Ardent (1916)
L'Ardent est une canonnière[1] de lutte anti-sous-marine de la Marine nationale française, l’un des 23 navires de classe Ardent construits. Construit au chantier naval de l’Arsenal de Brest, il est lancé le et commissionné la même année dans la Marine nationale française. Le navire a servi durant la Première Guerre mondiale et l’entre-deux-guerres. Il a été rayé de la liste de la flotte en 1936.
| Ardent | |
| Type | canonnière anti-sous-marine / aviso |
|---|---|
| Classe | classe Ardent |
| Fonction | militaire |
| Histoire | |
| A servi dans | |
| Commanditaire | |
| Chantier naval | Arsenal de Brest |
| Fabrication | acier |
| Commandé | 1916 |
| Quille posée | 1916 |
| Lancement | 5 mars 1916 |
| Commission | 1916 |
| Statut | Déclassé en 1936 |
| Équipage | |
| Équipage | 55 hommes |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 60,20 m |
| Maître-bau | 7,20 m |
| Tirant d'eau | 2,90 m |
| Déplacement | 266 tonnes |
| À pleine charge | 400 tonnes |
| Propulsion |
|
| Puissance | 1200 à 1500 ch |
| Vitesse | 14 à 17 nœuds |
| Caractéristiques militaires | |
| Armement | |
| Rayon d'action | 2000 milles marins à 10 nœuds |
| Carrière | |
| Indicatif | AR |
| modifier |
|
Conception
modifierLes canonnières de classe Ardent ont été commandées dans le cadre du programme d’expansion de la flotte française de 1916 et 1917[2],[3]. En 1916, l’état-major de la marine française[4] commanda 23 canonnières anti-sous-marines (ASM)[5],[6] de 266 tonnes, à machines à vapeur à triple expansion[4], qui furent nommés « classe Ardent[5] ». Les navires étaient fondamentalement identiques aux canonnières de classe Friponne. Ils s’en distinguaient principalement par le type de propulsion : les canonnières de classe Friponne utilisaient des moteurs Diesel, mais les navires de classe Ardent étaient équipés de machines à vapeur, dans de nombreux cas récupérées sur de vieux torpilleurs mis hors service[3],[7]. Ils différaient donc sensiblement les uns des autres en ce qui concerne la puissance et la vitesse[8]. Ils avaient tous des étraves en forme d’arc, mais ils différaient par la forme des superstructures et leur équipement[2].
L'Ardent était conçu pour la lutte anti-sous-marine[2],[9]. Sa coque avait une longueur hors tout de 60,2 mètres, une largeur de 7,2 mètres et un tirant d'eau de 2,9 mètres[2],[10],[11],[12]. Son déplacement était de 266 tonnes à charge normale (ou 310 tonnes selon d’autres sources[11],[12]) et de 400 tonnes à pleine charge[2],[9].
Le navire était propulsé par une machine à vapeur verticale à triple expansion d’une puissance de 1500 à 2200 ch[2],[13], entraînant une seule hélice. La vapeur était fournie par deux chaudières à charbon système du Temple ou Normand[2],[9]. La vitesse maximale du navire était comprise entre 14 et 17 nœuds[2],[10],[11],[12]. Le navire transportait 85 tonnes de combustible, ce qui lui permettait d’atteindre une autonomie de 2000 milles marins à une vitesse de 10 nœuds[2],[9],[12].
L’armement de la canonnière se composait de deux canons de 145 mm modèle 1910 et de deux rampes pour larguer des grenades anti-sous-marines[2],[9],[11],[12].
L’équipage du navire était composé de 55 officiers, officiers mariniers et matelots[2],[10],[11],[12].
Historique
modifierL'Ardent a été construit au chantier naval de l’Arsenal de Brest[2],[14],[12]. Il a été mis en chantier en 1916 et lancé le [10],[9],[12].
Première Guerre mondiale
modifierL'Ardent est mis en service dans la Marine nationale en 1916[10],[9],[11],[12]. Le , il est affecté à l’escadrille des contre-torpilleurs des patrouilles de l’Océan[11],[12]. Son commandant est alors le lieutenant de vaisseau (et futur amiral en 1940) Jean-Marie Charles Abrial[11],[12]. La canonnière sert dans le golfe de Gascogne[2],[3]. Le , l'Ardent est affecté au groupement de canonnières contre sous-marins[11],[12] sous le commandement du LV Thevenard[12]. Si l'Ardent ne coule aucun sous-marin, il participe au sauvetage de beaucoup de leurs victimes.
Le , alors qu’il patrouille dans son secteur de surveillance, l'Ardent recueille 24 membres de l’équipage du cargo espagnol Uribitarte (1756 tonnes), puis sept membres de l’équipage du brick-goélette français Robinson (250 tonneaux), tous deux coulés par le sous-marin allemand UC-21 (commandant : Oberleutnant zur See Reinhold Saltzwedel). L'Ardent aperçoit un sous-marin à 13 milles marins au sud-ouest du phare du Créac'h à Ouessant et lui tire un coup de canon avant qu’il ait le temps d’attaquer le vapeur danois Yrsa. Le sous-marin plonge aussitôt. L'Ardent va mouiller dans la baie de Bertheaume et remet les 31 naufragés à un autre bateau avant de reprendre sa patrouille[12].
