Arnaud de Cubzac
Arnaud de Cubzac ou Arnaud d'Albret, mort vers 1362, est un seigneur gascon appartenant à une branche cadette de la maison d'Albret, les Albret de Vayres.
| Décès |
Vers |
|---|---|
| Père | |
| Mère | |
| Fratrie |
Biographie
modifierFils cadet d'une branche cadette
modifierArnaud est le troisième fils de Bérard Ier de Vayres — frère cadet de Bernard Ezi V d'Albret — et de Guiraude de Gironde, qui ont huit enfants, cinq garçons et trois filles. Ses deux frères aînés sont Bérard II de Vayres et Amanieu de Langoiran[1].
En 1346, Bérard Ier partage ses biens entre ses enfants. Par son testament, établi le , il donne à Bérard II de Vayres, son fils aîné, les seigneuries de Vayres, Puynormand, Marcamps, Cubzac et Sauveterre, tandis que le second, Amanieu, reçoit le lieu de Blasimon et le troisième, Arnaud, la seigneurie de Gironde, plus éventuellement, selon les héritages de leurs sœurs, Vertheuil pour Amanieu et Sémignan pour Arnaud. Le dernier fils, Bernard Ez, reçoit une rente et doit entrer dans l'ordre de l'Hôpital. Ensuite, le , un codicille change ces dispositions : Amanieu reçoit Cubzac et Marcamps, Arnaud doit avoir Vertheuil et Sémignan, tandis que Bernard Ez a la terre de Blasimon, mais Amanieu reçoit le droit d'inverser les lots, ce qu'il fera[2].
En partageant ses possessions entre différents fils, la branche de Vayres de la famille d'Albret a un comportement différent de la branche aînée, où les partages sont beaucoup plus inégalitaires, en faveur du fils aîné. Les deux frères cadets de Bérard II, fondent ainsi deux branches familiales, celle de Langoiran pour Amanieu et celle de Cubzac pour Arnaud[3].
Seigneur gascon
modifier
À la mort de son père, Amanieu choisit comme part d'héritage les seigneuries de Vertheuil et de Sémignan, comme le testament de Bérard Ier l'y autorise, laissant Cubzac et Marcamps à son frère cadet Arnaud[3]. Ce dernier est donc seigneur de Cubzac. Cette juridiction comprend les droits de basse et haute justice sur un territoire homogène assez étendu, jusqu'à une vingtaine de kilomètres vers le nord à partir de Saint-André-de-Cubzac sur la Dordogne, limite sud de ce bloc. Ce territoire, le Cubzaguais, comprend les paroisses de Saint-Antoine, Aubie, Espessas, Gauriaguet, Marsas, Cézac, Cavignac, Laruscade, Cubnezais, Peujard, Saint-Laurent-d'Arce, Marcamps, Prignac, Cazelles, Saint-Gervais et l'Hôpital de Magrigne[4].
Le château de Cubzac est alors une forteresse puissante, réaménagée au XIIIe siècle, située sur un promontoire dominant la Dordogne, et qui contrôle un des principaux points de passage de ce fleuve[5]. Arnaud y perçoit peut-être un péage[6].
Le , Arnaud agrandit ce territoire en achetant le lieu de La Libarde (dans la commune actuelle de Bourg) à Jean d'Archiac et à son épouse Isabelle de Montignac[7]. En 1357, il le complète en achètant à son frère Amanieu de Langoiran, très endetté, les dépendances de la seigneurie de Vertheuil située sur la rive droite de la Gironde, en Bourgeais[8].
Le , Arnaud achète la seigneurie d'Agassac à Gaillard d'Agassac, qui en conserve l'usufruit sa vie durant[7]. C'est une petite seigneurie, mais avec basse et haute justice, implantée dans la partie sud de la paroisse de Ludon, en Médoc. Son château, entouré de douves, a un plan presque carré, avec une tour ronde à chaque coin[9].
Les revenus qu'Arnaud tire de ses seigneuries doivent atteindre environ 1 000 livres seulement [10]. Pourtant, il est capable d'acheter la seigneurie de La Libarde pour 800 écus et celle d'Agassac au prix de 8 000 écus. Il consent également des prêts. Cette aisance financière provient essentiellement de ses activités militaires et de ses pillages. Il est en effet routier[8].
Vassal fidèle
modifier
Arnaud, comme son père et ses frères Bérard II et Amanieu, est résolument engagé dans la guerre de Cent Ans. Tous quatre sont au service de leur suzerain le roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine Édouard III, contre les rois de France[11]. En 1352, il est peut-être capitaine de Blaye, charge que son père a déjà assumée. En effet, il est dédommagé par le roi d'Angleterre pour les dépenses de mise en défense de l'église de Berson, dans le Blayais, qu'il a assumées[12]. En 1354, il guerroie en Limousin et dans le nord du Bordelais, conquérant notamment les places d'Abzac et de Coutras[13].
En 1356, il accompagne le Prince noir dans sa nouvelle chevauchée, pillant notamment Saint-Benoît-du-Sault avec son frère Amanieu de Langoiran[14] et combat avec lui à la bataille de Poitiers[15]. Il se bat ensuite en Combrailles, prend Felletin et Sermur puis Volvic vers le début et arrive aux portes de Riom et de Clermont. Le dauphin confie alors la défense de l'Auvergne à son beau-frère Louis II de Bourbon. À partir de la forteresse de Sermur, Arnaud lance des attaques jusque vers Aurillac. Après avoir évacué l'Auvergne contre rançon, il poursuit les combats jusqu'en [16].
