Sophie de Hanovre

princesse du Palatinat, princesse-électrice de Hanovre, héritière du trône britannique

Sophie du Palatinat (en allemand : Sophie von der Pfalz), ( à La Haye - à Herrenhausen), est un membre de la maison de Wittelsbach, devenue par mariage duchesse-consort de Brunswick-Lunebourg puis à partir de 1679 duchesse de Brunswick-Lunebourg puis en 1692, électrice consort de Hanovre (en allemand : Kurfürstin Sophie von Hanover) mais aussi en vertu de l'Act of settlement voté par le parlement Anglais en 1701, l'héritière des trônes, d'Angleterre, du pays de Galles, d'Écosse et d'Irlande. Elle est la mère de la première reine de Prusse et du premier roi du Royaume-Uni de la maison de Hanovre, ce qui fait d'elle l'ancêtre de la branche Prussienne de la maison de Hohenzollern et de l'actuelle maison Windsor.

Sophie de Hanovre
Description de cette image, également commentée ci-après
Sophie, électrice de Hanovre.

Titre

Héritière présomptive du trône
de Grande-Bretagne


(12 ans et 3 mois)

Prédécesseur Anne
Successeur George, électeur de Hanovre
Biographie
Titulature Princesse palatine
Électrice de Hanovre
Duchesse de Brunswick-Lunebourg
Dynastie Maison de Wittelsbach
Naissance
La Haye (Provinces-Unies)
Décès (à 83 ans)
Herrenhausen (électorat de Brunswick-Lunebourg)
Père Frédéric V du Palatinat
Mère Élisabeth Stuart
Conjoint Ernest-Auguste de Hanovre
Enfants George Ier
Sophie-Charlotte de Hanovre
Religion Calvinisme

Elle est célèbre pour son amitié et son abondante correspondance avec le philosophe des Lumieres, Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716) ainsi qu'avec la duchesse d'Orléans, belle-sœur du roi de France Louis XIV, sa nièce (ancêtre de la maison de Habsbourg-Lorraine) qu'elle avait en partie élevée.

Biographie

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Enfance, mariage et descendance

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Treizième enfant et cinquième fille du grand-électeur Frédéric V du Palatinat, issu de la branche protestante de la maison de Wittelsbach, qui fut pendant quelques mois roi de Bohême et d'Élisabeth Stuart prince d'Angleterre et d'Ecosse, elle naît en exil dans les Provinces-Unies alors que le Saint-Empire est ravagé par la guerre de Trente Ans. Son père meurt dès 1632 et c'est son frère Charles-Louis, de treize ans son ainé qui lui sert de père. Sa mère, heureuse au milieu de ses guenons et de ses perroquets fait élever ses enfants à Leyde. Sophie rejoint sa famille en 1641 après la mort prématurée de son petit frère. La vie est joyeuse à La Haye où Sophie se signale par ses espiègleries, son esprit caustique et son sens de l'humour. Son cousin germain Charles d'Angleterre, prince de Galles, chassé par la révolution, les rejoints bientôt et l'on évoque un mariage entre le prétendant au trône britannique et la jeune princesse de Palatinat. Projet qui réjouit la reine de Bohême mais qui tournera court.

Les traités de Westphalie qui mettent fin à la guerre ont redonné ses états au prince de Palatinat et, sa dignité électorale ayant été transférée à la branche catholique de sa maison, crée un huitième titre de prince-électeur en sa faveur. À la suite de son frère, la princesse s'installe au château ancestral d'Heidelberg et découvre le pays de ses ancêtres.

Soucieux d'assurer la pérennité de sa dynastie, Charles-Louis épouse la princesse Charlotte de Hesse-Cassel, qui lui donne trois enfants puis, attachée à sa beauté, refuse une quatrième grossesse et ferme sa porte à son mari. L'électeur se console avec la jeune Louise de Degenfeld, une des suivantes de sa femme qui lui donnera une nombreuse progéniture (morganatique). La situation du couple devient infernale, les disputes sont publiques, l'épouse bafouée tentant de tirer au pistolet sur sa rivale sous les yeux de son mari qui doit s'interposer. Le couple électoral se sépare et l'électrice se retire dans une aile du château. Peut-être est-ce pour la soustraire à l'ambiance délétère de sa cour que l'électeur confie sa fille à sa sœur. La petite Elisabeth-Charlotte part pour Hanovre où elle connaîtra les années les plus heureuses de sa vie, apprenant à lire et à écrire en Français, découvrant aussi bien les œuvres de Michel de Montaigne que de François Rabelais dont sa tante est une fervente lectrice.