Le , l'Ardent recueille l’équipage du chalutier Otarie, qui vient d’être coulé à coups de canon par le sous-marin allemand UC-17 (commandant : Kapitänleutnant Ralph Wenninger) au sud-ouest du phare de la Coubre, à la position 45° 25′ N, 1° 40′ O. L'Ardent aperçoit le sous-marin, mais ses recherches pour le retrouver ne donnant rien, l'Ardent revient mouiller au Verdon-sur-Mer et remet à l'Isère les naufragés de l'Otarie[12].
Le , l'Ardent recueille le cadet Douglas Valder Duff, un des deux seuls rescapés du cargo britannique Thracia (2891 tonneaux de jauge brute), torpillé la veille par le sous-marin allemand UC-69 (commandant : Kapitänleutnant Erwin Waßner) entre Belle-Île-en-Mer et Groix près du plateau des Birvideaux, à la position 47° 30′ N, 3° 17′ O. L'Ardent repêche aussi le corps du commandant en second du Thracia, William B. Chadwick[12].
L'Ardent effectue des patrouilles entre Bréhat et la pointe Saint-Gildas à partir du [12]. Le navire est affecté le à la 1ère Escadrille de patrouille à Lorient, et le à la 1ère escadre d’escorte[11],[12] (Loire)[12].
Quatre marins de l'Ardent trouvent la mort durant la guerre :
- Le , le second maître mécanicien Jean Marie Le Moal, né le à Pestivien (Côtes-du-Nord), décède à l’hôpital maritime de Brest (Finistère) de maladie contractée en service (méningite).
- Le , le matelot de 2e classe gabier breveté Victor Pierre Mondet, né le à Buenos Aires (Argentine), décède à l’hôpital maritime de Brest de maladie contractée en service (fièvre typhoïde).
- Le , le quartier-maître timonier Yves François Marie Pommeret, né le à Guingamp (Côtes-du-Nord), décède à l’hôpital maritime de Brest des suites d’une noyade accidentelle.
- Le , le second maître fourrier Pierre Marie Le Garff, né le à Quéven (Morbihan), décède accidentellement à Lorient (Morbihan) d'une chute du haut d’une passerelle dans le bassin de radoub, alors qu’il s’occupait du ravitaillement en vivres du navire[12].
Entre-deux-guerres
modifierTous les navires de classe Ardent ont survécu à la guerre. La majorité sont convertis dans les années 1920 en dragueurs de mines, avec l’ajout d’un équipement mécanique de dragage[8]. Le navire a été ainsi converti entre 1918 et 1920[3],[9]. Il remplit cette fonction dans l’entre-deux-guerres jusqu’à la fin de son service, qui eut lieu en 1936[2],[15].
En , l'Ardent est affecté à l’escadre de dragage[11],[12] (commandant : capitaine de corvette Bonel[12]). En il est affecté à l’escadre de dragage de Cherbourg[11],[12]. En il est désarmé à Landévennec, près de Brest[12]. En , il est désigné comme « aviso de station » de la Manche et de la mer du Nord. En 1933, il est réarmé quelques mois comme garde-pêche. Désarmé définitivement le [11],[12], il est rayé des listes le même jour et condamné le , puis vendu[12]. L'Ardent est vendu par les Domaines de Cherbourg le 4 aout 1936 pour 15.144,00 Francs à la Société Omnium pour le Commerce et l'Industrie[16].
Commandants
modifierArticles connexes
modifierNotes et références
modifier- (pl) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en polonais intitulé « Ardent (1916) » (voir la liste des auteurs).
- ↑ « ARDENT – Canonnière », sur Service historique de la Défense (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Gardiner et Gray 1985, p. 215.
- 1 2 3 4 Labayle-Couhat 1974, p. 184.
- 1 2 « Navires de Seconde classe français », sur Seconde Guerre (consulté le ).
- 1 2 « Canonnière Dédaigneuse », sur La Marcophilie Navale Envelopmer, (consulté le ).
- ↑ Memgam, « DEDAIGNEUSE - Dragueur-canonnière », sur Forum PAGES 14-18, (consulté le ).
- ↑ Gardiner et Gray 1985, p. 215-216.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Gogin 2022.
- 1 2 3 4 5 Labayle-Couhat 1974, p. 180.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Capitaine Patrick, « * ARDENT (1916/1935) », sur Marines de Guerre et Poste Navale (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 Ar Brav, « ARDENT - Dragueur-canonnière », sur Forum PAGES 14-18, (consulté le ).
- ↑ Labayle-Couhat 1974.
- ↑ Parkes 1933, p. 213.
- ↑ Gardiner et Chesneau 1980, p. 259.
- ↑ La Journée Industrielle du 7 aout 1936
- ↑ « Jean Marie Charles ABRIAL (1879 - 1962) », sur École Navale / Espace tradition / Officiers célèbres (consulté le ).
Bibliographie
modifier- (en) Robert Gardiner et Randal Gray, Conway’s All the World’s Fighting Ships 1906-1921, London, Conway Maritime Press, (ISBN 0-85177-245-5).
- (en) Robert Gardiner et Roger Chesneau, Conway’s All the World’s Fighting Ships 1922-1946, London, Conway Maritime Press, (ISBN 0-85177-146-7).
- (en) Oscar Parkes, Jane's Fighting Ships 1933, Sampson Low, Marston & Co., .
- (en) Jean Labayle-Couhat, French Warships of World War I, London, Ian Allan Ltd, , p. 183.
Liens externes
modifier- (en) Ivan Gogin, « ARDENT 2nd class avisos (ASW gunboats) (1916 - 1917) », sur navypedia.org (consulté le ).