Apolonia Sokol
Apolonia Sokol (née en 1988 à Paris) est une peintre figurative française d'origine polonaise.
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enseignante de pratiques artistiques |
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Son approche autobiographique de la peinture, utilisant l'art du portrait comme outil d'autonomisation politique dans des peintures inspirées des canons de l'histoire de l'art, lui permet d'aborder les questions liées au féminisme et à la culture queer[1],[2].
Biographie
modifierJeunesse et formation
modifierD'origine polonaise, Apolonia Sokol naît en 1988[2] et grandit à Paris dans le quartier de Château Rouge au sein du théâtre Le Lavoir Moderne. Fondé par ses parents, un père français et une mère polonaise, ce lieu d'avant-garde accueillait un grand nombre d’intellectuels, écrivains, poètes et réfugiés dont Oksana Shachko, cofondatrice du groupe féministe Femen[3].
Au milieu des années 1990, lorsque les parents de Sokol ont divorcé, elle a déménagé avec sa mère au Danemark. Elle est ensuite retournée à Paris dès ses 18 ans pour intégrer la prestigieuse École des Beaux-Arts de Paris .
Diplôme en poche et parrainée par le marchand-collectionneur Stefan Simchowitz, elle déménage à New York où elle travaille dans l'atelier de Dan Colen (en). Aujourd'hui, elle vit et travaille à Paris.
Distinctions
modifierEn 2018, elle est nommée au prix Révélations Emerige[4] et remporte le prix Antoine Marin en 2019.
En 2020, elle est lauréate de l'Académie de France à Rome et obtient une résidence à la Villa Médicis pour 2020-2021[2].
Œuvre
modifierApolonia Sokol compte parmi les figures marquantes de la nouvelle peinture française selon de multiples critiques[5],[6]. Réfléchissant sur la représentation des genres à travers l'histoire du corps et sur la politique corporelle, sa peinture se caractérise par sa relation étroite et son intimité avec les modèles qu'elle peint. Elle représente souvent ses amis, amants et collaborateurs comme des icônes d'une subjectivité radicale liée par des parentés alternatives et une idée de «famille choisie»[6].
Le critique d'art Richard Leydier note dans Artpress la théâtralité de l'espace dans ses tableaux où les femmes représentées « habitent un espace insolite qui les contient dans une géométrie fermée et anguleuse. [...] L'icône établit la relation entre le fond et le sujet, de sorte qu'elle est une métaphore de la façon dont une figure est transplantée dans un lieu, un décor ou un pays[5]. »
Si Apolonia Sokol fait référence à l'influence d'artistes telles que Suzanne Valadon[7], Alice Neel, Chantal Joffe (en) et Tracey Emin[8], elle aborde également à travers son travail l'omission des femmes dans l'histoire de l'art, en réhabilitant des figures historiques comme Artemisia Gentileschi ou Elisabetta Sirani[9] dans des interprétations contemporaines de leurs œuvres, en s'appropriant et en inversant des éléments iconographiques de peintures célèbres telles que Le Printemps de Boticelli[1].
Expositions
modifierSon travail est exposé à Copenhague à la galerie Andersens’s Contemporary, puis à Istanbul à la galerie The Pill en 2018[2].
Elle participe à plusieurs expositions collectives et de projets institutionnels[2], tels que «Tainted Love», exposition inaugurale du Confort moderne (2017)[10]; «Peindre, dit-elle» au musée des Beaux-Arts de Dole (2017)[11]; «Mademoiselle» au Crac Occitanie (2018)[12]; «Aux sources des années 1980», au musée de l'abbaye Sainte-Croix (Les Sables-d'Olonne, 2019)[13]; «Tainted Love / Club Edit» à la Villa Arson (2019)[10]; «Women Painting Women» au musée d'Art moderne de Fort Worth (Texas, 2022)[1]; «Femmes et changement» au musée d'art moderne Arken, à Copenhague (2022)[14]; «Immortelle. Vitalité de la jeune peinture figurative française» et «Possédé» (2023) au MO.CO. à Montpellier[8]; «She - Classicità» à l'Institut Polana à Varsovie (2021)[15] et «Entre tes yeux et les images que j'y vois (A Sentimental Choice)» à la fondation Pernod Ricard à Paris (2022)[16].
En 2023, une grande exposition personnelle lui est consacrée au musée d'art moderne Arken à Copenhague[17].
