Arbre du Ténéré

ancien acacia solitaire, considéré comme l'arbre le plus isolé sur Terre

L'Arbre du Ténéré (en touareg : Techaghert[1],[2.1]) était un acacia solitaire, de l'espèce Vachellia tortilis (synonymes : Acacia raddiana ou Acacia tortilis), qui fut à une époque considéré comme l'arbre le plus isolé de la Terre. Situé approximativement à 235 km au nord-est de la ville d'Agadez, au Niger, il faisait office de repère pour les routes des caravanes qui traversaient le désert du Ténéré au nord-est du Niger. Il est renversé par un camion en .

Arbre du Ténéré
L'arbre du Ténéré en 1961.
L'arbre du Ténéré en .
Géographie
Pays Drapeau du Niger Niger
Région Agadez
Département Tchirozérine
Coordonnées géographiques 17° 44′ 39″ N, 10° 04′ 58″ E
Caractéristiques
Espèce Vachellia tortilis
Hauteur 12 m
Intérêt Isolement
Âge 127
Mort

Géolocalisation sur la carte : Niger
(Voir situation sur carte : Niger)
Arbre du Ténéré
Géolocalisation sur la carte : Afrique
(Voir situation sur carte : Afrique)
Arbre du Ténéré

Présentation

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Il s'agit du seul arbre à avoir jamais été représenté sur une carte géographique au 1:4 000 000[3],[4],[5]. La légende en fit l'arbre le plus isolé de la Terre, prétendant qu'aucun autre arbre ne se situait à moins de 400 km[6]. On a depuis prouvé que c'était faux : l'oasis de Timia ne se trouve ainsi, par exemple, qu'à 150 km de l'Arbre du Ténéré.

L'acacia était le dernier survivant d'un groupe d'arbres qui avait poussé dans le désert à une époque de moindre aridité. Pendant l'hiver -, un puits est foré à côté de l'arbre par des militaires français pour faciliter le transit des convois militaires dans la région[7]. Il est alors découvert que ses racines atteignent la nappe phréatique, située plus de 30 mètres en dessous de la surface.

« Il faut voir l'arbre pour croire à son existence. Quel est son secret ? Comment peut-il être toujours en vie malgré la multitude de dromadaires qui dévastent les alentours ? Comment se fait-il qu'à chaque Azalai, aucun chameau ne dévore ses feuilles ou ses bourgeons ? Parmi les nombreux Touaregs qui conduisent les caravanes de sels, pourquoi donc aucun d'eux ne lui coupe les branches pour faire du feu pour le thé ? La seule réponse est que cet arbre est tabou et qu'il est considéré comme tel par les caravaniers. »

 Michel Lesourd, [8]

Une photographie de par le commandant Michel Lesourd, montre que l'arbre possédait alors deux troncs et des rameaux[9] ; l'un des troncs a disparu dans les années 1940.

L'arbre est visité par la première mission Berliet-Ténéré en [10].

En , l'arbre est renversé accidentellement par un camionneur libyen, prétendument ivre, qui faisait une marche arrière[11].

Hommages

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Le , l'arbre mort est transporté au Musée national Boubou-Hama à Niamey et remplacé par une sculpture métallique représentant un arbre[12],[13].

Structure métallique (-)

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Structure métallique installée en 1975 (photo versée sur Commons).
Monument commémoratif élevé à la place de l'arbre du Ténéré, photographié en .

Après la destruction accidentelle de l'arbre du Ténéré en , les autorités nigériennes envisagent l'installation d'une balise permanente à son emplacement. Une lettre officielle datée du , émise par la Subdivision des Travaux publics d'Agadez (ministère des Travaux publics, des Transports, des Mines et de l'Urbanisme), décrit le projet retenu Lettre officielle du 22 novembre 1974 (PDF) . Ce document propose une structure métallique « figurant un arbre stylisé », construite en tubes soudés, de lignes simples, et destinée à respecter le symbole initial de l'arbre disparu. La lettre recommande une peinture noir mat pour assurer le contraste dans le désert, ainsi que l'application d'une peinture fluorescente sur les extrémités des « branches » afin d'améliorer la visibilité. Une maquette du projet est déposée au bureau du capitaine commandant la compagnie militaire d'Agadez.

Selon le témoignage de Charles Teresa Historique détaillé de la structure métallique (PDF) alors volontaire du service national actif (VSNA) affecté au ministère des Travaux publics du Niger, le projet retenu correspond à une maquette et à des dessins réalisés par son épouse Josyane Teresa. Charles Teresa fournit également une note de calcul, un plan techniquePlans de conception de la structure métallique (PDF) et une justification de conception permettant la réalisation de la structure. Le couple dépose le projet à Agadez le jour du départ de la mission de balisage du Ténéré, en .

Réalisation de la structure ()

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La structure métallique est réalisée en . La version initiale installée sur le site ne comportait ni le fût élargi, ni les éléments décoratifs ajoutés ultérieurement. Elle se présentait comme un arbre stylisé minimaliste, conforme aux dessins Teresa et aux recommandations de la lettre administrative de .