Arnaud épouse Marguerite de Lescun, dont il a un fils, Fortaner, probablement mort en bas âge. Il fait rédiger son testament le [1]. Il meurt vers 1362[17], âgé d'entre 35 et 40 ans[1]. Après avoir été peut-être partagé entre ses frères[17], son héritage parvient à son neveu Bérard III de Vayres, fils d'Amanieu de Langoiran[18].
Ascendance
modifier| 32. Amanieu IV d'Albret | |||||||||||||||||||
| 16. Amanieu V d'Albret | |||||||||||||||||||
| 33. Almodis d'Angoulême | |||||||||||||||||||
| 8. Amanieu VI d'Albret | |||||||||||||||||||
| 34. Arnaud Raimond II vicomte de Tartas | |||||||||||||||||||
| 17. Assaride de Tartas | |||||||||||||||||||
| 35. Navarre vicomtesse de Dax | |||||||||||||||||||
| 4. Amanieu VII d'Albret | |||||||||||||||||||
| 36. Pierre III de Bordeaux | |||||||||||||||||||
| 18. Pierre IV de Bordeaux | |||||||||||||||||||
| 37. Raymonde de Blanquefort | |||||||||||||||||||
| 9. Mathe de Bordeaux | |||||||||||||||||||
| 38. Geoffroy III de Rancon | |||||||||||||||||||
| 19. Assaride de Rancon | |||||||||||||||||||
| 39. Jeanne d'Aulnay | |||||||||||||||||||
| 2. Bérard Ier de Vayres | |||||||||||||||||||
| 40. | |||||||||||||||||||
| 20. Jean de Bourg | |||||||||||||||||||
| 41. | |||||||||||||||||||
| 10. Guitard de Bourg | |||||||||||||||||||
| 42. | |||||||||||||||||||
| 21. Rose | |||||||||||||||||||
| 43. | |||||||||||||||||||
| 5. Rose de Bourg | |||||||||||||||||||
| 44. | |||||||||||||||||||
| 22. Raimond Gombaud seigneur de Vayres | |||||||||||||||||||
| 45. | |||||||||||||||||||
| 11. Thomase Gombaud | |||||||||||||||||||
| 46. | |||||||||||||||||||
| 23. | |||||||||||||||||||
| 47. | |||||||||||||||||||
| 1. Arnaud de Cubzac | |||||||||||||||||||
| 48. | |||||||||||||||||||
| 24. | |||||||||||||||||||
| 49. | |||||||||||||||||||
| 12. Arnaud de Gironde | |||||||||||||||||||
| 50. | |||||||||||||||||||
| 25. | |||||||||||||||||||
| 51. | |||||||||||||||||||
| 6. Arnaud de Gironde | |||||||||||||||||||
| 52. | |||||||||||||||||||
| 26. | |||||||||||||||||||
| 53. | |||||||||||||||||||
| 13. | |||||||||||||||||||
| 54. | |||||||||||||||||||
| 27. | |||||||||||||||||||
| 55. | |||||||||||||||||||
| 3. Guiraude de Gironde | |||||||||||||||||||
| 56. | |||||||||||||||||||
| 28. | |||||||||||||||||||
| 57. | |||||||||||||||||||
| 14. | |||||||||||||||||||
| 58. | |||||||||||||||||||
| 29. | |||||||||||||||||||
| 59. | |||||||||||||||||||
| 7. Talèse de Caumont | |||||||||||||||||||
| 60 | |||||||||||||||||||
| 30. | |||||||||||||||||||
| 61 | |||||||||||||||||||
| 15. | |||||||||||||||||||
| 62 | |||||||||||||||||||
| 31. | |||||||||||||||||||
| 63 | |||||||||||||||||||
Références
modifier- 1 2 3 Marquette 2010, p. 84.
- ↑ Marquette 2010, p. 127-128.
- 1 2 Marquette 2010, p. 138.
- ↑ Marquette 2010, p. 370.
- ↑ Marquette 2010, p. 372.
- ↑ Marquette 2010, p. 422.
- 1 2 Marquette 2010, p. 190.
- 1 2 Marquette 2010, p. 480.
- ↑ Marquette 2010, p. 373.
- ↑ Marquette 2010, p. 477.
- ↑ Marquette 2010, p. 275.
- ↑ Marquette 2010, p. 278.
- ↑ Marquette 2010, p. 279.
- ↑ Marquette 2010, p. 282.
- ↑ Marquette 2010, p. 294.
- ↑ Marquette 2010, p. 283.
- 1 2 Courroux 2017, p. 189.
- ↑ Marquette 2010, p. 85.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Pierre Courroux, « L’héritage des Albret de Vayres-Langoiran au cœur de la guerre de Cent Ans », Annales du Midi, vol. 129, no 298, , p. 187–208 (DOI 10.3406/anami.2017.8877, lire en ligne, consulté le ).
- Jean Bernard Marquette, Les Albret. L'ascension d'un lignage gascon (XIe siècle - 1360), Pessac, Ausonius, coll. « Scripta Mediaevalia » (no 18), , 702 p. (ISBN 9782356130389, présentation en ligne).