Antoine Marie Paris d'Illins

militaire français

Antoine Marie Pâris d'Illins, né le à Paris et mort le à Ocaña en Espagne, est un général français de la Révolution et de l'Empire.

Antoine Marie Paris d'Illins
Antoine Marie Paris d'Illins

Naissance
Paris
Décès (à 63 ans)
Ocaña (Espagne)
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Cavalerie
Grade Général de brigade
Années de service 1761 – 1809
Commandement 6e régiment de hussards
Cavalerie du 4e corps de l'armée d'Espagne
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Bataille d'Ocaña
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Famille Frères Pâris

Biographie

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Du soldat au général de brigade

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Né le à Paris[1], Antoine Marie Pâris d'Illins est le fils d'Antoine Pâris d'Illins (1712-1777) et de Marie-Catherine Darnezin (morte en 1778)[2]. Son grand-père paternel est Claude Pâris la Montagne (1670-1744), l'un des quatre frères Pâris, financiers sous le règne de Louis XV[3]. Il choisit la carrière militaire et, le , entre en service comme volontaire au régiment des Grenadiers de France. Il passe lieutenant en deuxième le et sous-aide-major le , exerçant même des fonctions équivalentes à celles de capitaine à partir du . Trois jours plus tard, il est affecté au régiment provincial de Mantes avec rang d'aide-major, avant de passer capitaine au régiment de Nassau hussards le puis au régiment Colonel-Général dragons le . Lieutenant-colonel le , il est fait chevalier de Saint-Louis le [1]. Après la mort en 1781 de son cousin Armand Louis Joseph Pâris de Montmartel, dit le marquis de Brunoy, il hérite par ailleurs de la propriété du château de Villers-sur-Mer, en Normandie[4]. Il sert ensuite à l'état-major royal, en poste à Metz, à compter du [1].

Bibliophile averti, il se décide néanmoins, en , à se séparer de la plus grande partie de sa bibliothèque, héritée pour une part de ses oncles et parents, dont Jean-Baptiste Pâris de Meyzieu ; la vente se déroule à Londres, sous l'expertise de James Edwards (1756-1816)[5]. Cette décision s'explique, d'après Milton McC. Gatch, par la nécessité « de se procurer de l'argent mais également d'éviter, entre autres biens, la confiscation de ses livres » dans le contexte agité de la Révolution française[6]. Poursuivant malgré tout sa carrière dans l'armée, il est d'abord promu adjudant-général le , puis, après un passage au sein de la 3e division militaire, est nommé colonel du 6e régiment de hussards le [1], succédant à César Pierre Pestalozzi[7]. Élevé au grade de maréchal de camp à l'armée du Centre le suivant, il abandonne toutefois son poste le [8] pour émigrer en même temps que le général Lafayette[9]. Il est finalement autorisé à rentrer en France à l'époque du Consulat[6] et est admis à la retraite avec le grade de colonel le [10].

Sous l'Empire

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Le , il est affecté à Bruges comme simple volontaire auprès de l'état-major du maréchal Davout, dont il suit le 3e corps pendant la campagne d'Allemagne de 1805. Chevalier de la Légion d'honneur le , il est réintégré dans son grade de général de brigade le . Le de la même année, il prend le commandement du dépôt de cavalerie de Pontivy, avant d'être affecté au camp de Boulogne le . Le , il est nommé inspecteur à l'organisation de la cavalerie dans la Légion portugaise[10].

Alors qu'il n'a exercé aucun commandement opérationnel depuis seize ans, il est désigné, le , pour prendre la tête de la brigade de cavalerie légère du 5e corps du maréchal Mortier, composée du 10e hussards et du 21e chasseurs à cheval. Il est alors, à 62 ans, le plus vieux général de cavalerie de l'armée française en service dans la péninsule Ibérique. Il quitte néanmoins ce commandement le pour celui de la forteresse royale du Retiro à Madrid. Le , il remplace le général Maupetit en tant que chef de la brigade de cavalerie légère du 4e corps de l'armée d'Espagne, commandé par le général Sébastiani. Il a sous ses ordres trois régiments, les 10e et 26e chasseurs à cheval ainsi que les lanciers polonais de la Vistule[11].

La veille de la bataille d'Ocaña, le , il mène la charge de ses escadrons dans le plus important combat de cavalerie de toute la guerre. Après avoir enfoncé la première ligne espagnole, la brigade Paris d'Illins se heurte à la contre-attaque adverse mais est promptement dégagée par l'intervention des dragons du général Milhaud. Les cavaliers français l'emportent en définitive sur leurs homologues espagnols, dont les pertes s'élèvent à plusieurs centaines d'hommes tandis que celles des vainqueurs sont minimes. Parmi ces dernières figurent le général Paris d'Illins, tué selon toute vraisemblance par un lancier espagnol[11]. Son commandement est relevé par le colonel Jacques-Gervais Subervie[12] puis par le général André Thomas Perreimond[13].

Commentant sa mort, le général Louis de Bouillé écrit : « le général Paris […] vieillard de soixante-cinq ans, se jeta, avec toute l'imprudence et la folie d'un jeune étourdi, au milieu des rangs ennemis, sans s'inquiéter s'il était suivi, et y trouva la mort »[14]. Une source espagnole de 1897 indique qu'il « tomba mort aux pieds du caporal de Pavía, Vicente Manzano, qui le transperça de part en part avec son sabre et le dépouilla de son uniforme et des papiers qu'il portait sur lui ; ce vaillant caporal fut récompensé par deux écus, l'un de distinction et l'autre de prime »[15].