En 2024, elle était à l’honneur dans l’espace que la galerie stambouliote The Pill vient d’ouvrir à Paris, 4 place de Valois.
Hommages
modifierLorsque la réalisatrice danoise Lea Glob commence à filmer la peintre, il ne devait s'agir que d'un exercice d'école de cinéma. Elle a fini par suivre la vie et la carrière de l'artiste pendant treize ans. Le film qui en résulte suit Apolonia alors qu'elle quitte le Danemark pour s'installer à Paris, sa ville natale, afin de devenir peintre. Il retrace le parcours personnel et artistique de la peintre franco-polonaise, de la maturation de son talent à sa transition vers le monde de l'art. Cette coproduction dano-polonaise-française Apolonia, Apolonia a remporté le prix du meilleur film de la compétition principale au Festival international du film documentaire IDFA à Amsterdam en 2022[18],[19],[20],[21],[22].
Outre son héroïne Apolonia, le film présente des personnages féminins d'une expressivité saisissante : son amie Oksana, ancienne militante Femen, cherchant refuge à Paris, sa grand-mère polonaise, déportée par les Soviétiques en Sibérie pendant la Deuxième guerre et sa mère, qui a abandonné la grisaille de la Pologne communiste pour des rêves de liberté, de Paris et de communisme artistique.
Dans le film Oxana réalisé par Charlène Favier et sorti en 2024, elle est incarnée par Noée Abita[23],[24] Le film s'inspire de la vie d'Oksana Chatchko, cofondatrice des Femen et la meilleur amie d'Apolonia.
Notes et références
modifier- 1 2 3 Women painting women: replete with complexities, abjection, beauty and joy, Fort Worth, TX, Modern Art Museum of Fort Worth, (ISBN 978-1-63681-035-5).
- 1 2 3 4 5 « Apolonia Sokol », sur villamedici.it (consulté le ).
- ↑ « Apolonia Sokol »
- ↑ « Apolonia Sokol », Revelations Emerige (consulté le ).
- 1 2 Richard Leydier, « Apolonia Sokol », Artpress, no 458, , p. 18-21 (lire en ligne).
- 1 2 Amélie Adamo, « 50 Artistes qui font la nouvelle scène française », L'Œil, no 762, , p. 36 (lire en ligne).
- ↑ Anael Pigeat, « Élans contemporains », Connaissance des arts (hors série), no 1026, , p. 61-65 (lire en ligne).
- 1 2 Anya Harrison, Deniz Yoruc et Caroline Chabrand, Immortelle : vitalité de la jeune peinture figurative française, Cinisello Balsamo Milan, Silvana editoriale, (ISBN 978-88-366-5406-2).
- ↑ « Les muses d'Apolonia Sokol », sur yaci-international.com (consulté le ).
- 1 2 Commissariat de Yann Chevallier.
- ↑ Commissariat de Julie Crenn.
- ↑ Commissariat de Tara Londi.
- ↑ Commissariat d’Amélie Adamo.
- ↑ Women and change, Ishøj, Arken Museum of Modern Art, (ISBN 978-87-7875-146-1).
- ↑ (en) Huncwot.com, « Polana Institute », sur polana.institute (consulté le ).
- ↑ « Entre tes yeux et les images que j'y vois », sur Fondation d'entreprise Pernod Ricard (consulté le ).
- ↑ « Apolonia Sokol », sur uk.arken.dk (consulté le ).
- ↑ (en) Glob, « Apolonia, Apolonia », Cineuropa, (consulté le ).
- ↑ (da) « Apolonia, Apolonia DK/Dokumentarfilm 2022 », The Danish Film Institute, (consulté le ).
- ↑ Jacques Morice, « Cinéma : Apolonia, Apolonia ou l'épopée intime de la jeune peintre Apolonia Sokol », Beaux Arts Magazine, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en-US) Lodge, « Apolonia, Apolonia Review: An Artist Loses and Finds Herself in a Quest for Validation », Variety, (consulté le ).
- ↑ « Apolonia, Apolonia - Regarder le documentaire complet », sur ARTE (consulté le )
- ↑ David Speranski, « Oxana : portrait d’une jeune fille en feu », sur movierama.fr, (consulté le ).
- ↑ « « Oxana », portrait poignant de la jeune femme à l’origine des Femen », sur Le HuffPost, (consulté le )
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :