Antoine-François Desrues

empoisonneur français

Antoine-François Desrues, né en 1744 à Chartres et mort le à Paris par le supplice de la roue et le bûcher, est un empoisonneur français qui défraya la chronique au début du règne de Louis XVI.

Antoine-François Desrues
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Château du Buisson-Souef (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Condamné pour

Biographie

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Reçu à 25 ans marchand épicier, Desrues reprend une boutique rue Saint-Victor, à Paris, grâce à l'une de ses maîtresses, et s’enrichit par des escroqueries et des mensonges, et sut, par son hypocrisie, se faire une telle réputation de vertu que pendant longtemps on ne put le soupçonner. Par ailleurs, son épouse attendait un héritage, lequel tardait, d'un lointain cousin, Jean Despeignes-Duplessis (mort en 1770, de façon suspecte). Ayant tenté d'acheter à Pierre-Étienne de Saint-Faust de La Motte, écuyer du roi, la terre de Buisson-Soëf près de Villeneuve-sur-Yonne, qu’il devait payer 130 000 livres — il ne régla que 10 % de la somme —, il résolut ensuite de faire mourir toute la famille de son créancier afin de s’emparer du bien sans débourser le solde : il a d'abord empoisonné la femme, Marie-Françoise (née Perrier), venue à Paris lui demander conseil, et dont il cacha le corps dans une cave rue de la Mortellerie, puis le fils de 23 ans, qu'il enterra à Versailles, lorsque son crime fut découvert grâce à une plainte pour disparition déposée par le mari et la découverte du corps de madame de La Motte dans la cave[1]. Il fut rompu vif puis brûlé le en place de Grève à Paris et ses cendres dispersées[2],[3].

Ce fut Charles-Henri Sanson, futur bourreau du roi Louis XVI, qui procéda au supplice.

Soutenu par le petit peuple qui voyait en lui un simple martyr, victime de l’arbitraire royal ne lui ayant même pas épargné le bûcher, ce fils de petit boutiquier eut ses cendres filtrées par une foule étant allée jusqu’à se battre pour en récupérer le moindre bout d’os, reliques auxquelles elle attribuait des vertus magiques (enrichissement) et qui furent ensuite l’objet d’un commerce.

Sa veuve, Marie Louise Nicolais, est condamnée à être fouettée et marquée sur les deux épaules de la lettre V, puis enfermée à la Salpêtrière. Elle est assassinée par les émeutiers lors des massacres de Septembre, en 1792[4].

Après sa condamnation, sa famille obtient par des lettres patentes de le droit de changer de patronyme, de Desrues en « Orée ». C'est ainsi que son fils prénommé Louis Noël Marin, né à Chartres en 1778, devint en 1777 Pierre Orée[5]. Demeurant à Orléans, il se fera appeler Orée d'Aideville, puis, en 1813 une autre branche devint Dorée.

Notes et références

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  1. ↑ G. Lenotre, « Madame Veuve Derues », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  2. ↑ Duprat 2004, p. 123.
  3. ↑ [PDF] Jacques Mourrier, « La vie monstrueuse de François Desrues », in: Détective, Paris, 29 novembre 1928, p. 11-12.
  4. ↑ Alphonse Esquiros, Histoire des Montagnards, 1846-1847, p. 211.
  5. ↑ Archives départementales d'Eure-et-Loir, E 2/45, registre paroissial de Saint-Saturnin de Chartres 1767-1772, vue 70/225, 25 décembre 1778, baptême de Louis Noël Marin Desrues (avec dans la marge, acte de réformation du nom).

Bibliographie

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  • André-Charles Cailleau, Vie privée et criminelle d'Antoine-François Desrues ; contenant les particularités de sa jeunesse, ses mauvaises inclinations, son insigne hypocrisie ; & le détail des manœuvres abominables & des crimes atroces commis, de dessein prémédité, par ce scélérat, envers la dame de Lamotte & son fils, Paris, chez Cailleau, rue Saint-Séverin, 1777 — lire sur Gallica.

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