Antiopella

genre de mollusques

Antiopella est un genre de nudibranches ou limaces de mer, mollusques marins, de la famille des Janolidae. Ils sont rattachés à l’ordre des Cladobranchia, autrement décrit par le nom éolidiens, caractérisés par leurs cérates dorsales et leur respiration cutanée.

Description

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Les nudibranches du genre Antiopella sont de petite à moyenne taille (environ 15 à 80 mm)[1],[2] et possèdent un corps allongé et souple souvent translucide, parfois orné de motifs vifs accompagnés de taches blanches ou d'anneaux colorés. Ils se distinguent facilement grâce à leurs cérates dorsaux fusiformes allongés qui se rangent en colonnes latérales le long de leur dos. Ces cérates sont lisses et n'ont pas de pustules externes visibles[réf. souhaitée].

En ce qui concerne leur anatomie générale, qui s'inspire des descriptions historiques du groupe, ils possèdent un anus situé dans une position dorsale. La tête porte deux rhinophores lamellés qui servent à la détection chimique dans l’eau[réf. souhaitée].

Par exemple, Antiopella cristata possède des cérates translucides bordés de blanc et une coloration générale bleu pâle à violette[3]. Antiopella barbarensis présente des cérates plus courts ornés de doré et de bleu et une coloration beige à brun clair[4].

Les nudibranches du genre Antiopella peuvent être décrits de manière relativement semblable au genre Janolus : ces deux groupes sont les seuls chez lesquels on peut observer une crête, ou caroncule, positionnée entre les rhinophores non rétractiles, sur la tête de l’animal[1].

Écologie

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Les espèces d'Antiopella sont des prédateurs spécialisés qui se nourrissent surtout de polypes d'hydraires, de petits cnidaires formant des colonies fixées sur les fonds marins[réf. souhaitée].

Ils possèdent une forme de défense chimique commune aux cladobranchias qui utilisent les cellules urticantes de leurs proies, les cnidocytes, qu’ils stockent dans leurs cérates pour se protéger des prédateurs comme des crustacés ou d’autres mollusques[réf. souhaitée].

Répartition

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Le genre Antiopella est présent à l'échelle mondiale, surtout dans des zones tempérées et subtropicales. Antiopella cristata est présente en mer Méditerranée et Atlantique Est ; Antiopella barbarensis, le long de la côte ouest de l’Amérique du Nord notamment autour de Santa Barbara en Californie. D’autres espèces sont documentées en Afrique du Sud (Antiopella capensis), en Nouvelle-Zélande (Antiopella novozealandica) ou dans d’autres zones côtières de l’hémisphère sud[réf. souhaitée].

Alimentation

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Les espèces du genre Antiopella sont carnivores et se nourrissent principalement d'hydraires et de bryozoaires, en particulier des colonies de Bugula pour certaines espèces[5]. Leur alimentation dépend étroitement de la disponibilité de leurs proies dans l’environnement.

Comme beaucoup de nudibranches, ils sont spécialisés dans la prédation d'organismes fixés au substrat.

Chez certaines espèces apparentées, des observations ont montré que les nudibranches peuvent aussi consommer des éponges (Porifera) ou d’autres organismes sessiles ce qui suggère que la diète d’Antiopella pourrait varier selon l’espèce et l’habitat[5].

Habitat

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Ces nudibranches sont généralement observés sur des roches ou des fonds riches en hydraires, allant de la zone intertidale jusqu’à plusieurs dizaines de mètres de profondeur[6],[2]. Ils se fixent sur les colonies d’hydraires dont ils se nourrissent et n’hésitent pas à se cacher dans les fissures pour éviter les prédateurs[2].

Systématique

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Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Antiopella Hoyle, 1902[7],[8].

Le nom générique, Antiopella, vient en remplacement du nom Antiopa, qu'avait choisi à l'origine William Evans Hoyle, mais qui était déjà utilisé pour désigner des diptères[8] de la famille des Syrphidae. À noter que ce genre sera par la suite lui-même invalidé et remplacé par Chrysotoxum Meigen, 1803.

Antiopella a pour synonymes[7] :

  • Antiopa Alder & Hancock, 1848
  • Janus Vérany, 1844 [9]

Le placement du genre Antiopella dans la classification des nudibranches et des espèces y étant rattachées s’est fait en plusieurs étapes, au fil de découvertes et observations successives. En effet, les espèces du groupe ont été rattachées par Gosliner en 1981 au genre Janolus, autre genre appartenant à la famille des Janolidae [6], ce qui explique que ces espèces aient encore aujourd’hui plusieurs appellations rattachées à ce même genre[7]. La distinction entre les deux genres a été discutée dans les travaux de Pruvot-Fol (1954), Marcus (1958) et Miller (1954), sur l’observation et la comparaison des critères anatomiques concernant les cérates (et notamment la présence plus ou moins importante de diversicules digestives et de leur taille en leur sein) et les mâchoires (taille et forme) de certaines espèces (Antiopella barbarensis, Antiopella mucloc et Antiopella praeclara). Cependant, ces critères étant peu indicatifs, du fait de leur variabilité intraspécifique, ils ne peuvent constituer l'essentiel de la distinction entre les genres Janolus et Antiopella[2].

Plusieurs espèces mentionnées ont été décrites et reclassées plusieurs fois (comme Janolus mucloc ou Antiopella logidentata), montrant une certaine complexité dans l’identification et comparaison des caractères, le matériel biologique vivant étant également rare chez certaines espèces. Malgré l’identification génomique de certaines séquences associées à des espèces du genre Antiopella dans des échantillons divers[10], aucune étude n’a encore utilisé ces données pour une classification plus précise de ce genre au sein des Janolidae[réf. souhaitée].

Liste des espèces

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Selon le World Register of Marine Species ()[7] :

Publication originale

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  • (en) William E. Hoyle, « Two points in nomenclature. II. The genus Antiopa », Journal of Conchology, Londres, vol. 10, , p. 214 (lire en ligne, consulté le ).

Notes et références

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  1. 1 2 (en) Sandra V. Millen, « A new species of Janolus Bergh, 1884 from the Northeastern Pacific (Gastropoda, Nudipleura, Proctonotidae). », SPIXIANA, Munich, vol. 39, no 1, , p. 15-21 (ISSN 0341-8391, lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 3 4 (en) M.C Miller et R.C Willan, « A review of the New Zealand arminacean nudibranchs (Opisthobranchia: Arminacea) », New Zealand lournal of Zoology, vol. 13, , p. 377-408 (ISSN 0301-4223, lire en ligne, consulté le )
  3. « Antiopella cristata », sur DORIS – FFESSM (fr) (consulté le )
  4. « Antiopella barbarensis », sur Waterworlds (fr) (consulté le )
  5. 1 2 (en) Gary R McDonald et James W Nybakken, « List of the Worldwide Food Habits of Nudibranchs », Veliger, vol. 40, no 2, , p. 202-207 (lire en ligne, consulté le )
  6. 1 2 (en) Michael Schrödl, « Janolus rebeccacae, a new species of arminacean nudibranchs from nothern Chile », SPIXIANA, vol. 19, no 3, , p. 293-300 (ISSN 0341-8391, lire en ligne, consulté le )
  7. 1 2 3 4 World Register of Marine Species, consulté le .
  8. 1 2 Hoyle 1902, p. 214
  9. Jean-Baptiste Vérany, « Description de deux genres nouveaux de Mollusques nudibranches, par M.Verany, de Gènes. », Revue Zoologie de la société Cuvierienne, , p. 302–303 (lire en ligne, consulté le )
  10. NCBI, consulté le .

Liens externes

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