Symbolique et fonction

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La structure avait une double fonction : symbolique, en rappelant l'arbre isolé le plus célèbre du Sahara, et pratique, en servant de repère de navigation pour les convois traversant le Ténéré. La peinture noir mat devait assurer une visibilité maximale sur l'horizon, tandis que les extrémités fluorescentes renforçaient la perception du repère de nuit ou par faible luminosité.

Modifications ultérieures

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Au cours des années suivantes, la structure subit plusieurs modifications non conformes au projet initial : ajout d'un fût élargi, installation d'éléments décoratifs (enjoliveurs), et repeints successifs. Ces transformations ont progressivement éloigné l'objet de son esthétique d'origine.

Autres hommages institutionnels

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Une réplique de l'arbre est érigée sur une place du centre historique d'Agadez.

Un timbre de 50 FCFA est émis par le Niger en pour commémorer le premier anniversaire de sa mort[14]. Dessiné par Georges Bétemps, il représente l'arbre, une rose des vents et une caravane[15].

Dans la fiction et les arts

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Hommage à l'arbre du Ténéré au Burning Man .

Protection

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Dans les années 1950, l'arbre du Ténéré se trouve sur la limite nord du périmètre d'un avant-projet de réserve partielle de faune du Ténéré[2.2]. Par la suite, son emplacement est à la limite sud des réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré inscrites en au patrimoine mondial de l'UNESCO[36].

