Antoine Danchet

écrivain français

Antoine Danchet, né le à Riom et mort le à Paris, est un dramaturge et librettiste français.

Antoine Danchet
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Fauteuil 5 de l'Académie française
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signature d'Antoine Danchet
Signature à l’Académie française.

Biographie

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À la suite d'une brouille avec un de ses professeurs du collège des Oratoriens de Riom, il achève ses études à Paris chez les Jésuites à Louis-le-Grand. Après avoir été professeur de rhétorique à Chartres alors qu’il était encore élève en rhétorique, son peu de fortune l’oblige à devenir précepteur à Paris[1]. Il écrit Hesione alors qu’il percevait une rente viagère de 200 livres, que lui avait laissé, en mourant, une mère pour y faire l'éducation de deux enfants[2], ce qui lui a valu un procès pour incompatibilité entre activité théâtrale et éducation chrétienne de la jeunesse, qu’il a gagné, le Parlement ayant arrêté que l’on peut faire une bonne pièce de théâtre sans cesser pour cela d’être un bon précepteur[3].

Après avoir renoncé à l'enseignement, il se met à écrire pour le théâtre et donne quelques livrets d’opéra, qui ont eu du succès grâce à la musique d’André Campra[4]. Il a écrit le texte de L'île de Délos (EJG.38), Cantate d’Élisabeth Jacquet de La Guerre. La Motte l’appelait « le premier de nos poètes lyriques » après Quinault, dont il a retouché le Triomphe de l'amour, sur une musique de Lully retouchée elle-même par Campra, représentée le 11 septembre 1705. Il représente la poésie « non-poétique » chère au XVIIIe siècle, avant André Chénier. En revanche ses tragédies, médiocres imitations de Racine, tombèrent presque toutes[1].

Membre associé de l'Académie des inscriptions et belles-lettres depuis 1705, il fut élu à l'Académie française en 1712 grâce à la protection de Marie Angélique Guérin de Tencin (d) et de Tencin. Comme certains s'étonnaient de cette distinction pour un auteur aussi obscur, on affirma qu'elle était accordée non à l'écrivain mais à l'homme, qui était en effet excellent, bienveillant et candide. Ce qui inspira à Voltaire cette épigramme :

Danchet si méprisé jadis,
Apprend aux pauvres de génie
Qu'on peut gagner l'Académie
Comme on gagne le paradis.

Ses œuvres, Théâtre de M. Danchet, publiées en 1751 (4 volumes in-12), contiennent, outre ses pièces dramatiques, des odes, des cantates, des épîtres.

Le est donné pour la première fois le ballet inédit Les fêtes d'Euterpe, coécrit avec Moncrif et Favart. Après sa mort, des pièces étaient encore données à l’opéra[a].

En 1781, Mozart a composé un Idoménée, son premier véritable opéra de maturité, dont l'auteur du livret, Giambattista Varesco, s'est tellement inspiré de celui d'Antoine Danchet qu’il pourrait s’agir d’une légère refonte.

Pour Frédéric Godefroy, Dachet qui a tenté, mais avec moins de succès que La Motte, de remplacer Quinault, s’est essayé sans succès à la tragédie, avec des œuvres représentées devant un auditoire ennuyé. De tous ses opéras, « sa première œuvre, est seule digne d’être conservée. La conception est heureuse, les scènes sont attachantes ; un mouvement continuel l’anime […] Mais cette tragédie lyrique est généralement écrite avec faiblesse, elle renferme peu de vers bien frappés, et l’expression de l’amour y est languissante et banale[6]. »

Postérité

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Presque oublié aujourd’hui, sa ville natale et Clermont-Ferrand ont donné son nom à une de leurs rues.

Principales œuvres

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  • Apollon et Daphné, 1698), musique de monsieur de Lully. Chanté devant le Roi à Fontainebleau en .
  • Hésione, livret, musique de Campra. Première représentation le 21 décembre 1700, (lire en ligne sur Gallica).
  • Tancrède, musique de Campra. Première représentation le 7 novembre 1702, Paris, .
  • Cyrus, 1706.
  • Les Tyndarides, 1708.
  • Les Festes vénitiennes, musique de Campra. Première représentation le 17 juin 1710, Paris, (lire en ligne sur Gallica). — Une nouvelle entrée sera ajoutée : Les Devins de la place Saint-Marc, le 5 septembre 1710 lors de la 34e représentation, Paris. (lire en ligne sur Gallica)
  • Idoménée, livret, musique de Campra. Première représentation le 12 janvier 1712, (lire en ligne sur Gallica).
  • Les Héraclides, 1719.
  • Nitétis, 1724.
  • Achille et Déidamie, musique de Campra, 1735.
  • Les Fêtes d’Euterpe, (lire en ligne sur Gallica).

Notes et références

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  1. ↑ « 12 octobre 1762 On a vu reparoître Alphée et Aréthuse… On sait que les paroles de cet acte sont de Danchet et la musique de Campra refondue par Dauvergne. Cet acte est susceptible d une grande impression et porte au sentiment… 16 novembre 1762. Iphigénie a été jouée aujourd’hui à l’opéra. Les paroles sont de Messieurs Danchet et Dupre la musique de Campra et Desmarets. Ce drame si vanté n’a pas eu un succès marqué »[5].

Références

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  1. 1 2 Antoine Taillefer, « Antoine Danchet, de l’Académie Françoise, né à Riom en 167I, mort à Paris en 1748 », dans Tableau historique de l'esprit et du caractere des littérateurs françois : depuis la renaissance des Lettres jusqu'en 1785; Ou Recueil de traits d'esprit, de bons mots & d'anecdotes littéraires, t. 3, Versailles, Poinçot, , 397 p. (OCLC 229918097, lire en ligne), p. 189-90.
  2. ↑ « Dancher (Antoine) », Mémoires de la Société archéologique de l’Orléanais, Orléans, Gatineau, t. 19,‎ (lire en ligne sur Gallica).
  3. ↑ René Bouscayrol, Riomois célèbres ou méconnus, t. 54, Clermont-Ferrand, Académie des sciences, belles-lettres et arts de Clermont-Ferrand, , 269 p., in-8º (ISBN 978-2-90337-724-3, OCLC 35771903, lire en ligne sur Gallica), p. 116.
  4. ↑ Gustave Vapereau, « Danchet (Antoine) », dans Dictionnaire universel des contemporains : contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers, Paris, L. Hachette, , iii-2111 p., 2 vol. in-8º (OCLC 14860598, lire en ligne sur Gallica), p. 572.
  5. ↑ Louis Petit de Bachaumont, Mémoires secrets pour servir à l'histoire de la république des lettres en France depuis 1762 jusqu’à nos jours, p. 135.
  6. ↑ Frédéric Godefroy, « Danchet (Antoine) : 1671-1748 », dans Histoire de la littérature française depuis le XVIe siècle jusqu'à nos jours, t. 6. XVIIIe siècle, Paris, Gaume et Cie, , 2e éd., 547 p., in-8º (OCLC 41741948, lire en ligne), p. 314.

Bibliographie

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  • (en) Anita Christene Hardeman, « Representing Venus : music, drama, and allegory in Andre Campra and Antoine Danchet's Hesione », Bibliothèque et Archives Canada, Ottawa,‎ .
  • Laura Naudeix, « Tragédies en musique et tragédies déclamées : Antoine Danchet, un dramaturge habile », Littératures classiques, no 52 « Campistron et consorts : tragédie et opéra en France (1680-1733) »,‎ , p. 291-302 (ISSN 2260-8478, lire en ligne).

Liens externes

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