Apadana de Persépolis
L' Apadana de Persepolis ou Palais de Darius Ier et de Xerxès Ier est l'un des palais de Persepolis. Il comprend une salle centrale carrée contenant 36 colonnes et trois portiques orientés vers le nord, l'est et l'ouest ainsi que quatre tours aux quatre coins extérieurs de la salle et une série de chambres de gardes situées au sud. La construction du palais a été commencée par Darius Ier et achevée sous Xerxès. Le sol du palais se situe à environ trois mètres au-dessus du niveau de la cour d'Apadana et du sol de la Porte des nations. Le roi Darius Ier avait déjà fait bâtir au début du Ve siècle av. J.-C., un édifice appelé Apadana à Suse[1]. Le mot Apadana signifie palais en persan[2].
کاخ آپادانای تخت جمشید
| Type |
construit en pierre |
|---|---|
| Destination initiale |
Palais de Darius le Grand |
| Destination actuelle |
Archéologie-Tourisme |
| Période | |
| Style | |
| Construction |
sous Darius Ier |
| Ouverture | |
| Commanditaire | |
| Hauteur |
22 m |
| Longueur |
60 m (intérieur (d) y compris) |
| Largeur |
60 m (intérieur (d) y compris) |
| Localisation |
|---|
| Coordonnées |
|---|

Plan du bâtiment
modifierLe palais d'Apadana repose en grande partie sur le rocher montagneux. Pour accéder à l'intérieur, deux escaliers ont été construits: l'un au nord, et l'autre à l'est relié au portique est. Les murs de ces escaliers et leurs avant-corps sont ornés de motifs et d'inscriptions. Parmi les 36 colonne intérieures et les 36 colonnes du péristyle soit 72 colonnes, il n'en subsiste debout que 14. Selon les récits des voyageurs européens et les dessins qu'ils ont réalisés on peut déduire qu'ne 1619 il en restait encore 20, en 1841 il en restait 13 et une colonne a été restaurée.
Salle centrale de l'Apadana
modifierSelon les archéologues, le plus somptueux des palais de Persépolis est celui de Darius appelé Apadana. Selon Godard c'est Cyrus le Grand qui aurait choisi le site de Persepolis et aurait commencé par édifier la terrasse [3]. Sa construction sous Darius Ier a commencé quant à elle vers 515 avant J.-C. [4] et a duré trente ans. La salle centrale de l'Apadana est de forme carrée et six rangées de colonnes soutenaient son plafond à une hauteur de plus de 20 mètres. De lourdes poutres en bois de cèdre surmontaient les colonnes entre leur sommet et le plafond, vu la largeur de l'entre-colonnement [5]. Les poutres et les plafonds étaient ornés d'un décor de couleur[6]. Le total des colonnes de la salle et des péristyles est de 72, soit le même nombre que l'apadana de Suse. La salle central et ses abords pouvait accueillir 10 000 invités. Les dimensions du carré formant l'ensemble du palais étaient de 60 m sur 60 m. Chaque colonne se composait d'un chapiteau représentant une tête de taureau à deux têtes et de motifs floraux stylisés en dessous. Le fût cylindrique était cannelé. La forme du socle différait et certains se composaient de deux blocs de pierre cubiques, le plus petit posé sur le plus grand avec une hauteur totale de 155 centimètres, d'autres socles étaient en forme de cloches cannelées. Afin que la pluie en détériore pas le toit, des conduites d'eau verticales en brique, mortier et goudron ont été construites à l'intérieur des murs pour diriger l'eau vers les canaux souterrains qui passaient sous l'Apadana[7]. Au printemps les pluies pouvaient déverser des milliers de litres d'eau. Les murs étaient faits de brique crues de 33 cm sur 33 cm et d'une épaisseur de 13 cm. Leur composition sensible à l'eau explique pourquoi les murs qu'elles constituaient ont disparu au cours des siècles. Elles étaient assemblées avec un mortier d'argile et de chaux. Sur les murs, une couche d'argile et de plâtre de 5 cm était appliquée, elle-même recouverte d'un revêtement de plâtre vert grisâtre dont des traces ont été retrouvées. La couleur était ainsi uniforme à l'intérieur du palais. Deux portails symétriques reliaient la salle centrale de l'Apadana aux portiques est et ouest. Ces deux portails étaient considérés comme l'entrée principale du palais et une partie de leur mur était en pierre. Du côté sud de la salle centrale de l'Apadana, deux portails symétriques aux portails nord s'ouvraient sur un vestibule qui conduisait jusqu'aux entrepôts et à une cour à portiques. La lumière, dans la grande salle centrale était fournie par de grandes ouvertures pratiquées dans les murs est et ouest (six pour chacun) et dans le mur nord (cinq).