Il est qualifié par l'historien britannique Charles Oman de « digne successeur de l'audacieux Lasalle » à la tête de la cavalerie légère du 4e corps[16]. Son sabre à l'orientale, richement décoré, est déposé au musée d'artillerie de Madrid par le général espagnol Francisco Javier Girón (es) en 1853[17]. Il collectionnait avec assiduité les coquillages, si bien que le zoologiste Henri-Marie Ducrotay de Blainville écrit à son propos : « il portait la passion pour les belles coquilles si loin que, faisant la guerre en Espagne, il ne marchait jamais sans avoir dans la profondeur de son gousset, soigneusement renfermée dans une boîte tapissée mollement, une coquille alors unique, connue sous le nom de Faisan, à cause de la beauté de sa coloration »[18].

Famille

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Antoine Marie Paris d'Illins épouse, le , Cunégonde Brillon de Jouy (1764-1831), la fille de la musicienne et salonnière Anne Louise Brillon de Jouy[19]. Leur union ayant été annulée en 1793 « pour cause d'émigration », le couple se remarie en 1801[6].

Ils ont ensemble une fille, née le 26 novembre 1784[19] et deux fils : Adolphe Pâris d'Illins (1788-1806), mort sans postérité sur le champ de bataille en Pologne, et Raoul Pâris d'Illins (1802-1874)[20]. Ce dernier, maire de Villers-sur-Mer de 1826 à 1864 puis de 1872 à sa mort, épouse en 1825 Anne-Sophie Béatrix (1809-1888), fille de Félix de Roissy[4] ; de son mariage naissent quatre enfants, dont trois filles atteignent l'âge adulte[20].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 Six 1934, p. 287.
  2. ↑ Brignon 2018, p. 60.
  3. ↑ McC. Gatch 2011, p. 107-108.
  4. 1 2 Brignon 2018, p. 47.
  5. ↑ McC. Gatch 2011, p. 89-118.
  6. 1 2 3 McC. Gatch 2011, p. 110.
  7. ↑ Castillon de Saint-Victor 1889, p. 38.
  8. ↑ Six 1934, p. 287-288.
  9. ↑ McC. Gatch 2011, p. 108, 110.
  10. 1 2 Six 1934, p. 288.
  11. 1 2 Burnham 2011, p. 203.
  12. ↑ Burnham 2011, p. 30.
  13. ↑ Oman 1908, p. 118.
  14. ↑ Alain Pigeard (préf. baron Gourgaud), Les étoiles de Napoléon : maréchaux, amiraux, généraux 1792-1815, Quatuor, , 768 p., p. 514.
  15. ↑ (es) Estanislao Guiu y Martí, El año militar español : episodios, hechos y glorias de la historia militar de España, t. 3, Barcelone, Revista Cientifico-Militar y Biblioteca Militar, , 660 p. (lire en ligne), p. 297.
  16. ↑ Oman 1908, p. 90.
  17. ↑ (es) Catálogo de los objetos que contiene el Real Museo Militar a cargo del Cuerpo de Artilleria, Madrid, Imprenta de Tejado, , 391 p. (lire en ligne), p. 201.
  18. ↑ Brignon 2018, p. 45.
  19. 1 2 (en) Claude-Anne Lopez, Mon Cher Papa : Franklin and the Ladies of Paris, Yale University Press, , 404 p. (lire en ligne), p. 96.
  20. 1 2 McC. Gatch 2011, p. 110-111, 118.

Bibliographie

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  • Arnaud Brignon, « Contexte historique de la collection Félix de Roissy (1771-1843) de reptiles marins jurassiques des Vaches Noires », Geodiversitas, Publications scientifiques du Muséum national d'histoire naturelle, vol. 40, no 2,‎ , p. 43-68 (lire en ligne).
  • (en) Robert Burnham (préf. Howie Muir), Charging against Wellington : The French Cavalry in the Peninsular War, 1807-1814, Barnsley, Frontline/Pen and Sword Books, , 380 p. (ISBN 978-1-84832-591-3).
  • Marie-Émilien de Castillon de Saint-Victor, Historique du 5e régiment de hussards, Lobert et Person, , 210 p. (lire en ligne).
  • Noël Charavay, Les généraux morts pour la patrie 1805-1815, Paris, Au siège de la Société, (ISBN 978-0-365-08716-8), p. 38.
  • Arthur Chuquet, Ordres et apostilles de Napoléon (1799-1815), Paris, Honoré Champion, , p. 207.
  • (en) Milton McC. Gatch, « The Bibliotheca Parisina », The Library, vol. 12, no 2,‎ , p. 89-118 (lire en ligne).
  • (en) Charles Oman, A History of the Peninsular War, Volume III : September 1809 to December 1810 : Ocaña, Cadiz, Bussaco, Torres Vedras, Oxford, At the Clarendon Press, (lire en ligne).
  • Christine de Pas, Madame Brillon de Jouy et son salon : une musicienne des Lumières, intime de Benjamin Franklin, Pantin, Petit Page, , 306 p. (ISBN 978-2-9538403-4-6).
  • Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l'Empire (1792-1814), t. 2, Paris, Librairie Georges Saffroy, (lire en ligne), p. 287-288.

Liens externes

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