En effet, les projets matromoniaux n'ont pas manqué pour la jeune Sophie. Des unions ont été envisagées avec le futur Charles II d'Angleterre, le frère du roi Charles X de Suède et même le duc Ranucce II de Parme mais sans aboutir. Sophie est fiancée en 1656 au duc Georges-Guillaume de Brunswick-Lunebourg, frère cadet du duc régnant. Cependant, le duc part pour Venise où les plaisirs le mettent dans un état impropre à se marier. Différant sans cesse la date du mariage au risque d'humilier l'électeur et sa sœur, il finit par renoncer officiellement à se marier et, son frère cadet étant réputé incapable d'engendrer une progéniture, il propose son plus jeune frère, évêque luthérien d'Osnabrück, comme époux pour Sophie. Sophie épouse en 1658 Ernest-Auguste de Brunswick-Lunebourg avec qui elle a sept enfants :

Sophie est alors une des nombreuses princesses du Saint-Empire romain germanique dont l'époux règne sur une principicule sans espoir de briller dans le monde, ni de se faire une place dans l'histoire.

Vie politique et dynastique

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Les épreuves de l'exil ont conduit les princes et princesses de Palatinat à construire différemment leur vie et certains d'entre eux se sont réfugiés en France et se sont convertis au catholicisme. Ainsi deux des sœurs de Sophie sont abbesses : Elisabeth est abbesse de l'abbaye luthérienne d'Herford et une correspondante assidue du philosophe Français Descartes alors que Louise-Hollandine du Palatinat est devenue abbesse catholique de la prestigieuse abbaye de Maubuisson en France. Le prince Édouard du Palatinat s'est également converti au catholicisme et a très jeune épousé une princesse franco-Italienne de dix ans son aînée, Anne de Gonzague, qui s'est distinguée pendant la Fronde tout en lui donnant trois filles. Il meurt prématurément en 1663. Proche de la famille royale Française, la princesse Anne, marieuse infatigable, jouera un rôle crucial dans la fortune de la maison électorale de Palatinat. En 1668, elle a marié sa fille aînée au duc de Bourbon, prince du sang et proche cousin du roi. Une autre de ses trois filles épouse la même année le vieux duc Jean-Frédéric de Brunswick-Lunebourg, beau-frère de Sophie. Le couple aura trois filles qui seront élevées en France dont une épousera en 1698 l'empereur Joseph Ier.

En 1670 meurt subitement Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans, cousine germaine d'Anne de Gonzague et de Sophie, mais surtout belle-sœur du roi de France. « Monsieur », frère du roi, est un veuf de 30 ans à peine et n' a pas eu de fils survivant. Il lui faut donc assurer la pérennité de sa maison susceptible de ceindre la couronne si le Dauphin devait mourir jeune comme ses cinq frères et sœurs. Anne de Gonzague a un projet dont Liselotte est l'actrice principale : en 1660, peu après la naissance de son cousin Georges-Louis, Liselotte, âgée de 8 ans, a quitté Hanovre et rejoint son père à la cour de Heidelberg. Elle refuse d'abord tous les prétendants qu'on lui présente. Cependant, forte de ses appuis à la cour de France, la princesse s'entremet et propose pour Liselotte une union qu'aucun prince souverain ne saurait refuser : le plus prestigieux des fiancés bien qu'il soit catholique. L'électeur et sa fille ne peuvent rejeter une offre aussi flatteuse. Malgré elle, après s'être convertie au catholicisme à Metz, « Liselotte » est mariée en 1671 à Monsieur, duc d'Orléans, frère unique du roi Louis XIV.

Après avoir visité l'Italie en 1664/1665, Sophie rend visite à sa nièce, la belle-sœur du plus puissant monarque de l'époque. Accompagnée par sa fille, elle est reçue en 1678 à la cour de Versailles.

Question de protocole, Madame aurait voulu que le roi permette à sa tante de s'asseoir sur un fauteuil, puisqu'elle est l'épouse d'un souverain. Le roi, considérant simplement la duchesse comme l'épouse d'un de ces nombreux souverains du Saint-Empire romain germanique et qui ne fait même pas partie du collège électoral, soucieux de montrer sa supériorité et de ne pas froisser les membres des maisons souveraines vivant à la cour, n'accorde qu'une chaise à dos ce qui provoque les moqueries des courtisans, mortifie sa belle-sœur, inaugure la disgrâce de celle-ci[réf. nécessaire]. Sophie, dotée d'un caractère plus politique que sa nièce, fait bon visage à tous, est gâtée par son neveu par alliance : elle ne croit jamais tout à fait sa nièce quand celle-ci se plaint plus tard de son mari et des intrigues de sa cour.

