitée à deux enfants survivants à l'enfance, Madame sera communément appelée «ventre de l’Europe». En effet, cette princesse protestante si mal convertie sera l’aïeule de la plupart des princes et princesses catholiques.
Par son fils le Régent, Madame est l'aïeule de la maison d’Orléans et de la maison de Lorraine et à partir d'icelles, des maisons impériales d'Autriche-Hongrie, du Mexique et du Brésil, des maisons royales de Belgique, de Bulgarie, d'Italie, d'Espagne, des Deux-Siciles, de Wurtemberg, de Bavière, de Saxe, des maisons grand-ducales de Luxembourg et de Toscane, des maisons ducales de Parme et de Modène.
Pour l'anecdote, lorsque la santé du futur LouisXV fit craindre un éventuel glissement de la famille royale vers les Orléans (Philippe d'Orléans étant le suivant dans la ligne de succession), une médaille fut gravée sur ordre du duc Léopold Ier de Lorraine, gendre de Madame. Dédiée à la fécondité de Madame présentée comme le salut de la royauté française avec comme légende FECUNDITAS CONSERVATRIX GALLIAE. En effet, si le futur LouisXV était venu à décéder, c’est Philippe d’Orléans, Régent, qui serait monté sur le trône[26].
Philippe Cougrand (Théâtre), Madame, Monsieur ou l'Impromptu de Saint-Cloud: comédie en deux actes, Bordeaux, Pleine Page éd., , 128p. (ISBN978-2-913406-85-8).
↑Son titre exact, tel qu’il figure dans son contrat de mariage, est «Élisabeth-Charlotte, princesse électorale palatine du Rhin». Toutefois, comme elle est issue de la branche aînée de la maison de Wittelsbach, dont la branche cadette règne alors sur la Bavière, une confusion s’établit chez ses contemporains, qui prennent l’habitude de la nommer assez inexactement Charlotte-Élisabeth de Bavière. La tradition respecte cet usage, et c’est ainsi qu’elle est toujours communément appelée aujourd’hui. Elle est également très souvent appelée «Princesse Palatine», mais cette appellation est postérieure[réf.nécessaire], car pour ses contemporains, français du moins, ce titre désigne exclusivement Anne de Gonzague de Clèves (1616-1684), épouse de son oncle Édouard (1625-1663). Enfin, pour tous les membres de sa famille allemande, elle est simplement «Liselotte».
↑Ses lettres ont été étudiées pour l'histoire de différents sujets: évènements sociaux [14], mode vestimentaire [15], et même climat [16].
↑Dirk Van der Cruysse: Madame sein ist ein ellendes Handwerck (version allemande de: Madame Palatine, princesse européenne, éd. Fayard, Paris, décembre 1988, 748 p.(ISBN2-213-02200-3))). Piper, München, 1997, 751 p.: S. 397, S. 404, S. 419.
↑Correspondance complète de Madame la Duchesse d'Orléans, tome premier, p.33.
12345678910Julie Le Gac, «Les lettres de la princesse Palatine: entre anecdotes railleuses et peintures caustiques de la vie curiale:», Littératures classiques, vol.N° 110, no1, , p.59–72 (ISSN0992-5279, DOI10.3917/licla1.110.0059, lire en ligne, consulté le )
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↑Sarah Lebasch, «Élisabeth-Charlotte D'Orléans (1676-1744): une femme à la mode?: Article issu du mémoire auquel la SFEDS a décerné, en janvier 2010, son Prix 18 e siècle , ex-aequo avec le travail de Jeff Moronvalle», Dix-huitième siècle, vol.n° 44, no1, , p.399–423 (ISSN0070-6760, DOI10.3917/dhs.044.0399, lire en ligne, consulté le )
↑Emmanuel Garnier, «Les «climats affreux» de la Comédie-Française au 18 e siècle:», Dix-huitième siècle, vol.n° 54, no1, , p.241–260 (ISSN0070-6760, DOI10.3917/dhs.054.0241, lire en ligne, consulté le )
↑Daniel Des Brosses, La Palatine: l'incorrigible épistolière aux 60 000 lettres, AkR, , p.12
↑Lettre à la duchesse de Hanovre du 29 décembre 1701
↑Charlotte Elisabeth de Bavière Orléans et Georges Bernard Depping, Mémoires sur la cour de Louis XIV et de la Régence, extraits de la correspondance allemande de Mme Élisabeth-Charlotte, duchesse d'Orléans, mère du Régent; précédés d'une notice sur cette princesse et accompagnés de notes (lire en ligne)
↑À Paris chez Léopold-Collin, libraire, rue Gît-le-Cœur no4. (E.O.?)
↑G. Depping, «Madame, Mère Du Régent, Et Sa Tante L'électrice Sophie De Hanovre. Nouvelles Lettres De La Princesse Palatine», Revue Historique, vol.55, no2, , p.308–321 (ISSN0035-3264, lire en ligne, consulté le )
Aurélie Bonnefoy-Lucheri, «Désordre et divertissement: les excès de langage de madame Palatine dans les Mémoires de Saint-Simon», Cahiers Saint-Simon, vol.47, , p.25-40. (lire en ligne)
Daniel des Brosses, La Palatine: l'incorrigible épistolière aux 60 000 lettres, Paris, AkR, coll.«L'histoire en regard», , 156p., 21 cm (ISBN2-913451-20-9)
Dirk Van der Cruysse, «En marge de l'ambassade de Saint-Simon: six lettres de Madame Palatine au Prince des Asturies», Cahiers Saint-Simon, vol.16, , p.49-60. (lire en ligne)
Jacqueline Duchêne, Madame l'étrangère: La princesse Palatine, Jean-Claude Lattès, 2001
(de) Karl Preisendanz, Liselotte von der Pfalz. Briefe, Insel Verlag, à partir de 1941.
(en) Jonathan Spangler, «The Futility of Madame: Marguerite of Lorraine and Elisabeth-Charlotte of the Palatinate in the Service of Their Threatened Homelands», dans Fabian Persson, Munro Price, Cinzia Recca, Resilience and Recovery at Royal Courts, 1200–1840, Palgrave Macmillan, (ISBN978-3-031-20122-6, DOIhttps://doi.org/10.1007/978-3-031-20123-3_4), p.41-64.
Marie-Odile Sweetser, «Aspects autobiographiques dans la Correspondance de Madame Palatine», Cahiers Saint-Simon, vol.23, , p.49-54. (lire en ligne)
Madame Palatine, vol.14, Cahiers Saint Simon, (lire en ligne)