Les inscriptions du Palais d'Adana
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La construction de l'Apadana par le roi Darius Ier était une œuvre immense et destinée à durer et c'est pourquoi il ordonna que son nom et ceux de l'Empire perse soient gravés sur quatre plaques d'or et quatre plaques d'argent, chacune mesurant 33 centimètres de côté en longueur et en largeur et d'une épaisseur de 15 millimètres. Les inscriptions qu'elles portaient étaient en trois langues : le perse ancien, l'élamite et le babyloni,ne (langue). Il fit également réaliser quatre boîtes en pierre, mesurant 45 centimètre de long et de large et d'une hauteur de 15 centimètres. Dans chaque boite il fit placer une plaque en or et une en argent ainsi que des pièces de monnaies en circulation à l'époque: de type ionien, de type lydien et de type grec. (En 515 les pièces de Darius appelées darioch n'avaient pas encore été frappées). Il fit enterrer ces quatre boites de pierre sous les fondations des murs de l'Apadana aux quatre coins du hall central du palais d'Apadana. Au fil du temps deux de ces boites furent pillées et l'emplacement vide de l'une d'entre elles reste visible dans le coin nord-ouest du palais. En 1934 (1313 de l'hégire), Fréderick Krofter examina l'emplacement vide et en conclut qu'il devait y avoir un exemplaire des boites et des plaques inscrites dans chacun des trois autres coins. Après avoir fouillé, une boite fut trouvée dans les coins nord-est et sud-est. Ces trésors ont été envoyés à Téhéran au Musée national d'Iran. Le texte figurant sur chacune des quatre tablettes est rédigé en trois langues anciennes :
« Darius le grand roi, roi des rois, roi des pays, fils de Hystaspes de la dynastie achéménide dit : voici le pays que je possède. Depuis le pays des Scythes au-delà de la Sogdiane jusqu'à l'Abyssinie, l'Inde jusqu'à la Lydie. Ahura Mazda, le plus grand des dieux, me l'a donné. Protège-moi, Ahra Mazda, ainsi que cette dynastie royale »
Galerie
modifier- Relief des porte-dons Lydiens sur l'un des escaliers de l'Apadana.
- Restes des colonnes du palais
- délégation sur l'escalier est
- Mède dans le palais
- délégation sur l'escalier est de l'Apadana
- dessin de Eugène Flandin de colonne de l'Apadana de Persépolis
- Reconstitution en image de Persepolis.
Articles connexes
modifierRéférences
modifier- ↑ J Perrot p.224-225.
- ↑ En vieux-persan : apadâna. Le mot signifie retraite ou palais selon Meillet et Benveniste Grammaire du vieux perse, Édition Champion Paris 1931, $ 267, page 156. Homophonie avec le sanskrit apadâna : substantif neutre acte glorieux (Gérard Huet, Dictionnaire sanskrit-français, 2012, page 39.
- ↑ Godard p. 118.
- ↑ Perrot 415.
- ↑ Godard p.132.
- ↑ Godard p.129.
- ↑ Perrot p.402.
- (fa) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en persan intitulé « کاخ آپادانای تخت جمشید » (voir la liste des auteurs).
- (fa) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en persan intitulé « سنگنوشتههای پیبنای کاخ آپادانای تخت جمشید » (voir la liste des auteurs).
Bibliographie
modifier- Jean Perrot, « Le palais de Darius. Nouvelles données archéologiques », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 154e année, no 1, , p. 391-432. (lire en ligne)
- André Godard, L'art de l'Iran, Arthaud, , p. 119-123, 127-129.
- Alireza Shapur Shabazi, guide documentaire de Persepolis, Shiraz, Fondation des recherches de Persepolis
- Cool Root et Margaret, « The Parthenon Frieze and the Apadana Reliefs at Persepolis: Reassessing a Programmatic Relationship », American Journal of Archaeology, vol. 89, no 1, , p. 103-122 (DOI 10.2307/504773, lire en ligne)
- Schmitt et Stronach, « Apadana », dans Encyclopaedia Iranica, vol. 2, Routledge (lire en ligne)
- A. Shapur Shahbazi, Persépolis, Téhéran, Naghshe Iran, (ISBN 978-964-91960-1-5)
- J. Perrot dans Perrot (dir.) 2010, p. 244-255 et Perrot 2010 pour les aspects archéologiques de l'édifice. Voir aussi R. Boucharlat, « Suse: le palais de Darius [archive] », sur ACHEMENET, 2014.
