Antonio Moroni, né le à Milan et mort le 21 ou dans la même ville, est un journaliste italien.

Antonio Moroni
Antonio Moroni vers 1920.
Biographie
Naissance
Décès
21 ou le 22 décembre 1971
Milan
Nationalité
Activité
Autres informations
A travaillé pour
Avanti! (journal), Volontà, Rompete le File !, Il Popolo d'Italia
Parti politique

Anarchiste antimilitariste, il devient devient interventionniste durant la Première Guerre mondiale puis adhère au fascisme. Devenu critique à l'égard du régime, il fréquente de nouveau le mouvement anarchiste après guerre.

Biographie

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Militantisme anarchiste

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Né à Milan le , fils de Luigia et Alberto Pozzi, imprimeur, et élevé avec son frère Paolo, Antonio Moroni se déclara d'abord de tendance socialiste avec des tendances antimilitaristes marquées », selon une note de la préfecture de Milan datée du ) avant de rejoindre mouvement anarchiste. Pour échapper à la conscription militaire, il s'enfuit en Suisse, où il séjourna du début août à la fin , d'abord à Zurich puis à Genève, et où – selon un rapport de la Sécurité publique – il fréquentait « les réunions anarchistes les plus connues »[1].

De retour en Italie, en , il fut enrôlé dans le 40e régiment d'infanterie stationné à Naples. Depuis sa caserne, Moroni écrivit une lettre à son frère Paolo, se plaignant du traitement dur que lui infligeaient ses supérieurs en raison de ses convictions politiques[1]. La lettre fut publiée dans Avanti ! le , et Moroni fut accusé de « diffamation envers l'autorité militaire et l'armée royale ». Finalement acquitté par un jugement du tribunal de Cagliari le , il fut muté à la compagnie disciplinaire de San Leo, dans la province de Pesaro. De San Leo, il publia plusieurs plusieurs lettres et articles dans la presse révolutionnaire notamment dans L'Internazionale, Volontà et Rompete le File ![1].

Antonio Moroni en 1913.

Parallèlement, à l'initiative de Maria Rygier et du groupe bolonais « Rompete le File ! », son nom fut associé à celui d'Augusto Masetti durant la campagne antimilitariste qui allait mener à la Semaine rouge[1]. De retour à Milan en , Moroni fut accueilli en héros. En juillet, il rejoignit le Comitato nazionale contro le compagnie di disciplina et fréquenta assidûment le Fascio Libertario et l'Unione Sindacale Milanese (USM)[1].

Volontaire garibaldien durant la guerre

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La surprise fut grande lorsqu'il publia le , dans Il Popolo d'Italia (et dans L'Internazionale, ), une lettre à son frère Paolo, dans laquelle il annonçait son engagement au sein des volontaires de Peppino Garibaldi engagés dans l'Argonne. Il fut par la suite attaqué dans les journaux anarchistes comme L’Avvenire Anarchico () avec un article intitulé « Moroni l’ingrat »[1]. En réaction à ces attaques, un rédacteur anonyme de Il Popolo d'Italia rédigera un petit texte pour défendre Moroni :

« Antonio Moroni écrit depuis la France, enthousiaste de la guerre. Dans trois jours, il sera sur le front, dans l'Argonne, pour offrir sa vie et sa jeunesse pour le salut de la France. Lui, l'antimilitariste tenace, le déserteur, le rescapé de San Leo, est aujourd'hui un soldat « volontaire ». Nous attendons l'excommunication et l'injure des séminaristes de la neutralité..., alors que le roi lui-même est neutre [...] Ces morveux, hier encore, étaient fiers de Moroni, déchiré et torturé dans les horribles cellules de la « compagnie de discipline », mais ils n'osaient pas suivre son exemple courageux. Il y avait toujours un « Arturino » prêt à sortir une maxime... « maximaliste » pour esquiver le danger et reporter le sacrifice à une meilleure occasion. Aujourd'hui Moroni, pour ces gens-là, est un renégrat et un traître. Pour nous, c'est un homme de foi et de courage, qui sait immoler sa propre vie pour un noble rêve de liberté et de justice. Aujourd'hui comme hier ! »[2].

