Observatoire de Paris

observatoire astronomique du XVIIe siècle

L'observatoire de Paris est un observatoire astronomique situé à Paris. C'est le site historique et le siège de l'Observatoire de Paris, dont il constitue l'un des trois sites avec l'observatoire de Meudon (fondé en 1876 et rattaché en 1926) et l'observatoire radioastronomique de Nançay (fondé en 1956). L'observatoire a été fondé en 1667 et le bâtiment de Paris, construit par Claude Perrault de style classique, a été inauguré en 1672. Orienté nord-sud, son axe donnera le méridien de Paris. La principale coupole, ajoutée en 1846, abrite la lunette Arago. Des bâtiments ont été ajoutés dans les jardins aux XIXe et XXe siècles. L'ensemble a été classé monument historique en 1926 et 2009[1].

Observatoire de Paris
Caractéristiques
Propriétaire
Type
Construction
1672
Ouverture
Patrimonialité
Localisation
Coordonnées
Code MPC
007Voir et modifier les données sur Wikidata
Télescopes
Lunette Arago
38 cm
Carte

Historique

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Architecture

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Façade nord de l'observatoire et statue de Le Verrier.

L'observatoire a été construit sur un pentagone de 2,5 ha sous lequel se trouve d'anciennes carrières. L'accès se fait par le nord depuis le percement de l'avenue de l'Observatoire et la construction de deux pavillons après 1811[2]. Une statue en marbre de Le Verrier, par Chapu, a été installée dans la cours de l'observatoire en 1889[3].

Le bâtiment historique de l'Observatoire de Paris a été construit entre 1667 et 1672 sur les plans de Claude Perrault, modifiés après l'arrivée en 1669 de Jean-Dominique Cassini. Il s'agit d'un bâtiment rectangulaire, de 36 × 50 m, de trois étages (sans compter les carrières transformées en caves[4]), parfaitement aligné sur le Méridien de Paris, tracé le , qui le traverse en son milieu. Une tour carrée est accolée au milieu de la façade nord. La façade méridionale est encadrée de deux pavillons octogonaux avec à chaque fois un pan orienté vers le lever ou le coucher du soleil au solstice et un pan à l'équinoxe. D'une rare sobriété, seule deux bas-reliefs (globes et instruments d'astronomie) sont présents sur la façade sud par François Temporiti. La tour orientale, initialement sans toit pour observer le ciel, est couverte puis coiffée d'une coupole, la coupole Arago, en 1845[5]. Deux ailes ont été ajoutées, 1832 à l'est et 1839 à l'ouest. Cette aile a abrité un amphithéâtre remplacé en 1854 par un appartement de fonction.

Salle Cassini avec la méridienne au sol.
Petit observatoire.

Tous les étages sont reliés par un unique escalier construit en pierre, et toutes les salles sont également voûtées de pierre, bel exemple de stéréotomie. Un puit zénithal a été aménagé depuis le toit jusqu'aux caves, mesurant alors 55 m. Au rez-de-chaussée se trouve la salle Esclangon dans laquelle est entreposé les télescopes de Foucault ainsi que les machines historique de l'horloge parlante. Au premier étage (de plain-pied avec la terrasse sud), il y a notamment quatre salles : la grande galerie, la salle Picard, la salle du Conseil et la bibliothèque. La grande galerie et la salle Picard, recouvert de boiseries, abritent un musée fondé par l'amiral Mouchez en 1879. Dans la tour orientale se trouve la salle du Conseil précédée d'une antichambre. Le plafond de la salle du Conseil est peint d'une allégorie du passage de Vénus devant le Soleil, par Dupain en 1884. La pièce abrite également une copie de Louis XIV par Rigault ainsi que les portraits de 15 directeurs de l'Observatoire. Dans la tour orientale se trouve la bibliothèque de l'Observatoire. Au deuxième étage se trouve la grande salle Cassini ou salle de la Méridienne. Il s'agit d'une pièce de 33 m de long et 11 m de haut. La voûte a été consolidée avec l'ajout de deux piliers en 1784, par Soufflot. Au sol de cette salle Jacques Cassini a fait tracer en 1729 le méridien de Paris en laiton entouré de marbre gravé avec les signes du zodiaque. Une ouverture en haut du mur sud permet d'y projeter la position du soleil à midi. Au plafond, le puit zénithal est toujours visible, il a notamment servi à y installer le pendule de Foucault. Le toit terrasse était plat, jusqu'aux restaurations de 1784 par Soufflot, afin d'y installer les instruments d'observation. En 1786, Cassini IV fait construire un petit observatoire avec un pluviomètre et quatre emplacements pour des instruments. La tour sud-ouest est équipée d'une coupole en cuivre depuis 1846, dessinée par de Gisors à la demande d'Arago afin d'y abriter une lunette. La coupole a été abimée lors d'une restauration. Un pilier géodésique se trouve également sur le toit de l'observatoire. Il permet de faire, à partir de 1883, le lien entre les mesures astronomiques et le système de référence géodésique fixé sur la croix du Panthéon[6]. Sur la tour occidentale Le Verrier fait installer en 1858 une autre coupole, qui a été retirée en 1974 et réutilisée pour l'observatoire de Saint-Véran.

Vue du jardin, avec sur la droite le pavillon de la carte du ciel et le pavillon du grand équatorial.

Dans le jardin, les bâtiments ont été ajoutés aux XIXe et XXe siècles : le pavillon de la carte du ciel (1870 et 1892), le pavillon du grand équatorial (1889), le pavillon Baillaud, le pavillon de la méridienne par Jean Prouvé et André Remondet (1951)[1]. Le long de l'avenue Denfert-Rochereau se trouve également deux bâtiments, A et B, construits en 1976 et 1978[3].

