Aref Qazvini
Abolghassem Aref Qazvini (persan : ابوالقاسم عارف قزوینی) né vers 1882 à Qazvin et mort le à Hamadan, est un poète et compositeur persan.
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Biographie
modifierNé à Qazvin entre 1878 et 1882[1],[2], il est le fils du poète et fonctionnaire religieux, le mollah Khadi Wakil Qazvini. Il étudie la littérature et pratique la calligraphie[2]. Son père le pousse à pratiquer le rowze khani, le chant religieux destiné à commémorer le martyre d'Hossein[1]. Il apprend ainsi à jouer sur les émotions d'un auditoire[3].
En 1898, Aref Qazvini quitte Qazvin pour Téhéran[1],[3]. Il y suit l'enseignement du joueur de târ Mirza Hosseingholi Farahani[2]. Il poursuit des études musicales à l'institut Dar Al Alhan de Constantinople, avec ensuite l'intention d'ouvrir une école musicale de ce type dans son pays, ce qu'il ne put faire à cause de la situation politique[réf. souhaitée]. Il écrivit de nombreux poèmes à propos de l'Iran ce qui lui valut le surnom de « poète national ». Il composait également de la musique traditionnelle. Il participa activement au mouvement constitutionnaliste de 1906-1911 et écrivit plusieurs pièces musicales et chansons à thème révolutionnaire.
Il déménagea à Hamadan à la fin de sa vie, où il mourut le . Sa tombe se trouve à l'entrée de la cour du Mausolée d'Avicenne[1].
Musique
modifierL'essentiel de son œuvre est constituée de tasnifs, un genre méprisé qu'il remet à l'honneur. Il est, avec Sheyda, l'un des principaux représentants de la forme classique du tasnif qu'il renouvelle en y introduisant des thèmes socio-politiques et en un langage plus proche de celui du peuple[2]. Il fait référence, dans ses textes, aux traditions populaires et introduit des expressions proverbiales et argotiques[2].
Alors que la plupart des interprètes de ce genre composent la musique sur des poèmes classiques, Aref et Shayda écrivent leurs propres textes[4],[5]. Le tasnif est une chanson lyrique. Si les textes d'Aref expriment le sentiment amoureux, c'est pour ses chants politiques qu'il est connu[5]. Au couple formé de l'amant et de la bien-aimée, il substitue le peuple et la patrie[3]. Pendant la révolution constitutionnelle, en particulier après le coup d'État de 1908, il soutient les constitutionnalistes. Ses chansons expriment les émotions que lui inspirent les évènements : Ey amān est écrit à la suite du triomphe de Téhéran, Nang ān ḵāna en réaction à l'ultimatum russe[3]. Il exalte le sentiment national en glorifiant le passé de la Perse ancienne, et en s'appuyant sur le Shah nameh de Ferdowsi[2].
Il joue un rôle dans l'éveil de la conscience politique du peuple, au point qu'il devient la voix du mouvement constitutionnaliste. Ses tasnifs sont interprétés par Qamar, qui chante Jomhuri (« République »), Abdollah Davami, Gholam Hossein Banan puis Mohammad Reza Shadjarian[5],[6].
Ses œuvres complètes ont été publiées de manière posthume à Berlin et à Téhéran.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 (en-US) Jalal Matini, « ʿĀREF QAZVĪNĪ i. Life and poetry », sur Encyclopaedia Iranica, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 (fa) Saeed Pourazimi, « عارف قزوینی » [« 'Aref Qazvini »],
- 1 2 3 4 (en-US) Margaret Caton, « ʿĀREF QAZVĪNĪ ii. ʿAref’s music », sur Encyclopaedia Iranica, (consulté le )
- ↑ (en) Mohammad Reza Shadjarian, The Art of Avaz and Mohammad Reza Shajarian: Foundations and Contexts, Lexington Books, (lire en ligne), p. 26
- 1 2 3 Sasan Fatemi, « Le tasnif iranien ancien, sa rationalisation et son rapport avec les genres vocaux religieux », Revue des Traditions Musicales, (lire en ligne)
- ↑ (en) Rob Simms et Amir Koushkani, The Art of Avaz and Mohammad Reza Shajarian: Foundations and Contexts, Lexington Books, (lire en ligne), p. 121-122
Liens externes
modifier- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- (en) Abolqassem Aref Ghazvini, Rouhollah Khaleghi Artistic Center (Kanun-e Honari-e Rouhollah Khaleghi)
- (en) Aref Qazvini, Iranian Heritage