Notes et références

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  1. Mohamed Aoutchiki Kriska, Contribution à l'inventaire chorologique des biogéocénoses de l'Aïr et du Tamesna nigérien, Montpellier, EPHE et CIRAD, coll. « Mémoires et travaux de l'institut de Montpellier » (no 24), , XII−132 p., [368] cartes (ISBN 0-335-8178 (édité erroné), S2CID 163098304, SUDOC 056135335, lire en ligne [PDF]), partie I, tableau 10 « Les unités territoriales écologiquement homogènes de la région Tamesna-Aïr-Ténéré (Niger) : les 274 stations », p. 50.
  2. Mahamadou Salifou et Chrystel Ferret, chap. 4 « Identification et impact du Projet de Conservation et de Gestion des Ressources Naturelles dans l'Aïr et le Ténéré (PCGRNAT) », dans Franck Giazzi (dir.), La Réserve naturelle nationale de l'Aïr et du Ténéré (Niger) : La connaissance des éléments du milieu naturel et humain dans le cadre d'orientations pour un aménagement et une conservation durables. Analyse descriptive, Gland (Suisse), Ministère de l'hydraulique et de l'environnement du Niger / UICN / WWF, , 678 p.-[32] p. de pl. (ISBN 2-8317-0249-6, lire en ligne).
    1. Annexes de la 1re partie, chap. I, annexe 3 : « Liste des points d'eau de la Réserve Naturelle Nationale de l'Aïr et du Ténéré », p. 410 (lire en ligne)
    2. § 1.A.1. « Les démarches préliminaires », p. 361 (lire en ligne), et fig. 306 « Cartes localisant les avant-projets de réserves de faune dans la région du Ténéré et du Tadress (documents coloniaux, archives DFPP) », p. 360 (lire en ligne) qui fait apparaître l'arbre du Ténéré.
  3. (en) « L'Arbre du Ténéré—(1) : The Arbre du Ténéré is unique in being the only tree to be shown on a map at a scale of 1:4,000,000 », sur the153club.org (version du sur archive.org), traduction en anglais de « L'arbre du Ténéré est mort », Bois et forêts des tropiques, no 153, -, p. 61–65 (DOI 10.19182/bft1974.153.a19236, lire en ligne [PDF]).
  4. « Cartes routières Michelin pour l'Afrique », sur voyages4x4.com (version du sur archive.org).
  5. « Il faut sauver les balises Berliet », sur saharayro.free.fr.
  6. (en) Eric Wagensonner, « Eastern Mali to Niger to Timbuktu - 2-19 September 06 », sur border-crossings.net, (version du sur archive.org).
  7. Marc Carlier, La "drôle de guerre" au Sahara : confins nigériens, -, Karthala, coll. « Relire », , 190 p.-[48] p. de pl. (ISBN 978-2-84586-847-2), p. 59, citation du lieutenant Michel Lesourd.
  8. « L'arbre du Ténéré, symbole de la survie dans le Sahara », sur agadez-niger.com (version du sur archive.org).
  9. « Arbre du Ténéré  », sur club-des-voyages.com (consulté le ).
  10. Henri J. Hugot (dir.) (préf. Lionel Balout), Missions Berliet Ténéré-Tchad : -, -9 déc. 1960, Paris, Arts et Métiers graphiques, et Lyon, Société des automobiles M. Berliet (rééd. numérique FeniXX), , 377 p. (ISBN 9782402537087, lire en ligne [PDF]), p. 23.
  11. « L'arbre du Ténéré, symbole de la survie dans le Sahara », sur club-des-voyages.com (consulté le ).
  12. (en) « L'Arbre du Ténéré—(2) : The Arbre du Ténéré is unique in being the only tree to be shown on a map at a scale of 1:4,000,000 », sur the153club.org (version du sur archive.org) : photo du transport au musée () et traduction en anglais d'un texte de Michel Lesourd, commandant du corps des Affaires militaires musulmanes (AMM) du Service central des Affaires sahariennes () et d'un texte de Raymond Mauny de l'Institut français d'Afrique noire ().
  13. Nastasia Michaels, « Connaissez-vous l'histoire de l'arbre le plus isolé du monde, et son absurde fin ? », Geo, .
  14. « Arbre du Ténéré - Compass Tree,  », sur agadez-niger.com, (version du sur archive.org).
  15. (en) « Tenere Tree, Compass Rose and Caravan », sur Colnect.
  16. « Vincent Absil – Le Jus Noir Du Matin », sur Discogs.
  17. [vidéo] « L'arbre du Ténéré », sur YouTube.
  18. Wasterlain (scénario et dessins), Les Aventures de Jeannette Pointu, vol. 2 : Quatre x quatre, Dupuis, , 48 p. (ISBN 2-8001-1411-8).
  19. « L'arbre du Ténéré », sur lyrikline.org.
  20. Anne Perrier (ill. Loul Schopfer), Les noms de l'arbre, Lausanne, Éditions Empreintes, , 48 p. (LCCN 92132648).
  21. « "Tifinagh" par Groupe Oyiwane », sur club-des-voyages.com, .
  22. (es) Carlos Pera Madrazo (sous la dir. de Bartolomé Valle Buenestado), Geografía e imagen geográfica del Fezzan a través del relato de los exploradores del siglo XIX (thèse de doctorat), Cordoue, Universidad de Córdoba, Facultad de Filosofía y Letras, Departamento de Geografía y Ciencias del Territorio, (lire en ligne), p. 305.
  23. « Symboles et emblèmes du Niger », sur enseigner.tv5monde.com, TV5 Monde, .
  24. 1 2 (en) Katerina Papathanasiou, « 300-Year-Old Tree Finds New Home in Dallas », sur Vale Magazine, .
  25. (en) Jenny Kane, « Burning Man tree of lights inspired by world's loneliest tree », Reno Gazette-Journal (en), .
  26. (en) Zachary Smith, « Tree of Ténéré - Burning Man 2017 and beyond », sur Indiegogo, .
  27. (en) Alyssa Pereira, « San Franciscans launch crowdfunding campaign to build tree with 15k LED lights for Burning Man », sur SFGate, .
  28. (en) Peter Kotecki, « 10 of the most expensive art installations featured at Burning Man », sur Business Insider, .
  29. (en) « tree of ténéré team collaborates with studio drift at burning man  », sur Designboom (en), .
  30. (en) Dan Howarth, « Tree of Ténéré responds to Burning Man attendees with light patterns », sur Dezeen (en), .
  31. (en) Dani Grande, « How Deep Ellum Became the Permanent Home for an Instagram Famous Tree », PaperCity, .
  32. Ibeyi, « 'Transmission/Michaelion' feat. Meshell Ndegeocello (Official Video) », sur YouTube, (consulté le ).
  33. « “Transmission/Michaelion”, le nouveau clip apocalyptique des sœurs Ibeyi », Numéro, .
  34. Richard Powers (trad. de l'anglais américain par Serge Chauvin), L'Arbre-monde The Overstory »], Paris, Le Cherche midi, , 530 p. (ISBN 978-2-7491-5827-3 et 978-2-7491-5884-6, lire en ligne Accès limité) : « “[…] Les hommes et les arbres sont des cousins moins éloignés que vous ne croyez. […] Et pour notre part... nous avons un rôle à jouer dans l'organisme qu'est la Terre, et ça...” Elle se retourne pour voir l'image projetée derrière elle. C'est l'Arbre du Ténéré, la seule créature à tronc à quatre cents kilomètres à la ronde. Fauché par un chauffard en état d'ivresse. Elle clique sur un cyprès chauve de Floride, plus vieux de mille cinq cents ans que le christianisme, tué il y a quelques mois par un mégot de cigarette [The Senator (en)]. “Ça, ce n'est pas notre rôle.” »
  35. (en) Mathew Weitman, « The Death of a Tree [ Loraine Williams Poetry Prize Winner] », The Georgia Review (en), vol. 75, no 4, , p. 1044–1053 (JSTOR 27122368, lire en ligne).
  36. « Réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré », sur whc.unesco.org, UNESCO, en particulier la « carte des limites de la réserve (en vert) », qui fait apparaître l'arbre du Ténéré.

Pour approfondir

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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