Instruments

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Lunette Arago

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Lunette Arago
Lunette Arago.

La construction de la coupole principale de l'Observatoire de Paris a débuté en 1846 à l'instigation de François Arago, directeur de l'Observatoire, directement sur le bâtiment Perrault à Paris.

Cette coupole abrite une lunette équatoriale à monture allemande construite par Brünner (originellement en bois) de 38 cm de diamètre et de 9 m de focale. Elle a été fabriquée originellement par Lerebours, puis les frères Henry ont taillé le deuxième objectif en 1881. Cette lunette repose sur une armature métallique ancrée sur la paroi de la tour, elle date de 1850 et a été mise en service en 1854, un an après la mort d'Arago[7].

À l'époque c'était la plus grande lunette par ses dimensions. Utilisée pour la science pendant plus d'un siècle, elle est de nos jours ponctuellement ouverte au grand public (nuits des Planètes[8], visites lors des journées « portes ouvertes » à l'Observatoire) et sert parfois pour les travaux pratiques des étudiants[9].

Coupole de la carte du ciel

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Coupole ouest de la carte du ciel.

À la demande de Ernest Mouchez, directeur de l'observatoire, les frères Henry construisent en 1885, les pièces optiques d'un astrographe. L'instrument comporte sur un même tube, une lunette photographique de 33 cm d'ouverture et une lunette d'observation visuelle de 24 cm. La partie mécanique est confiée à Paul Gautier. L'astrographe remplace un ancien équatorial dans l'une des coupoles du jardin. Il sera utilisé à partir de 1887 pour le projet de la Carte du Ciel, initié par Ernest Mouchez, dont l'observatoire est l'un des participants. Trop ambitieux, le projet restera inachevé et sera officiellement abandonné en 1970. L'instrument a été démantelé. Seule subsiste la coupole vide[10].

Grand coudé

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Inventé par Maurice Lœwy, l'instrument à monture équatoriale comportait deux miroirs plans entre l'objectif de diamètre 0,6 m et l'oculaire. Par cette disposition, l'oculaire demeurait en un point fixe, ce qui facilitait le travail de l'observateur, qui pouvait également manœuvrer l'instrument depuis la salle d'observation. Il comprenait deux objectifs interchangeables : l'un pour l'observation visuelle et l'autre pour la photographie. L'optique a été réalisée par les frères Henry et le mécanisme par Paul Gautier. Il a été mis en service en 1891 et a fonctionné jusqu'en 1939. Il a notamment permis d'obtenir les dix mille photographies de l’Atlas photographique de la Lune. Démonté pour mise en sécurité lors de la Seconde Guerre mondiale, il n'a pas été remis en service et le bâtiment est resté à l'abandon[11].

Pavillon de la méridienne

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Depuis 1834, les instruments méridiens étaient installés au 1er étage d'une extension à l'est du bâtiment principal. Ce bâtiment se révélant peu adapté à l'obtention de mesures de précision, une nouvelle lunette méridienne est construite grâce à la générosité de Raphaël Bischoffsheim et installée sous un abri dans le jardin en 1878. Un nouvel abri, conçu par André Remondet, est construit en 1951 par Jean Prouvé. Les mesures méridiennes ayant été rendues obsolètes par les techniques d'astrométrie par satellite (Hipparcos, Gaia), l'instrument n'est plus utilisé[12].

Notes et références

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  1. 1 2 « Observatoire de Paris », notice no PA00086642, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture, consulté le 29 septembre 2026.
  2. ↑ « Comprendre - Histoire de l'observatoire de Paris - bâtiments, de l'origine à nos jours », sur promenade.imcce.fr (consulté le )
  3. 1 2 Suzanne Débarbat, Nicolas Leste-Lasserre et Taïna Cluzeau, « Visites de l'Observatoire de Paris : Site de Paris » [PDF],
  4. ↑ Cyril Pasquier, « L’Observatoire de Paris », sur Destination Versailles, (ISSN 2607-1029, DOI 10.58079/bekr, consulté le )
  5. ↑ Franck BEAUMONT, « Observatoire Paris av Observatoire Paris 14 Claude Perrault », (consulté le )
  6. ↑ « Quelle est la différence entre le méridien de Greenwich et le méridien de Paris ? - Géodésie », sur geodesie.ign.fr, (consulté le )
  7. ↑ « Description d'une visite à la coupole Arago », sur planetastronomy.com.
  8. ↑ « Nuits des Planètes », sur www.obspm.fr, Observatoire de Paris (consulté le )
  9. ↑ « Visite virtuelle 360° », sur ecliptique.com.
  10. ↑ La Carte du ciel, site de l'Observatoire de Paris
  11. ↑ Observatoire de Paris - PSL - Centre de recherche en astronomie et astrophysique, « Le grand équatorial coudé », sur Observatoire de Paris - PSL - Centre de…, .
  12. ↑ Guet-Tully, Françoise Le; Davoigneau, Jean et al., « L’inventaire et le patrimoine de l’astronomie : l’exemple des cercles méridiens et de leurs abris », In Situ. Revue des patrimoines, Ministère de la culture et de la communication, direction générale des patrimoines, no 6,‎ (ISSN 1630-7305, DOI 10.4000/insitu.9177, lire en ligne).

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Widemann, T., Knobloch, E., Aux origines d'une science et d'une sociabilité européennes: l'Observatoire de Paris à 350 ans, Archives Internationales d'Histoire des sciences, Vol. 72, N°189, 2022 (ISBN 978-2-503-59736-2) Article en ligne
  • Jean-René Roy, L'Astronomie et son histoire, Éditions Presses Univ. Québec/Masson, 1982 (ISBN 2-225-77781-0)

Articles connexes

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Liens externes

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