Après la dissolution de la Légion garibaldienne, Moroni resta quelque temps à Lyon, puis, début , il retourna à Milan. Mobilisé en juillet, il combattit vaillamment et fut blessé à plusieurs reprises[1].

Un fasciste critique

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Après la guerre, il adhéra au fascisme, obtint sa carte de membre du Parti national fasciste (PNF) en 1922 et commença à travailler comme typographe au journal Il Popolo d'Italia[1].

Fin 1928 – d'après ce que son fils Alberto révèle dans sa biographie – déçu par la dérive réactionnaire du régime, Moroni renonça à sa carte de membre du parti en signe de protestation contre les accords du Latran, et seule l'amitié d'Arnaldo Mussolini lui évita d'être licencié du journal. En 1934, il fut cependant radié du registre des « subversifs »[1]. En 1936, il entama une collaboration avec l'hebdomadaire parisien Il Merlo Giallo (qui accueillait de nombreux anciens exilés fascistes, dont Massimo Rocca), critiquant à plusieurs reprises les politiques syndicales fascistes, considérée comme de plus en plus soumises aux intérêts du patronat italien[1].

Finalement, en , des tracts « antigouvernementaux » faisant l'éloge de l'interventionnisme révolutionnaire de Filippo Corridoni et Amilcare Cipriani furent découverts à divers endroits de Milan (dont la Casa del Fascio). L'enquête mena à Moroni, qui avait effectivement imprimé ces tracts à l'imprimerie d'Il Popolo d'Italia. Le texte en question, intitulé «  - . Contre le pacte infâme », était signé « Les Interventionnistes révolutionnaires de l'Argonne" (Valentino Rovida et Enrico ») et accusait le fascisme d'avoir depuis trahi ses origines révolutionnaires et d'avoir mené une politique de ruine en s'alliant avec l'Allemagne nazie[1].

Cette fois, Moroni fut immédiatement licencié d'Il Popolo d'Italia, sans toutefois subir d'autres conséquences (apparemment, selon son fils, grâce à l'intervention du Duce lui-même). En , il fut cependant condamné, avec son fils Alberto, à cinq ans de détention aux îles Tremiti, « pour avoir imprimé des affiches anarchistes », en réalité des tracts contenant une chanson satirique contre le fascisme. Il bénéficia d'une amnistie accordée pour le vingtième anniversaire de la Marche sur Rome et put rentrer à Milan. Il s'installa ensuite à Mombello, où il trouva un emploi à l'hôpital psychiatrique local[1].

De retour à l'anarchisme

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À la fin de la guerre, il renoua avec les cercles anarchistes de Milan, travaillant à l'organisation syndicale et écrivant régulièrement pour l'hebdomadaire milanais Il Libertario, dirigé par Mario Mantovani. Dans un rapport du commissariat de police de Milan daté du , il est mentionné comme membre de la Fédération anarchiste de Milan, « sans toutefois en être l'un des membres les plus éminents ». Il est décédé à Milan le 21 ou le [1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 « MORONI, Antonio », sur Biblioteca Franco Serantini : Instituto di storia sociale, della Resistenza e dell'era contemporeana della provincia di Pisa
  2. « L'antimilitarista al trincere », Il Popolo d'Italia, , p. 4 (lire en ligne)

Bibliographie

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  • L. Lotti, La settimana rossa, Firenze 1965.
  • G. Cerrito, L’antimilitarismo anarchico in Italia nel primo ventennio del secolo, Pistoia 1968.
  • G. Cerrito, Dall’insurrezionalismo alla settimana rossa. Per una storia dell’anarchismo in Italia (1881-1914), Firenze 1977.
  • A. Moroni, Antonio Moroni. Una vita controversa dall’inizio del secolo al secondo dopoguerra, Milano 1998.
  • A. Luparini, Anarchici di Mussolini. Dalla sinistra al fascismo dalla rivoluzione al revisionismo, Montespertoli 2001.
  • Fausto Buttá, Anarchist theories and practices in Milan: a history of the Milanese anarchist movement, 1870-1926, Discipline of History School of Humanities, 2011.

Sources

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  • Fonti: Archivio Centrale dello Stato, Ministero dell’Interno, Casellario politico centrale, ad nomen.

Liens externes

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