Famille Ardouin

noble lignage franc, marquis de Turin et de Suse, comtes d'Auriate
(Redirigé depuis Arduinides)

La famille Ardouin (aussi orthographiée Ardoin, Arduin ou Hardouin), dits aussi Arduinides, constitue un lignage d'origine franque.

Ardouin d'Auriate
Arduinides
Titres Comtes d'Auriate
Magraves de Turin
Marquis de Suse
Marquis d'Ivrée
Marquis d'Albenga
Comtes de Vintimille.
Fondation IXe siècle
Déposition

Roger et son frère Ardouin étaient fils d’un seigneur de Normandie aussi nommé Ardouin dit Le Normand. Ces deux frères, cités dans la Chronique Novalaise, ainsi qu'un certain Alineo[1],[2], émigrent en Italie vers l’an 888 et deviennent vassaux du comte d’Auriate[1].

Avec Anschaire Ier d'Ivrée, Guillaume Ier de Montferrat et 300 cavaliers, ils accompagnent le duc Guy III de Spolète qui, après la destitution de l'empereur Charles III le Gros en 887 et une tentative sans succès de se faire élire roi de Francie (face à Eudes de Paris), entre en lice avec Bérenger de Frioul pour le titre de roi d'Italie[3],[4].

Le fils de Roger, Ardouin le Glabre († vers 977) était l'un des trois nobles à qui le roi Bérenger II donna des margraves nouvellement formés : il eut le margrave de Turin avec les territoires d'Auriate, Turin, Asti, Albenga, Bredulo, Alba et Vintimille.

À la fin de l’année 972, Ardouin le Glabre participe avec son vassal Robaldo, vicomte d'Auriate, les comtes Guillaume et Roubaud de Provence, ainsi qu'avec d'autres seigneurs de Provence comme les seigneurs de Fos, futurs propriétaires du territoire d’Hyères, à l’expulsion des sarrasins du Fraxinetum[5],[6].

Adélaïde de Suse, fille et héritière d'Oldéric-Manfred II, épouse Othon, fils du comte Humbert, à l'origine de la maison de Savoie.

Le comté d'Auriate

modifier

Auriate était un comté de l'Italie médiévale situé sur le versant oriental des Alpes occidentales, entre Coni et Saluces. Le comté a existé de la fin du IXe siècle au milieu du Xe siècle. Le nom du comté survit dans celui de la commune de Valloriate.

Le premier comte connu était un certain Rodulf ou Rodolphe, décédé en 902, laissant le comté à un Franc nommé Roger, qui avait été son commandant en second. Entre 940 et 945, le fils et successeur de Roger, Arduin Glaber, chassa les Sarrasins du Val de Suse et annexa cette région à son comté d'Auriate. Arduin était un partisan de Bérenger d'Ivrée dans sa tentative réussie pour la Couronne de fer de Lombardie en 950. L'année suivante (951), Bérenger acheva une réorganisation de l'ouest de la Lombardie, créant trois nouvelles marches pour mieux défendre la côte des attaques sarrasines : la Marche de Gênes (Ligurie orientale), la Marche de Montferrat (Ligurie occidentale) et la Marche de Turin. Arduin fut créé premier margrave de Turin.

A cette époque, Auriate disparaît des archives en tant qu'entité distincte, mais elle reste le centre de la propriété de la famille Arduinici trois générations plus tard, lorsque Bertha épousa Ottone del Vasto du clan Aleramici. Leurs propriétés communes formèrent le noyau de la Marche postérieure de Saluzzo.

Origines probables de la famille Ardouin en Francie occidentale

modifier
Les Marches italiennes au Xe siècle
  • Le premier Ardouin connu est Hardouin d'Hiémois (mort entre 853 et 859)[7], comte en Bourgogne en 853. À la cour de Charles le Chauve, il joue le rôle de missi dominici et doit pacifier la Neustrie, en particulier dans l'Avranchin en 853. Il est marié à Warimburg, que certains généalogistes rattachent à la famille des comtes de Troyes, dont les parents ne sont pas connus. Il a deux enfants :
    • Eudes ou Oddon, qui possédait des biens en Neustrie et en Bourgogne.
      • Ardouin Ier[8]. Après la mort de Carloman II, il va se trouver en butte à l'opposition des enfants de Godefroi ou Gauzfrid, comte du Mans. Ils le dépouillent de ses possessions en Neustrie. Celui-ci se réfugie auprès de sa tante à Ivrée[9],[10]. Il a dû venir en Italie en 888 avec le Duc Guy III de Spolète[11], roi d'Italie en 889, et Anschaire Ier d'Ivrée.
        • Roger, comte d'Auriate, qui suit.
        • Ardouin II. Avec son frere Roger, ils quittent la France pour l'Italie. Le chroniqueur de Novalaise a précisé qu'ils avaient quitté des montagnes stériles et étaient alors dénués de tout mais accompagnés de leur vassal Alineus ou Alineo[2],[4]. Pour cette même chronique, ils seraient devenus les vassaux de Rodolphe, comte d'Auriate[12]. Pour sa part, Georges de Manteyer les fait venir d'Auvergne au moment où Louis III l'Aveugle vient en Italie à l'appel des féodaux, en 900. Il remarque qu'Engelberge est la sœur de Louis l'Aveugle et la femme de Guillaume d'Aquitaine qui est comte d'Auvergne et comte de Mâcon[1].
    • Ansgarde[13], (morte le ) qui a épousé Louis le Bègue[14]. Louis le Bègue avait connu Ansgarde en Bretagne quand il s'y réfugia après s'être révolté contre son père. Il l'avait épousé en 862 sans l'accord de son père. Pour certains historiens cela faisait d'Ansgarde une concubine. Il répudie son épouse en 875 pour se marier avec la noble Adélaïde de Frioul, fille du comte Adalhard de Paris. Mais il se heurte en 878 au refus du pape Jean VIII qui refuse de ratifier ce divorce au concile de Troyes et de couronner Adélaïde comme reine de Francie occidentale. Ansgarde avait eu avec Louis le Bègue deux fils et trois filles. Après le refus du pape d'accepter le divorce, elle se bat contre le mariage avec Adélaïde qu'elle traite d'adultère. Elle s'est d'abord retirée à l'abbaye de Chelles près de Paris, puis selon la légende, à Ivrée où elle a été enterrée en 889 dans l'église paroissiale de Settimo Vittone. À la mort de Louis le Bègue en 879, elle obtient que ses deux fils soient désignés rois des Francs occidentaux grâce à l'appui de l'archevêque Hincmar de Reims. Cependant Adélaïde attendant un enfant au moment de la mort de Louis le Bègue, celui-ci pouvait perturber la transmission de la couronne de Francie occidentale. Cependant les deux fils d'Ansgarde étant morts jeunes et sans descendance, c'est le fils d'Adélaïde, Charles III le Simple qui est devenu roi après la mort de Carloman II.