La duchesse d'Orléans imagine quelque temps plus tard de marier la fille de sa tante, Sophie-Charlotte de Hanovre, dont elle est la marraine, au dauphin. Mais le parti n'est pas assez avantageux pour le roi de France : la jeune princesse n'est pas catholique, n'a que onze ans et son père n'est qu'un de ces centaines de princes allemands sans réelle puissance politique. Elle épouse en 1685 l'électeur de Brandebourg, futur Frédéric Ier de Prusse et devient en 1701 la première reine en Prusse. Souveraine populaire et cultivée, proche de Leibniz et de Descartes, elle meurt prématurément en 1705.

La leçon est retenue au palais d'Herrenhausen et la fortune des Brunswick-Lunebourg est en marche : en 1692, le mari de Sophie de Bohême est élevé à la dignité d'électeur du Saint-Empire romain germanique par l'empereur Léopold et prend le nom de sa capitale, Hanovre. Il meurt six ans plus tard. Son fils Georges lui succède.

Cependant, toujours victime de ses sens, le duc Georges-Guillaume a contracté une union morganatique avec une suivante de la princesse de Tarente dont il a eu une fille qui pourrait à terme revendiquer des droits sur le duché de Brunsick-Lunenbourg. Aussi, si trois de ses cinq fils tombent au champ d'honneur sans laisser de veuve ni de descendance, Sophie se résout-elle pour des raisons dynastiques à ce que son fils épouse sa cousine Sophie-Dorothée issue du mariage morganatique de son beau-frère. Cependant le couple ne s'entend guère et la jeune duchesse se console dans les bras d'un bel officier suédois avec lequel, méprisant le scandale, elle envisage de fuir le Hanovre. Le complot est découvert. L'amant est exécuté sommairement, le mariage dissous et la jeune femme recluse jusqu'à sa mort dans un château Hanovrien avec l'accord de son père et séparée à tout jamais de ses deux enfants.

En 1705, la mort de son unique fille, l'intelligente reine en Prusse, la laisse inconsolable. Peut-être est-ce une des raisons pour laquelle sa petite-fille Sophie-Dorothée de Hanovre aussi jolie et cultivée que l'était sa tante épouse l'année suivante son cousin, le futur Frédéric-Guillaume Ier de Prusse. Or le jeune prince n'a hérité en rien de la beauté et de l'intelligence de sa mère ou de sa grand-mère. C'est un rustre qui ne pense qu'à son armée et se montre jaloux, violent voire sadique et fait régner à sa cour et dans sa famille un régime de terreur.

Héritière du trône britannique

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L'électrice de Hanovre, héritière du trône britannique

En 1701, la loi de succession au trône britannique étant modifiée au profit des seuls descendants protestants des rois d'Angleterre et d'Écosse, Sophie, âgée de 71 ans, devient l'héritière du trône des Stuarts en tant que plus proche parente de confession protestante de la reine Anne. Les cinquante-sept princes et princesses catholiques lésés ne reconnaissent pas ces lois, et de nos jours le prétendant jacobite au trône britannique est le duc de Bavière.

Cependant, Sophie ne ceint pas la couronne, elle meurt le , âgée de quatre-vingt-trois ans, au cours d'une promenade dans ses jardins, deux mois seulement avant la souveraine britannique qui n'en avait que quarante-neuf. C'est son fils Georges-Louis qui monte sur le trône britannique. La dynastie des Hanovre s'y maintient jusqu'à la mort de la reine Victoria en 1901, dont l'époux, le prince consort Albert, est un Saxe-Cobourg-Gotha. Nonobstant, le Hanovre, devenu royaume au congrès de Vienne, est régi par la loi salique. C'est donc l'oncle de Victoria, Ernest-Auguste, qui hérite du trône hanovrien quand Victoria devient reine du Royaume-Uni.

Sophie de Hanovre laisse des Mémoires et lettres de voyage (en français) édités par Dirk Van der Cruysse en 1990.

Ascendance

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Annexes

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Bibliographie

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  • Foucher de Careil, Leibniz et les deux Sophies, Paris, 1876 (en ligne).
  • Dirk Van der Cruysse, Madame Palatine, princesse européenne, Fayard 1988 (ISBN 2-213-02200-3).
  • Mémoires et lettres de voyage de Sophie de Hanovre, édités, présentés et annotés par Dirk Van der Cruysse, Fayard 1990 (ISBN 2-213-02583-5).

Articles connexes

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Liens externes

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