Arrêt Myr’Ho et Boot Shop

décision de la Cour de cassation

L'arrêt Myr'Ho et Boot shop est une décision rendue par l'Assemblée plénière de la Cour de cassation le 6 octobre 2006.

Arrêt Myr'Ho et Boot shop
Titre Société Boot shop contre consorts X.
Code Pourvoi n°05-13.255
Pays Drapeau de la France France
Tribunal Cour de cassation
Assemblée plénière
Date 6 octobre 2006
Branche Responsabilité civile
Responsabilité contractuelle
Importance Publié au Bulletin
Citation Le tiers à un contrat peut invoquer, sur le fondement de la responsabilité délictuelle, un manquement contractuel dès lors que ce manquement lui a causé un dommage.
Mot clef et texte Effet relatif du contrat
Lire en ligne Cour de cassation, Assemblée plénière, 6 octobre 2006, Myr'Ho et Boot shop

L'arrêt traite du rapport entre responsabilité contractuelle et responsabilité civile. La Cour de cassation pose le principe selon lequel un tiers à un contrat peut invoquer un manquement à une obligation contractuelle sur le fondement de la responsabilité civile.

Faits et procédure

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Les consorts X. consentent un bail commercial à la société Myr'Ho, laquelle consent à son tour une location-gérance du fonds de commerce à la société Boot shop sans toutefois en informer les bailleurs. La société Boot shop est cependant confrontée à un défaut d'entretien des locaux : le portail d'entrée est condamné, le monte-charge est en panne et l'accès à l'immeuble n'est pas entretenu. En conséquence, elle assigne les bailleurs (les consorts X.) afin de remettre les lieux en état et obtenir une indemnisation du préjudice d'exploitation.

Le 19 janvier 2005, la cour d'appel de Paris fait droit à la demande de la société Boot shop. En réaction, les bailleurs réalisent un pourvoi en cassation.

Solution de la Cour

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La Cour de cassation doit trancher le problème de droit suivant : la société Boot shop invoque un manquement des consorts X. à leur obligation contractuelle de maintenir l'immeuble en bon état. Or, Boot shop n'est que tiers au contrat de bail, ce qui fait en principe obstacle à son immixtion dans la relation contractuelle entre les bailleurs et la société Myr'Ho, en application du principe de l'effet relatif des contrats[1].

La Cour rejette le pourvoi des consorts X. et confirme donc la décision de la cour d'appel de Paris. Celle-ci avait considéré que la société Boot shop pouvait agir sur le fondement de la responsabilité civile (c'est-à-dire extracontractuelle) en invoquant que le manquement contractuel des bailleurs lui causait un préjudice, lequel était suffisamment caractérisé[2].

Portée

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Dans l'arrêt Sucrerie de Bois rouge rendu en 2020, la Cour de cassation réaffirme la solution de l'arrêt Myr'Ho et Boot shop en indiquant que cette jurisprudence « est destinée à faciliter l'indemnisation du tiers au contrat »[3]. La haute juridiction met ainsi fin à la réticence de certains juges à appliquer cette solution. Il incombe cependant toujours au tiers au contrat de démontrer l'existence d'un manquement contractuel ainsi que le préjudice qu'il subit[4]. Depuis l'arrêt Clamageran de 2024, la chambre commerciale considère désormais qu'un cocontractant peut même opposer aux tiers au contrat une clause limitative de responsabilité qui y est stipulée[5].

Notes et références

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  1. ↑ « Effet relatif des contrats : tout comprendre sur ce principe clé », sur www.legalstart.fr (consulté le )
  2. ↑ « Cour de cassation, Assemblée plénière, 6 octobre 2006, 05-13.255, Publié au bulletin », sur legifrance.gouv.fr
  3. ↑ « Cour de cassation, Assemblée plénière, 13 janvier 2020, 17-19.963, Publié au bulletin », sur legifrance.gouv.fr
  4. ↑ « Arrêt d'Assemblée plénière du 13 janvier 2020 et jurisprudence ultérieure », sur lamylinenew-fr
  5. ↑ « Cour de cassation, civile, Chambre commerciale, 3 juillet 2024, 21-14.947, Publié au bulletin », sur legifrance.gouv.fr