La famille Ardouin au Piémont

modifier
Blason du marquisat de Suse (Italie)[Quand ?],
utilisé après la disparition des Arduinides.
Adélaïde Ardouin, héritière du comte d'Auriate et de Suse.

Chateaux

modifier

Alliances

modifier

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 4 Georges de Manteyer, La Provence du Ier au XIIe siècle : études d'histoire et de géographie politique, Paris, Librairie Alphonse Picard et fils, (lire en ligne), p. 211-212
  2. 1 2 Dizionario feudale degli antichi Stati Sardi e della Lombardia (dall'epoca carolingica ai nostri tempi) (774-1909), Volumes 57-58, Francesco Guasco, 1911
  3. Storia di Cuneo, medio evo (1198-1382), Lorenzo Bertano, 1898
  4. 1 2 Dalle origini ad Emanuele Filiberto, Giovanni Bragagnolo, Enrico Bettazzi, 1915
  5. Histoire de la Savoie en images, images & récits, Christian Sorrel, 2006.
  6. Bulletin mensuel de l'Académie delphinale, Volume 3, Académie delphinale, 1850.
  7. Foundation for Medieval Genealogy : Family of Harduin
  8. Joseph Croset-Mouchet, Saint Anselme, archevêque de Contorbéry. Histoire de sa vie et de son temps, p. 48-50, H. Casterman, Paris-Tournai, 1859 Extraits
  9. Cette filiation donnée dans l'histoire de saint Anselme de Cantorbéry cité précédemment n'est pas établie par des chartes et peut donc être discutée. Casterman place le lieu du décès d'Ansgarde à Ivrée vers 889 alors que d'autres historiens donnent la date de 879 et 882. Les quatre années qui suivent la mort de Carloman ont été troublées par des affrontements pour désigner le roi de Francie occidentale entre les différents prétendants et leurs affidés. L'échec de Guy de Spolète pour devenir roi de Francie face à Eudes, comte de Paris et marquis de Neustrie, l'a fait revenir en Italie avec certains de ses appuis.
  10. Par ailleurs, on a essayé de trouver la généalogie de Bernon, fondateur de l'abbaye de Cluny. À partir des écrits de Sigebert de Gembloux qui vivait au XIe siècle qui affirmait qu'il était d'origine séquanaise, et issu de la famille des comtes de Bourgogne, par analogie, et sans aucune preuve, on en fit le fils d'Eudes et le frère d'Ardouin Ier, dans Jean-Henri Pignot, Histoire de l'ordre de Cluny depuis la fondation de l'Abbaye jusqu'à la mort de Pierre-le-Vénérable, Autun-Paris, 1868
  11. Foundation for Medieval Genealogy : Guido di Spoleto
  12. Voir Medieval Lands : Conti d'Auriate.]
  13. Foundation for Medieval Genealogy : Ansgardis
  14. Foundation for Medieval Genealogy : Louis le Bègue
  15. Foundation for Medieval Genealogy : Ardoino
  16. (it) Degli antichi signori di Sarmatorio Manzano e Monfalcone indi degli Operti fossanesi memorie storico-genealogiche corredate di molti documenti inediti, Giovanni Battista Adriani, Giuseppe Cassone, 1853, vol. 57-58 (lire en ligne)
  17. Foundation for Medieval Genealogy : Manfredo son of Ardoino
  18. Foundation for Medieval Genealogy : Conti di Reggio
  19. Foundation for Medieval Genealogy : Manfredo Udalrico
  20. Foundation for Medieval Genealogy : Berta
  21. Foundation for Medieval Genealogy : Oddon de Maurienne
  22. Foundation for Medieval Genealogy : Marchesi del Vasto
  23. Foundation for Medieval Genealogy : Dado
  24. (it)
  25. Foundation for Medieval Genealogy : Berta d'Este
  26. La généalogie de Périnza est discutée car les indications de Raoul Glaber sont imprécises
  27. Foundation for Medieval Genealogy : Corrado Cono d'Ivrea
  28. Foundation for Medieval Genealogy : Gisilberto, conti di Bergamo
  29. Foundation for Medieval Genealogy : Wido
  30. Foundation for Medieval Genealogy : Oberto

Pour approfondir

modifier

Bibliographie

modifier

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier