Annie Baglin

astrophysicienne française

Annie Baglin, née le à Amiens et morte le à Paris[1],[2], est une astrophysicienne française, spécialiste de physique stellaire et pionnière de l'astérosismologie, discipline qui vise à sonder l'intérieur des étoiles par l'étude de leurs oscillations. Elle est également connue pour ses recherches sur les exoplanètes.

Annie Baglin
Annie Baglin, astrophysicienne française
Biographie
Naissance
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Nom de naissance
Annie Louisette BaglinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Distinction
Médaille de vermeil de l'Académie de l'air et de l'espace ()
Prix André-Lallemand ()

Études et carrière

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Annie Baglin intègre l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses en 1957[3]. Elle est reçue à l'agrégation de mathématiques, obtient en 1961 un poste de maître-assistant à l'université Paris-Sorbonne, puis s'oriente vers l'astrophysique. Elle rejoint l'Institut d'astrophysique de Paris, où elle soutient en 1967 une thèse intitulée « De l'évolution des étoiles dégénérées chaudes », sous la direction d'Evry Schatzman[4].

Recrutée en 1968 au CNRS comme attachée de recherche, elle effectue en 1969 une première mobilité vers l'observatoire de Nice. Elle est promue directrice de recherche de 2e classe en 1980. En 1988, elle rejoint l'Observatoire de Paris, où elle prend la direction du laboratoire DASGAL, puis la vice-présidence du conseil scientifique de 1989 à 1993. Promue directrice de recherche de 1re classe en 1991, elle rejoint en 1996 le laboratoire DESPA de l'Observatoire de Paris (devenu ensuite le LESIA, puis le LIRA).

Annie Baglin part à la retraite en 2003, date à laquelle elle bénéficie du statut de directrice de recherche émérite du CNRS jusqu'en 2018.

Œuvre scientifique

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Annie Baglin est une spécialiste de la physique des intérieurs stellaires. Tout en se concentrant dans un premier temps sur les aspects fondamentaux de cette recherche, elle s'intéresse à la collecte de données observationnelles permettant de tester les approches théoriques, au sol d'abord, puis depuis l'espace dans la seconde moitié de sa carrière.

Elle travaille ainsi sur les données du satellite européen Hipparcos, qui a mesuré précisément la position, la parallaxe et le mouvement propre de près de 120 000 étoiles, ouvrant la voie à son successeur Gaia et à la thématique de l'archéologie galactique.

Annie Baglin est surtout une pionnière de l'astérosismologie spatiale. Elle fait partie, dans les années 1970, d'un petit groupe de chercheurs à l'origine de cette discipline. Elle œuvre ensuite, dès le milieu des années 1980, auprès du CNES et de l'ESA pour faire entrer l'astérosismologie parmi les thématiques de la recherche spatiale. En permettant de sonder l'intérieur des étoiles par la mesure de leurs oscillations, l'astérosismologie a depuis profondément renouvelé la physique stellaire.

Dans ce domaine, Annie Baglin est d'abord responsable scientifique de l'instrument EVRIS, embarqué sur la sonde russe Mars 96, perdue au lancement[5]. Elle conduit ensuite le projet de satellite CoRoT, d'abord étudié au niveau français puis porté au niveau international, destiné à l'étude des oscillations stellaires et à la recherche d'exoplanètes. Le développement de ce satellite connaît de nombreux obstacles scientifiques, techniques, institutionnels et politiques ; le projet est notamment menacé par des restrictions budgétaires à la fin des années 1990[6],[7].

Lancé en 2006 et opérationnel jusqu'en 2012, CoRoT constitue un point de départ de la sismologie stellaire spatiale et de la recherche d'exoplanètes par la méthode des transits. L'héritage de CoRoT est prolongé par les missions de la NASA Kepler et TESS, auxquelles Annie Baglin contribue également, ainsi que par la mission de l'ESA PLATO, dont le lancement est prévu en 2027 et à la préparation de laquelle elle participe.

Autres activités

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Dès les années 1980, Annie Baglin initie dans la communauté astronomique les écoles d'automne de structure interne stellaire, qui perdurent aujourd'hui sous la forme des écoles « Evry Schatzman » du Programme national de physique stellaire. Ces écoles contribuent à promouvoir la physique et l'astrophysique auprès des étudiants et des jeunes chercheurs.

Elle est par ailleurs active pour améliorer la place des femmes dans les sciences, en particulier pour soutenir et encourager les jeunes femmes dans la voie de la recherche[8].

Tout au long de sa carrière, elle s'attache également à entretenir le contact avec le grand public, notamment en participant à des événements ou en donnant des conférences publiques, une activité qu'elle renforce à partir de son départ à la retraite.

Distinctions

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Notes et références

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  1. État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970
  2. « Hommage à Annie Baglin - LIRA », sur lira.observatoiredeparis.psl.eu (consulté le )
  3. « Alumni ENS de Lyon », sur Annuaire des alumni de l'ENS de Lyon / St-Cloud / Fontenay-aux-Roses (consulté le )
  4. « De l'évolution des étoiles dégénérées chaudes », sur ui.adsabs.harvard.edu (consulté le )
  5. « La sonde russe Mars 96 se perd », sur Libération, (consulté le )
  6. « Menaces de mort sur le futur satellite scientifique CoRoT », sur Le Monde, (consulté le )
  7. « Allègre met en joue un satellite français : des restrictions budgétaires menacent le projet CoRoT », sur Libération, (consulté le )
  8. Yaël Nazé, L'astronomie au féminin, Paris, Éditions du CNRS, , 192 p. (ISBN 978-2271082473, lire en ligne), p. 27
  9. « Annales 2018 » [PDF], sur Académie de l'air et de l'espace (consulté le )

Liens externes

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